Un nouveau sous-genre : la Troll-Hipster-Fantasy !
Uncanny Collateral est une novella d’Urban Fantasy de 151 pages sortie hier qui… Comment ? Oui, vous êtes bien sur le Culte d’Apophis, pourquoi ? Vous dites ? De l’Urban Fantasy sur le Culte, mais bien sûr, et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ? Oui, je sais que le 1er avril est passé. Non, ce n’est pas une blague. Ah mais oui, pardon, j’aurais dû commencer par là. Attendez, vous allez mieux comprendre. Uncanny Collateral, donc, est une novella ÉCRITE PAR BRIAN McCLELLAN (et auto-éditée par lui) et relevant de l’Urban Fantasy. Ce qui pose d’ailleurs d’intéressantes questions phylogéniques lorsqu’on se penche sur l’évolution de cet auteur. Mais j’y reviendrai.
Ce roman court est le premier d’un cycle, appelé Valkyrie Collections (du nom de la société pour laquelle bosse le héros). Et avec lui, on sent que McClellan a voulu proposer quelque chose de plus fun que ses précédentes séries ou stand-alone, que ce soit les deux trilogies des Poudremages ou War Cry. Parce qu’outre le sous-genre (Flintlock Fantasy pour les Poudremages, Arcanepunk pour War Cry, Urban Fantasy ici), outre le fait que cette fois, l’action ne se passe pas dans un monde secondaire (imaginaire) mais aux USA de nos jours, une grosse différence est à la fois l’absence de cadre militaire qui était jusque là systématique chez l’auteur et surtout un ton bien plus léger et moins épique. Sans faire pour autant une Fantasy à proprement parler humoristique ou sans enjeux, celle là est beaucoup plus décontractée que dans les bouquins précédents de McClellan. On peut par contre remarquer que plus il publie de livres, plus il avance dans le niveau technologique et la période d’inspiration de sa Fantasy, passant de la Révolution et de l’épopée Napoléonienne à la Seconde Guerre Mondiale, puis le XXIe siècle. C’est même à se demander ce qu’il nous prépare pour ses prochains cycles…
Au final, j’ai dévoré ce sympathique petit bouquin, je lirai les suites avec grand plaisir, et le conseille à la fois aux fans de l’auteur et à ceux qui veulent lire une histoire se passant dans un contexte mélangeant Constantine et Lucifer, avec une petite touche de Max Gladstone dedans (voir plus loin). Continuer à lire « Uncanny Collateral – Brian McClellan »
Le 11 avril 2019, sortira chez Denoël, dans la prestigieuse collection Lunes d’encre, Braises de guerre de Gareth L. Powell, tome d’ouverture d’une trilogie et traduction de Embers of war, que j’ai pour ma part lu en VO. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite donc à lire
Arkady Martine est… eh bien en fait rien du tout. C’est juste le pseudonyme du Dr AnnaLinden Weller, historienne spécialisée dans tout ce qui concerne l’empire Byzantin. A memory called empire est à la fois son premier roman et la première partie d’un diptyque (le second volet s’appellera A desolation called peace). À lire le personnel de son éditeur ou ses propres déclarations, on se prend à rêver devant les références évoquées, de John Le Carré à Iain M. Banks et Ann Leckie. On évoque aussi un roman nerveusement rythmé, « un livre vraiment spécial », et on nous assène même un « à qui ne plairait-il pas ? » (la phrase qu’aucun directeur de collection sain d’esprit ne devrait jamais employer). Eh bien ma bonne dame, je lève la main. Et j’ajoute que parler d’un rythme haletant pour ce bouquin est tout de même osé. Et puis tant qu’on y est, il faut arrêter d’invoquer l’héritage de Banks à tout bout de champ, surtout que le plus souvent, ça concerne comme par hasard la publication la plus médiocre de l’année (dans le genre de
Si vous fréquentez ce blog depuis un moment, ou que vous êtes adeptes de Hard SF, vous savez quelle importance Alastair Reynolds a dans ce dernier sous-genre, et plus généralement dans la Science-Fiction (britannique, mais pas que) des vingt dernières années. On peut raisonnablement dire qu’il constitue un auteur majeur, ce qui fait que la moindre de ses sorties est attendue certes avec impatience, mais aussi depuis peu de pied ferme. Car il faut bien avouer que d’ouvrages de commande (son fameux contrat « 10 ans, 10 romans, un million de Livres Sterling » établi en 2009 avec Gollancz) en errements Young Adult (ou en tout cas perceptibles comme tels), l’auteur Gallois s’est récemment quelque peu éloigné des romans majeurs (le cycle des Inhibiteurs ou le magistral
Fran Wilde est une autrice américaine qui, entre autres (nombreuses) activités, à été l’assistante d’un joaillier. Ce qui, comme nous allons le voir, n’a rien d’anecdotique mais a au contraire une importance certaine. Elle va publier dans quelques semaines son quatrième roman, Riverland, mais c’est d’abord dans le registre court qu’elle a attiré l’attention. De fait, la novelette (texte de longueur intermédiaire entre une nouvelle et une novella / un roman court) dont je vais vous parler aujourd’hui, The jewel and her lapidary, a été finaliste du prix Locus 2017 et nominée au Hugo et au Nebula la même année. On remarquera aussi les éloges de Ken Liu sur la première de couverture.
Les lecteurs non-anglophones ont pu découvrir Kameron Hurley avec la publication en fin octobre 2018 de son roman
Dan Stout est un auteur américain qui, après être passé, comme beaucoup de ses compatriotes, par la case « nouvelles publiées dans des magazines et autres anthologies », propose, avec Titanshade, son premier roman proprement dit. Et autant le dire tout de suite, c’est une grande réussite, à commencer par l’originalité du contexte. En effet, si d’autres écrivains, comme Max Gladstone ou Brian McClellan, ont déplacé l’époque d’inspiration de la Fantasy à monde secondaire (imaginaire) plus loin que le médiéval / antique classique dans ce genre, Stout est allé plus loin encore qu’eux (seul le précurseur Shadowrun -un jeu de rôle- a plus poussé le curseur), dépassant le début du XXe siècle de Gladstone (
T’ien-Keou est une nouvelle de Laurent Genefort, une des dix qui forment le recueil Colonies, à paraître dans dix jours chez le Belial’. Elle est mise à disposition gratuitement par l’éditeur, jusqu’à la fin mars 2019, soit au
Après avoir lu
Ancestral night est le premier roman d’un nouveau diptyque de science-fiction, White space, signé Elizabeth Bear. J’ai déjà eu l’occasion de découvrir la Fantasy de l’auteure, ainsi que le volet Lovecraftien de son oeuvre, et dans les deux cas j’ai vraiment apprécié la balade. C’est donc en toute confiance que j’ai abordé ce livre, et, de fait, le début était relativement prometteur. Sauf que voilà, la baudruche se dégonfle très rapidement, et, entre autres défauts, ce bouquin réussit l’exploit assez extraordinaire de balancer au lecteur tout un tas d’éléments qui devraient, en temps normal, générer un énorme sense of wonder et qui, ici, ne provoquent qu’un ennui profond et persistant. Car, en gros, Bear a systématiquement fait les mauvais choix, de l’univers à la narration en passant par les personnages, le rythme, l’intrigue, l’antagoniste, et j’en passe.