Cantique pour les étoiles – Simon Jimenez

Connaître ses classiques

Une version modifiée de cette critique est sortie dans le numéro 104 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

L’Humanité, ou du moins ses représentants les plus riches et privilégiés, ainsi que leurs employés, a fui il y a mille ans une Terre en proie à un effondrement écologique et une montée des océans, s’établissant sur de luxueuses stations spatiales et exploitant de façon rapace des mondes-ressources. Le déplacement entre les étoiles se fait via la Poche, dimension alternative parcourue de courants générant des flux temporels différents. Pour les équipages des vaisseaux, le voyage entre deux systèmes représente quelques semaines, alors que pour l’univers extérieur, des années ou des décennies s’écoulent. Nia, capitaine de cargo, ramène vers la civilisation un enfant mutique dont la capsule s’est écrasée sur un monde primitif. Un personnage important va alors lui demander de le cacher aux confins de l’espace régi par les corporations, car elle pense qu’il possède le don de Saut, la translation instantanée et sans machinerie entre deux points de l’espace, une faculté que les multiplanétaires convoiteraient avidement.

La quatrième de couverture souligne une ressemblance avec les œuvres de David Mitchell et de Gabriel Garcia Márquez, mais omet la comparaison qui à la lecture, crève pourtant les yeux : celle avec le cycle des Cantos de Dan Simmons. Le premier chapitre est ainsi un véritable équivalent de l’histoire de Siri et Merin, en inversant les rôles : ici, c’est Nia qui est une Siri qui ne vieillit pas et voyage dans les étoiles, puis qui devient, pour l’enfant, exact reflet d’Énée (c’est son sang qui donnera à l’Humanité le don de Saut spatial instantané), au genre près, une version féminine de Raul. Et les parallèles sont bien loin de s’arrêter là. À un point tel qu’on frôle la réécriture (progressiste : les thématiques écologiques et anticapitalistes sont omniprésentes).

Si on ajoute à cela une narration qui varie les modes (y compris épistolaire), les points de vue, les personnages et les ambiances, parfois radicalement différentes, d’un chapitre à l’autre, on se retrouve devant un roman qui, sans être mauvais (la dernière partie étant la meilleure, et la plus poignante), notamment sur le plan du style, invariablement agréable et occasionnellement traversé d’impressionnantes fulgurances, pose question quant à l’intérêt à lui accorder. L’admirateur de Simmons n’y trouvera ni la virtuosité, ni l’impact émotionnel, ni la singularité de l’œuvre du Maître ; le débutant sera plus inspiré de lire l’original plutôt que l’ersatz ; seul, peut-être, l’allergique aux positions idéologiques de Simmons trouvera-t-il de la valeur dans cette réécriture sans grande saveur (à part sur la fin, sans avoir l’impact du sort d’Énée), plaisante à lire mais presque aussi vite oubliée, d’un des plus grands chefs-d’œuvre de la SF.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous recommande la lecture des critiques suivantes : celle de L’épaule d’Orion, celle de Yogo le Maki, de Célinedanaë, de Tachan,

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Connexions – Michael F. Flynn

Guide des tropes et thématiques de la SF !

Cette critique a été réalisée dans le cadre d’un service de presse fourni par le Bélial’. Un grand merci à Olivier et Erwann !

Le 16 mars 2023, paraîtra dans la prestigieuse collection Une Heure-lumière du Bélial’ un court roman de Michael F. Flynn appelé Connexions. L’auteur n’avait été jusque là que très peu traduit en France (également par l’excellent Jean-Daniel Brèque, d’ailleurs), puisque à l’exception du prodigieux-mais-pas-destiné-à-tous-les-profils Eifelheim, tout le reste de son œuvre n’a jamais franchi la barrière de la langue. Vu que, pour ma part, les deux ont été, dans des styles ou pour des raisons différentes, deux lectures de très grande qualité, j’espère que la tendance va s’inverser et qu’il ne faudra pas attendre autant de temps pour relire l’auteur !

Vous le savez sans doute, je suis l’auteur du Guide des genres et des sous-genres de l’imaginaire paru chez AMI ; entre autres aspects ou intérêts, on pourrait très bien présenter Connexions, outre comme un hommage aux tropes principaux  / thématiques majeures de la SF, comme un formidable outil pour initier un novice, voire un récalcitrant, à ces derniers. La plate-forme est idéale pour cela : courte et fluide à lire, extrêmement bien construite, écrite et traduite, avec une histoire à la fois astucieuse et savoureuse. Je pense d’ailleurs moi-même recommander, désormais, l’ouvrage en tant que premier contact avec le genre.

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Dix sagas de SFF à lire pour… un univers d’exception

Vous trouverez sur ce blog un grand nombre de guides de lecture, qu’il s’agisse de ceux où les livres sont classés par sous-genre, relèvent d’une thématique commune (il y en a aussi dans l’Apophis Box) ou concernent un auteur bien précis. N’importe quel blogueur / blogueuse SFFF vous le dira, les gens sont friands de ce type de contenu (il est très facile de s’en apercevoir, puisque c’est presque invariablement le contenu le plus lu de ce type de site) : le néophyte y trouve de quoi le guider dans la jungle des milliers de titres de Science-Fiction ou de Fantasy publiés, tandis que le vétéran y cherche la perle rare qui aurait échappé à son radar au fil de décennies, parfois, de lecture de nos genres de prédilection. En y réfléchissant, je me suis toutefois aperçu que l’approche qui a, jusqu’ici, été la mienne présentait un défaut : elle ne tenait pas compte de la façon dont nombre d’entre nous choisissent leur prochaine lecture ou classent les meilleures d’entre elles. En effet, pour certains, c’est l’univers qui est le facteur déterminant de leurs choix / de leur plaisir de lecture, tandis que pour d’autres, ce sera les personnages, l’intrigue, le style, et ainsi de suite. J’ai donc décidé de proposer un nouveau type de guide de lecture, classé non pas par sous-genre, thématique ou auteur commun, mais par caractéristique saillante.

Ces guides inédits auront deux autres singularités qui les démarqueront de ceux que je proposais déjà sur le Culte : premièrement, ces derniers étaient consensuels et objectifs ; quand je propose un guide du genre X ou Y, j’y inclus les romans ou cycles qui font consensus en tant que références, même si, pour ma part, je n’apprécie pas forcément l’auteur concerné. Difficile, à titre d’exemple, de faire l’impasse sur Jack Vance dans une liste des incontournables du Planet Opera, alors que pour ma part, je n’accroche presque pas à l’auteur (et pourtant, ce n’est pas faute d’essayer : vous aurez d’ailleurs droit à des chroniques de ses ouvrages dans les mois et années à venir). Les nouveaux guides de lecture comprenant des livres classés par caractéristique saillante (une série d’articles que j’ai décidé de nommer « X sagas de SFF à lire pour… la caractéristique Y ») introduiront, eux, une part de subjectivité, de choix personnel, bien plus importante.

Deuxième singularité, les guides qui existaient jusque là sur le Culte comprennent soit jusqu’à plusieurs dizaines d’ouvrages (guides concernant un sous-genre, certains de ceux concernant une thématique), soit sont limités à 3-4 (guides thématiques spécifiques à l’Apophis Box). C’est d’ailleurs dans cette dernière que je comptais, initialement, vous proposer la nouvelle mouture. Et puis je me suis dit que là aussi, il y avait un chainon manquant, des guides de dix romans / cycles ou moins, mais avec en tout cas plus de 3-4 titres. Ce qui donnait un contenu un peu trop long pour une Apophis Box, et nécessitait donc une toute nouvelle série d’articles. Selon l’accueil qui lui sera fait, elle sera mensuelle ou plus occasionnelle, et la caractéristique saillante changera à chaque fois, même si une caractéristique donnée pourra revenir, si besoin, à plusieurs reprises. Aujourd’hui, il s’agit de l’univers, tandis que ce seront les personnages la fois suivante, mais vu qu’il y a BEAUCOUP d’univers intéressants en SFF, il y aura un épisode 2 centré sur les univers tôt ou tard, avant d’enchaîner sur le style, les ambiances, l’intrigue, etc.

Comme tout nouveau type d’article sur le Culte, ce premier numéro est forcément assez expérimental : n’hésitez pas à vous exprimer en commentaires pour donner votre opinion ou vos retours sur ce qui pourrait être fait autrement. Par exemple, j’ai choisi de ne pas forcément vous donner une description détaillée des forces et faiblesses des ouvrages concernés, mais plutôt de me concentrer spécifiquement sur leur univers : à vous de voir, ensuite, via les éventuelles critiques présentes sur le Culte ou ailleurs si, outre son univers, ledit roman a de quoi vous séduire… ou pas. Sachez aussi que je n’ai pas du tout tenté de maintenir un équilibre artificiel auteurs / autrices, francophones / anglo-saxons ou que sais-je, puisque ce qui compte dans ce type de guide est la caractéristique saillante du bouquin, pas celles de la personne qui l’a écrit. Vous le savez peut-être, j’ai fait mienne l’attitude du grand Gromovar (notre Maître à tous) : l’œuvre, rien que l’œuvre, toujours l’œuvre. De même, à part pour le premier, les livres présentés ne le sont pas par ordre de préférence.

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L’Œuf du dragon – Robert Forward

À vénérer… ou à fuir !

Le 22 mars 2023, sortira chez Mnémos la réédition de L’Œuf du dragon de Robert Forward, célèbre livre de Hard SF dont je vous parlais déjà dans le Guide de lecture consacré à ce sous-genre qui, vous le savez sans doute, est un de mes sujets de prédilection sur ce blog. D’habitude, je ne signale ni les rééditions, ni les sorties au format poche, seulement les traductions de romans qui ont été chroniqués sur le Culte à partir de la VO. Mais là, il s’agit d’un ouvrage si particulier qu’il m’a paru important de bien vous expliquer dans quoi, exactement, vous allez vous engager en cas d’achat. Premier point, c’est vraiment le type de bouquin taillé avant tout pour le pur et dur de la Hard SF… pas tout à fait la plus extrême (il y a « pire »), mais pas si loin que ça tout de même ; et surtout, on rejoint ici les pires clichés sur ce sous-genre, dans le sens où on a nettement plus affaire à un essai à peine déguisé qu’à un roman, tant l’intrigue, les personnages et le style sont basiques, dirons-nous.

La majorité d’entre vous va donc être d’autant plus tentée de fuir L’Œuf du dragon que sa couverture est insipide (j’imagine très bien ce qu’un Manchu aurait pu faire à la place, et je me lamente…), son prix (22 euros) assez élevé pour une réédition d’à peine 372 pages (on saluera toutefois le fait que Mnémos rende ce titre à nouveau disponible en français), sans compter qu’à part ceux qui suivent des blogs spécialisés en Hard SF comme le Culte, Quoi de neuf sur ma pile ? ou L’Épaule d’Orion, le nom de l’auteur risque de ne pas évoquer grand-chose. Et pourtant… Malgré ses défauts, on est ici sur un livre qui, dans son registre très particulier, à tout du chef-d’œuvre absolu, un pur concentré de Sense of Wonder comme on n’en voit plus, de nos jours, que très rarement. Avant de prendre une décision d’achat / lecture, je vous recommande donc vivement de parcourir la critique très détaillée que j’avais écrite en 2018. Elle devrait, si j’ai bien fait mon boulot, vous fournir tous les éléments nécessaires pour pencher d’un côté… ou de l’autre  😉

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Projet dernière chance – Andy Weir

Retour en force pour l’auteur de Seul sur Mars !

Une version modifiée de cette critique est sortie dans le numéro 105 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

Après un Artémis en demi-teinte, Andy Weir revient avec un troisième roman, Projet dernière chance, difficile à résumer tant même en dire peu, c’est déjà en dire trop. Mais prêtons-nous donc à l’exercice : un homme se réveille d’un coma artificiel, s’aperçoit qu’il est amnésique, que son corps a été entretenu par un dispositif robotisé, et que dans la même salle que lui, se trouvent deux autres personnes, mortes depuis si longtemps qu’elles sont momifiées. La mémoire lui revient peu à peu et dans l’ordre chronologique (la narration va alterner entre des chapitres dans le présent et d’autres situés dans un passé de plus en plus proche à mesure que l’intrigue avance), et il découvre qu’il est en fait dans un astronef, très loin de la Terre, dont il se rappelle qu’elle est en danger de mort et qu’il est donc chargé de sauver. Le tout en réglant les nombreux problèmes scientifiques et techniques qui ne vont pas manquer de se présenter. Le lecteur peut, à ce point du livre, légitimement se dire qu’après Seul sur Mars, l’auteur tente de nous rejouer la même partition, mais dans l’espace, cette fois. Sauf que ledit lecteur se trompe : car si ses deux camarades sont morts, notre héros n’est, pour autant, pas seul dans son coin perdu de l’univers ! Continuer à lire « Projet dernière chance – Andy Weir »

Le Grand Livre de Mars – Leigh Brackett

La fabuleuse chronique d’un monde perdu

Une version modifiée de cette critique est sortie dans le numéro 105 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag. Cet ouvrage est une édition omnibus comprenant trois romans et un recueil de nouvelles, dont toutes les traductions ont été révisées.

Le monde rouge décrit dans Le grand livre de Mars n’est pas celui que nos robots et nos satellites nous ont dévoilé, mais celui, conforme aux maigres connaissances en planétologie de la première moitié du XXe siècle, imaginé dans le sillage d’astronomes comme Giovanni Schiaparelli ou Percival Lowell, une Mars dotée d’une atmosphère respirable et d’une vie indigène tentant de lutter contre la désertification en creusant de vastes réseaux de canaux. La planète rouge de l’âge d’or de la SF n’est pas tant fantasmée en sœur plus sèche de la Terre, dotée de civilisations indigènes quasi-humaines, qu’en accord avec ce que la science de la première moitié du siècle dernier faisait entrer dans le champ du possible. Une illusion qui viendra se fracasser sur le mur du réel quand, en 1964, la sonde Mariner 4 transmettra les premières images et données scientifiques de Mars : non seulement il n’y a ni canaux, ni civilisation, mais la planète n’a pas d’atmosphère respirable et est stérile. Le programme Mariner n’aura pas seulement un grand impact scientifique, il repoussera la spéculation science-fictive liée aux extraterrestres au-delà du Système solaire. Celui de Brackett étant devenu irréaliste aux yeux des lecteurs, elle devra se résoudre à transposer les aventures de son héros fétiche, Eric John Stark, sur une planète extrasolaire. Continuer à lire « Le Grand Livre de Mars – Leigh Brackett »

Apophis Box – Février 2023

apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au début ou au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag. Continuer à lire « Apophis Box – Février 2023 »

La Lune tueuse – N.K. Jemisin

La Lune est peut-être tueuse, mais le roman n’est pourtant pas une tuerie, lui

Il y a une semaine, est sorti chez Pygmalion La Lune tueuse de N.K. Jemisin, premier roman d’un diptyque, Dreamblood. J’ai, pour ma part, lu cet ouvrage en anglais en 2017, sous le titre The Killing moon, et il ne m’a pas convaincu, à tel point que je n’ai jamais ressenti le besoin d’enchainer sur la suite, The Shadowed sun. La conclusion de ma critique était que cette fantasy d’inspiration égyptienne propose un univers fade (mais original par rapport à celle européenne / médiévale-fantastique, du moins à l’époque où elle est parue en VO -2012-), une écriture assez froide, ainsi que des personnages et un scénario particulièrement stéréotypés. Seul le protagoniste principal et son combat contre le côté obscur de la magie (magie d’ailleurs très réussie, le vrai point fort du roman) donnent à La Lune tueuse un certain intérêt, qui ne prend cependant véritablement son essor que dans les dix derniers % du livre. On est, de fait, très loin de la patate de golgoth que constitue, en revanche, La Cinquième saison de la même autrice. On félicitera toutefois l’éditeur pour sa couverture esthétique (à mon goût, du moins), en tout cas plus que celle de la VO.

Ma première impulsion serait donc de vous conseiller d’investir vos sesterces et autres dinars durement acquis dans de la SFFF de plus grande envergure (y compris le reste de l’œuvre de Jemisin), à un minuscule détail près : ce roman étant traduit par le sangui… le sympathique Pierre-Paul Durastanti, si vous voulez éviter que votre famille en pleurs ne vous retrouve, « suicidé » de trois balles dans le dos, ou qu’un missile Hellfire ne tombe par un malheureux « accident » sur votre voiture alors que vous la conduisez, réfléchissez-y tout de même à deux fois. Peut-être, d’ailleurs, que la lecture de ma critique complète de la VO vous convaincra que, finalement, ce roman a des attraits pour vous séduire, vos critères n’étant pas forcément les miens.

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Guide des genres et sous-genres de l’Imaginaire – La version papier !

C’est la fête ! *

* 1 am Funk Dance Party, Starblaster, 2021.

Depuis que la première édition de mon Guide des genres et sous-genres de l’Imaginaire est sortie en 2018, sous forme électronique seulement, une question nous a été posée, à Gilles Dumay et à moi, de façon récurrente : une version papier est-elle prévue ? Avant l’arrivée de la deuxième édition, en 2022, la réponse était « Non » ; après sa parution, elle est devenue « La possibilité existe dans le contrat qui lie votre serviteur et AMI, mais pour l’instant, la chose ne peut être envisagée que si les ventes de la version électronique sont élevées ». Eh bien chez Albin Michel, on avait sous-estimé la foi des adeptes de l’Apophisme, puisque, dans une spectaculaire démonstration de force, vous avez fait, un seul jour après sa parution, de la deuxième édition du Guide la seconde meilleure vente d’AMI en format électronique en septembre, à un cheveu derrière Les Chants de Nüying d’Émilie Querbalec. Pour les deux du fond qui roupillent ou les nuls en maths comme moi, cela signifie qu’en un seul jour, ce livre a fait aussi bien (du moins en version électronique) qu’une des locomotives actuelles de la collection… en un mois entier. Je vous dis donc, à toutes et à tous, un immense merci pour votre soutien qui, en cette période difficile pour moi qui dure depuis un an maintenant, signifie beaucoup (et j’en profite pour également remercier toutes les personnes qui ont très gentiment pris de mes nouvelles depuis la mise en pause du blog).

Vous l’aurez compris, la tant attendue édition papier du Guide arrive donc enfin, le 15 février (d’après la pol… d’après l’éditeur, puisque les organi… les sites marchands annoncent, eux, le 14 : on attend encore le comptage statistique du cabinet Occurrence), au prix de 14.90 euros (je rappelle à ceux qui ont un budget limité qu’il reste disponible en version électronique pour seulement 1.99 euros). Avec un bémol, toutefois : c’est un petit tirage (ne me demandez pas le chiffre, je ne le connais pas moi-même), employant un nouvel outil de fabrication récemment mis en place chez Albin Michel, ce qui signifie donc que si vous pourrez le (pré)commander normalement chez les vendeurs sur le net (vous trouverez leur liste sur la fiche de l’ouvrage sur le site d’AMI, à gauche, bouton « acheter ce livre », onglet par défaut « Grand Format »), votre librairie physique n’en aura pas en stock, puisque ce petit tirage n’est pas diffusé par le surpuissant réseau de l’éditeur. Il vous faudra donc le commander exprès ; si vous voulez faciliter la vie de votre libraire, vous pouvez lui préciser qu’il est distribué par Hachette, et que pour se le procurer, il doit utiliser les codes suivants :

Guide des genres et sous-genres de l’imaginaire (édition 2022)

9782226483836 / 5631428

Quelques précisions : limité en taille ne signifie pas (à ma connaissance, du moins) « limité à x exemplaires et y’en aura pu jamais après ! », et donc je n’ai aucune raison de croire qu’en démontrant une deuxième fois, via des ventes aussi foudroyantes que massives, à Albin Michel que ce livre a autant sa place sur les tables des libraires que les œuvres d’Estelle Faye et de Jean-Laurent Del Socorro, vous n’allez pas déclencher une réimpression usant d’un procédé de fabrication (et avec un nombre d’exemplaires) plus traditionnel. Autre précision importante : le livre n’est pas encore, au moment où je tape ces lignes, référencé partout où il est supposé l’être (sur le site de la FNAC, par exemple), mais ça arrivera dans les jours qui viennent, peut-être même après le 14/15, toujours en raison de la nouveauté du procédé employé par AMI.

Je suis heureux que mon livre bénéficie d’une édition papier, je remercie d’ailleurs mon éditeur et Gilles Dumay pour cela et surtout, je vous remercie, vous, fidèles adeptes de l’Apophisme, pour avoir rendu cela possible via votre soutien indéfectible à mon travail. J’espère que vous apprécierez autant la version physique que l’électronique (pour ceux qui possèderont les deux), et j’ai hâte d’avoir les retours de celles et ceux qui, ne lisant pas les livres électroniques, n’ont, de fait, jamais lu l’ouvrage.

(Vous déconnez pas, vous mettez pas les ventes du truc minables face à celles de Faye et Del Socorro, hein ?)

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Sur la Lune – Mary Robinette Kowal

Laborieux

Le 2 novembre 2022, paraîtra chez Denoël, dans la collection Lunes d’encre (et sous une couverture insipide…), le troisième volet du cycle Lady Astronaut, Sur la Lune, après Vers les étoiles et Vers Mars. J’ai, pour ma part, lu ce roman en VO (sous le titre The Relentless Moon) il y a plus de deux ans, et j’y suis allé à l’époque sur la pointe des pieds, car si le tome 1 avait été une très bonne lecture (à quelques défauts près), son successeur s’était révélé bien moins convaincant, de mon point de vue du moins.

Toute la question était donc de savoir à quel niveau de qualité allait se situer Sur la Lune. Si ce nouveau livre est meilleur que son prédécesseur (dont il ne constitue pas la suite directe, mais se déroule plutôt -majoritairement- en parallèle), il ne l’est toutefois pas dans d’énormes proportions, et certainement pas au niveau de Vers les étoiles. Il souffre notamment terriblement d’un ton plat et d’un manque d’immersion jusqu’au début du dernier tiers, ainsi que de personnages ayant une intelligence à géométrie variable, une combinaison de facteurs qui a fait que j’ai trouvé le temps terriblement long et que les moments de plaisir, s’ils ont existé, ont finalement été à la fois rares et tardifs. Seuls les trente derniers % (et encore, sur certains plans seulement) ont été au niveau que j’attendais, la meilleure partie restant l’épilogue, fort savoureux (et qui constitue aussi un tout petit bout de suite directe du tome 2, dont il éclaire cependant également certains événements d’un autre jour, c’est à signaler).

Si vous souhaitez en savoir plus, mon analyse complète (de la VO) se trouve sur cette page.

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