L’empire du silence = Le nom du vent + Dune + Gladiator !
Le 11 mars 2020 sortira (entre autres, mais nous en reparlerons bientôt) chez Bragelonne L’empire du silence de Christopher Ruocchio, tome d’ouverture d’un cycle appelé Le dévoreur de soleil. Lorsque je l’ai lu en VO, j’ai trouvé une formule à la fois percutante et qui résumait parfaitement son contenu et son atmosphère (Empire of silence = Le nom du vent + Dune + Gladiator), et je m’en suis servi comme sous-titre de ma critique : il semblerait qu’elle ait séduit l’éditeur, qui l’a reprise sur le bandeau rouge ornant la couverture (merci à lui, au passage).
J’ai consacré un très, très long article (même par rapport aux standards habituels de ce blog) à ce roman, car il y a beaucoup à en dire. Vous pouvez le découvrir sur cette page, mais pour ceux qui n’auraient pas le temps ou l’envie de lire une critique aussi détaillée, voici ce qu’on peut dire, en résumé, de ce livre : L’empire du silence est le récit fait, alors qu’il croupit en prison, 1500 ans plus tard, de ses premiers pas en tant qu’adulte d’Hadrian Marlowe, à la fois adulé et honni parce que pour gagner une guerre, il a fait sauter un soleil, tuant au passage son empereur et quatre milliards de ses concitoyens, et gagnant le redoutable surnom de Dévoreur de soleil. Dans un univers très influencé par les gréco-romains (alors qu’il ne s’agit pas d’une uchronie) et Frank Herbert, où l’empire Sollan règne sur un quart de milliard de mondes et où la religion est toute-puissante, où les Hoplites ont des lances à plasma et les chevaliers des épées en matière exotique, il va faire son Conan / Kvothe, passant d’une existence privilégiée à l’état de vagabond, puis de gladiateur, de tuteur, de traducteur, avant de finir mercenaire (si, si). Le tout sur fond de guerre contre des extraterrestres remettant certains dogmes religieux en question, les Cielcin.
Le style de l’auteur est franchement bon, les personnages principaux attachants et l’univers a « de la gueule » et de l’ambition, mais ce tome 1 a certains défauts qui peuvent gêner certaines catégories de lecteurs : roman très verbeux (mais tout en restant prenant et marquant), trop inspiré par des auteurs antérieurs, mélange des genres qui peut gêner, livre sans doute trop soft-SF pour certains, trop (science-)Fantasy pour les uns, trop Science-Fiction pour les autres, trop commercial pour beaucoup et peut-être trop noir dans certains cas. Pourtant, même si ces défauts sont réels (ou au moins, je le répète, pour certains profils de lecteurs), il n’en reste pas moins qu’une fois refermé, L’empire du silence laisse une bonne impression globale, et surtout que certains de ces problèmes ont été corrigés dans le tome 2 (dont je vous propose d’ores et déjà la critique de la VO, et qui a clairement installé cette saga parmi les sorties récentes les plus marquantes en matière de Space Opera d’envergure), qui est un roman vraiment impressionnant aussi bien sur le fond que sur la forme. Bref, c’est, très sincèrement, un cycle à découvrir, qui, clairement, ne prendra toute sa dimension qu’à partir du tome 2, à mon sens.
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Lorsqu’un blog dépasse un certain nombre d’années d’existence et / ou d’articles, et à la condition que de nouveaux abonnés rejoignent sans cesse les rangs de sa communauté, il devient de moins en moins probable que les critiques et articles les plus anciens soient lus. Tout le monde n’a malheureusement pas le temps, ou l’envie, de se replonger dans les archives, sans compter qu’il peut être décourageant de débarquer sur un site qui compte des centaines de posts et de ne pas savoir par quelle voie attaquer cette montagne. Dans la boucle temporelle est une série d’articles conçue pour guider les nouveaux venus dans la masse de chroniques et autres articles de fond du blog, leur indiquant ce qu’ils devraient lire en priorité, remettant en lumière des posts oubliés mais potentiellement intéressants. Charge aux aponautes, ensuite, d’explorer les différents menus du blog pour lire le reste. Mais pour faire court, c’est bel et bien d’une sorte de résumé, en forme de best of, de ce qui s’est déroulé de plus marquant dans les précédentes « saisons » (comme on dirait si le blog était une série télévisée) de l’histoire du Culte.
Cette recension est initialement parue dans le numéro 93 du magazine Bifrost
Le 26 février 2020, sortira en français chez Albin Michel Imaginaire Le magicien quantique de Derek Künsken, premier tome d’un cycle appelé The quantum evolution (mais roman qui se suffit aussi à lui-même et peut tout à fait s’envisager comme un one-shot). Je l’ai, pour ma part, lu en anglais (vous pouvez retrouver ma critique complète
Le temps fut, signé Ian McDonald, est le tout dernier court roman de la prestigieuse collection Une heure-lumière (UHL) du Belial’, qui, grâce à un déplacement temporel, s’est matérialisé dans la boite aux lettres de votre serviteur une semaine avant sa sortie officielle, le 13 février (parfait pour l’offrir à sa compagne ou son compagnon pour la Saint Valentin, donc). Parue en VO en 2018, cette novella a obtenu le British Science Fiction Award cette même année, comme ne manque pas de le souligner avec, hum, « discrétion », l’envahissant bandeau cramoisi ornant l’ouvrage. Un mot sur la couverture, évidemment signée Aurélien Police, l’illustrateur attitré d’UHL : outre le fait qu’elle est très esthétique et parfaitement en accord avec le thème du bouquin, elle est aussi plus subtile qu’il n’y paraît, car y sont introduits deux indices en disant long sur certaines particularités de l’intrigue. D’ailleurs, je vous déconseille fermement la lecture de la quatrième de couverture, qui donne un énorme indice sur les tenants et aboutissants de la chose. Ce n’est pas qu’en cette matière, le texte lui-même soit beaucoup plus subtil (j’ai très rapidement deviné toute l’histoire), mais autant ne pas se gâcher le plaisir de certaines découvertes, non ?
Lorsque j’ai vu un des membres de l’Atalante parler récemment, dans une interview, de Sans concession, il a employé la phrase suivante : « Et ce sera surtout la fin d’une attente de six ans : le quatorzième (et dernier ?) volume de la série Honor Harrington de David Weber, Sans concession, sera sur les tables des libraires ». Il me faut donc commencer par préciser les choses : non, l’attente n’a pas été de six ans, mais de sept, vu qu’aux dernières nouvelles, la VF du tome 13 est sortie en janvier 2013 et que celle du tome 14 est parue en janvier 2020 ; et oui, ce dernier est bel et bien l’ultime tome de la saga Honor Harrington, vu que l’auteur lui-même ne laisse planer aucun doute sur ce sujet… dans la postface dudit bouquin (je vais en reparler en détails). On déplorera aussi qu’il ait fallu attendre janvier 2020, donc quinze mois après la sortie de la VO, pour avoir droit à la VF, sachant que je sais d’expérience que les manuscrits dans la langue de Shakespeare sont disponibles des mois avant la sortie commerciale des romans (je me souviens en avoir lu un en tant que Lecteur -avec un grand « L »- pratiquement onze mois avant sa sortie anglo-saxonne en librairies), ce qui explique par exemple qu’AMI ou Bragelonne puissent parfois proposer des sorties VF avec très peu de décalage (2 semaines à 3 mois, maximum) avec la VO. Certes, on parle d’un gros roman (1100 pages), donc d’un délai de traduction forcément conséquent (si tant est que le traducteur choisi soit immédiatement disponible…), mais tout de même, quinze mois…
Je vous propose aujourd’hui le premier papier que j’ai rédigé pour Bifrost, lorsque j’ai intégré l’équipe de chroniqueurs du magazine en septembre 2018. Il s’agissait d’un article synthétique portant sur la trilogie Rifteurs de Peter Watts, pour le dossier qui était consacré à l’auteur canadien dans le numéro 93, paru en janvier 2019. Sachez qu’à l’avenir, vous pourrez retrouver toutes les critiques et articles écrits pour le périodique sous le tag
βéhémoth est l’ultime roman de la trilogie Rifteurs, et il présente une particularité plutôt rare : alors que l’édition française a tendance a couper en deux volumes des livres publiés en un seul chez ses confrères anglo-saxons, ici c’est l’inverse qui a eu lieu. En effet, en VO, il a été scindé en deux (βehemoth : β-Max et βehemoth : Seppuku), mais pas en VF, où il se présente sous la forme d’un volume unique. La réception par le lectorat anglo-saxon de Seppuku a été relativement mitigée, les lecteurs reprochant notamment à Watts une fin un peu facile et un côté trop prolixe des scènes de torture. L’auteur en est d’ailleurs conscient, puisqu’en postface d’un de ses autres romans, il prédisait que celui-ci serait probablement sa plus grosse gamelle depuis βéhémoth.
Rifteurs est le second tome du cycle du même nom, après
On ne présente plus, sur ce blog, Peter Watts, mais précisons tout de même que le canadien est biologiste marin de formation, ce qui, comme nous allons le voir, a fortement influé sur le roman dont nous allons parler aujourd’hui. Premier livre publié par Watts (en VO ; en VF, il n’est sorti qu’après Vision Aveugle), Starfish est basé sur une nouvelle datant de 1990, Une niche (qui est d’ailleurs reprise en intégralité après le prologue, avec quelques modifications). C’est le tome inaugural d’une trilogie appelée Rifteurs (le tome 3 ayant été coupé en deux en VO mais existant sous forme unique en VF).