L’œil d’Apophis – Numéro 8

Eye_of_ApophisAprès le hors-série de Noël, voici le huitième numéro de la série d’articles l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète, quoique, pour ce numéro, on peut presque se poser la question 😀 ) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, mal promus par leur éditeur, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, sont connus des lecteurs éclairés mais pas du « grand public », et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois livres : aujourd’hui, il s’agit de Roma Aeterna de Robert Silverberg, de Au tréfonds du ciel de Vernor Vinge et d’Inversions de Iain M. Banks.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’oeuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt le tag (Roman) Culte d’Apophis). Continuer à lire « L’œil d’Apophis – Numéro 8 »

L’univers captif – Harry Harrison

Un texte de Soft-SF magistral

captive_universeSi le nom d’Harry Harrison n’a pas, pour le « grand public » de la SF, la résonance de ces patronymes prestigieux que sont Clarke ou Asimov, cet auteur américain (1925 – 2012) a pourtant produit une quantité impressionnante de livres marquants : Soleil vert (adapté au cinéma avec Charlton Heston dans le rôle principal), une référence de la Dystopie (si vous ne connaissez pas certains noms de sous-genres, voyez mes articles), le cycle de Deathworld (saga majeure du Planet Opera), ceux de Bill le héros galactique et surtout du Rat en acier inox (deux séries de SF humoristique -satirique- emblématiques). Et malgré tout cela, il n’a jamais reçu le moindre prix de SF d’envergure (rejoignant, en cela, d’autres écrivains majeurs, comme Iain M. Banks par exemple).

Notez que même si l’illustration de couverture ci-dessus correspond à une édition en langue anglaise (celle dans laquelle j’ai lu ce roman court), ce texte existe en français (vous pouvez le trouver d’occasion), mais seulement en version physique. De fait, j’ai eu beaucoup de mal à choisir, parmi les différentes éditions, quelle image j’allais utiliser pour illustrer cet article : la VF a une couverture particulièrement inesthétique, et si celle d’une des VO est superbe, elle a aussi le très gros inconvénient de dévoiler le point central de cette novella, son grand secret, d’un seul coup d’œil. Car tel va être mon très, très gros problème avec cette critique : il est pratiquement impossible d’analyser correctement ce livre… sans spoiler. Je me suis même posé la question de savoir si j’allais proposer ladite critique ou pas, ce qui est une première sur ce blog. Mais bon, d’après les stats, c’est le 300e article du Culte, alors… Et puis cette novella est tout simplement magistrale, donc il me fallait absolument en dire un mot, même nébuleux. Continuer à lire « L’univers captif – Harry Harrison »

L’araignée d’émeraude – Robert Holdstock

Quête FedEx

raven_2L’araignée d’émeraude est le second tome de la saga de Raven, cycle qu’on doit à la collaboration de Robert Holdstock et d’Angus Wells. Alors que Maîtresse du Chaos avait été co-écrit par les deux hommes, les tomes suivants ne sont l’oeuvre que d’un seul d’entre eux, ici Robert Holdstock. Pour être tout à fait honnête, je pensais que cela relèverait le niveau (non pas que le tome 1 était mauvais, bien au contraire, même, mais je pensais que celui-ci serait meilleur), Holdstock étant un écrivain bien plus prestigieux que son comparse. Alors sur le pur plan du style, cela s’est révélé exact, mais par contre, par rapport à son prédécesseur, ce livre m’a laissé bien plus froid, pour ne pas dire que je me suis souvent ennuyé. C’est peut-être dû au fait que je suis plus dans un trip « merveilles de l’univers et de la Hard SF » ces derniers temps, mais même sur un plan purement objectif et analytique, L’araignée d’émeraude a trop de défauts pour me convaincre de toute façon. Cela ne m’empêchera pas de lire le tome 3 (que je possède de toute manière déjà, et aussi pour voir comment s’en tire Wells tout seul), mais ce ne sera clairement pas avec un enthousiasme débordant.

Au passage, même si l’image ci-dessus a l’air de dire le contraire (parce qu’elle a été retouchée -et que j’ai eu la flemme de scanner la couv’ moi-même-), la vraie couverture (physique) montre que l’illustrateur n’a lu le roman qu’en diagonale : il a certes bien dessiné Silver (de dos), mais Raven, qui est décrite à d’innombrables reprises comme une superbe blonde, aux cheveux dorés, est représentée avec des cheveux se baladant entre le mordoré et le roux. Et c’était encore pire sur celle du tome 1, où ils étaient d’un quasi-roux très sombre. Bref, voilà de quoi m’agacer avant même d’ouvrir le bouquin !  Continuer à lire « L’araignée d’émeraude – Robert Holdstock »

2001 – L’odyssée de l’espace – Arthur C. Clarke

Ainsi parlait Apophis (ce livre tu liras !)

2001Bon, bon, bon, j’étais parti pour vous parler de 2001 et 2010 de Clarke dans le neuvième numéro de l’œil d’Apophis (pas le suivant, celui d’après), mais finalement j’y ai jeté à nouveau plus qu’un vague coup d’œil (^^) ces derniers jours et j’ai préféré vous proposer des critiques complètes (celle de 2010 suivra dans quelques jours). Car si, paradoxalement, Clarke et le film de Kubrick sont très connus, combien d’entre vous ont lu 2001 ? Pas grand-monde, j’en mettrais ma main au feu… D’ailleurs, ledit film, s’il est reconnu comme un chef-d’oeuvre du cinéma (de SF, mais pas que), a paradoxalement probablement fait beaucoup de mal au roman, qui a été développé en parallèle (et qui présente d’ailleurs quelques différences avec sa contrepartie, ainsi qu’avec sa propre suite, 2010) à partir d’une nouvelle antérieure, La sentinelle (où le Monolithe est remplacé par une pyramide). Les gens qui ont tenté le visionnage en sont, pour beaucoup, ressortis dubitatifs, tant le début et la fin de l’intrigue ont pu leur paraître obscurs. Ayant lu le livre avant, pour ma part j’ai pu apprécier le film à sa juste valeur. D’ailleurs, 2001 a une place vraiment à part dans mes lectures, puisque c’est le premier livre de science-fiction que j’ai lu (suivi de 2010 et de Fondation, excusez du peu !) lorsque j’avais environ dix ans. Et même trente-trois ans plus tard, cela reste pour moi un des meilleurs. Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi.
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Bilan 2017, Perspectives 2018

ApophisEn ce premier janvier, le blog souffle pratiquement sa deuxième bougie (il a été mis en ligne le 5 janvier 2016), et il est temps de tirer un bilan de cette seconde saison de votre feuilleton bloguesque préféré. Je vais aussi en profiter, pour la troisième année consécutive, pour attribuer les « Prix Apophis » (façon, bien dans le ton humoristique et grandiloquent qui caractérise la prose publiée en ces lieux, de vous parler de mes coups de cœur de l’année), et pour vous donner un petit aperçu de mes projets pour le Culte pour sa troisième saison.

Mais d’abord, permettez-moi de vous souhaiter à toutes et à tous une bonne année 2018, ainsi que mes meilleurs vœux ! Continuer à lire « Bilan 2017, Perspectives 2018 »

Lire de la SFFF en anglais : difficultés, avantages

ApophisBon, bon, bon. Normalement, j’avais annoncé qu’il n’y aurait plus de critiques ou d’articles en 2017, et que le bilan annuel serait la prochaine publication, le premier janvier 2018. Mais il se trouve que j’ai un peu de temps aujourd’hui, et qu’une fidèle abonnée de ce blog (elle se reconnaîtra) a émis aujourd’hui un commentaire, sur un autre blog, qui m’a donné envie d’avancer la date d’écriture d’un article consacré à un sujet qui, j’en suis sûr, intéressera pas mal d’entre vous, à savoir la lecture en anglais. Je vais donc essayer de vous démontrer que c’est moins difficile que ce que vous croyez, et que, surtout, ça n’a que des avantages et que, contrairement à ce que l’on croit, ça n’impacte pas forcément négativement un éditeur français que vous voudriez soutenir.  Continuer à lire « Lire de la SFFF en anglais : difficultés, avantages »

The Guns of empire – Django Wexler

Je finis l’année 2017 en beauté !

guns_of_empireThe guns of empire est le quatrième et avant-dernier roman du cycle The shadow campaigns, par Django Wexler. Il suit la tendance constatée chez ses prédécesseurs, à savoir le fait d’être (au moins) un peu meilleur que le tome précédent, qui lui-même était (au minimum) un (très) bon livre. C’est d’ailleurs parfaitement reflété dans la progression des notes sur Goodreads pour les tomes 1-4, respectivement 4.04, 4.12, 4.26 et 4.31 (pour vous donner un point de comparaison, les trois tomes des Poudremages sont à 4.16, 4.35 et 4.35). Autre constante dans l’évolution entre les tomes : celle de suivre méthodiquement les étapes de l’épopée Napoléonienne, le personnage de Janus étant (plus ou moins) un analogue de l’illustre personnage. Le tome 1 est donc un équivalent de la Campagne d’Égypte, le 2 montre la Révolution, le 3 la Terreur, ce qui fait que, logiquement, ce tome 4 aurait dû nous montrer le Consulat et éventuellement la proclamation de l’Empire. Or, l’auteur a, cette fois, choisi de diverger un petit peu par rapport au modèle historique : c’est en fait la Campagne de Russie, très postérieure, qu’il met en scène.

Sachez que la lecture des deux Novellas The penitent damned et The shadow of Elysium est un plus non négligeable pour mieux saisir certains points dans ce roman, même si elle n’est évidemment pas indispensable. En effet, l’auteur fait intervenir leurs deux protagonistes, Abraham et (surtout) Alex, ce qui fait que 1/ vous saurez ce qu’il est advenu d’eux et 2/ vous saisirez mieux les tenants et les aboutissants des événements les concernant.  Continuer à lire « The Guns of empire – Django Wexler »

An alchemy of masques and mirrors – Curtis Craddock

Beaucoup de bruit pour rien

alchemy_craddockAn alchemy of masques and mirrors est le premier roman de Curtis Craddock, auteur américain vivant au Colorado et enseignant l’informatique à des prisonniers dans un pénitencier. Après l’avoir achevé et fait quelques recherches pour la rédaction de cette introduction, je me suis également aperçu qu’il s’agissait du premier tome d’un cycle, The Risen kingdoms, alors que franchement, vu que la fin boucle tous les arcs narratifs, je ne m’attendais pas vraiment à une suite. Même si vu la place accordée au worldbuilding, j’aurais dû m’en douter. Pas sûr, cependant, que je lise le tome 2, vu à quel point j’ai eu du mal à finir celui-ci. Même si il y a certains points que j’aimerais bien voir éclaircis sur l’origine de ce monde.

Sur Goodreads, ce roman bénéficie d’une note de 4.1 (sur un peu plus de 300 évaluations, ce qui reste modeste), et ses lecteurs avaient l’air très enthousiastes. De fait, le mélange de genres proposé (Mousquetaires, sorcellerie, vaisseaux des airs) avait l’air assez original et attractif. Au final, on se retrouve avec un monde auquel il est assez difficile d’adhérer, avec une fausse originalité qui cache en fait un grand classicisme, avec un des deux protagonistes auquel il est malaisé de croire, avec une narration verbeuse et une intrigue convolutée qu’on a hâte de voir se terminer (enfin), après le 18e coup de théâtre et la 27e révélation (en trois chapitres). Bref, je m’attendais à me régaler, et c’est avec un grand soupir de soulagement que je l’ai achevé et que je suis passé à (beaucoup) plus intéressant, à savoir le tome 4 de The shadow campaigns (qui sera la dernière critique publiée sur ce blog en 2017 : il est de tradition, sur le Culte, de finir chaque année sur un genre mal-aimé en France et de commencer l’année suivante de la même façon. Cette fois-ci, donc, nous allons finir sur de la Flintlock et commencer 2018 avec de l’Heroic Fantasy -féminine-). Mais revenons à nos moutons !  Continuer à lire « An alchemy of masques and mirrors – Curtis Craddock »

Face-à- face avec Méduse et autres nouvelles – Arthur C. Clarke

Les 0.99 euros les mieux dépensés de mon existence

meeting_with_medusaFace-à-face avec Méduse et autres nouvelles est un recueil de textes courts signés Arthur C. Clarke comprenant, outre la nouvelle éponyme (Nebula 1973 de la meilleure Novella), Marée neutronique et Retrouvailles. Je ne vais pas vous présenter l’auteur, vu qu’il fait partie des happy few dont le nom est connu même du grand public pas vraiment amateur de SF. Je vous dirais en revanche que Clarke a une place spéciale dans mon panthéon personnel, à la fois comme maître de la Hard SF, un de mes sous-genres de prédilection, et comme le tout premier auteur de science-fiction que j’ai lu lorsque j’avais environ dix ans (comme quoi, hein, la Hard SF qui serait systématiquement ardue à lire…).

Vous devez vous demander pourquoi je vous propose cette critique, et pas celle d’un texte plus fondamental de Clarke : la raison en est simple, Bragelonne a la bonne idée de publier, en janvier, Les chroniques de Méduse, roman co-signé par deux autres grands maîtres de la Hard SF, Alastair Reynolds et Stephen Baxter, et qui est une suite de la nouvelle de Clarke. N’ayant pas encore eu l’occasion de lire cette dernière, il m’a donc paru pertinent de combler cette lacune avant d’attaquer le roman, et de vous faire bénéficier d’une recension dans la foulée. Et puis tant qu’à faire, autant proposer celles des deux autres textes, c’est cadeau. Et pourtant, c’est mon anniversaire, je devrais en recevoir, pas en distribuer  😀 Continuer à lire « Face-à- face avec Méduse et autres nouvelles – Arthur C. Clarke »

The guns above – Robyn Bennis

Honor Harrington, capitaine de dirigeable

the_guns_aboveRobyn Bennis est une autrice californienne travaillant dans le domaine des biotechnologies, dont The guns above est à la fois le premier roman et le tome inaugural d’un cycle appelé Signal airship. Le tome 2, By fire above, est attendu en mai 2018. Influencée, de son propre aveu, par (entre autres) Patrick O’Brian, David Weber et Bernard Cornwell, il était logique qu’elle commence par écrire de la SFFF militaire d’influence Napoléonienne. Là où ça devient intéressant, en revanche, c’est qu’elle a choisi de créer un contexte Steampunk / Fantasy (je vais y revenir) dans lequel un équivalent d’Honor Harrington commande… un zeppelin militaire ! Ou comment transposer les combats spatiaux de l’Honorverse dans un contexte à mousquets, Grenadiers, Dragons (les cavaliers, pas les bestioles) et canons ! Le résultat est bluffant, aussi bien au niveau de l’ambiance / immersion que du côté technique (description des dirigeables) ou de dialogues ou personnages principaux très solides, surtout pour une première oeuvre.

La plupart des gens le classifieront en Steampunk (bien que le seul côté rétrofuturiste soit dans la présence de dirigeables évolués dans un contexte Napoléonien, soit un gros siècle avant la période Historique où ce genre de rigide employant de l’Hélium était utilisé à des fins militaires), mais le fait que l’intrigue se déroule dans un monde secondaire (imaginaire) me fait plutôt classer ça, personnellement, dans la Gaslamp / Gaslight Fantasy, même s’il n’y a aucun élément fantastique (encore moins que dans Téméraire, qui, lui, montre des dragons).  Continuer à lire « The guns above – Robyn Bennis »