Semper Fi, euh, pardon, Paratus ! *
* Semper fi-delis- est la devise de l’US Marine Corps, Semper paratus celle de l’US Coast Guard.
Si vous vous intéressez au cinéma, vous savez que, de longue date, les studios hollywoodiens concurrents ont la curieuse habitude de lancer régulièrement, avec un faible intervalle, des films traitant exactement du même sujet. Citons, par exemple (et pour rester dans le champ de la SF), Planète rouge / Mission to Mars, sortis en 2000, ou, cas encore plus emblématique, Armageddon / Deep Impact, à l’affiche dans les salles obscures en 1998. Vous devez probablement vous demander pourquoi je vous parle de tout cela. Eh bien figurez-vous que deux maisons d’édition anglo-saxonnes ont décidé de lancer, quasiment au même moment, deux romans de science-fiction portant sur exactement le même sujet. Et alors, me direz-vous ? Eh bien là où ça devient étonnant, c’est que ledit sujet est à la fois inhabituel dans le cadre de la SF militaire (puisque c’est de cela dont il s’agit) et extrêmement spécifique : des membres des Gardes-côtes de l’espace qui doivent participer à une compétition sportive. On comprend donc à quel point les chances que deux auteurs différents sortent des bouquins sur une base à la fois aussi similaire et sortant des tropes habituels avait quelque chose d’improbable.
J’aurais pu, bien sûr, lire les deux livres en question, A pale light in the black de K.B. Wagers et Sixteenth Watch de Myke (sic) Cole, mais l’idée d’enchaîner deux romans aux fondamentaux aussi similaires ne m’enchantait guère. J’ai donc tranché en n’en choisissant qu’un seul, et le gagnant a été le livre de Cole. Pour celles et ceux qui seraient curieux des critères de ce choix, le fait que Cole soit un ancien de l’US Coast Guard a beaucoup joué, tout comme le résumé du livre de Wagers qui ne m’inspirait guère confiance et la comparaison faite par Max Gladstone avec une version plus velue des bouquins de Becky Chambers. Comme ici, c’est un blog sérieux, de la SF militaire qui a un parfum de Becky Chambers, faut peut-être pas déconner non plus, hein, donc en gros, ce paramètre connu, la décision a été prise en approximativement 0.25 microsecondes. Non, je plaisante (enfin, à moitié, disons). Outre une crédibilité qui me paraissait être supérieure, donc (bien que les praises du bouquin de Wagers mentionnent un autre ancien de l’USCG félicitant l’autrice pour le réalisme de ce qu’elle décrit, surtout en n’ayant pas servi elle-même), c’est le prix qui a aussi beaucoup joué : le roman de Cole est à 6.60 euros en version Kindle, celui de Wagers à… 17.17.
Sixteenth Watch achevé, je ne peux certainement pas dire avoir passé un mauvais moment, mais sa fin quelque peu abrupte et quelques (pas si) petits points de crispation font que je me demanderai un moment si l’autre livre n’était pas meilleur. Vous êtes un certain nombre à lire en anglais, donc si l’un d’entre vous a lu le roman de Wagers (ou, encore mieux, si il / elle a lu les deux), je serai curieux d’avoir un retour. Reste l’originalité du propos, l’USCG étant la grande oubliée de la SF militaire, à mon sens. Continuer à lire « Sixteenth Watch – Myke Cole »
Richard Paul Russo est un écrivain américain de SF, pas franchement prolifique (sept romans de 1988 à 2005, et quasiment rien -seulement deux nouvelles- depuis, d’après isfdb). La nef des fous est son livre le plus fameux, qui combine deux tropes bien connus du genre (voir plus loin) dans une perspective horrifique et laissant une large place à la foi religieuse, ainsi qu’une réflexion sur le libre-arbitre. C’est en préparant, il y a un peu plus de deux ans, mon
Le saint des lames est le dernier tome de la trilogie entamée avec
Après le
En cette fin d’hiver 2020, l’Atalante a décidé d’entamer la réédition d’une des plus célèbres œuvres d’Orson Scott Card (avec le cycle d’Ender), à savoir les Chroniques d’Alvin le Faiseur, dont Le septième fils est le premier des sept (évidemment…) tomes prévus (six sont parus, le dernier se faisant attendre depuis… 2003). Et d’après ce que j’ai vu passer sur les sites marchands, le rythme de cette réédition va être très vigoureux : le tome 2 est annoncé pour le 16 avril 2020 et le 3 pour le 28 mai. On peut d’ailleurs se demander si il ne faudrait pas plutôt parler de réimpression avec « simple » changement de couverture que d’autre chose (illustration, au passage, à la fois esthétique, parfaitement dans l’esprit de l’époque représentée dans le livre et montrant une de ses scènes les plus importantes), puisqu’il n’y a ni changement dans la traduction, ni ajout de paratexte (à l’exception d’un petit mot de Card saluant la qualité de la traduction), etc. Paru en 1987 en anglais et en 1991 en VF, ce roman est titulaire du prix Locus 1988.
Blood Tally est la deuxième novella d’Urban Fantasy écrite par Brian McClellan qui s’inscrit dans le cycle Valkyrie Collections. Contrairement aux autres livres de l’auteur, publiés dans le circuit traditionnel, les romans courts de cette série sont, eux, auto-édités et financés par crowdfunding (les personnes ayant participé à ce dernier étant d’ailleurs remerciées dans la dernière vingtaine de pages de l’ouvrage).
Le 11 mars 2020, décidément un jour riche en sorties d’envergure (c’est aussi à cette date que sortira
Le 11 mars 2020 sortira (entre autres, mais nous en reparlerons bientôt) chez Bragelonne L’empire du silence de Christopher Ruocchio, tome d’ouverture d’un cycle appelé Le dévoreur de soleil. Lorsque je l’ai lu en VO, j’ai trouvé une formule à la fois percutante et qui résumait parfaitement son contenu et son atmosphère (Empire of silence = Le nom du vent + Dune + Gladiator), et je m’en suis servi comme sous-titre de ma critique : il semblerait qu’elle ait séduit l’éditeur, qui l’a reprise sur le bandeau rouge ornant la couverture (merci à lui, au passage).
Lorsqu’un blog dépasse un certain nombre d’années d’existence et / ou d’articles, et à la condition que de nouveaux abonnés rejoignent sans cesse les rangs de sa communauté, il devient de moins en moins probable que les critiques et articles les plus anciens soient lus. Tout le monde n’a malheureusement pas le temps, ou l’envie, de se replonger dans les archives, sans compter qu’il peut être décourageant de débarquer sur un site qui compte des centaines de posts et de ne pas savoir par quelle voie attaquer cette montagne. Dans la boucle temporelle est une série d’articles conçue pour guider les nouveaux venus dans la masse de chroniques et autres articles de fond du blog, leur indiquant ce qu’ils devraient lire en priorité, remettant en lumière des posts oubliés mais potentiellement intéressants. Charge aux aponautes, ensuite, d’explorer les différents menus du blog pour lire le reste. Mais pour faire court, c’est bel et bien d’une sorte de résumé, en forme de best of, de ce qui s’est déroulé de plus marquant dans les précédentes « saisons » (comme on dirait si le blog était une série télévisée) de l’histoire du Culte.
Cette recension est initialement parue dans le numéro 93 du magazine Bifrost