L’œil d’Apophis – Numéro 11

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Eye_of_ApophisOnzième numéro de la série d’articles l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…) ! Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui sont sortis il y a longtemps et ont été oubliés, qui n’ont pas été régulièrement réédités, ont été sous-estimés, mal promus par leur éditeur, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, sont connus des lecteurs éclairés mais pas du « grand public », et j’en passe. Chaque numéro vous présente trois romans ou cycles : aujourd’hui, une large place sera laissée à la Fantasy, puisqu’il s’agit de l’intégrale de La septième épée de Dave Duncan, de Manhattan à l’envers de Peter F. Hamilton et d’Espoir-du-cerf d’Orson scott Card.

Au passage, sachez que vous pouvez retrouver les anciens numéros de l’œil via ce tag ou bien cette page. Je vous rappelle aussi que les romans présentés ici ne sont pas automatiquement des chefs-d’oeuvre ou ceux recommandés par le site à n’importe quel amateur de SFFF (si c’est ce que vous cherchez, voyez plutôt les tags (Roman) Culte d’Apophis ou Guide de lecture SFFF). 

La septième épée (cycle / intégrale) – Dave Duncan

seventh_swordDave Duncan est un auteur étonnant : il a commencé à écrire à l’âge de cinquante-quatre ans, et a été très prolifique par la suite (deux à trois romans par an). Il a vendu plus d’un million de livres, mais reste paradoxalement très méconnu du lecteur de Fantasy et de Science-Fiction moyen. Il était donc un candidat idéal pour l’œil d’Apophis, et ce d’autant plus que depuis l’ouverture de ce blog, j’essaye sans grand succès de le faire découvrir à plus de monde : il est temps que cela change !

La trilogie La septième épée est formée de ses 3e, 4e et 5e romans publiés (notez qu’un quatrième roman existe en VO, publié en 2012, soit un quart de siècle après les trois autres -sortis la même année-). Comme un certain nombre de livres de l’écossais (naturalisé canadien), ce cycle opère dans le registre de la Fantasy mais recycle des éléments de deux grandes sagas de SF, ainsi qu’un postulat de départ similaire à des classiques comme Trois coeurs, trois lions de Poul Anderson : un homme moderne, de la Terre, se retrouve dans un univers magique, où il va devoir apprendre à survivre et va devenir un grand héros. La subtilité est ici que seul l’esprit du terrien est transporté, et occupe un corps d’accueil appartenant à un redoutable guerrier local. Et évidemment, son éducation d’homme éclairé va entrer en conflit avec certaines pratiques de ce monde médiéval (mais non-européen : nombre de points ramènent plutôt à l’Inde et au Japon), comme le traitement des « inférieurs », des femmes, des handicapés, etc.

Outre une construction magistrale, c’est un des deux cycles de SF recyclés qui fait tout le sel de cette histoire, mais je ne vais évidemment pas vous révéler duquel il s’agit ! (je vous dirais juste que Duncan a réutilisé un autre cycle du même écrivain comme base d’une de ses autres œuvres). Je vous conseille cependant vivement de lire cette trilogie, vous ne le regretterez pas ! Si vous voulez avoir (un peu) plus de détails, j’ai écrit il y a fort longtemps (avant même l’ouverture du blog) une critique à son sujet, même si elle n’est pas aussi détaillée que celles que je vous propose actuellement.

Manhattan à l’envers – Peter Hamilton

manhattan _hamiltonS’il y a bien quelqu’un que l’on ne s’attend pas à voir être à l’aise et pertinent dans la forme courte, c’est bien, je pense, Peter F. Hamilton, le champion toutes catégories des pavés de 600 pages (je parle de la VF) réunis au minimum en diptyques (sauf pour l’exception à la règle, Dragon déchu), et le plus souvent en cycles plus longs (formant eux-mêmes parfois des meta-cycles en réunissant plusieurs !). Et pourtant, le britannique a lui aussi écrit des nouvelles et des novellas, et le résultat va du franchement honorable au frustrant tant, pour le coup, on aurait aimé en savoir beaucoup plus ! Pourtant, alors qu’on voit régulièrement passer des recensions sur les sagas du natif des Midlands de la verte Albion, il est très rare de voir, en revanche, ses tentatives dans le format court être critiquées en France, que ce soit sous forme isolée ou groupée (voir plus loin). Là aussi, il est donc plus que temps de prêcher la bonne parole !

Bragelonne a publié il y a quelques années un recueil réunissant sept de ces textes, six nouvelles et une novella. Deux sont liées à Paula Myo (qu’on ne présente plus ; Le piège à démons et la nouvelle éponyme), une à la trilogie du vide (Béni par un ange), trois sont indépendantes (Un électorat qui marche, Si du premier coup…, Le chaton éternel -probablement le second meilleur texte du recueil, et le plus court-), et la dernière, la plus longue, est une uchronie s’étendant sur plusieurs siècles. Je vais m’attarder un peu sur ce dernier texte, En regardant pousser les arbres, un roman court dont j’aurais vraiment, mais alors vraiment aimé que l’auteur y revienne afin d’écrire au minimum un livre entier (voire un cycle) se déroulant dans le même contexte. Parce que celui-ci est totalement fascinant : il part du principe que cet univers a divergé du nôtre dans la Rome antique, lorsqu’on a cherché à obtenir de meilleurs gladiateurs par eugénisme. Je ne vais pas en dire plus, pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais sachez que ces nouvelles sont vendues indépendamment les unes des autres (ou, au mieux, par deux) en version électronique (faites attention si vous achetez sur Amazon : la version Kindle sur la page du recueil papier correspond juste à la nouvelle éponyme, pas aux sept textes -je vous ai mis les liens adéquats en fin d’article-), et que pour 1.99 euros, vous pourrez donc lire cette novella fascinante s’étendant de la Rome antique à l’ère spatiale. Pour une critique plus détaillée de la nouvelle phare, voyez chez l’ami FeydRautha.

Espoir-du-cerf – Orson scott Card

espoir_cerfOn ne présente plus cet écrivain de SFF majeur qu’est Card, auteur des cycles d’Ender et d’Alvin le faiseur, ou de ces grands livres de science-fiction que sont Une planète nommée trahison ou Les maîtres chanteurs. Le roman dont je vais vous parler aujourd’hui n’a pas cette envergure et relève, lui, de la Fantasy : Espoir-du-cerf, paru en VO en 1983, traduit l’année suivante chez nous et réédité en 2015, est un conte particulièrement noir et cruel, celui de la vengeance d’une adolescente, princesse violée en place publique lorsque Palicrovol s’empare du trône de son père, puis laissée vivante et à la garde d’un magicien, un acte de « miséricorde » qui va avoir de bien lourdes conséquences. Devenue la Reine Beauté, une sorcière aux pouvoirs si immenses qu’elle peut tenir en respect les dieux en personne, grâce à une nécromancie parmi les plus ténébreuses qu’il m’ait été donné de voir en plus de trente ans de lectures fantasy, la jeune fille martyrisée va dès lors se transformer en tyran et se venger de son bourreau.

Il y a tout un tas de raisons de ne pas lire ce conte relevant de la Mythic Fantasy, mais il y en a aussi pour le faire : je vous invite à lire la critique que j’avais publiée à l’époque de la sortie de ce livre pour en savoir plus. Attention toutefois, si vous êtes du genre à avoir besoin d’un ou plusieurs personnages auxquels vous attacher pour apprécier une lecture, ce roman ne sera vraiment, mais alors vraiment pas pour vous.

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La septième épée

Intégrale – version papier

Tome 1 – Version Kindle

Tome 2 – Version Kindle

Tome 3 – Version Kindle

Manhattan à l’envers

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En regardant pousser les arbres – Kindle

Le piège à démons – Kindle

Manhattan à l’envers (nouvelle seule, pas l’intégralité du recueil) – Kindle

Béni par un ange – Kindle

Un électorat qui marche – Kindle

Si du premier coup… + Le chaton éternel – Kindle

Espoir-du-cerf

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24 réflexions sur “L’œil d’Apophis – Numéro 11

  1. J’avais lu Manhatan a l’envers apres avoir fini la trilogie du vide (le manque paula :D) et finalement j’ai adoré  » en regardant pousser les arbres », c’est d’ailleurs la seul nouvelle dont je me souvienne du recueil.
    Il aurait pus y revenir, peut être quand il en aura fini avec le commonwealth.

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    • ah! toi aussi! j’ai bientôt une forêt à la maison. J’avais pris l’option numérque pour tenter de réguler à la fois le papier et le nombre de livres à lire, mais c’est PIRE qu’avant! J’ai plus de livres papier et cinq fois plus de numérique…

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      • Les affres du numérique, avec les livres papier, j’avais une étagère qui limitait ma pile de romans à lire (76 cm pour être précis) en y plaçant parfois plusieurs couches… Mais ma ‘pile à lire’ dépassait rarement 50-60 livres.
        Depuis 2010 avec l’avènement des écrans à haute définition sur portable d’abord puis plus récemment sur liseuse dédiée, plus de limites. A (dé)raison de 30 nouvelles acquisitions mensuelles en moyenne cette pile a, dès lors, toujours augmenté plus vite, à tel point que j’en sois réduit à tenir des listes de priorités pour venir à bout de cette jungle numérique sans me perdre totalement.
        Et là, il s’agissait de la situation il y a quelques mois, avant de me lancer en anglais, avec des achats en moyenne 3 fois moins onéreux… et un volume continental de livres jamais traduits.
        Ayant une âme de collectionneur, j’ai aussi petit à petit reconstitué ma bibliothèque physique, y-compris les livres dont j’ai du me débarrasser au cours du temps par manque de place.
        Alors oui, la magie du numérique tient à la disponibilité des livres dans nos supports divers, au gain en place (« Tu as lu tout ces livres? – Non, les livres lus sont dans des cartons, ceux-là sont ceux que j’ai encore à lire ou à relire. »), mais cela ne résoudra pas vos addictions ni vos névroses d’achat.

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        • Je me reconnais tout à fait dans ton portrait de lecteur et sa relation avec la PAL. Je crains que cela soit vraiment une addiction chez moi également, voire tout autant une névrose.
          Je ne sais pas m’empêcher d’acheter (et lire) des livres, et j’acquiers également des livres déjà lu pour les avoir dans ma bibliothéque.

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  2. C’est marrant, j’ai déniché gratuit Manhattan à l’envers! Forcément je l’ai pris!… Je dois me mettre au Dave Duncan, j’ai eu jusque là 2 bonnes lectures alors je souhaite poursuivre. J’avais pris une offre Bragelonne à à 0,99€ sur le premier tome de la 7°épée dont je ne rappelle plus le nom 😉
    En revanche, j’avais lu ta chronique sur le Card et je ne suis toujours pas certaine de vouloir le lire.

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    • Si on veut du moins dense que les grands cycles, Dragon déchu est plus indiqué, vu que c’est un tome unique. Et pour ce qui est de La grande route du nord, je l’ai personnellement trouvé globalement bon mais loin d’être dépourvu de défauts. Je ne sais pas trop, donc, si c’est le moyen idéal de commencer Hamilton.

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  3. L’intégrale de La septième épée m’attend depuis euh quelques années maintenant. Je l’avais acheté sur un coup de tête, et puis oublié. Du coup, tu me donnes envie de le sortir 😊

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    • J’espère que tu ne seras pas déçue, parce que c’est vraiment un roman assez particulier. Mais d’un autre côté, c’est une certaine singularité qui fait une bonne partie de son intérêt.

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  4. Pingback: En regardant pousser les arbres – Peter F. Hamilton – L'épaule d'Orion

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