Ocean’s Eleven revu par Greg Egan
Le 26 février 2020, sortira en français chez Albin Michel Imaginaire Le magicien quantique de Derek Künsken, premier tome d’un cycle appelé The quantum evolution (mais roman qui se suffit aussi à lui-même et peut tout à fait s’envisager comme un one-shot). Je l’ai, pour ma part, lu en anglais (vous pouvez retrouver ma critique complète sur cette page), et à vrai dire, j’ai même lu… sa suite. Sur Le culte d’Apophis, vous trouverez donc tous les éléments vous permettant de savoir si Le magicien quantique peut vous intéresser, que ce soit tout court, en tant que one-shot ou que début de cycle !
Pour celles et ceux qui ne voudraient pas lire ma critique complète, on peut résumer simplement ce livre par la formule suivante : c’est Ocean’s Eleven revu par Greg Egan (le bouquin relève en effet de cette SFF « de casse » qui a été particulièrement à la mode ces dernières années). Non, non, ne fuyez pas à la mention de « Hard SF » ou de Greg Egan, ce livre n’est ni aussi exigeant, ni aussi aride (l’humour y est très présent) que ceux de l’australien, et il est donc accessible (avec un peu de bonne volonté) à chacun d’entre vous, tout en étant capable de satisfaire le vrai aficionado de ce genre littéraire : un vrai tour de force ! Il propose une intrigue passionnante, servie par une écriture fluide, agréable et efficace, des personnages complexes et crédibles, un humour occasionnel mais ravageur, un univers d’une richesse surprenante (principalement sur le plan de la description de plusieurs variantes de l’humain de base créées par génie génétique) pour un aussi petit ouvrage (moins de 400 pages en VO), ainsi qu’une réflexion d’une grande profondeur, qui là aussi, étonne dans un bouquin de petite taille. Bref, pour son premier roman, Derek Künsken, jusqu’ici spécialisé et reconnu dans la forme courte, signe un véritable coup de maître, que je ne saurais trop vous conseiller de découvrir.
Si vous décidez d’acheter ce livre, que vous êtes client d’Amazon et souhaitez soutenir le Culte, passez par un des liens affiliés suivants, cela n’entraînera aucun frais supplémentaire pour vous !
Acheter en version papier / Acheter en version Kindle
***
Le temps fut, signé Ian McDonald, est le tout dernier court roman de la prestigieuse collection Une heure-lumière (UHL) du Belial’, qui, grâce à un déplacement temporel, s’est matérialisé dans la boite aux lettres de votre serviteur une semaine avant sa sortie officielle, le 13 février (parfait pour l’offrir à sa compagne ou son compagnon pour la Saint Valentin, donc). Parue en VO en 2018, cette novella a obtenu le British Science Fiction Award cette même année, comme ne manque pas de le souligner avec, hum, « discrétion », l’envahissant bandeau cramoisi ornant l’ouvrage. Un mot sur la couverture, évidemment signée Aurélien Police, l’illustrateur attitré d’UHL : outre le fait qu’elle est très esthétique et parfaitement en accord avec le thème du bouquin, elle est aussi plus subtile qu’il n’y paraît, car y sont introduits deux indices en disant long sur certaines particularités de l’intrigue. D’ailleurs, je vous déconseille fermement la lecture de la quatrième de couverture, qui donne un énorme indice sur les tenants et aboutissants de la chose. Ce n’est pas qu’en cette matière, le texte lui-même soit beaucoup plus subtil (j’ai très rapidement deviné toute l’histoire), mais autant ne pas se gâcher le plaisir de certaines découvertes, non ?
Lorsque j’ai vu un des membres de l’Atalante parler récemment, dans une interview, de Sans concession, il a employé la phrase suivante : « Et ce sera surtout la fin d’une attente de six ans : le quatorzième (et dernier ?) volume de la série Honor Harrington de David Weber, Sans concession, sera sur les tables des libraires ». Il me faut donc commencer par préciser les choses : non, l’attente n’a pas été de six ans, mais de sept, vu qu’aux dernières nouvelles, la VF du tome 13 est sortie en janvier 2013 et que celle du tome 14 est parue en janvier 2020 ; et oui, ce dernier est bel et bien l’ultime tome de la saga Honor Harrington, vu que l’auteur lui-même ne laisse planer aucun doute sur ce sujet… dans la postface dudit bouquin (je vais en reparler en détails). On déplorera aussi qu’il ait fallu attendre janvier 2020, donc quinze mois après la sortie de la VO, pour avoir droit à la VF, sachant que je sais d’expérience que les manuscrits dans la langue de Shakespeare sont disponibles des mois avant la sortie commerciale des romans (je me souviens en avoir lu un en tant que Lecteur -avec un grand « L »- pratiquement onze mois avant sa sortie anglo-saxonne en librairies), ce qui explique par exemple qu’AMI ou Bragelonne puissent parfois proposer des sorties VF avec très peu de décalage (2 semaines à 3 mois, maximum) avec la VO. Certes, on parle d’un gros roman (1100 pages), donc d’un délai de traduction forcément conséquent (si tant est que le traducteur choisi soit immédiatement disponible…), mais tout de même, quinze mois…
Je vous propose aujourd’hui le premier papier que j’ai rédigé pour Bifrost, lorsque j’ai intégré l’équipe de chroniqueurs du magazine en septembre 2018. Il s’agissait d’un article synthétique portant sur la trilogie Rifteurs de Peter Watts, pour le dossier qui était consacré à l’auteur canadien dans le numéro 93, paru en janvier 2019. Sachez qu’à l’avenir, vous pourrez retrouver toutes les critiques et articles écrits pour le périodique sous le tag
βéhémoth est l’ultime roman de la trilogie Rifteurs, et il présente une particularité plutôt rare : alors que l’édition française a tendance a couper en deux volumes des livres publiés en un seul chez ses confrères anglo-saxons, ici c’est l’inverse qui a eu lieu. En effet, en VO, il a été scindé en deux (βehemoth : β-Max et βehemoth : Seppuku), mais pas en VF, où il se présente sous la forme d’un volume unique. La réception par le lectorat anglo-saxon de Seppuku a été relativement mitigée, les lecteurs reprochant notamment à Watts une fin un peu facile et un côté trop prolixe des scènes de torture. L’auteur en est d’ailleurs conscient, puisqu’en postface d’un de ses autres romans, il prédisait que celui-ci serait probablement sa plus grosse gamelle depuis βéhémoth.
Rifteurs est le second tome du cycle du même nom, après
On ne présente plus, sur ce blog, Peter Watts, mais précisons tout de même que le canadien est biologiste marin de formation, ce qui, comme nous allons le voir, a fortement influé sur le roman dont nous allons parler aujourd’hui. Premier livre publié par Watts (en VO ; en VF, il n’est sorti qu’après Vision Aveugle), Starfish est basé sur une nouvelle datant de 1990, Une niche (qui est d’ailleurs reprise en intégralité après le prologue, avec quelques modifications). C’est le tome inaugural d’une trilogie appelée Rifteurs (le tome 3 ayant été coupé en deux en VO mais existant sous forme unique en VF).
Si, comme moi, vous attendez que Outlaw empire, le tome 3 de Wyld, sorte, même en VO, et que pour patienter, vous vous demandez ce que vous pouvez lire dans le même genre, le premier nom sur lequel vous allez tomber est Orconomics de J. Zachary Pike, volet inaugural de la trilogie The dark profit saga (le second, Son of a Liche, a été publié en 2018, et on devra patienter, là aussi, pour avoir le troisième et dernier). Selon les gens qui ont lu à la fois Kings of the Wyld / 
L’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que