AMI sort un Space Opera d’envergure à ne surtout pas rater !
Le 4 décembre 2020, Albin Michel Imaginaire (AMI) mettra à disposition gratuitement la version électronique de la nouvelle Avec du sang sur les mains d’Adam-Troy Castro. Celle-ci fait partie d’Émissaires des morts, un ouvrage réunissant ce texte, trois autres nouvelles ou novellae, ainsi que le roman éponyme. Attention toutefois, car si la mise à disposition de Avec du sang sur les mains à la date initialement prévue m’a été confirmée par Gilles Dumay en personne, la sortie du recueil Émissaires des morts, théoriquement prévue de longue date le 6 janvier 2021, pourrait éventuellement être repoussée en raison de la situation sanitaire actuelle, et, au moment où je rédige ces lignes, reste incertaine (et ce même si mes camarades blogueuses et blogueurs reçoivent leurs SP en ce moment même).
J’ai, pour ma part, lu l’intégralité du contenu de cet ouvrage en VO il y a un an, rédigeant à cette occasion une critique si détaillée que j’ai été obligé de la scinder en deux articles, le premier consacré aux quatre textes courts (dont Avec du sang sur les mains), le second au roman proprement dit. Andrea Cort, la protagoniste, est une antihéroïne qui est diplomate et juriste (bossant pour une organisation qui ressemble assez à Contact / Circonstances Spéciales chez Iain M. Banks) alors que dès l’âge de huit ans, elle était considérée comme une meurtrière de masse (et qu’elle a tué depuis…). C’est une enquêtrice hors-pair, appelée pour résoudre aussi bien les meurtres mystérieux que les imbroglio légaux liés à ceux qui l’ont été. Doté d’un univers à la riche géopolitique interstellaire et inter-espèces, d’un personnage central comme on en voit peu et d’un solide fond thématique (et profondément humaniste), Émissaires des morts est une sortie à ne pas manquer, qu’elle intervienne en janvier 2021 ou plus tard. Si vous avez des doutes sur la capacité de cet univers à vous plaire, je vous conseille de télécharger la nouvelle proposée gratuitement par AMI très prochainement, car même si elle est prévisible, elle reste de qualité et devrait logiquement vous donner envie d’explorer plus avant cet univers, à l’agréable parfum de Iain M. Banks et de (surtout) Dan Simmons.
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J’ai déjà parlé, sur ce blog (dans la critique de
Quiconque s’est intéressé, même vaguement, à l’histoire de la SF (ou quiconque a lu le numéro 94 de Bifrost) sait que John W. Campbell y a une importance capitale via ses activités de rédacteur en chef, de découvreur et promoteur de talents littéraires (Asimov, van Vogt, Heinlein, etc : excusez du peu !). Mais il était aussi auteur (comme Pierre-Paul Durastanti, également traducteur du texte dont je vais vous parler aujourd’hui, l’explique fort bien dans sa préface), et il a donné au genre une histoire qui sera rendue légendaire par une de ses trois adaptations cinématographiques, à savoir The thing de John Carpenter. Parue en… 1938, La chose (ici proposée par le Belial’ dans une traduction inédite) est une novella d’une étonnante modernité, un précurseur de la SF horrifique, et un des grands classiques du genre dans son ensemble. Malgré son ancienneté, c’est donc un court roman tout à fait digne d’être lu, surtout si vous avez apprécié le long-métrage de Carpenter et souhaitez revenir à ses sources.
David Marusek est un écrivain américain, auteur de quatre romans et d’une douzaine de textes courts, dont celui dont je vais vous parler aujourd’hui. Cette novella, son troisième texte publié, a été, depuis, intégrée (sous une forme révisée) au roman
Dave Hutchinson est un auteur britannique exerçant aussi bien dans la forme longue que dans la courte (il est l’auteur de romans, de recueils de nouvelles, de novellas -dont celle dont je vais vous parler aujourd’hui- et est aussi anthologiste, excusez du peu !). Il est titulaire d’un British Science Fiction Association Award du meilleur roman. Il a eu un curieux parcours, ayant fait une pause de deux décennies dans l’écriture pour se consacrer à son métier de journaliste. Dans ses textes, il a l’habitude de mêler les genres : horreur, science-fiction, fantasy, surnaturel, etc. Acadie est son premier texte traduit en France. Vu sa qualité, espérons que ce ne sera pas le dernier (sa novella The push a également l’air très intéressante).
L’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que
Dans la bibliographie de Kim Stanley Robinson (KSR), Aurora, publié en VO en 2015, se place entre
Ceci n’est pas une critique du roman Eifelheim de Michael J. Flynn. Enfin, pas seulement. Considérez que c’est aussi un épisode de plus de L’œil d’Apophis, cette série d’articles où je tente de remettre en lumière des romans qui sont passés inaperçus ou bien n’ont pas eu la réception commerciale ou critique qu’à mon avis (les goûts et les couleurs mis à part) ils méritaient. Eh bien avec ce livre, on est en plein dedans. Cela faisait des années que je voulais le lire, essentiellement parce qu’il constitue une curiosité taxonomique (sur laquelle s’étend d’ailleurs Gérard Klein dans sa préface -qui, comme tous les textes de ce genre émanant de l’illustre directeur de collection, doit se lire en fait en tant que postface pour éviter de se voir divulgâcher l’ensemble de l’intrigue), mais je n’avais pas pris la mesure du bijou que constituait ce roman dans son ensemble.
Cela fait maintenant plus d’un an et demi que sur ce blog, je vous parle, ou bien nous parlons avec les aponautes en commentaires, de Rich Larson, vingt-huit ans mais… 200 nouvelles au compteur. Si, si. Et outre sa faramineuse, Silverbergienne productivité, le jeune auteur peut se prévaloir d’une qualité moyenne de chaque texte extrêmement élevée. Et je pèse mes mots. Bref, on parle aujourd’hui de lui comme d’un écrivain de SF du calibre des Egan, Liu ou Chiang, un auteur comme on n’en voit typiquement émerger qu’une fois par décennie, au mieux. Et d’ailleurs, ce qui est fascinant, c’est que quelque part, comme le souligne très justement la préface du recueil dont je vais vous parler dans les lignes qui suivent, Larson est la fusion, la synthèse, la quintessence, du vertige scientifique du premier et de la profonde dose d’humanité injectée dans sa prose par le second.
Fred Hoyle (1915-2001) était un astrophysicien et cosmologiste britannique, connu pour être un farouche opposant de la théorie du Big Bang (terme qu’il a d’ailleurs inventé -par dérision-), qui était en totale contradiction avec son propre modèle d’un univers dit « à l’état stationnaire » (éternel, immuable), modèle qui finira cependant par être abandonné car incapable de rendre compte des observations. Mais il ne faudrait pas, pour autant, oublier qu’il a été un des pionniers en matière de recherches sur la