Of gods and men – Stephen Aryan

Aryan est aussi à l’aise sur la forme courte que sur la longue

of_gods_and_men_aryanOf gods and men est une nouvelle de 70 pages écrite par Stephen Aryan, constituant un prélude à sa trilogie L’âge des ténèbres mais donnant aussi des éléments relatifs au cycle qui suit cette dernière, The age of dread (dont le premier volume, Mageborn, est pour l’instant inédit en français). Elle met en vedette le personnage le plus mystérieux et fascinant de Mage de guerre, Vargus. Elle n’est disponible, comme c’est en général le cas pour ce genre de texte court complétant une série de romans, que sous forme audio ou électronique.

J’attendais beaucoup de ce texte, car je me demandais ce que valait l’auteur sur la forme courte : je dois dire que je n’ai pas été déçu, il est finalement aussi intéressant via cette nouvelle que dans ses romans. Ce qui me fait d’ailleurs penser qu’il faudrait peut-être que je m’intéresse à Mageborn, vu que je n’ai pas eu d’échos d’une éventuelle traduction française par Bragelonne pour le moment.  Continuer à lire « Of gods and men – Stephen Aryan »

Malice – John Gwynne

Retour vers le futur

Malice_gwynneJohn Gwynne est un auteur britannique vivant dans l’East Sussex. Malice est son premier roman, ainsi que le tome inaugural d’une tétralogie à succès (les romans 2 à 4 se baladent entre 4.37 et… 4.47 sur Goodreads, ce qui situe tout de suite le niveau), The faithful and the fallen, achevée en 2016. Le premier tome d’un nouveau cycle (Of blood and bone) situé dans le même univers vient tout juste de paraître. Je voyais souvent revenir le nom de Gwynne lors de mes recherches de livres de Fantasy de valeur à lire en VO, mais le fait que ce soit apparemment de la High Fantasy m’avait un peu refroidi. Heureusement, un article de l’Ours Inculte m’a convaincu que je ratais sans doute quelque chose : étant donné que c’est un des deux critiques dont je suis le plus proche au niveau des ressentis sur nos lectures communes (l’autre étant Boudicca), c’est en toute confiance que je me suis lancé dans la lecture de ce tome 1. Et le constat est là : ce n’est pas encore cette fois que lui et moi serons en désaccord !

Malice, donc, est certes, à la base, de la High Fantasy, combat du bien contre le mal, prophéties, élu et tout le tralala, mais (et c’est un très gros « mais ») revisitée en (petite) partie à la sauce G.R.R. Martin et surtout, dans un style d’écriture et une atmosphère qui ont un fort parfum de… David Gemmell ! Cela aurait pu donner un gloubi-boulga insipide, mais au contraire je viens de lire un des romans qui, globalement (je vais y revenir) est un des plus prenants lus depuis… oh, plus que ça. J’ai retrouvé là-dedans des sensations que la Fantasy avait été en grande majorité incapable de me faire éprouver depuis l’époque bénie des Elric, Princes d’Ambre et autres Seigneur des anneaux de mon adolescence. Gwynne a un éclatant talent de conteur, est un grand créateur de personnages, et malgré la taille du pavé, on en redemande et ça se lit tout seul une fois passé un premier quart un poil laborieux. Certes, ça reste une Fantasy très classique, loin des aspects novateurs de l’Arcanepunk ou de la Flintlock, mais c’est extrêmement efficace, et c’est tout ce qui compte !  Continuer à lire « Malice – John Gwynne »

Sins of Empire – Brian McClellan

Une (énorme) réputation amplement méritée

sins_of_empireSins of Empire est le premier tome d’un nouveau cycle de Flintlock Fantasy signé Brian McClellan, qui se déroule dans le même univers que sa trilogie des Poudremages (dix ans après la fin du tome 3) et en reprend certains personnages. Sur Goodreads, il bénéficie de la note colossale de 4.46 (sur 4105 notations), ce qui, pour information, est (très) largement supérieur à l’écrasante majorité des… prix Hugo et des World Fantasy awards ! (un seul titre récent fait, à ma connaissance, mieux : Battle mage de Peter Flannery -à paraître chez AMI-, avec 4.51). La lecture du cycle précédent n’est pas strictement indispensable, même si elle permet évidemment de mieux saisir certaines choses ou leur donnent un tout autre relief. La même remarque peut être étendue à la nouvelle The Mad Lancers, qui, elle, permet de mieux se rendre compte de certains changements intervenus chez Ben Styke. Enfin, on conseillera aussi éventuellement de jeter un coup d’œil à Ghosts of the Tristan Basin, sans que, là encore, cela soit un pré-requis absolu.

Cette nouvelle trilogie, donc, déplace l’action vers Fatrasta, dix ans après l’indépendance de cette ancienne colonie Kez. Sous la coupe de l’âme de la Révolution, Lindet, et de sa police secrète, le pays voit les tensions monter entre les colons et les indigènes, les Palo. Nous suivrons trois personnages, Ben Styke et Vlora que ceux qui ont lu les Poudremages (ou les nouvelles associées) connaissent déjà, ainsi qu’un petit nouveau, Michel. Les trois se retrouveront liés à un mystérieux avocat, sur fond de troubles créés par un pamphlet, le fameux Sins of EmpireContinuer à lire « Sins of Empire – Brian McClellan »

The Mad Lancers – Brian McClellan

Les origines de Ben Styke et de son unité de cavalerie rebelle

the_mad_lancersThe Mad Lancers est une nouvelle de 85 pages rattachée au cycle Gods of Blood and Powder (je vous proposerai la critique du tome 1 dans quelques jours : sachez que les événements de ce texte se déroulent douze ans avant), qui lui-même prend place dans le même univers que la trilogie des Poudremages et en reprend quelques personnages. L’un d’entre eux est Ben Styke, un cavalier en armure enchantée qui apparaissait dans la nouvelle Ghosts of the Tristan Basin, donnait un coup de main à Taniel et ressemblait à un mélange entre Arnold Schwarzenegger et le Colonel Kilgore d’Apocalypse Now. C’est la façon dont il a rejoint la Révolution naissante, a formé son unité de cavalerie et peut-être surtout a obtenu leurs fameuses armures magiques qui est racontée dans The Mad Lancers. Si la lecture de ce texte n’est pas, à proprement parler, indispensable, elle éclaire cependant d’un jour nouveau les événements des deux cycles de Flintlock Fantasy de Brian McClellan, et se révèle, comme toujours avec lui, de qualité.  Continuer à lire « The Mad Lancers – Brian McClellan »

L’œil d’Apophis – Numéro 8

Eye_of_ApophisAprès le hors-série de Noël, voici le huitième numéro de la série d’articles l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète, quoique, pour ce numéro, on peut presque se poser la question 😀 ) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, mal promus par leur éditeur, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, sont connus des lecteurs éclairés mais pas du « grand public », et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois livres : aujourd’hui, il s’agit de Roma Aeterna de Robert Silverberg, de Au tréfonds du ciel de Vernor Vinge et d’Inversions de Iain M. Banks.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’oeuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt le tag (Roman) Culte d’Apophis). Continuer à lire « L’œil d’Apophis – Numéro 8 »

L’araignée d’émeraude – Robert Holdstock

Quête FedEx

raven_2L’araignée d’émeraude est le second tome de la saga de Raven, cycle qu’on doit à la collaboration de Robert Holdstock et d’Angus Wells. Alors que Maîtresse du Chaos avait été co-écrit par les deux hommes, les tomes suivants ne sont l’oeuvre que d’un seul d’entre eux, ici Robert Holdstock. Pour être tout à fait honnête, je pensais que cela relèverait le niveau (non pas que le tome 1 était mauvais, bien au contraire, même, mais je pensais que celui-ci serait meilleur), Holdstock étant un écrivain bien plus prestigieux que son comparse. Alors sur le pur plan du style, cela s’est révélé exact, mais par contre, par rapport à son prédécesseur, ce livre m’a laissé bien plus froid, pour ne pas dire que je me suis souvent ennuyé. C’est peut-être dû au fait que je suis plus dans un trip « merveilles de l’univers et de la Hard SF » ces derniers temps, mais même sur un plan purement objectif et analytique, L’araignée d’émeraude a trop de défauts pour me convaincre de toute façon. Cela ne m’empêchera pas de lire le tome 3 (que je possède de toute manière déjà, et aussi pour voir comment s’en tire Wells tout seul), mais ce ne sera clairement pas avec un enthousiasme débordant.

Au passage, même si l’image ci-dessus a l’air de dire le contraire (parce qu’elle a été retouchée -et que j’ai eu la flemme de scanner la couv’ moi-même-), la vraie couverture (physique) montre que l’illustrateur n’a lu le roman qu’en diagonale : il a certes bien dessiné Silver (de dos), mais Raven, qui est décrite à d’innombrables reprises comme une superbe blonde, aux cheveux dorés, est représentée avec des cheveux se baladant entre le mordoré et le roux. Et c’était encore pire sur celle du tome 1, où ils étaient d’un quasi-roux très sombre. Bref, voilà de quoi m’agacer avant même d’ouvrir le bouquin !  Continuer à lire « L’araignée d’émeraude – Robert Holdstock »

The Guns of empire – Django Wexler

Je finis l’année 2017 en beauté !

guns_of_empireThe guns of empire est le quatrième et avant-dernier roman du cycle The shadow campaigns, par Django Wexler. Il suit la tendance constatée chez ses prédécesseurs, à savoir le fait d’être (au moins) un peu meilleur que le tome précédent, qui lui-même était (au minimum) un (très) bon livre. C’est d’ailleurs parfaitement reflété dans la progression des notes sur Goodreads pour les tomes 1-4, respectivement 4.04, 4.12, 4.26 et 4.31 (pour vous donner un point de comparaison, les trois tomes des Poudremages sont à 4.16, 4.35 et 4.35). Autre constante dans l’évolution entre les tomes : celle de suivre méthodiquement les étapes de l’épopée Napoléonienne, le personnage de Janus étant (plus ou moins) un analogue de l’illustre personnage. Le tome 1 est donc un équivalent de la Campagne d’Égypte, le 2 montre la Révolution, le 3 la Terreur, ce qui fait que, logiquement, ce tome 4 aurait dû nous montrer le Consulat et éventuellement la proclamation de l’Empire. Or, l’auteur a, cette fois, choisi de diverger un petit peu par rapport au modèle historique : c’est en fait la Campagne de Russie, très postérieure, qu’il met en scène.

Sachez que la lecture des deux Novellas The penitent damned et The shadow of Elysium est un plus non négligeable pour mieux saisir certains points dans ce roman, même si elle n’est évidemment pas indispensable. En effet, l’auteur fait intervenir leurs deux protagonistes, Abraham et (surtout) Alex, ce qui fait que 1/ vous saurez ce qu’il est advenu d’eux et 2/ vous saisirez mieux les tenants et les aboutissants des événements les concernant.  Continuer à lire « The Guns of empire – Django Wexler »

An alchemy of masques and mirrors – Curtis Craddock

Beaucoup de bruit pour rien

alchemy_craddockAn alchemy of masques and mirrors est le premier roman de Curtis Craddock, auteur américain vivant au Colorado et enseignant l’informatique à des prisonniers dans un pénitencier. Après l’avoir achevé et fait quelques recherches pour la rédaction de cette introduction, je me suis également aperçu qu’il s’agissait du premier tome d’un cycle, The Risen kingdoms, alors que franchement, vu que la fin boucle tous les arcs narratifs, je ne m’attendais pas vraiment à une suite. Même si vu la place accordée au worldbuilding, j’aurais dû m’en douter. Pas sûr, cependant, que je lise le tome 2, vu à quel point j’ai eu du mal à finir celui-ci. Même si il y a certains points que j’aimerais bien voir éclaircis sur l’origine de ce monde.

Sur Goodreads, ce roman bénéficie d’une note de 4.1 (sur un peu plus de 300 évaluations, ce qui reste modeste), et ses lecteurs avaient l’air très enthousiastes. De fait, le mélange de genres proposé (Mousquetaires, sorcellerie, vaisseaux des airs) avait l’air assez original et attractif. Au final, on se retrouve avec un monde auquel il est assez difficile d’adhérer, avec une fausse originalité qui cache en fait un grand classicisme, avec un des deux protagonistes auquel il est malaisé de croire, avec une narration verbeuse et une intrigue convolutée qu’on a hâte de voir se terminer (enfin), après le 18e coup de théâtre et la 27e révélation (en trois chapitres). Bref, je m’attendais à me régaler, et c’est avec un grand soupir de soulagement que je l’ai achevé et que je suis passé à (beaucoup) plus intéressant, à savoir le tome 4 de The shadow campaigns (qui sera la dernière critique publiée sur ce blog en 2017 : il est de tradition, sur le Culte, de finir chaque année sur un genre mal-aimé en France et de commencer l’année suivante de la même façon. Cette fois-ci, donc, nous allons finir sur de la Flintlock et commencer 2018 avec de l’Heroic Fantasy -féminine-). Mais revenons à nos moutons !  Continuer à lire « An alchemy of masques and mirrors – Curtis Craddock »

The guns above – Robyn Bennis

Honor Harrington, capitaine de dirigeable

the_guns_aboveRobyn Bennis est une autrice californienne travaillant dans le domaine des biotechnologies, dont The guns above est à la fois le premier roman et le tome inaugural d’un cycle appelé Signal airship. Le tome 2, By fire above, est attendu en mai 2018. Influencée, de son propre aveu, par (entre autres) Patrick O’Brian, David Weber et Bernard Cornwell, il était logique qu’elle commence par écrire de la SFFF militaire d’influence Napoléonienne. Là où ça devient intéressant, en revanche, c’est qu’elle a choisi de créer un contexte Steampunk / Fantasy (je vais y revenir) dans lequel un équivalent d’Honor Harrington commande… un zeppelin militaire ! Ou comment transposer les combats spatiaux de l’Honorverse dans un contexte à mousquets, Grenadiers, Dragons (les cavaliers, pas les bestioles) et canons ! Le résultat est bluffant, aussi bien au niveau de l’ambiance / immersion que du côté technique (description des dirigeables) ou de dialogues ou personnages principaux très solides, surtout pour une première oeuvre.

La plupart des gens le classifieront en Steampunk (bien que le seul côté rétrofuturiste soit dans la présence de dirigeables évolués dans un contexte Napoléonien, soit un gros siècle avant la période Historique où ce genre de rigide employant de l’Hélium était utilisé à des fins militaires), mais le fait que l’intrigue se déroule dans un monde secondaire (imaginaire) me fait plutôt classer ça, personnellement, dans la Gaslamp / Gaslight Fantasy, même s’il n’y a aucun élément fantastique (encore moins que dans Téméraire, qui, lui, montre des dragons).  Continuer à lire « The guns above – Robyn Bennis »

Nadejda – Olivier Boile

Quand Kay rencontre Gemmell, Anderson et Moorcock

nadejdaOlivier Boile est un auteur picard ayant vécu quelques temps près de Montpellier avant de revenir dans sa région d’origine. Nouvelliste de SFFF prolifique (il a une centaine de textes courts à son actif, dont certains réunis dans le recueil Sans donjon ni dragon) et couteau suisse de la littérature de genre (il est capable d’écrire à peu près tout ce que le domaine a à offrir, de l’uchronie à la SF en passant par le fantastique), il a publié deux romans relevant de la Fantasy humoristique, Medieval Superheroes et Les feux de l’armure. De mon côté, je l’ai découvert via Le rêve du pont Milvius, remarquable nouvelle uchronique présente dans l’anthologie antiqu’idées, dont elle constituait un des deux meilleurs textes, l’autre étant signé Lionel Davoust, excusez du peu ! Ça vous situe tout de suite le niveau ! J’avais, à l’époque, exprimé mon envie de découvrir plus de la prose de cet écrivain, et c’est désormais chose faite. Auteur qui, d’ailleurs, est un des plus fidèles abonnés de ce blog et un des commentateurs avec lesquels j’ai le plus de plaisir à échanger, ce qui, si vous connaissez la maison, ne m’aurait pas empêché de souligner les défauts de son roman s’il y en avait eu (sur le Culte, le copinage, on ne connait pas, et l’honnêteté envers le lecteur est une règle absolue). Mais bon, il se trouve que, des défauts, il y en a peu, donc le problème ne se posera pas.

Sans donjon ni dragon mettait déjà en scène des personnages historiques ou légendaires, et Nadejda, qui relève avant tout de la Fantasy Historique (mais pas que, comme nous allons le voir), fait de même. Plus intéressant encore, dans le dernier paragraphe de la postface, un passage que j’aurais quasiment pu écrire moi-même tant il m’enlève les mots de la bouche, Olivier Boile avoue sa lassitude de la Fantasy médiévale-fantastique exploitant les mythologies celtique et nordique, et explique donc avoir voulu proposer autre chose, à savoir un roman mêlant imaginaire et lieux ou personnages réels, se déroulant dans la Russie du début du onzième siècle, un temps où la vieille religion païenne est en train de laisser sa place au Christianisme.  Continuer à lire « Nadejda – Olivier Boile »