L’œil d’Apophis – Numéro 15

Eye_of_ApophisQuinzième numéro de la série d’articles L’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, sont connus des lecteurs éclairés mais pas du « grand public », pour lesquels on se dit « il faudra absolument que je le lise… un jour » alors qu’on ne le fait jamais, et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois romans ou cycles : aujourd’hui, il s’agit de Coyote céleste de Kage Baker, d’Homme-Plus de Frederik Pohl et du Nez de Cléopâtre de Robert Silverberg.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’oeuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt les tags (Roman) Culte d’Apophis ou Guide de lecture SFFF). Continuer à lire « L’œil d’Apophis – Numéro 15 »

The quantum garden – Derek Künsken

Presque aussi bon que Le magicien quantique, mais dans un genre légèrement différent

the_quantum_gardenThe quantum garden est la suite du Magicien Quantique (qui sera publié en français par Albin Michel Imaginaire en 2020) et le second tome du cycle The quantum evolution. Je ne sais pas si ce dernier est une trilogie ou si d’autres romans sont prévus, mais d’après Goodreads, l’auteur aurait vendu un autre roman de Hard SF à son éditeur (Solaris). Et de toute façon, vu la façon dont ce tome 2 finit, une suite paraît tout à fait possible, sinon certaine.

J’avais adoré Le magicien quantique, sorte d’Ocean’s Eleven réécrit par Greg Egan (mais en plus accessible que la prose de l’australien). Si cette suite est presque d’aussi bonne qualité, et si on garde une partie des personnages du premier tome, le scénario est différent, et le ton plus grave (même si l’humour reste présent). L’aspect Hard SF et le sense of wonder étaient déjà solides dans The quantum magician, et ils ne font que se renforcer dans son successeur, qui propose quelques très beaux moments dans ce domaine. Mais surtout, le worldbuilding et la psychologie de certains personnages secondaires s’étoffent, ce qui fait que même si je placerais The quantum garden un poil en-dessous du Magicien quantique, ce livre en est une digne suite et un roman de (Hard) SF de qualité. Ce qui n’était pas évident parce qu’avec un début de cycle aussi monstrueux, faire (presque) aussi bien (et sans faire du copier-coller, qui plus est) n’avait rien d’évident. Continuer à lire « The quantum garden – Derek Künsken »

Luna – Lune montante – Ian McDonald

Montante, vous êtes sûr ? 

luna_3Luna – Lune montante est le troisième roman du cycle Luna, par Ian McDonald, après Luna et Luna – Lune du loup. Pour autant, il ne s’agit pas du dernier texte prévu dans cet univers, puisque une novella, The menace from Farside, débarquera dans un peu moins de deux mois (et sera critiquée sur ce blog).

Le tome 1 avait été une claque absolue, l’équivalent sur le plan du Planet Opera lunaire de ce qu’à proposé Kim Stanley Robinson pour Mars, mais avec de puissants personnages et une tension permanente en plus. J’avais trouvé le 2 à peine moins bon, et j’avais donc, légitimement, des attentes élevées pour son successeur. Et ce d’autant plus que classiquement, le dernier tome d’une trilogie est rarement le moins bon. Et là, c’est le drame. Parce que loin d’être montante, la lune de McDonald est en contraire en chute libre dans ce roman poussif, convenu, qui n’intéresse vraiment (et encore…) que dans ses cent dernières pages, et multiplie les maladresses. Reste donc à espérer que le roman court prévu en novembre remettra les choses d’aplomb ! Continuer à lire « Luna – Lune montante – Ian McDonald »

Chiens de guerre – Adrian Tchaikovsky

Militaire et intelligent

chiens_de_guerre_tchaikovskyLe 3 octobre 2019, sortira chez Denoël, dans la collection Lunes d’encre, Chiens de guerre d’Adrian Tchaikovsky, déjà responsable en VF de l’excellent Dans la toile du temps et en VO de six autres textes chroniqués sur ce blog (vous en trouverez la liste ici). Je commence donc à assez bien connaître l’oeuvre de cet auteur, et je peux vous dire qu’il s’agit ici de son meilleur roman de SF après Dans la toile du temps que je citais plus haut ou sa suite, le récent et magistral Children of ruin.

J’ai, pour ma part, lu Chiens de guerre en VO il y a quasiment deux ans, et voici, en résumé, mon sentiment à son sujet (vous pouvez retrouver la critique complète sur cette page) : dans cette SF militaire de futur proche (une génération environ), des animaux aux possibilités augmentées par le génie génétique et la cybernétique, les bioformes, sont sur le point de remplacer les soldats humains, et ont rendu obsolètes les robots de combat, trop vulnérables au piratage. Sacrifiables, rapides et peu coûteux à produire en masse, dépourvus de scrupules ou d’éthique, plus adaptables aux situations imprévues que les machines, les bioformes sont les combattants idéaux. L’histoire suit un tout nouveau type d’escouade, formé non pas uniquement de cyber-chiens, mais de quatre bestioles différentes, employées dans une sale petite guerre corporatiste dans le sud du Mexique. Ce sera surtout l’occasion d’entrer dans la tête du cyber-chien Rex, le chef d’escouade, et de le voir, au fil des années, faire tout le chemin allant de l’arme vivante et du chien savant à la personne à part entière.

SF militaire, certes assez peu originale mais très bien faite dans le registre du bio-/cyber-armement, mais pas que. Les thématiques balayées sont nombreuses et profondes, depuis les droits des intelligences non-humaines jusqu’à la responsabilité du créateur envers sa créature, en passant par la coexistence de divers types d’êtres pensants sur la même planète. Bref, pour qui connaît Tchaikovsky, une bonne partie du cocktail très réussi de Dans la toile du temps. Et si tout cela n’est pas à proprement parler révolutionnaire, c’est en tout cas fait de main de maître. Un coup de cœur, passionnant quasiment de la première à la dernière ligne. Félicitations à Pascal Godbillon pour avoir sélectionné ce titre !

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Les euh… NON-critiques d’Apophis – épisode 1

cropped-apophis-ra_symbolAux débuts de ce blog, la politique était simple : on n’abandonne jamais un roman commencé, et on critique tout ce qui est lu. Point. Je m’y suis tenu pendant deux ans, avant que différents facteurs, dont une PAL / wish-list prenant des proportions bibliques, ne me fassent changer d’avis. Depuis début 2018, en gros, si un bouquin n’arrive pas à me convaincre, je l’abandonne sans regret. Trop de livres à lire, pas assez de temps, vous connaissez la chanson. Par contre, j’avais jusque là décidé de ne pas chroniquer un roman que je n’avais pas fini. Certains le font, je ne critique pas la chose, chacun fait comme il le veut sur son blog. Pour ma part, si je laisse tomber avant la fin, je ne me sens pas la légitimité d’émettre un avis qui pourrait potentiellement être complètement invalidé dix ou cent pages après le point où j’ai laissé tomber.

Toutefois, une discussion récente sur le blog de Lutin m’a conduit à légèrement revoir cette position : en effet, certaines personnes ont des goûts très proches des miens, et ne pas dire « j’ai commencé le roman Machin, j’en ai lu x pages, et j’ai abandonné parce que ceci ou cela » peut éventuellement les conduire à l’acheter de leur côté et à connaître la même désillusion que moi (sans compter, évidemment, la perte d’argent associée). J’ai donc décidé de vous proposer des micro-avis sur les livres abandonnés et dont je me souviens / dont j’ai pu retrouver la trace dans mes notes. Il ne s’agit en aucun cas d’une critique (même pas des mini-critiques comme je peux en proposer dans L’œil d’Apophis) mais d’un ressenti ou d’un fragment (et j’insiste sur ce terme) d’analyse vous expliquant pourquoi, au point où je me suis arrêté, je n’ai pas trouvé la motivation pour aller jusqu’à la fin. À partir de là, tout dépendra du fait que vos avis sur les bouquins soient, d’habitude, proches des miens ou pas, car vous ne trouverez pas, dans ces micro-avis forcément très subjectifs, les éléments d’analyse objectifs que j’insère dans mes critiques « normales » (celles des livres finis) et qui vous permettent de décider, en fonction de vos propres critères (qui ne sont pas forcément les mêmes que les miens) si le roman en question peut vous plaire ou pas. Continuer à lire « Les euh… NON-critiques d’Apophis – épisode 1 »

The A(pophis)-Files – épisode 11 : Au-delà de la Voie Lactée

afiles_3Je vous propose un troisième mini-guide annexe en complément du Guide de lecture du Planet Opera, après ceux de l’Universe Opera et de la SF centrée sur les astéroïdes. Nous allons parler aujourd’hui de quelque chose qui est de plus en plus rarement abordé dans la Science-Fiction d’aujourd’hui (mais qui était beaucoup plus fréquent lors de l’âge d’or du genre), à savoir tout ce qui est situé en-dehors de la Voie Lactée, qu’il s’agisse de ses satellites (voir plus loin), d’autres galaxies ou encore des systèmes stellaires se trouvant dans l’espace intergalactique. Si vous n’êtes pas féru d’astronomie, pas de panique, je vais vous proposer (sans basculer dans le cours magistral non plus !) une vue d’ensemble rapide et quelques définitions, histoire de vous permettre de suivre aisément.

Vous pouvez retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles de fond via cette page ou ce tag. Continuer à lire « The A(pophis)-Files – épisode 11 : Au-delà de la Voie Lactée »

Un paradis d’enfer – David Marusek

Frustrant

paradis_d_enfer_marusekDavid Marusek est un écrivain américain, auteur de quatre romans et d’une douzaine de textes courts, dont L’enfance attribuée, qui sort le 29 août dans la collection Une heure-lumière du Belial’. Cette novella a été intégrée (en tant que première partie -13% du livre-), sous une forme révisée, au roman Un paradis d’enfer (le seul de Marusek à avoir été traduit -par les Presses de la cité-), qui est le sujet de cet article. Je ne vais pas vous parler en détails de cette première phase du bouquin, vu que j’ai lu sa version UHL pour Bifrost (vous pourrez découvrir ma recension dans le prochain numéro du magazine, aux côtés de celle d’Acadie de Dave Hutchinson, autre sortie du 29 août dans la collection). Je vous dirais simplement que si j’ai enchaîné aussi tôt que possible avec la « suite », c’est-à-dire avec Un paradis d’enfer, c’est que je lui ai trouvé un intérêt que vous pouvez facilement imaginer important. Hélas, les 87 autres % ne se sont pas vraiment révélés être du même tonneau, comme je vais bientôt vous l’expliquer. Attention, toutefois, de se garder de tout jugement hâtif : en effet, l’auteur a sorti, quatre ans après ce roman, un autre, qui, loin d’en être simplement une « suite », doit vraiment en être considéré comme la seconde partie, qui boucle les nombreux arcs narratifs laissés ouverts. On a ainsi affaire à un diptyque plus qu’à une suite, un peu comme pour La chute d’Hypérion de Dan Simmons, qui résout la majorité de ce qui avait été laissé en suspens par Hypérion, et doit donc vraiment en être considéré comme la seconde moitié et pas comme le tome 2 d’un cycle.

Malheureusement pour le lecteur uniquement francophone, cette seconde partie, Mind over ship, n’a, elle, jamais été traduite. Vu que Un paradis d’enfer n’est pas disponible (en VF) en version électronique, et que lire un diptyque (ou un cycle) dans deux langues différentes est en général très pénible (et j’en parle en connaissance de cause), j’ai choisi de le lire en VO, sous le nom de Counting Heads (qui, d’ailleurs, rend bien mieux compte du point clef de l’intrigue). Vu que Mind over ship est réputé bien meilleur, je vous en proposerai donc aussi la critique sur ce blog, histoire de ne pas rester sur une impression mitigée et de voir si ladite réputation est justifiée. Continuer à lire « Un paradis d’enfer – David Marusek »

Peter F. Hamilton – Guide de lecture

cropped-apophis-ra_symbolJe vois souvent passer, sur Babelio, dans la blogosphère, par mail ou sur ce blog, en commentaires, des questions de gens ayant entendu parler de Peter F. Hamilton, souhaitant découvrir l’auteur mais ne sachant pas par quel bout prendre son oeuvre, il est vrai considérable. Le même genre de questionnements se pose pour une personne ayant lu un livre ou cycle, et ne sachant pas trop quoi lire ensuite, surtout si elle sait que certains desdits cycles sont liés entre eux. Il se trouve toujours une bonne âme (dont votre serviteur) pour répondre à ces questions, mais les réponses données sont forcément subjectives, et ne correspondront donc pas forcément aux goûts de la personne. Sans écarter cette dimension là, le présent article va essayer de vous donner le maximum de données pour faire votre choix, sachant que plusieurs parcours de lecture sont possibles, en fonction de vos préférences en tant que lecteur, mais aussi (et c’est bien malheureux) de la disponibilité du livre majeur (il fallait que ce soit celui-là…) de l’auteur.

Si la formule vous plaît ou vous est utile, je vous proposerai d’autres guides de lectures dans le même style (sachant que j’en propose déjà par genre / sous-genre des littératures de l’imaginaire –clic– ou par thématique – clic et clic-). De nombreuses personnes se posent, en effet, des questions similaires à propos (par exemple) du cycle de la Culture de Iain M. Banks ou de l’Honorverse de David Weber, donc il y a de quoi faire.  Continuer à lire « Peter F. Hamilton – Guide de lecture »

L’œil d’Apophis – Numéro 14

Eye_of_ApophisQuatorzième numéro de la série d’articles l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, sont connus des lecteurs éclairés mais pas du « grand public », pour lesquels on se dit « il faudra absolument que je le lise… un jour » alors qu’on ne le fait jamais, et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois romans ou cycles : aujourd’hui, il s’agit de L’aube de la nuit de Peter F. Hamilton, des Vaisseaux du temps de Stephen Baxter et de La cité des permutants de Greg Egan.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’oeuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt les tags (Roman) Culte d’Apophis ou Guide de lecture SFFF). Continuer à lire « L’œil d’Apophis – Numéro 14 »

The A(pophis)-Files – épisode 10 : Cailloux dans le ciel – Astéroïdes & SF

afiles_3En complément du Guide de lecture du Planet Opera, j’étais parti pour vous proposer un guide annexe détaillant les livres de SF où les astéroïdes sont habités ou bien abritent des artefacts mystérieux, des installations extraterrestres à explorer. Et puis je me suis fait la réflexion que les « cailloux dans le ciel » avaient bien d’autres usages en SF, et que le propos devait être élargi. Au passage, je me suis permis un petit abus de langage : en astronomie, on n’emploie le terme « astéroïde » que pour les amas de roche / métal / glace / carbone qui se trouvent dans le Système Solaire dit « intérieur », c’est-à-dire en-deçà de l’orbite de Jupiter, à l’exception des astéroïdes dits « Troyens », dont certains se trouvent sur les Points de Lagrange de Jupiter, d’Uranus et de Neptune (en plus de ceux de la Terre et de Mars). Pour tout ce qui se trouve au-delà, on emploie les termes de « comète » (surtout formée de glace), de « Centaure » (astéroïdes se trouvant entre les orbites des planètes géantes) ou d' »objet transneptunien ». Pour ma part, je vais, dans cet article, le plus souvent tout regrouper sous le terme d’astéroïde (voire de comète), pour des raisons de simplicité.

Vous pouvez retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles de fond via cette page ou ce tag. Continuer à lire « The A(pophis)-Files – épisode 10 : Cailloux dans le ciel – Astéroïdes & SF »