Le gambit du renard – Yoon Ha Lee

Un roman unique en son genre

gambit_renardYoon Ha Lee est un auteur texan d’origine coréenne et vivant en Louisiane. Le gambit du renard est à la fois son premier roman (et il a été distingué dans cette catégorie par le prix Locus 2017) et le tome inaugural d’une trilogie (il n’est d’ailleurs signalé nulle part dans la VF que c’est le cas, même s’il est évident à la lecture qu’il ne s’agit pas d’un stand-alone). Le cycle est achevé dans l’édition anglo-saxonne, et les droits du tome 2 ont d’ores et déjà été acquis par Denoël (source ; vous remarquerez que le même lien vous donne un autre aperçu de ce qui est à venir dans la collection).

Après deux titres (Autonome et Rétrograde) qui n’ont pas vraiment déchaîné l’enthousiasme des spécialistes de la SF, et un nouveau Christopher Priest plutôt controversé, Pascal Godbillon joue gros en publiant cette SF… militaire. Oui, vous avez bien lu, de la SF militaire en Lunes d’encre, chose inconcevable pendant l’ère Dumay (et vu que la traduction de Dogs of war a été annoncée, il ne s’agira pas d’un cas isolé). Rien que pour ça, et pour l’originalité de l’univers et l’ambition de ce titre, j’aurais donc tendance à le soutenir, mais il faut cependant immédiatement préciser que clairement, ce roman ne se destinera pas à tous les publics, du fait de sa complexité et de son contexte / atmosphère très particuliers.

Univers, base de l’intrigue

J’anticipe un peu, mais commencer ce roman est particulièrement ardu. Il fait partie de ceux où l’auteur ne vous prend pas par la main et emploie d’emblée des termes ou des concepts exactement comme si vous étiez déjà familiers avec. La plupart du temps, un vétéran de la SF s’en tirera sans dommages, sachant que les explications vont venir petit à petit (ou qu’il y a un glossaire à la fin du bouquin, ce qui n’est pas le cas ici). Seulement voilà, même pour ce genre de dur, de tatoué, il y a parfois des romans où l’expérience est tout de même rude, comme dans Anatèm par exemple. Eh bien là, croyez-moi ou pas, mais la chose peut se révéler encore plus compliquée, en fonction de vos lectures antérieures (j’y reviendrai plus loin). Donc, précision préliminaire d’importance : si vous lisez aussi en anglais, jetez un coup d’œil à la nouvelle The battle of Candle Arc (disponible gratuitement sur le site de Clarkesworld) avant de commencer ce roman, car, en un paragraphe, elle vous donnera toutes les clefs de compréhension manquantes et rendra votre lecture du Gambit du renard nettement plus facile (à ceci près qu’en lisant l’auteur dans les deux langues, nous sommes deux à nous être fait la réflexion que la traduction avait alourdi les choses et que Yoon Ha Lee était nettement plus digeste en anglais). Et si vous ne lisez pas la langue de Shakespeare ? Eh bien lisez ce qui suit, le Culte d’Apophis, qui devrait être déclaré d’utilité publique, vous fournit lesdites clefs, dans la langue de Molière et pour pas un rond !

L’univers, donc. La plus grande puissance est l’Hexarcat qui, comme son nom l’indique, est formé de six factions (il s’agissait jadis d’un Heptarcat, mais la septième faction a été détruite pour hérésie car elle tentait d’instaurer un nouveau système social appelé démocratie). Il conquiert de façon agressive tous les systèmes (humains ; a priori, il n’y a pas d’extraterrestres dans ce contexte, du moins pas dans ce tome 1) qui n’appartiennent pas à son vaste territoire, mais passe une partie non négligeable de son temps à combattre les hérétiques qui contestent son haut calendrier, et… « Son quoi ? « , vous demandez-vous probablement… Alors non, il ne s’agit pas du machin avec des chatons dessus que votre facteur va prochainement essayer de vous fourguer, pour une somme à votre discrétion en guise d’étrennes. La base du pouvoir de l’Hexarcat est que, via des équations mathématiques mais aussi la redéfinition de la durée de l’heure / du jour / etc et de la succession des jours de commémoration et autres fêtes, donc un système de croyances associé, il peut régler de la façon qui l’arrange à la fois les paramètres sociaux et les paramètres technologiques (c’est dit explicitement p 334). En clair, les configurations du haut calendrier assurent à la fois la stabilité de l’empire et surtout permettent d’utiliser des technologies exotiques comme la propulsion supraluminique et des armes ou défenses dites « à Singularité », qui n’opèrent pas selon les lois physiques normales (et ce n’est rien de le dire : j’y reviens dans la section « genre »).

Lorsqu’une hérésie se déclare, elle n’opère pas seulement sur le plan politique ou social, mais aussi et surtout sur le plan calendaire, entraînant ce que l’on appelle un pourrissement : en clair, les hérétiques soit subvertissent les axiomes à leur profit, soit, encore pire, les redéfinissent complètement, instaurant un nouveau calendrier (avec par exemple des heures qui ne correspondent pas à celles de l’Hexarcat) et un paradigme physique où leurs armes / propulseurs à Singularité peuvent fonctionner… mais pas celles de l’empire ! (il est dit, p 228 : « Toute guerre calendaire est un jeu entre diverses séries de règles qui sont en compétition les unes avec les autres, un jeu motivé par la cohérence de nos croyances »). On comprend donc que la moindre hérésie doit être écrasée dans l’œuf, faute de quoi la stabilité sociale de l’Hexarcat va vaciller et la base de son pouvoir militaire et technologique (le régime ayant une dépendance croissante aux singularités) être sévèrement impactée (même s’il existe des armes et propulsions dites « invariantes », capables de fonctionner quel que soit le calendrier, mais forcément moins efficaces : en gros, il s’agit de la technologie banale d’autres contextes futuristes).

La caste militaire de l’Hexarcat, les Kel, sont allés plus loin encore dans le contrôle des esprits : après la traîtrise et le meurtre de masse du général Shuos (la caste d’espions / assassins / analystes de l’Hexarcat) Jedao (comme dans les cultures orientales, le nom de famille -ici celui de la faction- est placé avant le prénom) il y a quatre siècles, un « instinct de formation » a été implanté dans chaque militaire Kel. En gros, un super-endoctrinement, qui fait qu’il est impossible de refuser d’obéir aux ordres ou de trahir, même si cela implique de se faire torturer ou de mener une mission-suicide. La loyauté n’est plus une option mais un automatisme, l’individu spécifique est remplacé par un soldat standardisé.

Les axiomes du haut calendrier (la stabilité calendaire, le système de croyance) sont projetés à travers l’espace de l’Hexarcat par une série de forteresses Nexus, dont la plus capitale, celle des Aiguilles Diffuses, vient de tomber sous le coup d’une hérésie inconnue, projetant dès lors un pourrissement calendaire sur un vaste volume (et central, qui plus est) et menaçant l’intégrité territoriale de l’empire. La situation est d’autant plus épineuse que la place-forte était réputée imprenable, que l’identité de l’ennemi reste inconnue, que tout cela implique forcément une vaste conspiration et que nul ne sait comment faire pour franchir les boucliers de glace invariante qui défendent l’installation. Nul, sauf Shuos Jedao, le général meurtrier de masse de ses propres soldats et fou, dont le « fantôme » est gardé en stock et placé dans un corps d’accueil régulièrement depuis près de quatre siècles, quand seule sa science militaire insurpassable peut sauver l’Hexarcat. Il va ainsi loger dans l’ombre (littéralement) de Kel Cheris, jeune femme simple capitaine d’infanterie qui a un don rarissime pour un soldat Kel : de géniales aptitudes mathématiques (qui auraient dû la conduire chez les Nirai et pas dans la faction qu’elle a choisie). Tout le livre suivra donc leurs tentatives pour s’assurer du contrôle de la forteresse, et nous montrera que tout n’est pas aussi simple que présenté dans les briefings de l’Hexarcat.

Ressemblances, genre, difficulté de lecture

Que l’on parle d’ambiances ou d’éléments de construction de l’univers, ce roman en rappelle plus ou moins fortement d’autres : le contexte spatial et sinisant rappelle un peu l’univers Xuya d’Aliette de Bodard, mais en moins réussi, en moins technologique et… en moins SF (voir plus loin), l’ambiance évoque parfois La justice de l’Ancillaire d’Ann Leckie (mais sans le jeu sur les pronoms et en mieux ; on remarquera notamment l’importance des repas, des gants, etc), et surtout les paramètres sociaux consensuels rappellent un peu les filtres de réalité dans Suprématie, et le fait que l’on puisse modifier les lois physiques pour empêcher son ennemi d’utiliser des armes / propulsions avancées ou pour pouvoir réaliser des choses impossibles soi-même renvoie à la fois à Un feu sur l’abîme de Vernor Vinge et à la trilogie du Vide de Peter Hamilton. Et puis évidemment, difficile de ne pas penser à Iain M. Banks (je rappelle que tout ce blog est une chapelle dédiée à sa mémoire), que ce soit dans les noms des vaisseaux, dans le concept du général mort qui partage la tête de l’héroïne / du héros (cf Le sens du vent) ou dans celui du jeu comme moyen d’entrer dans la tête de l’adversaire et de confronter deux modèles de civilisation (cf L’homme des jeux). On signalera d’ailleurs que l’interaction entre les deux protagonistes est un des points forts du livre, et que certains personnages secondaires, même s’ils ne sont jamais tout à fait assez développés, restent intéressants (et probablement appelés à l’être encore plus dans les tomes suivants, pour certains), surtout Kujen.

J’en reviens donc à la difficulté d’immersion dans ce roman : même sans lire mes explications plus haut ou la nouvelle The battle of Candle Arc, selon ce que vous aurez lu avant vous pourrez éventuellement saisir le gros du concept créé par Yoon Ha Lee, des précisions ou confirmations venant tout au long du livre. Mais sinon, je le répète, si personne ne vous explique les fondamentaux, si vous n’avez pas lu la nouvelle de l’auteur avant et que vous n’avez lu ni Vinge, Hamilton ou Laurent McAllister, attendez-vous à au moins cent pages très difficiles, voire quasi-incompréhensibles.

Parlons genre, maintenant. La quatrième de couverture parle de Space Opera et plus généralement de SF (on remarquera que pour un livre qui se rapporte autant au temps, le terme de space opera est mal adapté, mais passons), mais clairement, à la lecture, l’ambiance qui se dégage est tout autre. Les fameuses armes à Singularité ont des effets qui se rapprochent très nettement d’un sort lancé par un mage noir fou et sous LSD et pas d’une technologie même « exotique » (émission de radiations par les encadrements de portes, transformation des humains en fragments physiques de souvenirs visibles, voire ingérables pour les revivre, etc), et l’ambiance tire nettement plus sur la Fantasy que sur la SF. On nous parle certes d’équations, mais les changements de paradigme social et physique impulsés par le haut calendrier reposent au moins autant sur la croyance individuelle, les fêtes, la torture, les rituels, voire les superstitions. Au final, on pourrait donc évoquer le fait que l’esprit humain puisse changer physiquement le monde / l’Histoire, comme chez deux auteurs majeurs (dont un de Hard SF) que je vais éviter de citer pour ne pas spoiler ; on pourrait aussi parler de la troisième Loi de Clarke, le fameux coup du « toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie ». On pourra surtout (et c’est mon choix) classer non pas ce cycle en science-fiction… mais en science-fantasy. Ce qui, au passage, rend quelque part la lecture bien plus facile, notamment en terme de suspension d’incrédulité. 

Le fond et la forme *

* Seeing is believing, Midnight Oil, 1998.

Au final, que vaut ce roman, et par qui peut-il être apprécié ? Pour ma part, j’ai trouvé que l’univers était son gros point fort. Certes, pris bout par bout, on a vu ça ailleurs, mais l’ensemble, lui, donne une certaine impression d’originalité et demeure fascinant. Les deux personnages principaux sont complexes et travaillés, leur interaction est un autre point fort du bouquin, l’intrigue est plutôt intéressante, le livre devient relativement facile à lire une fois les fondamentaux du contexte intégrés, la fin donne envie d’en lire plus, le fond thématique est solide (l’Hexarcat représente un conservatisme absolu et les hérésies des aspirations progressistes à la liberté, la démocratie, le refus d’un État policier, etc ; contrairement à ce que disait jadis Midnight Oil, ici, il ne s’agit pas de voir pour croire mais de croire pour voir ; le rôle de la propagande et de l’endoctrinement est central dans le récit, etc), et puis m*rde, de la SF militaire en Lunes d’encre, rien que ça, ça vaut le coup d’y jeter un coup d’œil.

Attention toutefois, je préviens mes (rares) petits camarades adeptes de ce dernier sous-genre, on est plus sur de l’anti-militariste que sur du Honor Harrington, que ce soit sur le fond ou la forme. Ne vous attendez pas à de l’action débridée, on est plus sur de la stratégie que sur de l’action tactique et le vrai combat a en fait lieu pour tenter d’entrer dans la tête de l’adversaire, prévenir ses actions ou tenter de lui faire faire celles que l’on veut : le vrai combat est contre ce qu’il y a dans la tête de l’ennemi. Entre le war game et la propagande, on est loin du pew pew. Ce qui ne veut pas dire que le public traditionnel de Lunes d’encre va forcément se sentir à l’aise là-dedans, car après tout, anti-militarisme de fond ou pas, reste un très net cadre et parfum militaire, auquel ce lectorat n’est, pour la plupart, ni habitué, ni à l’aise avec.

De même, qu’on parle de Space Op’ opérant sous la Troisième Loi de Clarke ou de Science-Fantasy, ça reste une oeuvre de haut vol, et je ne suis pas sûr que la blogueuse venant du Young Adult et qui a découvert l’existence de la collection via les SP massifs de Rétrograde (véridique : vu sur plusieurs blogs) soit à l’aise là-dedans. Car, comme expliqué, l’immersion restera évidemment très ardue pour qui n’y comprendra rien, voire pour qui comprendra mais n’adhérera pas au degré de suspension d’incrédulité demandé dans ce qui est, après tout, présenté comme de la SF. Et dans ce cas, l’abandon est souvent rapide : cf les critiques d’Anatèm par des non-connaisseurs en Science-fiction de haut vol qui commencent à tomber, sur Babelio par exemple. Et d’ailleurs, même pour quelqu’un qui a l’habitude de lire de la SF, pas sûr que cette valse entre ce genre et la science-fantasy plaise, ou l’ambiance asiatique, ou le cynisme et la cruauté des méthodes employées pour atteindre leurs objectifs par les uns ou les autres, ou des points d’intrigue parfois un peu obscurs (je ne suis pas sûr d’avoir très bien saisi ce qui a poussé Jedao à trahir à l’origine).

Bref, Pascal Godbillon a pris un très gros risque en choisissant de publier ce livre, surtout après une série de romans pas forcément taillés pour plaire aux masses, ou qui font polémique, ou ne recueillent pas l’adhésion des connaisseurs en SF / du public traditionnel de la collection. Ce n’est certainement pas un mauvais livre, ça tranche avec les Space Opera à l’anglo-saxonne standards, seulement voilà, il y a, à mon sens, un peu trop de points qui peuvent coincer pour un trop grand nombre de gens pour que ça marche massivement. Même si j’espère sincèrement me tromper, lirai sans souci la suite et ne souhaite que du bien à ce cycle.

En conclusion

Premier tome d’une trilogie, Le gambit du renard est une SF à cadre militaire proposant un univers extrêmement particulier, plus science-fantasy que vrai space-opera, à l’ambiance sinisante, et dont le point central est que par le biais d’équations et surtout d’un système d’endoctrinement dans l’esprit de la population à la fois d’axiomes sociaux et technologiques, il est possible d’assurer la stabilité de l’empire et d’utiliser des technologies impossibles dans le cadre des lois normales de la physique, comme la propulsion supraluminique ou des armes ayant plus l’air magiques qu’autre chose dans leurs effets très psychédéliques, tendance qui tâche les murs. On suivra deux militaires, une femme et le « fantôme » d’un général mort qu’elle transporte dans son ombre (littéralement), ayant pour mission de reprendre une des forteresses projetant le paradigme physique / social impérial dans son espace, avant que des effets en cascade ne fasse éclater l’Hexarcat.

SF antimilitariste extrêmement inhabituelle et pas forcément taillée pour plaire à tous les aficionados du genre, Le gambit du renard est un livre qui sera très difficile à aborder pour qui n’en connaît pas les principes de base de l’univers, que ce soit via une critique précédente, la lecture d’une nouvelle (en VO…) antérieure de l’auteur ou celle de livres (Vinge, Peter Hamilton, Laurent McAllister, etc) présentant certaines similitudes avec lui en terme de Worldbuilding. Le degré d’exigence d’au moins la première centaine de pages atteint facilement celui d’Anatèm (et sans doute un peu plus), il faut le savoir. De plus, à moins, comme j’ai choisi de le faire, de le considérer comme de la science-fantasy, il demandera peut-être de fournir une suspension d’incrédulité que tout le monde ne sera pas disposé à accorder à de la SF. Enfin, par rapport à la VO, la traduction est relativement lourde, et on ne retrouvera pas vraiment le style fluide et agréable de l’auteur dans la VF.

Au final, si ce roman est une oeuvre à découvrir pour l’originalité de son cadre / postulat de base mais aussi pour l’interaction entre ses deux protagonistes, qui est son moteur, il n’est clairement pas taillé pour plaire à tout le monde, que ce soit les lecteurs peu habitués à la SF (ou science-fantasy, on s’en fout  :D) de haut vol, ceux qui ne supportent pas de ne pas tout comprendre « tout de suite », voire même le chaland appâté par le cadre militaire et qui va se retrouver loin d’Honor Harrington ou de La flotte perdue. Je vous invite cependant à donner sa chance à ce bouquin, il mérite d’être découvert malgré sa singularité ou le fait que l’auteur ne vous prenne pas forcément par la main (pas dans le roman, du moins ; dans sa nouvelle The battle of Candle Arc, c’est une autre histoire).

J’ai obtenu ce roman grâce à l’opération Masse critique de Babelio. Je remercie les responsables du site, ainsi que les éditions Denoël. 

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de FeydRautha sur L’épaule d’Orion, celle de Lutin sur Albédo (sur la VO), celle de Blackwolf (sur la VO), de Gromovar (VO), d’Agent Swarm, de Nanet,

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37 réflexions sur “Le gambit du renard – Yoon Ha Lee

  1. Je suis dans le dernier tiers, et j’aime beaucoup. Je trouve le concept central assez extraordinaire, un fois compris, notamment grâce à la lecture The Battle Candle Arc sur ta recommandation (merci encore !). Je n’ai pas fini, donc c’est trop tôt pour l’affirmer avec certitude, mais de mon côté je reste dans une interprétation SF (voire hard-SF) plutôt que science-fantasy. J’expliquerai pourquoi dans ma chronique si j’arrive à mettre tout cela au clair.

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  2. Tu te doutes que je susi entièrement d’accord avec toi quand à l’intérêt et la difficulté. L’ayant lu en VO, et avec la Vf sous les yeux, je trouve la VO plus aisée, car les anglais possèdent certains terme qui ne prêtent pas à interprétation, tandis que nous autres, avons de la sémantique à définition variable parfois.
    J’avoue que c’est le bouquin dont l’entrée en matière a été le plus rude pour moi. Anatèm est plus facile en comparaison.
    Personnellement, j’ai adoré, et je suis vraiment heureuse de voir que cela est ton cas aussi. J’ai vu qu’il y avait des lecteurs qui avaient trouvé le début trop difficile. ET, il faut avoir effectivement une expérience assez solide pour s’y attaquer. Aussi, il faut effectivement bien signalé que ce n’est pas pour tous les profils. Je n’hésite pas à le déconseiller (malheureusement) à des ams car, ce n’est pas pour eux.

    Je suis contente que tu aies lu La bataille de Candle Arc également.

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  3. Ping : Ninefox Gambit de Yoon Ha Lee – Albédo

  4. Je pense qu’il y a une interprétation SF du roman, si on considère que les mathématiques sont une science. Malheureusement, Yoon Ha Lee a choisi de tirer le roman de cette infra-structure de sf-mathématique en direction d’une imagerie fantastique. Il aurait pu écrire un roman exigeant comme Anatèm ou Neverness (autres romans de sf-mathématique), mais il a choisi de recouvrir ce soubassement mathématique avec les tropes simplistes du combat entre le Bien et le Mal mené avec les moyens d’une techno-magie.

    L’apparence exigeante du roman vient plutôt du fait qu’on démarre in medias res, avec des termes et des technologies qui ne sont expliqués que bien après. Notamment, il faut attendre le troisième tome pour apprendre la nature des vaisseaux FTL. Yoon Ha Lee aurait pu incorporer cette explication dans ce premier livre, sans problème. On pourrait supposer qu’il s’est laissé entraîné par l’imagerie poétique, et qu’il a inventé l’explication après coup. Même si les deux suites sont moins impressionnantes que ce premier tome, la trilogie est une œuvre majeure de la sf contemporaine, grâce à cette ouverture époustouflante, et grâce à l’attachement à son monde et à ses personnages qu’elle crée,

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  5. Ping : LE GAMBIT DU RENARD: fantasy corrélationniste ou sf mathématique? | AGENT SWARM

  6. A la lecture de cette chronique, peut-on regretter que la nouvelle « The battle of Candle Arc » ne soit pas présente dans l’édition française du roman ?

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  7. Ce Lune d’Encre-là je l’attendais de pied ferme suite à de bonnes critiques de la VO. A la lecture de ta chronique cependant, deux points tempèrent mon enthousiasme :
    – l’aspect science-fantasy me dérange un peu. Je n’ai rien contre dans l’absolu mais au vu du synopsis, j’ai l’impression que le roman aurait gagné à être traité plutôt sous un angle hard SF.
    – la traduction un peu pataude me refroidit davantage. Si j’en crois la fiche wikipedia du traducteur, il s’agit de son premier roman de SF. Comme l’œuvre semble aborder des thématiques un peu perchées, il aurait peut-être mieux valu confier sa traduction à un traducteur plus confirmé en SF.
    Bref, je dubite…

    Aimé par 1 personne

    • Nous sommes d’accord, le roman aurait gagné à être traité sous un angle Hard SF. Et oui, je ne pense pas que c’était le roman idéal pour faire débuter un traducteur en SF (c’était effectivement sa première traduction dans ce genre littéraire d’après Noosfere).

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  8. On peut effectivement regretter que la nouvelle « The battle of Candle Arc » ne soit pas présente dans l’édition française du roman ! J’ai commencé et je trouve ça très chiant ! Pour moi, c’est un
    GLGQTAPAF !
    Comme dirait l’autre : Il y a des livres qu’on apprécie, et des livres qu’on dévore. Il y aussi des livres qui nous tombent des mains. Il y a des conneries bien faites, des livres de pure consommation cependant séduisants, des livres imbitables. Il y a des livres très difficiles qui réclament une lecture obstinée et des livres géniaux qui nous emportent sans effort. Il est bien connu qu’il y a des livres célèbres que personne n’a jamais lus. Il y a aussi des grands livres que tu attaques avec ferveur mais que tu ne peux pas terminer. Ils tombent des mains les plus favorables. Ce sont les Grands livres géniaux que t’arrives pas à finir (GLGQTAPAF).

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  9. Je résume : un roman plus compliqué en VF qu’en VO, qui est en fait le début d’une trilogie non-indiquée sur la VF, et où il vaut largement mieux avoir lu une nouvelle VO avant de se lancer. Toutes mes félicitations, c’est un quasi sans-réussite pour la VF ?! =P

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  10. Ping : Le Gambit du Renard – Yoon Ha Lee – L'épaule d'Orion

  11. Ca y est, lu !
    J’ai bien retrouvé dans l’ouvrage les forces et faiblesses recensées dans la chronique. Il est clair que l’auteur ne fait pas vraiment d’efforts pour introduire les concepts de son univers. Et c’est dommage, beaucoup de lecteurs potentiels risquant d’abandonner très vite (ça aurait pu être mon cas sans les éléments de contexte dispensés par Apo et FeydRautha, merci à eux !). Dommage car une fois passé le cap de l’immersion, l’univers se révèle intrigant, la trame plaisante, les personnages principaux intéressants. Les échanges entre Cheris et Jedao constituent clairement le point fort du roman à mes yeux.

    J’avais quelques a priori concernant la traduction. Alors certes, je confirme qu’il y a une certaine lourdeur dans la VF. Le traducteur semble avoir fait le choix de la précision au détriment de la fluidité de la narration, mais cela ne m’a pas dérangé outre mesure. Peut-être parce que ce style correspond finalement plutôt bien à la société rigide et technologique de l’Hexarcat.
    Quelques coquilles sont présentes (on dit « chiffrement » et pas « cryptage », le terme « randomisé » n’aurait jamais dû passer la relecture, les « phalènes de cendres » deviennent parfois des « phalènes à cendres »), mais rien de spécialement rebutant.

    Bref, une bonne pioche en ce qui me concerne.

    Aimé par 1 personne

  12. Ping : Un mois de novembre plein de frissons – Albédo

  13. Bonjour,

    En échec sur ce livre, j’ai lu votre article pour essayer de me motiver… après trois essais, j’abandonne. Néanmoins, j’ai réalisé un court article dans lequel je vous cite (avec lien)

    Merci pour cette présentation.
    Nanet

    J'aime

    • Bonjour Nanet, et merci pour le lien (je vous ai bien sûr rendu la pareille). Je suis navré que vous n’ayez pas pu aller au bout de ce livre (il est vrai particulièrement ardu), mais j’espère que vous y reviendrez un jour, car je pense qu’il le mérite.

      J'aime

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