Retour sur Titan – Stephen Baxter

Le meilleur UHL à ce jour, avec L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu

retour_sur_titan_baxterOn ne présente plus sur ce blog Stephen Baxter, membre de ma, hum, Sainte Trinité de la Hard SF, avec Greg Egan et Peter Watts. Retour sur Titan est une novella signée par le britannique et qui s’inscrit, comme le signale la deuxième de couverture, dans le fameux (meta-)cycle des Xeelees de l’auteur (pour en apprendre plus à son sujet, je vous conseille fortement l’excellent article du camarade Perchoc sur le blog Bifrost). Si vous ne l’avez pas du tout lu, ou pas entièrement (je n’en ai lu qu’une partie, pour ma part, honte à moi), rassurez-vous, Baxter résume efficacement les fondamentaux de son univers, et vous ne serez jamais perdu, même si au moins trois clins d’œil vont vous échapper (dont celui de la dernière page). Autre précision importante, ce texte n’a rien à voir avec le roman Titan également signé Baxter. La couverture, comme d’habitude esthétique et efficace d’Aurélien Police, emploie à mon sens très justement des tons que je qualifierais de cryogéniques.

La collection Une heure-lumière (UHL), dont ce roman court fait partie, a réussi à intéresser à la SF de haut vol des gens qui n’en lisaient pas ou peu (ou plus…) jusqu’ici. Certains de ces lecteurs achètent les nouveaux titres de la collection sans forcément savoir grand-chose sur eux, ce qui, à mon sens, est un signe de la qualité d’UHL et de la confiance que les consommateurs lui portent. Attention toutefois, cette sortie là se démarque des autres : si ce n’est pas la première novella classifiable en Hard SF qui y sort (on peut citer Cookie MonsterLe sultan des nuages ou encore -bien que dans ce cas-là, la classification soit contestable- Cérès et Vesta), c’est en tout cas à mon sens la seule qui reflète pleinement à la fois le sense of wonder (sentiment de vertige / émerveillement / sidération associé aux merveilles de l’univers ou aux progrès d’une science ultra-avancée) et l’exigence scientifique qui caractérisent les meilleurs ouvrages de ce sous-genre, ce qui distingue par exemple Greg Egan ou Hannu Rajaniemi de leurs petits camarades. Je ne vous dis pas que cette lecture va forcément être trop ardue pour vous (les premiers retours, même ceux émanant de gens qu’on ne peut pas qualifier d’aficionados de la Hard SF, montrent qu’avec un peu de bonne volonté, c’est lisible par tous), mais je vous préviens en revanche qu’elle est très orientée science et va vous en demander plus, si la SF n’est pas forcément votre genre de prédilection, que les autres UHL. Il n’en reste pas moins que nous avons là un texte indispensable pour l’amateur de Hard SF et, pour moi, le meilleur texte de la collection à ce jour avec L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu.  Continuer à lire « Retour sur Titan – Stephen Baxter »

Dandelion – Elly Bangs

Bienvenue dans l’ascenseur émotionnel, vous montez ou vous descendez ?

clarkesworld_144_elly_bangsTout d’abord, rendons au neveu du Baron Harkonnen ce qui lui appartient, c’est l’ami FeydRautha qui m’a menacé d’un séjour de deux ans dans les amplificateurs de douleur, pardon, fait découvrir ce texte (signé Elly Bangs, autrice basée à Seattle) présent au sommaire du 144e numéro du magazine Clarkesworld. Fondé il y a quasiment douze ans jour pour jour au moment où je rédige ces lignes, ce mensuel propose des nouvelles de Fantasy et de SF, dont celles émanant d’écrivains désormais bien connus des adeptes du Culte, comme (par exemple) Elizabeth Bear, Kij Johnson, Caitlin R. Kiernan ou Peter Watts.

Vous pouvez lire gratuitement (en anglais) Dandelion, soit sous forme classique en ligne (clic), soit sous forme audio (clic). Continuer à lire « Dandelion – Elly Bangs »

American Elsewhere – Robert Jackson Bennett

Cyclopéen ! 

american_elsewhereAmerican Elsewhere est le troisième titre faisant partie du lancement d’Albin Michel Imaginaire, le 26 septembre. aux côtés des tomes 1 d’Anatèm et de Mage de bataille. Gilles Dumay le présente comme « un thriller Kingien / Lovecraftien, lisible par le grand public, peut-être un peu mainstream pour un lectorat hardcore » (la presse US évoquait également Neil Gaiman, au passage). De plus, le livre est plus ou moins rangé sous l’étiquette « Fantastique », à laquelle les gens rattachent de toute façon tout ce qui est lié à Lovecraft (ce qui est absurde : ce dernier a balayé tous les genres, du pur Fantastique au Weird, la SF et la Fantasy). Je ne suis que partiellement d’accord avec cette présentation : oui, c’est « lisible » (et de façon très fluide et agréable, qui plus est) par le grand public, mais clairement, ce dernier va rater des tonnes de clins d’œil à Lovecraft et risque, de plus, d’être un peu décontenancé par les éléments science-fictifs qui ont une importance capitale dans l’intrigue. Lisible, donc, par le lecteur lambda, qui ne sort pas de l’imaginaire mainstream d’habitude, mais disons que celui-là va perdre une partie de la… Pandimensionnalité de l’ensemble (il faudra lire ce roman pour saisir la blague :D) et ne va voir que les ombres sur la paroi de la caverne, pas cette dernière.

Car American Elsewhere relève, à mon sens, bel et bien du Weird / New Weird, ce genre hybride popularisé par Lovecraft puis, plus près de nous, par des gens comme Miéville, Ligotti ou VanderMeer. Ou de la SF un peu barrée et cachée sous des oripeaux Fantastiques à la Stephen King, à la rigueur. Quoi qu’il en soit, même un lecteur peu expérimenté dans les littératures de l’imaginaire (même « mainstream », comme King) devrait vraiment apprécier cette lecture, car ce thriller horrifique s’avère, malgré sa longueur qui peut faire peur (pas loin de 800 pages), extrêmement prenant, et il se lit à une vitesse folle. Et c’est clairement passionnant, on tourne les pages avec fièvre pour savoir le fin mot de l’histoire et le devenir de son héroïne ! Et pour ce qui est du « peut-être trop mainstream pour un lectorat hardcore », clairement pas non plus, car je pense pouvoir sans problème m’inclure dedans et je n’ai pas trouvé ça trop grand public. Je dirais même plus : même pour un amateur éclairé de Néo-Lovecrafteries, ça se place à mon avis clairement dans le haut du panier, et est donc, dans ce registre, à lire et non pas à écarter d’un revers de main car trop orienté vers les gros bataillons du lectorat.

Au passage, c’est le deuxième livre signé Bennett que je lis en quelques semaines, et les deux fois, ça a été une claque magistrale. Attention cependant, je placerais American Elsewhere deux bons crans au-dessus de Foundryside en terme de qualité, et l’atmosphère, voire même le style d’écriture, sont largement différents, même si à la base, l’idée est un peu la même : la Réalité est malléable.  Continuer à lire « American Elsewhere – Robert Jackson Bennett »

Hors-série 2018 – Une heure-lumière

Un premier hors-série proposant une nouvelle de Ken Liu absolument extraordinaire

HS1_UHLLa collection Une heure-Lumière (UHL), créée par le Belial’, s’est imposée, en à peine trois ans, comme un vrai succès commercial et critique (si j’en juge par le nombre de réimpressions de certains titres et par ce que je vois passer dans la blogosphère ou sur Babelio, par exemple), attirant vers les littératures de l’imaginaire (ou y faisant revenir) des lecteurs qui, jusqu’ici, n’en lisaient pas, ou en tout cas pas des textes du calibre de ceux proposés. Il était temps de tirer un certain bilan, et de récompenser la fidélité des plus acharnés des lecteurs, ceux qui se ruent sur toute nouvelle parution, ce que fait un hors-série de 96 pages. L’ouvrage est distribué gratuitement par les libraires participants, ainsi que sur le site de l’éditeur, pour tout achat de deux UHL, parmi les seize existant actuellement, effectué entre le 6 septembre et le 31 octobre (sauf à la FNAC, où l’opération se termine le 25 septembre). Histoire de vous aider à faire votre choix, si vous voulez pouvoir lire ce numéro collector, je vous propose en fin d’article des liens vers les critiques des UHL que j’ai eu l’occasion de chroniquer.

Le contenu de ces cent pages est divers mais invariablement intéressant. Ce qui fait l’intérêt de ce petit livre est, outre la splendide couverture signée Aurélien Police (ma préférée avec celle de Poumon Vert au sein de la collection), la nouvelle de Ken Liu proposée, qui sera une baffe monumentale pour tout amateur de SF qui se respecte.  Continuer à lire « Hors-série 2018 – Une heure-lumière »

Anatèm – tome 1 – Neal Stephenson

Magistral, mais ardu (ou l’inverse)

anatem_T1Anatèm est la version française d’Anathem, roman de Neal Stephenson paru en 2008, et qui avait déjà fait l’objet d’une tentative avortée de traduction par Bragelonne. En effet, l’auteur emploie tout un écosystème de néologismes qui rendent toute tentative de les faire passer dans une autre langue prodigieusement ardue. On peut donc, avant toute chose, féliciter Jacques Collin, le traducteur de la version complète qui paraîtra en deux tomes (le 26 septembre et le 31 octobre) chez Albin Michel Imaginaire, pour l’incroyable travail effectué. On peut aussi remarquer que placer ce roman dans le lancement de ce nouveau département éditorial de la prestigieuse maison est un pari audacieux, tant, comme je vais vous l’expliquer, ce n’est certainement pas un livre tout-public, sans doute au contraire des autres titres initiaux (surtout Mage de bataille, qui fera l’objet de ma prochaine critique).

Ce livre a beau avoir reçu le prix Locus 2009, ainsi que bénéficier d’une réputation particulièrement flatteuse de véritable monument de la science-fiction, je dois dire que je l’ai abordé avec une certaine méfiance, tant mes expériences précédentes avec l’auteur se sont révélées contrastées, allant d’extrêmement positive avec L’âge de diamant jusqu’au très pénible avec Le samouraï virtuel. Au final (et en tenant compte du fait que je réserve mon jugement puisque je n’ai en fait lu qu’une moitié du texte), cette lecture s’est avérée prenante, intéressante, stimulante, mais aussi (et peut-être surtout) longtemps particulièrement exigeante. C’est clairement un livre à lire… mais pas par tout le monde ! Continuer à lire « Anatèm – tome 1 – Neal Stephenson »

The fated sky – Mary Robinette Kowal

Un tome 2 franchement décevant

the_fated_sky_kowalThe fated sky est la suite de The calculating stars, et le troisième texte du cycle Lady Astronaut dans l’ordre de publication (le second dans la chronologie interne de cet univers). Notez d’ailleurs qu’une scène avec Dorothy fait le lien avec la nouvelle The lady astronaut of Mars. Si le premier roman était globalement intéressant, même si un peu trop marqué par le récit de la vie personnelle de son héroïne (au détriment d’un aspect social, uchronique et Hard SF), sa suite s’avère franchement décevante, tant elle règle finalement peu des défauts du volet initial du diptyque mais les concentre en revanche souvent.

Un point en particulier (même s’il n’est pas le seul) explique en partie ma désaffection pour cette suite par rapport au tome 1, que j’ai comparativement beaucoup plus apprécié : une sensible différence d’atmosphère. Certes, The calculating stars montrait des événements tragiques, injustes, des difficultés, bref un monde, une société et des personnages qui en bavaient, mais globalement, ces derniers faisaient face à ces épreuves dans un esprit positif. Alors que dans The fated sky, dès le début, le ton est plus sombre. Plus réaliste, dirons certains. Certes. Mais il n’empêche que le contraste est violent, sans doute trop.  Continuer à lire « The fated sky – Mary Robinette Kowal »

Citoyen+ – Audrey Pleynet

Un texte bluffant sur les dérives de l’utilisation des réseaux sociaux et sur le consumérisme

citoyen+Il n’aura échappé à aucun des habitués du blog, je pense, que je ne suis pas franchement fan de SF française, et encore moins lorsqu’elle n’émane pas du circuit traditionnel de l’édition (j’ai déjà suffisamment de mal avec certains livres ayant bénéficié du concours de professionnels -travail éditorial, relecture, illustration, etc- pour me dispenser sans regret de ceux qui n’en bénéficient pas), et ce même si l’auto-édition, si elle compte 99 % de livres plus que perfectibles, réserve parfois quelques belles surprises. Eh bien en voilà une ! (à la couverture près…).

Mais commençons par le commencement : Audrey Pleynet est une auteure vendéenne ayant bifurqué, après des études en école de commerce, vers une carrière dans les ONG et autres associations. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que la cause humanitaire lui tient à cœur, ainsi que le combat social et féministe. La nouvelle dont je vais vous parler aujourd’hui, Citoyen+, opère sur un registre anti-consumériste proche de celle de Jean Baret parue dans le dernier Bifrost… mais en beaucoup mieux. Car pour tout dire, je n’ai même pas réussi à finir le texte de Baret, tellement je l’ai trouvé lourd dans sa forme, alors que c’est avec plaisir que je suis allé jusqu’à la fin (qui offre d’ailleurs une excellente chute) de celui d’Audrey Pleynet. Bref, si vous souhaitez lire une nouvelle amplifiant certaines dérives actuelles de notre société pour mieux les dénoncer, je vous conseille vivement celle-ci, et ce d’autant plus que l’auteure vous propose de la lire gratuitement via différentes plates-formes sous forme électronique (la version papier restant payante).  Continuer à lire « Citoyen+ – Audrey Pleynet »

Un cantique pour Leibowitz – Walter M. Miller Jr

Requiescat in pace… ou pas ! 

leibowitzWalter M. Miller Jr (1923 – 1996) était un écrivain américain qui, de son vivant, n’a publié qu’un seul livre (en 1959), Un cantique pour Leibowitz, qui est en réalité un fix-up formé de trois novellas sorties en 1955, 1956 et 1957. Ce roman, couronné par le prix Hugo 1961, est un des plus fondamentaux en matière de Science-Fiction post-apocalyptique. Alors qu’il avait publié une grosse trentaine de nouvelles avant cela, après la sortie de son chef-d’oeuvre l’auteur n’a ensuite plus rien proposé jusqu’à la fin de sa vie.

Vivant reclus (y compris vis-à-vis de sa famille et de son agent), il a mis fin à ses jours peu après le décès de son épouse (il souffrait de stress post-traumatique depuis la Seconde Guerre mondiale), alors qu’il avait presque achevé une suite à son unique roman. Ce second livre, L’héritage de Saint Leibowitz (dont nous reparlerons tôt ou tard sur ce blog), sera terminé par un autre écrivain américain, Terry Bisson, et publié en 1997.

Durant la guerre, Miller était mitrailleur de queue et opérateur radio dans un bombardier de l’USAAF (l’ancêtre de l’US Air Force actuelle), et les largages sur l’abbaye de Monte Cassino, lors de la campagne d’Italie, l’ont profondément marqué et traumatisé. Il était donc logique qu’un monastère abritant une précieuse collection de livres joue un rôle central dans son roman.

Vous remarquerez, pour l’édition Folio SF, une couverture parfaitement en accord avec l’atmosphère unique du roman, et signée Aurélien Police. Personnellement, si je publiais un bouquin, je ne voudrais pas d’autre illustrateur !  Continuer à lire « Un cantique pour Leibowitz – Walter M. Miller Jr »

Le Volcryn (Nightflyers) – George R. R. Martin

L’oeuvre de G.R.R. Martin ne se réduit pas à la Fantasy ! 

volcrynC’est un aspect de son travail qui a, aujourd’hui, largement été occulté par le succès colossal de son cycle phare de Fantasy, Le trône de fer, mais bien avant d’écrire dans ce registre des littératures de l’imaginaire, George R. R. Martin était un écrivain de Science-Fiction (Chanson pour Lya, Les rois des sables) et d’Horreur (Armageddon Rag, Riverdream) respecté.

Le Volcryn est une novella parue en 1980, et titulaire du prix Locus l’année suivante. Etant donné qu’une série télévisée basée sur elle est prévue cette année (nommée d’après son titre original, Nightflyers), elle va être rééditée en octobre en français sous le même nom (selon la même logique qui a présidé à la nouvelle appellation d' »Altered Carbon » pour le Carbone modifié de Richard Morgan). Notez qu’il s’agit de sa seconde adaptation sur un écran, puisqu’un film en a également été tiré en 1987 (toujours sous le même nom). Notez aussi que l’univers dans lequel ce roman court se déroule est le même que celui d’autres textes, dont L’agonie de la lumièreChanson pour Lya ou le multi-primé Les rois des sables.

Tout comme ce dernier texte, Le Volcryn est un hybride de SF et d’Horreur, inspiré à Martin par la réflexion d’un critique opposant ces deux genres et les qualifiant d’incompatibles. Je pense qu’il est inutile que je vous cite la liste de longs-métrages à succès venant démentir cette assertion ridicule, non ? Quoi qu’il en soit, sachez que ce roman court n’est pas du tout ce qu’il paraît être de prime abord. Car ce qui y est important n’est pas tant la destination du vaisseau convoyant l’équipe scientifique impliquée, mais plutôt le voyage et le huis clos qui en résulte.  Continuer à lire « Le Volcryn (Nightflyers) – George R. R. Martin »

The calculating stars – Mary Robinette Kowal

Conquête spatiale, conquête des droits

calculating_starsThe calculating stars fait partie du cycle Lady astronaut, dont il est le second texte publié mais le premier dans la chronologie interne de cet univers. Il explique donc (ainsi que le roman suivant, à paraître dans quelques semaines, The fated sky) la façon dont on en est arrivé au monde de The lady astronaut of Mars. Mélange d’Atompunk (Steampunk des années 45-65 ; l’auteure, elle, parle, dans la postface, de « punchcard punk », étant donné que l’informatique plus primitive de son univers fonctionne aux cartes perforées), donc d’uchronie rétrofuturiste, et de Hard SF / SF post-apocalyptique, le roman propose aussi au lecteur une intrigue qui mêle différentes strates de lecture : évolution sociale (possibilités professionnelles offertes aux femmes ou aux personnes de couleur), course à l’espace uchronique avec une exploitation réaliste de la science et de la technique, mais aussi (et peut-être surtout) une immersion pleine de sensibilité et d’émotion dans la vie d’un couple, confronté, de la première à la dernière ligne, à des défis extraordinaires.

Une fois de plus, Mary Robinette Kowal livre un très bon texte, même si pas tout à fait dépourvu de certains défauts, au minimum pour des profils bien précis de lecteurs. Je vais donc essayer de vous décrire le plus précisément possible ce qui peut vous plaire… ou pas là-dedans.  Continuer à lire « The calculating stars – Mary Robinette Kowal »