Les portes de la délivrance – Peter Hamilton

Un roman où Hamilton s’inspire beaucoup trop d’autres auteurs ou de ses propres romans, trop bavard, à la structure trop hachée, mais…

salvation_t1(Une version condensée de cette critique est parue dans le numéro 94 du magazine Bifrost. Elle est reproduite dans la rubrique « En conclusion », en fin d’article).

Après trois cycles dans l’univers du Commonwealth / du Vide, l’annonce du fait que la nouvelle trilogie de Peter Hamilton, Salvation, se situerait dans un contexte inédit a fait l’effet d’une bombe. Certes, La grande route du Nord partait théoriquement sur une base identique, mais dans les faits, elle montrait en fait un système de déplacement par Trous de ver très similaire à celui existant dans le cycle de Pandore. Les fans attendaient donc du britannique qu’il propose cette fois quelque chose d’inédit et de profondément différent. Autant le dire tout de suite, de ce point de vue là, c’est raté. Alors certes, dans l’univers de Salvation, on se déplace grâce à des portails à intrication quantique spatiale et pas basés sur des Trous de ver (enfin… non, rien), mais fondamentalement, les différences ne sont que cosmétiques, et ce nouveau roman comprend de nombreux personnages, éléments d’intrigue, de construction d’univers, etc, qui ressemblent d’une façon flagrante à ceux qu’on trouve dans divers autres romans de l’auteur. Et encore pire, celui-ci, comme dans La grande route du Nord, s’inspire lourdement d’autres écrivains, le tout concourant à une impression de manque flagrant d’originalité.

Ceci étant posé, est-ce un mauvais roman ? Oui et non. Même le manque de nouveauté mis à part, il est trop verbeux et a une structure trop convolutée pour pleinement convaincre. Il n’en reste pas moins que cela reste un New Space Opera comme seul Hamilton peut en forger, dont, de plus, la fin donne franchement envie de lire la suite. Je dirais donc que votre ressenti dépendra probablement de l’acuité de votre esprit critique ou de votre faculté à le mettre en sommeil (par opposition à une volonté de vous laisser porter par l’aventure) et de vos lectures antérieures (chez Hamilton ou les auteurs dont il s’est inspiré). Pour ma part, même si je déplore une ré-utilisation de vieilles recettes, les maladresses dans l’écriture et une exploitation assez opportuniste (selon moi) du combat social autour des pronoms de genre neutres, j’ai eu ma dose requise de sense of wonder et je lirai sans souci la suite.

Univers

Le gros de l’action se passe en 2204 (mais voyez plus loin tout de même). Au XXIe siècle, les humains ont maîtrisé l’intrication quantique spatiale, qui leur permet d’ouvrir des portails depuis n’importe quel point vers n’importe quel autre, que le point B se trouve à quelques centaines de kilomètres du A, à l’autre bout du Système Solaire ou à des dizaines d’années-lumière. Ce qui, outre le transport (et la disparition des trains, voitures, avions, vaisseaux spatiaux, etc), a aussi eu des conséquences dans des tas d’autres domaines, à commencer par la production d’énergie (on la puise directement dans le Soleil), l’élimination des déchets (on les largue dans l’espace au-delà de Neptune), la possibilité de terraformer des planètes ou de rendre leur fertilité aux déserts de la Terre, ou d’autres applications encore (je vous laisse en découvrir une dans le roman).

Une autre révolution (une biotechnologie avancée et surtout bon marché) est aussi venue dans le sillage de l’arrivée d’un vaisseau-monde extraterrestre, appartenant aux Olyix, une espèce en route pour la fin de l’univers (avec une religion mêlant une variante du Point Omega de Frank Tipler – très populaire depuis Dan Simmons- et cosmologie à univers cyclique) et qui ne s’est arrêtée que pour faire le plein d’antimatière. Alors que le clonage ou l’impression 3D, ainsi que l’allongement / régénération artificiel(le) des télomères (extrémités des chromosomes dont la longueur conditionne l’espérance de vie) donnaient déjà aux riches une vie plus longue et en meilleure santé, les cellules K aliens ont permis aux masses d’acquérir ce genre de bienfait à leur tour.

Grâce à ces portails, l’Humanité s’est répandue dans un rayon de 89 années-lumière autour de la Terre, terraformant certaines planètes ou convertissant des astéroïdes en cylindres O’Neill (ce qu’est aussi, mais en version plus primitive, le vaisseau des Olyix). Elle s’est divisée en deux cultures, une classique, dite Universelle, et une post-pénurie et où tous les humains sont génétiquement transformés en Omnias (qui alternent selon des cycles de plusieurs années entre genre masculin et féminin), dite Utopiale. La seconde est ultra-minoritaire par rapport à la première, très arrogante, et attire la méfiance. Tout comme les Olyix, d’ailleurs.

Dernier point d’importance, le prologue nous montre qu’une autre espèce extraterrestre, les Neanas, a détecté les impulsions électromagnétiques des premières bombes nucléaires, puis envoyé un vaisseau vers la Terre, en prenant de grosses précautions pour que sa provenance ne soit pas détectable. Il a fabriqué par biotechnologie des corps d’accueil humains, dans lesquels sont chargées les consciences de Neanas, soigneusement expurgées de tout ce qui pourrait, sous la torture, conduire les humains au point d’origine de l’astronef. Celui-ci est arrivé en 2162 et a largué quatre de ces aliens à forme humaine dans la nature.

Malgré le fait que pratiquement rien dans cet univers n’est original (voir la partie « Ressemblances »), il n’en demeure pas moins fascinant, notamment dans l’utilisation très poussée faite par Hamilton des portails, bien plus que pour leurs contreparties à trous de ver des cycles précédents. Je dirais donc que ce contexte reste le point fort du roman, même si je reste déçu que l’auteur ait choisi d’autant recycler des vieux concepts plutôt que de proposer du neuf.

Intrigue, narration et structure

J’évacue tout de suite les Neanas, vu qu’ils ne jouent un rôle qu’au début et à la fin. L’intrigue va être séparée, en gros, en trois fils narratifs différents, chacun se passant à une (voire plusieurs, pour l’un d’eux) époque différente. Dans le premier, qui se déroule en 2204, un artefact extraterrestre est trouvé sur une planète située à la frontière de l’expansion coloniale humaine. Il n’apparaît, de prime abord, appartenir à aucune espèce connue, mais le lecteur apprend rapidement qu’il transporte pourtant des humains en stase. Une équipe est donc montée par Connexion, la toute-puissante société qui a inventé et gère les portails, pour aller enquêter sur place. En chemin, ses membres, qui ont un (lourd) passé commun, vont justement en donner des aperçus si longs (parfois une centaine de pages !) qu’ils rendent quasiment anecdotiques les parties situées dans le « présent » par rapport à ces flashbacks. C’est seulement à la fin du livre que ces derniers prendront tout leur sens et initieront de vertigineuses conséquences dans la partie narrative située en 2204.

Entre ces flashbacks et les parties situées en 2204, viennent s’intercaler de courtes parties situées dans un lointain futur (le 51e siècle, d’après mes recherches sur le net, bien que ce chiffre ne soit pas cité dans le roman, sauf erreur de ma part), dans lequel les humains sont une espèce pourchassée par un tout-puissant ennemi (dont l’identité ne sera dévoilée que dans les dernières pages du bouquin, après que l’auteur ait multiplié les fausses-pistes -et plutôt bien, qui plus est-). Pour lui échapper, ils lancent des vaisseaux à générations dans tous les sens, et sur quelques planètes-sanctuaires, préparent une riposte. Celle-ci sera basée sur des soldats qui ne seront pas des Omnias mais au contraire des mâles et des femelles clairement séparés. Les premiers serviront de troupes de base, les secondes de stratèges. Alors je vais m’épargner un long discours, mais en gros, c’est à une version Young Adult (ou sortie des studios de la CW, c’est comme vous voulez) de La stratégie Ender à laquelle nous avons affaire. Ces flash-forwards (vous pouvez aussi considérer que tout le livre est un système de flash-backs imbriqués, en considérant que le vrai présent n’est pas en 2204 mais au moment où ces soldats partent en guerre, à la fin du bouquin) nous montrent que cinq des membres de l’expédition de 2204 sont considérés comme des Saints dans la guerre contre l’ennemi. Il vous faudra attendre, là aussi, la toute fin pour savoir de quels personnages il s’agit !

Clairement, la structure et la narration sont le très gros problème de ce livre, et ce pour plusieurs raisons : d’abord, ce système de récits rappelle de façon extrêmement suspecte ceux des pélerins dans Hypérion de Dan Simmons, notamment dans la façon de complètement phagocyter les parties situées dans le présent ou de prendre place essentiellement autour d’une table lors de repas ou collations. Sauf que nous ne sommes clairement pas sur le même niveau de qualité des flashbacks de ce monument de la SF. Ensuite, le chassé-croisé entre 2204, le lointain futur des « Enders », comme j’aime à les appeler, et les différents récits (qui se situent en 2092, 2167, 2172, 2194 et 2199), est franchement pénible, surtout par rapport à la part ridicule prise par le récit en 2204 ; enfin, Hamilton, qui a toujours eu tendance à prendre ses aises dans la looooongue description de ses contextes, intrigues et personnages, atteint ici un tel point en matière de tirage à la ligne que même moi, qui encense depuis vingt ans l’auteur, j’ai ressenti de la lassitude et la tentation de lire en diagonale. Il faut dire que si les deux premiers flashbacks et le dernier sont plutôt intéressants (même si le premier est beaucoup trop long), les deux autres sont assez soporifiques par moment.

Je reviens un instant sur les chapitres concernant les enfants-soldats, et leur progression vers l’âge adulte, des parties situées au 51e siècle, quand l’Humanité est pourchassée par l’ennemi extraterrestre : comme je le disais, on dirait une version Young Adult particulièrement sirupeuse de La stratégie Ender (avec peut-être un petit bout du Vieil homme et la guerre de Scalzi dedans), avec une volonté, consciente ou non, de ratisser large (il ne faut pas non plus oublier que l’auteur a publié de la Fantasy jeunesse, ça a dû laisser des traces…). Autant dire que si vous êtes allergique au YA et à ses personnages et son ton gnan-gnan, ces chapitres (heureusement courts et minoritaires) risquent de très mal passer. Il y a avait sans doute carrément mieux à faire en matière de style ou de tonalité de l’écriture dans ces chapitres-là.

Signalons que le mode de narration change aussi, en plus du point de vue : les parties concernant l’équipe d’évaluation de l’artefact extraterrestre sont racontées à la première personne du singulier par Feriton Kayne, tandis que celles situées au 51e siècle et dans les flashbacks sont narrées à la troisième personne.

On retiendra aussi un sentiment très gênant : que finalement, une grosse partie du texte est une digression par rapport à ce qui aurait dû être la ligne narrative principale, celle qui se passe en 2204, et qui, finalement, est complètement éclipsée par les flashbacks, voire flashforward ! Voilà donc un élément de plus à verser au procès en maladresse fait à un écrivain qui est pourtant loin d’en être  à sa première publication !

Bref, j’ai le sentiment que Hamilton a fait très compliqué et très maladroit (ce qui est étonnant pour un écrivain ayant une telle expérience) alors qu’on était légitimement en droit d’attendre bien plus efficace de sa part. J’ai même la désagréable impression que loin d’un Neal Asher, dont l’efficacité ne fait que progresser de roman en roman, celle d’Hamilton est en nette perte de vitesse ces derniers temps, même si le diptyque Les naufragés du Commonwealth m’avait redonné une lueur d’espoir après un morose La grande route du Nord.

Pour l’anecdote, il m’a semblé qu’Hamilton usait beaucoup plus des punchlines que dans ses livres précédents, même si c’est peut-être une impression purement personnelle.

Ressemblances

Avant de parler des ressemblances de ce roman avec d’autres du même auteur ou bien publiés par d’autres écrivains, je vais vous parler de quelque chose qui m’a agacé : j’ai eu le net sentiment que Hamilton cherchait à surfer sur des effets de mode en mêlant des thèmes sociaux (traitement des genres, écologie, etc), qui n’avaient jamais fait une apparition aussi nette et importante dans sa prose, à son New Space Opera traditionnel. L’utilisation d’un pronom de genre neutre (« ile ») et des Omnias me paraît ainsi plus relever d’une volonté de plaire aux votants des prix littéraires anglo-saxons, très sensibles aux thématiques qui y sont rattachées, que d’une vraie conviction de l’auteur qui, sinon, serait apparue bien plus tôt dans son oeuvre. D’ailleurs, sa violente charge contre les écologistes radicaux et plus généralement les extrémistes exprimant leurs convictions dans la violence me paraît plus révélatrice de son véritable positionnement que certains effets de façade. D’un autre côté, son lectorat appelait de ses vœux un univers différent de ceux proposés jusque là, et sur ce plan là on peut effectivement considérer qu’Hamilton offre du neuf.

Ceci étant posé, on ne peut s’empêcher de remarquer de très nettes ressemblances avec ses œuvres précédentes : les portails, bien sûr, qui ne sont pas fondamentalement différents (à part au niveau de la technologie sur lesquels ils sont basés) de ceux des univers du Commonwealth ou de La grande route du Nord, tout comme les altmoi ne sont qu’un nom différent pour les ombres virtuelles ; les extraterrestres infiltrés, qui renvoient aux deux mêmes cycles ou romans (et aux Fallers) ; la menace extraterrestre tout court, qui est un thème récurrent dans toute l’oeuvre du britannique, tout comme le personnage qui fait partie d’un ou bien combat un mouvement terroriste ou la protagoniste féminine qui a une sexualité débridée ; l’importance du piratage informatique, également récurrente ; l’importance des biotechnologies, ainsi que la séparation de l’humanité en deux cultures très différentes, comme dans L’aube de la nuit ; un espace-temps artificiel où les lois physiques sont différentes ; les moncs qui ne sont pas si différents des gé-animaux ; enfin, des ressemblances suspectes entre certains noms de personnages, comme Paula Myo et Jessika Mye, ou entre la façon de parler d’Ainsley Zangari et d’Ozzie (la touche rasta -« man »- en moins).

Mais au-delà de l’auto-inspiration, on peut remarquer que, comme dans La grande route du Nord, Hamilton a très généreusement pioché des idées chez certains de ses petits camarades auteurs de SF (auxquels il rend hommage, au passage : regardez les noms de vaisseaux… Le Asher, le Morgan, le McAuley, etc ; de même, on notera avec intérêt le nom d’un personnage secondaire, un certain… Stéphane Marsan !) : on citera principalement Dan Simmons (récits des personnages à la Hypérion, portails qui rappellent les Distrans, notamment dans le cas de la maison dont chaque pièce se trouve dans un pays ou sur une planète différente), Orson Scott Card (entraînement d’enfants-soldats qui sont la dernière chance de l’Humanité opposée à un ennemi extraterrestre, comme dans La stratégie Ender), Arthur C. Clarke (le vaisseau-arche des Olyix présente de suspectes convergences avec son Rama), David Brin, Cixin Liu, mais il y a aussi des clins d’œil plus subtils et mineurs, comme (probablement) celui à Harlan Ellison en page 517.

Oui mais…

Ce qui est marrant est que d’habitude, dans mes critiques, la partie « Oui, mais… » sert à décrire les rares défauts d’un roman qui, par ailleurs, est bon. Ici, c’est exactement le contraire : je vais essayer de vous convaincre de lire Les portes de la délivrance malgré les défauts décrits plus haut !

Prenons un des deux plus graves, le manque d’originalité : si vous ne connaissez pas ou pas bien l’oeuvre d’Hamilton, il ne vous posera pas de problème, finalement. Idem si vous n’êtes pas un expert en matière de SF : que le britannique se soit inspiré de Simmons, de Card ou d’autres, peu importe si vous ne les avez pas encore lus !

De même, oui, c’est verbeux, même pour du Hamilton, oui, la structure est trop compliquée, trop éclatée entre différentes époques et points de vue, voire modes de narration, mais il reste le fond, à savoir un univers, certes pas original, mais intéressant, voire fascinant (les puits solaires, l’opposition entre cultures pré- et post-pénurie), et une intrigue qui ne fait que prendre de l’ampleur et de l’intérêt au fur et à mesure que l’on avance, jusqu’à une conclusion qui donne franchement envie de lire la suite immédiatement. J’ajoute que certains des personnages (Callum, Cancer) sont fascinants et que le flashback concernant le premier des deux, s’il est trop long (plus de cent pages, de mémoire), est aussi émouvant et intéressant. De même, la façon dont l’auteur tisse peu à peu une toile de relations entre les personnages de l’équipe d’exploration est habile.

Donc, j’ai envie de dire que pour quelqu’un de pas trop expérimenté en SF / pas trop ou du tout connaisseur d’Hamilton ET / OU qui laisse la partie analytique et critique de son cerveau au vestiaire, ça peut le faire. Ou pour un ultra-giga fan de l’auteur qui est prêt à encenser tout ce qu’il écrit, même sa liste de courses. Pour ma part, tout en étant bien conscient des défauts du bouquin, ça ne m’a pas empêché de l’apprécier, même si ça a été en grinçant des dents sur les parties Young Adult ou sur certains flashbacks trop longs, pas intéressants, voire les deux à la fois.

En conclusion

Premier tome d’une nouvelle trilogie, Salvation, Les portes de la délivrance était très attendu par le lectorat de Peter F. Hamilton, car après des années passées dans l’univers du Commonwealth / du Vide ou celui, aux fondamentaux similaires, de La grande route du Nord, l’auteur allait enfin proposer un contexte inédit. On pouvait donc espérer quelque chose de très différent, mais cet espoir est rapidement déçu, puisque ce nouvel univers utilise le même élément central, des portails permettant de voyager instantanément d’un endroit à l’autre, y compris sur des distances interstellaires. Et ce n’est que le début en matière d’exploitation d’idées déjà-vues : outre le fait qu’il réutilise ses propres fondamentaux (menace extraterrestre, infiltration alien, les portails, donc, équivalent des ombres virtuelles, importance des terroristes, personnage de l’enquêteur tenace, etc), Hamilton puise aussi lourdement chez d’autres auteurs, principalement Dan Simmons (comme avec cette maison aux pièces situées sur différentes planètes), Orson Scott Card (copie servile de La stratégie Ender, mais en mode Young Adult), Arthur C. Clarke, David Brin ou Liu Cixin. En matière d’originalité, donc, c’est raté, même si ce point ne gênera pas ceux qui ne connaissent ni l’oeuvre de l’auteur, ni celles des écrivains dont il s’inspire.

Le problème est que les défauts de ce roman ne s’arrêtent pas à un manque flagrant d’originalité : mêlant trois lignes narratives situées en 2204, dans le passé et au 51e siècle, la narration fait de la digression la règle et propose une structure très lourde, multipliant les modes de narration (première ou troisième personne du singulier) et les points de vue, voire les époques (les flashbacks se passent dans cinq périodes différentes, six en comptant le prologue). Ajoutons à cela une tendance au tirage à la ligne encore plus flagrante que d’habitude, le ton Young Adult pénible de la partie située dans le futur, et certains flashbacks pas franchement intéressants, et on obtient un roman qui multiplie les maladresses.

Toutefois, même en étant conscient de ces faiblesses, on ne peut balayer d’un revers de la main ce nouveau roman d’un des maîtres du New Space Opera : l’univers, même s’il n’est pas original, reste intéressant, voire parfois fascinant (notamment dans la coexistence difficile entre une culture classique majoritaire et une autre, post-pénurie, minoritaire), l’intrigue est de plus en plus prenante au fur et à mesure que l’on avance, et certains personnages ou flashbacks se révèlent fort attachants. Ainsi, s’il ne s’agit ni de l’univers original attendu par ses fans, ni du meilleur des livres d’Hamilton, ce roman se révèle être un honnête NSO, et c’est bien tout ce qu’on lui demande !

Pour aller plus loin

Si vous voulez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes: celle de FeydRautha, celle de Gromovar, de Chut… Maman lit !,

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10 réflexions sur “Les portes de la délivrance – Peter Hamilton

    • De rien pour le lien, c’est bien normal.

      Pour ma part, je lirai le tome 3 quoi qu’il arrive, car quand je vois le niveau franchement faible de nombre de (New) Space Opera anglo-saxons actuels, je me dis qu’un Peter Hamilton passable / décevant restera toujours largement au-dessus de ça.

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    • Bonjour
      Quelle bonne nouvelle que la trad du T2 soit prévue bientôt ! mais je ne trouve l’info ni sur le site de l’éditeur, ni sur BDFi, ni noosfère…nada !

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  1. Merci de vos réponses a tous les deux. ok je le vois maintenant. je trouve hallucinant que ces plateformes soient pus a jour en termes d’infos, mêmes imprécises, que le site de l’éditeur. rien que sur le cover, la com’…

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