Bien que le cycle de la Culture de Iain M. Banks (1954 – 2013) soit une des œuvres les plus importantes du New Space Opera et de la SF Transhumaniste, et plus généralement de la science-fiction dans son ensemble de ces trente dernières années, on s’aperçoit fréquemment que les lecteurs débutants n’en ont pas forcément entendu parler, et que beaucoup de fans de SF ne l’ont pas lu en entier. Il faut dire qu’il n’est pas toujours évident de savoir par quel bout l’attaquer, surtout compte tenu de l’assertion selon laquelle les tomes étant « indépendants », on peut les lire dans n’importe quel ordre (ce qui est souvent faux). Il était donc plus que temps d’essayer de débroussailler tout ça, en vous proposant un guide de lecture dans le même esprit que ceux déjà disponibles sur ce blog, qu’ils soient consacrés à Peter Hamilton ou à l’Honorverse de David Weber. Il a été conçu pour être le plus digeste et pratique possible, mais si vous souhaitez plutôt lire une étude du cycle la plus détaillée et analytique possible, mon Guide avancé du cycle de la Culture est à votre disposition 😉 Continuer à lire « Iain M. Banks – Cycle de la Culture – Guide de lecture »
Catégorie : Science-Fiction
Anthologie Apophienne – épisode 4
L’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial. Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.
Dans ce quatrième épisode, nous allons parler d’une courte nouvelle de Serge Lehman ainsi que de deux plus longues, signées Iain M. Banks et H.P. Lovecraft. Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Continuer à lire « Anthologie Apophienne – épisode 4 »
The last human – Zack Jordan
1989 : Hypérion – 2020 : The last human !
The last human est le premier roman de Zack Jordan. Il nous arrive précédé d’une curieuse réputation : d’un côté, les louanges d’autres auteurs et de journalistes américains, de l’autre une note d’à peine 3.66 sur Goodreads (bien qu’elle soit à relativiser vu que le livre n’est sorti que depuis six jours au moment où je rédige ces lignes, et que la plate-forme a été victime, ces derniers temps, d’un phénomène consistant à distribuer des notes à 1 étoile… sans même avoir lu le livre concerné), mais avec des critiques très dichotomiques, la moitié, en gros, parlant de chef-d’oeuvre, l’autre disant souvent que la personne n’a même pas réussi à se motiver assez pour finir ce roman Après l’avoir, pour ma part, fini, je peux dire que c’est le genre de bouquin qu’on ne peut pas juger correctement sans l’avoir lu en entier, du fait de sa structure très particulière (dont je vous reparle plus loin).
Ce roman, je l’ai repéré il y a très longtemps (plus d’un an et demi, si je me souviens bien), et j’en ai même parlé (sans succès) à une maison d’édition, en disant « à surveiller de près ». Le postulat de départ (l’héroïne est la seule humaine dans un univers dominé par les extraterrestres), sans être inédit (on pensera à Chanur de C.J. Cherryh ou à Douglas Adams), est tout de même suffisamment inhabituel pour intriguer, tout comme ce qui est mentionné dans les praises. Eh bien vous savez quoi ? Rien de ce que j’ai pu lire avant d’attaquer ce roman ne donne la moindre idée de son intérêt réel, ni la quatrième (que je vous conseille d’ailleurs d’éviter de lire car si elle ne permet pas vraiment de mesurer l’intérêt littéraire de cet univers, elle en dévoile en revanche beaucoup trop sur l’intrigue), ni les louanges des uns ou des autres, ni les critiques que j’ai vu passer. Car ce roman, dans sa dimension « j’ai lu et digéré tout ce qui a été écrit de majeur en SF avant moi, et j’en donne ma propre déclinaison », en rappelle un autre, et pas n’importe lequel : un certain… Hypérion de Dan Simmons (même si ce dernier livre reste supérieur sur le plan des personnages -de façon significative- et de l’écriture -mais pas tant que ça-). Sur le strict plan du « roman-catalogue », le reader’s digest de la phase précédente de l’Histoire de la SF, The last human est donc, en un sens, l’Hypérion des années 2020. C’est en tout cas, pour l’instant, ma meilleure lecture en VO parmi les inédits sortis en 2020. Et même ma meilleure lecture de ce premier trimestre de l’année tout court, et de très loin ! Continuer à lire « The last human – Zack Jordan »
L’œil d’Apophis – Numéro 16
Seizième numéro de la série d’articles L’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, sont connus des lecteurs éclairés mais pas du « grand public », pour lesquels on se dit « il faudra absolument que je le lise… un jour » alors qu’on ne le fait jamais, et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois romans, recueils ou cycles : aujourd’hui, il s’agit de La rédemption de Christophe Colomb d’Orson Scott Card, d’Aube de fer de Matthew Woodring Stover et de Ribofunk de Paul Di Filippo.
Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’oeuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt les tags (Roman) Culte d’Apophis ou Guide de lecture SFFF). Continuer à lire « L’œil d’Apophis – Numéro 16 »
Sixteenth Watch – Myke Cole
Semper Fi, euh, pardon, Paratus ! *
* Semper fi-delis- est la devise de l’US Marine Corps, Semper paratus celle de l’US Coast Guard.
Si vous vous intéressez au cinéma, vous savez que, de longue date, les studios hollywoodiens concurrents ont la curieuse habitude de lancer régulièrement, avec un faible intervalle, des films traitant exactement du même sujet. Citons, par exemple (et pour rester dans le champ de la SF), Planète rouge / Mission to Mars, sortis en 2000, ou, cas encore plus emblématique, Armageddon / Deep Impact, à l’affiche dans les salles obscures en 1998. Vous devez probablement vous demander pourquoi je vous parle de tout cela. Eh bien figurez-vous que deux maisons d’édition anglo-saxonnes ont décidé de lancer, quasiment au même moment, deux romans de science-fiction portant sur exactement le même sujet. Et alors, me direz-vous ? Eh bien là où ça devient étonnant, c’est que ledit sujet est à la fois inhabituel dans le cadre de la SF militaire (puisque c’est de cela dont il s’agit) et extrêmement spécifique : des membres des Gardes-côtes de l’espace qui doivent participer à une compétition sportive. On comprend donc à quel point les chances que deux auteurs différents sortent des bouquins sur une base à la fois aussi similaire et sortant des tropes habituels avait quelque chose d’improbable.
J’aurais pu, bien sûr, lire les deux livres en question, A pale light in the black de K.B. Wagers et Sixteenth Watch de Myke (sic) Cole, mais l’idée d’enchaîner deux romans aux fondamentaux aussi similaires ne m’enchantait guère. J’ai donc tranché en n’en choisissant qu’un seul, et le gagnant a été le livre de Cole. Pour celles et ceux qui seraient curieux des critères de ce choix, le fait que Cole soit un ancien de l’US Coast Guard a beaucoup joué, tout comme le résumé du livre de Wagers qui ne m’inspirait guère confiance et la comparaison faite par Max Gladstone avec une version plus velue des bouquins de Becky Chambers. Comme ici, c’est un blog sérieux, de la SF militaire qui a un parfum de Becky Chambers, faut peut-être pas déconner non plus, hein, donc en gros, ce paramètre connu, la décision a été prise en approximativement 0.25 microsecondes. Non, je plaisante (enfin, à moitié, disons). Outre une crédibilité qui me paraissait être supérieure, donc (bien que les praises du bouquin de Wagers mentionnent un autre ancien de l’USCG félicitant l’autrice pour le réalisme de ce qu’elle décrit, surtout en n’ayant pas servi elle-même), c’est le prix qui a aussi beaucoup joué : le roman de Cole est à 6.60 euros en version Kindle, celui de Wagers à… 17.17.
Sixteenth Watch achevé, je ne peux certainement pas dire avoir passé un mauvais moment, mais sa fin quelque peu abrupte et quelques (pas si) petits points de crispation font que je me demanderai un moment si l’autre livre n’était pas meilleur. Vous êtes un certain nombre à lire en anglais, donc si l’un d’entre vous a lu le roman de Wagers (ou, encore mieux, si il / elle a lu les deux), je serai curieux d’avoir un retour. Reste l’originalité du propos, l’USCG étant la grande oubliée de la SF militaire, à mon sens. Continuer à lire « Sixteenth Watch – Myke Cole »
La nef des fous – Richard Paul Russo
À la fois très prenant… et très frustrant !
Richard Paul Russo est un écrivain américain de SF, pas franchement prolifique (sept romans de 1988 à 2005, et quasiment rien -seulement deux nouvelles- depuis, d’après isfdb). La nef des fous est son livre le plus fameux, qui combine deux tropes bien connus du genre (voir plus loin) dans une perspective horrifique et laissant une large place à la foi religieuse, ainsi qu’une réflexion sur le libre-arbitre. C’est en préparant, il y a un peu plus de deux ans, mon article sur les arches stellaires que je me suis fait la réflexion qu’il y avait encore quelques classiques ou livres réputés relevant de ce domaine que je n’avais pas eu l’occasion de lire, et cette critique vise à commencer à combler ces quelques lacunes.
Ce roman m’a laissé une impression très paradoxale : d’une part, je l’ai lu à une vitesse rare chez moi, et à part dans la longue séquence « finale » (la dernière centaine de pages, en très gros), j’ai pris beaucoup de plaisir à ma lecture. Mais d’un autre côté, je pense que l’auteur a voulu trop en faire, lançant des tas de bouts d’intrigue qu’il ne résout jamais, ne laissant pas, dans les tropes explorés, une impression aussi marquante que d’autres auteurs (à commencer par le récent et magistral Aurora de Kim Stanley Robinson -au passage, cette critique Bifrostienne est signée par votre serviteur-), et surtout prenant le risque de décevoir ses lecteurs (certains, du moins) via une fin relativement peu satisfaisante. Clairement, si vous êtes du genre à vouloir toutes les réponses à la fin d’un bouquin, évitez celui-ci, sinon vous en sortirez forcément frustré. Mais… il n’en reste pas moins que La nef des fous a aussi (et sans doute surtout) d’immenses qualités, que ce soit sa narration, son ambiance, ses personnages ou certaines des réflexions catalysées (sur le libre-arbitre, la foi et la religion, principalement). Le bilan est donc (très) contrasté, mais certainement pas négatif. Continuer à lire « La nef des fous – Richard Paul Russo »
David Weber – Honorverse – Guide de lecture
Après le guide de lecture consacré à Peter Hamilton, je vous en propose un second, cette fois consacré à David Weber, même si cette fois, je n’explorerai pas la totalité de sa vaste bibliographie, mais seulement celle qui s’inscrit dans l’univers d’Honor Harrington (son héroïne la plus connue), un contexte connu en anglais sous le nom d’Honorverse. En revanche, comme pour Hamilton, je vais me restreindre à ce qui est paru en français, vu que l’écrasante majorité d’entre vous ne lit pas en VO.
Un guide de lecture est plus qu’utile, car l’Honorverse est loin de se limiter aux quatorze romans qui forment l’histoire d’Honor Harrington elle-même : il existe en effet deux cycles dérivés (traduits : il y en a plus en VO), plus un ensemble de nouvelles plus ou moins longues, dont certaines peuvent apporter un vrai plus au lecteur désireux de mieux comprendre certains événements ou la psychologie de certains personnages. Sans compter que les trois cycles de romans (le principal + les deux dérivés), dont les événements se déroulent initialement en parallèle, finissent par virtuellement fusionner à partir d’un certain stade, ce qui fait que la lecture de La couronne des esclaves et de Saganami, d’optionnelle, devient indispensable passé un certain stade du cycle principal. Bref, il y a beaucoup d’éléments à intégrer et de parcours de lecture possibles, plus qu’on ne pourrait le croire de prime abord. D’où l’existence de ce guide.
Afin d’alléger cet article, je vais partir du principe que vous savez un minimum de quoi parle cette saga et pourquoi elle est une référence absolue en matière de cycles de SF militaire. Si ce n’est pas le cas, vous en trouverez une présentation succincte dans mon Guide de lecture de la SF militaire. Continuer à lire « David Weber – Honorverse – Guide de lecture »
Thin Air (VF) – Richard Morgan
Le percutant retour de Richard « Altered Carbon » Morgan
Le 11 mars 2020, décidément un jour riche en sorties d’envergure (c’est aussi à cette date que sortira L’empire du silence), sera publiée chez Bragelonne la version française de Thin Air de Richard Morgan, l’auteur d’Altered Carbon / Carbone modifié (dont une récente série a été tirée). J’ai, pour ma part, lu ce nouveau roman, le premier écrit par l’auteur depuis plusieurs années, à sa publication en VO, et je peux donc vous assurer que ce retour est une réussite, et que vous ne perdrez pas votre temps avec ce livre.
Vous pouvez lire ma critique détaillée de la VO sur cette page, mais en résumé, mon sentiment était le suivant : Dans Thin air, situé dans le même univers que Black Man / Thirteen mais qui peut se lire sans problème de façon tout à fait indépendante, Morgan fait certes du Morgan (Veil n’est qu’une troisième itération de l’ex-supersoldat badass, après Kovacs et Marsalis), mais il le fait en mode 2.0 : meilleurs personnages secondaires, intrigue d’une richesse impressionnante, worldbuilding au top, style toujours aussi rentre-dedans et efficace. Bref, que vous aimiez déjà ce que propose l’auteur ou pas, vous auriez tout intérêt à jeter un coup d’œil sur ce livre, qui mêle roman noir, biopunk et western de l’espace en un mélange harmonieux, sur une planète Mars où la corruption, les corporations, les biotechnologies et le concept de « Nouvelle frontière » règnent en maîtres.
Si vous décidez d’acquérir ce roman, que vous êtes client d’Amazon et souhaitez soutenir le Culte, passez par un des liens affiliés suivants, cela n’entraînera aucun frais supplémentaire pour vous !
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L’empire du silence – Christopher Ruocchio
L’empire du silence = Le nom du vent + Dune + Gladiator !
Le 11 mars 2020 sortira (entre autres, mais nous en reparlerons bientôt) chez Bragelonne L’empire du silence de Christopher Ruocchio, tome d’ouverture d’un cycle appelé Le dévoreur de soleil. Lorsque je l’ai lu en VO, j’ai trouvé une formule à la fois percutante et qui résumait parfaitement son contenu et son atmosphère (Empire of silence = Le nom du vent + Dune + Gladiator), et je m’en suis servi comme sous-titre de ma critique : il semblerait qu’elle ait séduit l’éditeur, qui l’a reprise sur le bandeau rouge ornant la couverture (merci à lui, au passage).
J’ai consacré un très, très long article (même par rapport aux standards habituels de ce blog) à ce roman, car il y a beaucoup à en dire. Vous pouvez le découvrir sur cette page, mais pour ceux qui n’auraient pas le temps ou l’envie de lire une critique aussi détaillée, voici ce qu’on peut dire, en résumé, de ce livre : L’empire du silence est le récit fait, alors qu’il croupit en prison, 1500 ans plus tard, de ses premiers pas en tant qu’adulte d’Hadrian Marlowe, à la fois adulé et honni parce que pour gagner une guerre, il a fait sauter un soleil, tuant au passage son empereur et quatre milliards de ses concitoyens, et gagnant le redoutable surnom de Dévoreur de soleil. Dans un univers très influencé par les gréco-romains (alors qu’il ne s’agit pas d’une uchronie) et Frank Herbert, où l’empire Sollan règne sur un quart de milliard de mondes et où la religion est toute-puissante, où les Hoplites ont des lances à plasma et les chevaliers des épées en matière exotique, il va faire son Conan / Kvothe, passant d’une existence privilégiée à l’état de vagabond, puis de gladiateur, de tuteur, de traducteur, avant de finir mercenaire (si, si). Le tout sur fond de guerre contre des extraterrestres remettant certains dogmes religieux en question, les Cielcin.
Le style de l’auteur est franchement bon, les personnages principaux attachants et l’univers a « de la gueule » et de l’ambition, mais ce tome 1 a certains défauts qui peuvent gêner certaines catégories de lecteurs : roman très verbeux (mais tout en restant prenant et marquant), trop inspiré par des auteurs antérieurs, mélange des genres qui peut gêner, livre sans doute trop soft-SF pour certains, trop (science-)Fantasy pour les uns, trop Science-Fiction pour les autres, trop commercial pour beaucoup et peut-être trop noir dans certains cas. Pourtant, même si ces défauts sont réels (ou au moins, je le répète, pour certains profils de lecteurs), il n’en reste pas moins qu’une fois refermé, L’empire du silence laisse une bonne impression globale, et surtout que certains de ces problèmes ont été corrigés dans le tome 2 (dont je vous propose d’ores et déjà la critique de la VO, et qui a clairement installé cette saga parmi les sorties récentes les plus marquantes en matière de Space Opera d’envergure), qui est un roman vraiment impressionnant aussi bien sur le fond que sur la forme. Bref, c’est, très sincèrement, un cycle à découvrir, qui, clairement, ne prendra toute sa dimension qu’à partir du tome 2, à mon sens.
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Le magicien quantique – Derek Künsken
Ocean’s Eleven revu par Greg Egan
Le 26 février 2020, sortira en français chez Albin Michel Imaginaire Le magicien quantique de Derek Künsken, premier tome d’un cycle appelé The quantum evolution (mais roman qui se suffit aussi à lui-même et peut tout à fait s’envisager comme un one-shot). Je l’ai, pour ma part, lu en anglais (vous pouvez retrouver ma critique complète sur cette page), et à vrai dire, j’ai même lu… sa suite. Sur Le culte d’Apophis, vous trouverez donc tous les éléments vous permettant de savoir si Le magicien quantique peut vous intéresser, que ce soit tout court, en tant que one-shot ou que début de cycle !
Pour celles et ceux qui ne voudraient pas lire ma critique complète, on peut résumer simplement ce livre par la formule suivante : c’est Ocean’s Eleven revu par Greg Egan (le bouquin relève en effet de cette SFF « de casse » qui a été particulièrement à la mode ces dernières années). Non, non, ne fuyez pas à la mention de « Hard SF » ou de Greg Egan, ce livre n’est ni aussi exigeant, ni aussi aride (l’humour y est très présent) que ceux de l’australien, et il est donc accessible (avec un peu de bonne volonté) à chacun d’entre vous, tout en étant capable de satisfaire le vrai aficionado de ce genre littéraire : un vrai tour de force ! Il propose une intrigue passionnante, servie par une écriture fluide, agréable et efficace, des personnages complexes et crédibles, un humour occasionnel mais ravageur, un univers d’une richesse surprenante (principalement sur le plan de la description de plusieurs variantes de l’humain de base créées par génie génétique) pour un aussi petit ouvrage (moins de 400 pages en VO), ainsi qu’une réflexion d’une grande profondeur, qui là aussi, étonne dans un bouquin de petite taille. Bref, pour son premier roman, Derek Künsken, jusqu’ici spécialisé et reconnu dans la forme courte, signe un véritable coup de maître, que je ne saurais trop vous conseiller de découvrir.
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