Eriophora – Peter Watts

LA sortie SF de l’année ! 

eriophoraLe 17 septembre 2020, paraîtra ce que je considère être la sortie SF (en VF) de l’année, à savoir le (pas si court) roman Eriophora de Peter Watts. J’attire votre attention sur le fait que s’il est édité par le Belial’, il n’appartient pas, pour autant, à la collection Une heure-lumière, en raison de sa taille (224 pages), de l’illustrateur de la couverture (qui est Manchu et pas Aurélien Police, artiste attitré d’UHL) et de la présence d’illustrations intérieures, signées, elles, par Cédric Bucaille.

J’ai, pour ma part, lu ce texte en anglais, sous le titre The freeze-frame revolution, le jour de sa sortie (le 29 mai 2018), et j’en suis sorti impressionné par la combinaison de SF à grand spectacle / forte ambition, d’une excellente intrigue, de solides personnages et surtout par la façon dont Watts avait rendu un livre de Hard SF (non, ne fuyez pas…) aussi accessible à tout le monde. Je ne peux donc que vivement vous conseiller de vous jeter sur Eriophora quand il sortira, car c’est ce genre de science-fiction de l’extrême, brassant les millions d’années et les centaines de milliers d’années-lumière, que je promeus depuis les débuts de ce blog et que j’aimerais lire bien plus souvent en français.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus, ma critique de la VO est à votre disposition. Si vous ne souhaitez pas la lire en intégralité, j’en reproduis ici la conclusion : ce roman (pas si) court se place dans le même univers que les trois nouvelles jusqu’ici disponibles en français consacrées au vaisseau Eriophora (recueil Au-delà du gouffre, édité par le Belial’), mais peut sans problème être lu même par quelqu’un qui n’en a aucune connaissance. Il s’agit d’une Hard SF atypique, à la fois par rapport à la production habituelle de Watts et par rapport aux standards du genre, dans la manière qu’elle a, sans négliger la technologie ou le Sense of wonder, de mettre au centre du livre les personnages et surtout une excellente intrigue. Elle sera donc lisible même par quelqu’un qui ne lit pas ou même n’aime pas d’habitude ce sous-genre, un peu dans la veine de la « Light Hard-SF » proposée ces dernières années par Greg Egan. On peut même dire que quelque part, The freeze-frame revolution est un peu le Cérès et Vesta de Watts. Quoi qu’il en soit, que vous soyez expert ou novice en Hard SF, voilà un texte hautement recommandable, qui prouve que le canadien reste sans conteste un des grands auteurs de ce sous-genre.

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[TAG] Les incontournables (récents) en SFFF

Que le choix fut dur !

incontournablesSFFFSi vous suivez le Culte depuis très, très longtemps, vous savez que ma ligne éditoriale exclut, et ce depuis des années, la participation à des tags, alors que c’est quelque chose que je faisais à mes débuts. Je n’ai pas l’intention de remettre cette politique en question, mais toute règle a son exception, et le présent article en est une. En effet, il y a quelque temps, la blogueuse Vert du blog Nevertwhere (j’adore ce nom 😀 ) a lancé une très intéressante initiative, détaillée ici : en gros, il s’agissait, à contre-courant des médias généralistes, de proposer des listes de romans incontournables en SFFF qui ne soient ni anciens, ni écrits toujours par les mêmes profils d’auteurs. Les contraintes étant : pas plus de dix ouvrages dans la liste, et publiés après 2000… la date de publication en VO faisant foi. 

Alors vous commencez à me connaître, se limiter à dix ouvrages a été la chose la plus difficile pour moi, surtout à l’heure de choix déchirants. J’aurais facilement pu vous faire au minimum une deuxième liste de dix, et sans doute plus, mais je me suis tenu aux règles. C’est la date de publication en VO qui m’a causé le plus de tourments, car elle a signé l’abandon d’œuvres aussi incontournables, pour moi, dans leurs genres respectifs, que Diaspora, L’épée brisée ou Le livre des martyrs

Précisons, avant d’entrer dans le vif du sujet, que l’excellent logo du tag a été créé par la non moins excellente Anne-Laure du magistral blog Chut… Maman lit ! Continuer à lire « [TAG] Les incontournables (récents) en SFFF »

Vigilance – Robert J. Bennett

Une des sorties de l’année ! 

vigilance_bennett_VFLe 27 août 2020, en plus des Agents de Dreamland dont je vous parlais hier, sortira dans la collection Une heure-lumière du Belial’ une longue novella (ou un roman pas si court, c’est comme vous voulez) signée Robert Jackson Bennett (qui est également l’auteur du très bon American Elsewhere et de l’excellent Foundryside), Vigilance. Si le texte de Kiernan est de très bonne qualité, celui de Bennett joue en revanche dans une tout autre catégorie, et se placera à mon sens parmi les sorties les plus marquantes de cette année 2020 (et quelle couverture d’Aurélien Police, simple mais élégante et résumant très efficacement en une image un des axes centraux du livre !).

J’ai, pour ma part, lu ce roman court à sa sortie en anglais, début 2019, et j’avais été frappé par sa qualité hors-norme. Vous pouvez retrouver ma critique complète sur cette page, mais, pour ceux qui en veulent un rapide résumé, voici quelle en était la conclusion : dans cette SF dystopique d’une grande habileté, profondeur et intelligence, Robert Jackson Bennett montre les dérives des médias, du surarmement des civils, de l’auto-défense et de l’informatisation à outrance lorsqu’une émission de télé-réalité organisant des tueries de masse contrôlées accouche d’un monstre. Pratiquement parfait de sa première à sa dernière ligne, Vigilance montre que cette dernière est de mise afin que l’Amérique ne forge pas elle-même l’arme qui va l’abattre. Bref, un texte salutaire et indispensable, sans nul doute une des sorties de l’année, et qui prouve que Bennett est aussi à l’aise dans la forme (pas si) courte que dans la longue qui a, d’habitude, sa préférence.

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Crossings – Alex Landragin

Deux livres en un

Crossings_LandraginD’après sa biographie, Alex Landragin est un auteur franco-arméno-australien, ayant vécu dans l’Hexagone et aux USA mais actuellement basé à Melbourne. Crossings est à la fois son premier et son deuxième roman et… Comment ? Il faut que j’arrête de faire des léchouilles à des buvards de LSD ? Un roman n’est pas un chat de Schrödinger, il ne peut pas être à la fois le premier et le second d’un écrivain ? Eh bien si, et vous allez comprendre de quelle manière c’est possible dans la suite de cette critique !

À vrai dire, ce n’est pas la structure très particulière de ce bouquin qui en est l’élément le plus remarquable, mais la maîtrise absolument bluffante dont fait preuve son auteur sur de nombreux aspects, sachant que d’après Goodreads, à part un guide pour Lonely Planet, l’australien n’a jamais rien publié d’autre, même pas le lot de nouvelles qui sont un passage obligé, dans l’écrasante majorité des cas, pour les autrices et auteurs anglo-saxons. Le monsieur a certes une maîtrise es Lettres en écriture créative de l’université de Melbourne, mais pour un premier essai, on est très clairement sur un coup de maître ! Continuer à lire « Crossings – Alex Landragin »

Panthéon Apophien – épisode 1

cropped-apophis-ra_symbolCes derniers mois, j’ai reçu, essentiellement par mail, un nombre conséquent de questions ressemblant à « Vous parlez souvent du fait que tel ou tel roman ne mérite pas tout à fait le statut de (roman)Culte d’Apophis ou que tel autre le mérite amplement : proposez-vous une liste de ces romans ? », ce à quoi je réponds qu’il suffit de consulter le tag suivant (le nombre de gens qui ne consultent jamais le menu latéral -et tout spécialement le nuage de tags- ou d’en-tête du blog me sidère toujours autant, au passage, alors que je me suis donné du mal pour que chacun puisse retrouver ce qui l’intéresse le plus facilement possible). Jusqu’au jour où on a fini par me poser la question fatidique : « Ok, d’accord, merci, mais il ne couvre que la période allant de 2016 à aujourd’hui ; vous dites souvent que vous lisez les littératures de l’imaginaire depuis que vous êtes enfant, où sont listés les autres (romans)Culte d’Apophis, dans ce cas ? ». La réponse est : un peu partout, en fait, dans tous les articles et critiques du blog, où je mentionne que le cycle machin ou le roman bidule est une tuerie à lire absolument. Mais évidemment, il fallait quelque chose de plus synthétique… ou pas.

Eh ben oui, lister trente ans (1985-2015) de lectures « cultes » alors que potentiellement, ça n’intéresse peut-être qu’une poignée de personnes, aurait représenté un gros boulot pour contenter un nombre restreint de gens. Je me suis donc, via un sondage Twitter auquel un nombre conséquent d’entre vous a eu la gentillesse de répondre, tout d’abord assuré que ça intéresserait du monde. Ayant eu 95% de réponses positives sur plus de cent votes, je pense qu’on peut dire que oui, ça intéresse, et donc que oui, ça vaut le coup de s’atteler à ce travail.

J’étais parti sur l’idée d’un article unique, mais en commençant à lister les bouquins ou cycles concernés, je me suis vite aperçu qu’il serait trop gros et indigeste. Le but est de mettre en avant des romans qui, pour moi, sont les meilleures lectures possibles en SFFF, pas de noyer le lecteur potentiel sous un tourbillon de dizaines de références d’un coup. J’ai donc opté pour une mise en ligne par « épisodes », similaire à ce que je fais déjà pour L’anthologie Apophienne ou encore L’œil d’Apophis. Le but est que chaque roman ou cycle « culte » bénéficie d’une présentation relativement détaillée et surtout ne soit pas noyé dans la masse. Enfin, dans cette nouvelle série d’articles, appelée Panthéon Apophien (1985-2015), il y aura aussi une dimension plus personnelle, un peu comme dans les articles où je vous dévoile les coulisses du blog, puisque je vais essayer de replacer ces lectures dans mon parcours de lecteur. Je vais d’ailleurs tenter (et je dis bien tenter) de retracer ledit parcours de façon chronologique.

Dernière précision, histoire de ne pas vous submerger sous quatorze séries d’articles différentes chaque mois, les épisodes du Panthéon Apophien auront une périodicité irrégulière. Ne vous attendez donc pas forcément à en voir un chaque mois. Je suis plutôt parti, à vrai dire, pour proposer une alternance entre cette série et l’Anthologie Apophienne, donc environ six numéros par an de chaque. Continuer à lire « Panthéon Apophien – épisode 1 »

Autrefois les ténèbres – R. Scott Bakker

Everest littéraire

autrefois_les_ténèbresR(ichard) Scott Bakker est un auteur canadien de Fantasy, qui avait initialement envisagé de publier une trilogie appelée The second apocalypse. Cependant, il avait tellement de personnages, de thèmes et d’événements à développer qu’il a décidé de faire de chacun des trois tomes son propre sous-cycle. Le premier a donc donné une trilogie traduite en français sous le nom Le prince du néant, dont Autrefois les ténèbres, dont je vais vous parler aujourd’hui, est le premier tome. Le second roman du projet initial devait lui aussi être transformé en trilogie, mais son troisième tome était si gros qu’il a été coupé en deux volumes, ce qui fait donc un total de quatre livres. Ce second sous-cycle (The Aspect-Emperor) n’a, lui, pas été traduit en français du tout (apparemment, si les deux premiers tomes sont bons, ce n’est pas du tout le cas des deux autres). Le troisième et dernier sous-cycle reste à écrire au moment où je rédige ces lignes.

Dans chaque genre des littératures de l’imaginaire, il y a des œuvres hors-normes, du fait de leur richesse (thématique ou celle de leur univers), de leur complexité, de leur degré d’exigence ; la SF a (par exemple) ses Anatèm, ses Diaspora, ses Trop semblable à l’éclair ; la Fantasy, elle, a son Livre des martyrs, ses Instrumentalités de la nuit et… le (sous-)cycle dont je vais vous parler aujourd’hui. Car clairement, au niveau univers, personnages, sous-intrigues et degré d’exigence, la trilogie de R. Scott Bakker joue dans la même division qu’Erikson et Cook. Autrefois les ténèbres va donc se mériter, nécessiter une lecture attentive et sur le laps de temps le plus court possible, mais vous pouvez me croire, grande sera la récompense, tant on tient là un roman véritablement exceptionnel sur de nombreux plans, à commencer par des protagonistes extrêmement soignés et une écriture de toute beauté. Continuer à lire « Autrefois les ténèbres – R. Scott Bakker »

The Oppenheimer alternative – Robert J. Sawyer

Mo-nu-men-tal !

oppenheimer_alternativeIl est auteur de science-fiction, il est canadien, il s’appelle Robert et… Mais qu’est-ce que c’est que ce chien qui débarque tout frétillant en me faisant des fêtes ? Attendez, il a un collier, il s’appelle « Critique »… Eh bien non, Chien Critique, je ne veux pas parler de Robert Charles Wilson mais bel et bien de Robert J. Sawyer. L’auteur a été régulièrement traduit chez nous, particulièrement à la fin des années 2000 et au début des 2010 (quatre fois en Ailleurs & Demain -gage de qualité, même si dans le sérail, l’auteur n’est pas franchement respecté- entre 2009 et 2011), puis a disparu des radars de l’édition française. Eh bien il est toujours là, et bien là. Et il vient de sortir un roman que l’on peut qualifier de phénoménal : The Oppenheimer alternative. Comme son nom l’indique, il est centré autour de Robert Oppenheimer, le physicien qui a coordonné le Projet Manhattan, que nous allons suivre de 1936 à sa mort, en 1967. Une grande partie du livre (et particulièrement ses trente premiers %) a donc une véritable dimension biographique / de roman Historique (j’attire d’ailleurs votre attention sur la bibliographie d’une ahurissante longueur qui clôt l’ouvrage, ainsi que sur le dramatis personæ inhabituellement long qui l’ouvre). Mais le bouquin de Sawyer est bien plus que cela : il prend, à partir de ces fameux 30%, une dimension uchronique (il y a alternative dans le titre, après tout…), et sa dimension SF ne fait que grandir au fur et à mesure que l’on avance (je vous rappelle que dans ma conception de la taxonomie, Uchronie et SF sont deux genres séparés -alors que beaucoup de gens font de la première une subdivision de la seconde-, même si un roman peut parfaitement relever des deux à la fois, comme c’est le cas ici). On peut même dire que mettant en vedette des protagonistes qui sont tous des personnages bien réels, et qui sont à l’écrasante majorité des scientifiques de grand renom (Oppenheimer, Szilard, Teller, Einstein, Feynman, Von Neumann, Gödel, etc), The Oppenheimer alternative est un peu le roman ultime d’une certaine conception ou branche de la Hard SF.

Je sors sidéré par la qualité, l’audace et la façon dont genres et sous-genres ont été habilement mélangés (nous allons en reparler) pour donner un roman qui, dans les recherches qu’il a dû demander, n’est que deux petits crans en-dessous de ce qu’à proposé Kim Stanley Robinson dans sa trilogie martienne (il faut dire que KSR y a consacré une décennie), mais qui est aussi deux bons crans au-dessus de ce que propose quelqu’un comme Guy Gavriel Kay (connu pour ses intenses recherches préalables à l’écriture de sa Fantasy Historique de haute volée). Si vous vous intéressez à l’histoire de la création puis du contrôle des armes atomiques, à celle des grands physiciens du XXe siècle, à certains des grands thèmes sociaux des années trente à soixante, et que vous souhaitez voir un mélange de roman Historique, de SF et d’uchronie de très haute volée, ne manquez pas ce roman, vous allez vous régaler. Et ce d’autant plus si vous connaissez déjà et appréciez Sawyer qui, avec les années et les ouvrages, n’a rien perdu de son style fluide et immersif. Continuer à lire « The Oppenheimer alternative – Robert J. Sawyer »

The human – Neal Asher

Neal Asher repousse toutes les frontières de la SF

the_human_asherThe human est l’ultime roman de la trilogie Rise of the Jain (après The soldier et The warship), un sous-cycle qui s’inscrit dans le cadre beaucoup plus large de la saga Polity, qui compte donc désormais dix-huit livres, répartis en trois trilogies (Rise of the Jain, donc, Spatterjay et Transformation), une pentalogie (Agent Cormac) et quatre romans isolés mais se déroulant dans cet univers commun. Seuls deux de ces dix-huit bouquins ont été traduits en français (L’écorcheur, premier tome de Spatterjay, et le standalone Drone). Les sous-cycles et romans isolés, bien que partageant un cadre et souvent des personnages communs, étant réputés lisibles de façon indépendante (même si on y perd forcément car on ne saisit pas de subtiles références à des événements s’étant déroulés dans d’autres livres), j’ai commencé ma découverte de Polity en 2018 par The soldier, celui-ci présentant l’avantage de débuter une nouvelle histoire. Je savais, après ma lecture de Voyageurs (roman indépendant qui n’a rien à voir avec Polity), que Neal Asher était un excellent auteur de SF, mais j’avais tout de même été impressionné par l’énorme qualité de The soldier, sorte de version de la Culture de Iain M. Banks avec les curseurs scientifiques, militaires et transhumanistes poussés beaucoup plus loin que chez le regretté auteur écossais, et une prose particulièrement nerveuse et efficace. Pour patienter en attendant la sortie de The warship en 2019, j’avais alors repris le cycle Polity par l’autre bout, en lisant les autres romans dans l’ordre préconisé par la chronologie interne de cet univers (et pas par l’ordre de publication).

En ce mois de mai 2020, j’attendais donc The human avec impatience. Je savais qu’il allait être bon (aucun livre d’Asher n’est mauvais, même si certains sont plus aboutis ou intéressants que d’autres), mais rien ne m’avait préparé au choc absolu qu’a constitué sa lecture. Je le termine KO debout, sidéré par la façon dont Asher s’est transcendé avec cette dernière production. Car avec elle, il passe du statut de très bon auteur de SF à celui de titan digne de figurer au panthéon du genre, et pousse les curseurs scientifiques / transhumanistes / militaires au-delà des limites. Ce n’est pas « plus que de la SF », mais en revanche, c’est de la SF +++ : là où les autres auteurs écrivant dans les mêmes sous-genres que lui évoluent sur une échelle graduée jusqu’à 10, atteignant même 11 pour les plus audacieux, lui se balade au minimum à 12… voire 14. Sur 10. Bref, on tient là un roman absolument unique, sans conteste le chef d’oeuvre absolu de son auteur, une oeuvre qui redéfinit ce dont la science-fiction est capable de proposer quand elle est menée de main de maître. Continuer à lire « The human – Neal Asher »

The last human – Zack Jordan

1989 : Hypérion – 2020 : The last human !

the_last_humanThe last human est le premier roman de Zack Jordan. Il nous arrive précédé d’une curieuse réputation : d’un côté, les louanges d’autres auteurs et de journalistes américains, de l’autre une note d’à peine 3.66 sur Goodreads (bien qu’elle soit à relativiser vu que le livre n’est sorti que depuis six jours au moment où je rédige ces lignes, et que la plate-forme a été victime, ces derniers temps, d’un phénomène consistant à distribuer des notes à 1 étoile… sans même avoir lu le livre concerné), mais avec des critiques très dichotomiques, la moitié, en gros, parlant de chef-d’oeuvre, l’autre disant souvent que la personne n’a même pas réussi à se motiver assez pour finir ce roman Après l’avoir, pour ma part, fini, je peux dire que c’est le genre de bouquin qu’on ne peut pas juger correctement sans l’avoir lu en entier, du fait de sa structure très particulière (dont je vous reparle plus loin).

Ce roman, je l’ai repéré il y a très longtemps (plus d’un an et demi, si je me souviens bien), et j’en ai même parlé (sans succès) à une maison d’édition, en disant « à surveiller de près ». Le postulat de départ (l’héroïne est la seule humaine dans un univers dominé par les extraterrestres), sans être inédit (on pensera à Chanur de C.J. Cherryh ou à Douglas Adams), est tout de même suffisamment inhabituel pour intriguer, tout comme ce qui est mentionné dans les praises. Eh bien vous savez quoi ? Rien de ce que j’ai pu lire avant d’attaquer ce roman ne donne la moindre idée de son intérêt réel, ni la quatrième (que je vous conseille d’ailleurs d’éviter de lire car si elle ne permet pas vraiment de mesurer l’intérêt littéraire de cet univers, elle en dévoile en revanche beaucoup trop sur l’intrigue), ni les louanges des uns ou des autres, ni les critiques que j’ai vu passer. Car ce roman, dans sa dimension « j’ai lu et digéré tout ce qui a été écrit de majeur en SF avant moi, et j’en donne ma propre déclinaison », en rappelle un autre, et pas n’importe lequel : un certain… Hypérion de Dan Simmons (même si ce dernier livre reste supérieur sur le plan des personnages -de façon significative- et de l’écriture -mais pas tant que ça-). Sur le strict plan du « roman-catalogue », le reader’s digest de la phase précédente de l’Histoire de la SF, The last human est donc, en un sens, l’Hypérion des années 2020. C’est en tout cas, pour l’instant, ma meilleure lecture en VO parmi les inédits sortis en 2020. Et même ma meilleure lecture de ce premier trimestre de l’année tout court, et de très loin ! Continuer à lire « The last human – Zack Jordan »

Le magicien quantique – Derek Künsken

Ocean’s Eleven revu par Greg Egan

magicien_quantiqueLe 26 février 2020, sortira en français chez Albin Michel Imaginaire Le magicien quantique de Derek Künsken, premier tome d’un cycle appelé The quantum evolution (mais roman qui se suffit aussi à lui-même et peut tout à fait s’envisager comme un one-shot). Je l’ai, pour ma part, lu en anglais (vous pouvez retrouver ma critique complète sur cette page), et à vrai dire, j’ai même lu… sa suite. Sur Le culte d’Apophis, vous trouverez donc tous les éléments vous permettant de savoir si Le magicien quantique peut vous intéresser, que ce soit tout court, en tant que one-shot ou que début de cycle !

Pour celles et ceux qui ne voudraient pas lire ma critique complète, on peut résumer simplement ce livre par la formule suivante : c’est Ocean’s Eleven revu par Greg Egan (le bouquin relève en effet de cette SFF « de casse » qui a été particulièrement à la mode ces dernières années). Non, non, ne fuyez pas à la mention de « Hard SF » ou de Greg Egan, ce livre n’est ni aussi exigeant, ni aussi aride (l’humour y est très présent) que ceux de l’australien, et il est donc accessible (avec un peu de bonne volonté) à chacun d’entre vous, tout en étant capable de satisfaire le vrai aficionado de ce genre littéraire : un vrai tour de force ! Il propose une intrigue passionnante, servie par une écriture fluide, agréable et efficace, des personnages complexes et crédibles, un humour occasionnel mais ravageur, un univers d’une richesse surprenante (principalement sur le plan de la description de plusieurs variantes de l’humain de base créées par génie génétique) pour un aussi petit ouvrage (moins de 400 pages en VO), ainsi qu’une réflexion d’une grande profondeur, qui là aussi, étonne dans un bouquin de petite taille. Bref, pour son premier roman, Derek Künsken, jusqu’ici spécialisé et reconnu dans la forme courte, signe un véritable coup de maître, que je ne saurais trop vous conseiller de découvrir.

Si vous décidez d’acheter ce livre, que vous êtes client d’Amazon et souhaitez soutenir le Culte, passez par un des liens affiliés suivants, cela n’entraînera aucun frais supplémentaire pour vous !

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