The Mad Lancers – Brian McClellan

Les origines de Ben Styke et de son unité de cavalerie rebelle

the_mad_lancersThe Mad Lancers est une nouvelle de 85 pages rattachée au cycle Gods of Blood and Powder (je vous proposerai la critique du tome 1 dans quelques jours : sachez que les événements de ce texte se déroulent douze ans avant), qui lui-même prend place dans le même univers que la trilogie des Poudremages et en reprend quelques personnages. L’un d’entre eux est Ben Styke, un cavalier en armure enchantée qui apparaissait dans la nouvelle Ghosts of the Tristan Basin, donnait un coup de main à Taniel et ressemblait à un mélange entre Arnold Schwarzenegger et le Colonel Kilgore d’Apocalypse Now. C’est la façon dont il a rejoint la Révolution naissante, a formé son unité de cavalerie et peut-être surtout a obtenu leurs fameuses armures magiques qui est racontée dans The Mad Lancers. Si la lecture de ce texte n’est pas, à proprement parler, indispensable, elle éclaire cependant d’un jour nouveau les événements des deux cycles de Flintlock Fantasy de Brian McClellan, et se révèle, comme toujours avec lui, de qualité.  Continuer à lire « The Mad Lancers – Brian McClellan »

The Guns of empire – Django Wexler

Je finis l’année 2017 en beauté !

guns_of_empireThe guns of empire est le quatrième et avant-dernier roman du cycle The shadow campaigns, par Django Wexler. Il suit la tendance constatée chez ses prédécesseurs, à savoir le fait d’être (au moins) un peu meilleur que le tome précédent, qui lui-même était (au minimum) un (très) bon livre. C’est d’ailleurs parfaitement reflété dans la progression des notes sur Goodreads pour les tomes 1-4, respectivement 4.04, 4.12, 4.26 et 4.31 (pour vous donner un point de comparaison, les trois tomes des Poudremages sont à 4.16, 4.35 et 4.35). Autre constante dans l’évolution entre les tomes : celle de suivre méthodiquement les étapes de l’épopée Napoléonienne, le personnage de Janus étant (plus ou moins) un analogue de l’illustre personnage. Le tome 1 est donc un équivalent de la Campagne d’Égypte, le 2 montre la Révolution, le 3 la Terreur, ce qui fait que, logiquement, ce tome 4 aurait dû nous montrer le Consulat et éventuellement la proclamation de l’Empire. Or, l’auteur a, cette fois, choisi de diverger un petit peu par rapport au modèle historique : c’est en fait la Campagne de Russie, très postérieure, qu’il met en scène.

Sachez que la lecture des deux Novellas The penitent damned et The shadow of Elysium est un plus non négligeable pour mieux saisir certains points dans ce roman, même si elle n’est évidemment pas indispensable. En effet, l’auteur fait intervenir leurs deux protagonistes, Abraham et (surtout) Alex, ce qui fait que 1/ vous saurez ce qu’il est advenu d’eux et 2/ vous saisirez mieux les tenants et les aboutissants des événements les concernant.  Continuer à lire « The Guns of empire – Django Wexler »

An alchemy of masques and mirrors – Curtis Craddock

Beaucoup de bruit pour rien

alchemy_craddockAn alchemy of masques and mirrors est le premier roman de Curtis Craddock, auteur américain vivant au Colorado et enseignant l’informatique à des prisonniers dans un pénitencier. Après l’avoir achevé et fait quelques recherches pour la rédaction de cette introduction, je me suis également aperçu qu’il s’agissait du premier tome d’un cycle, The Risen kingdoms, alors que franchement, vu que la fin boucle tous les arcs narratifs, je ne m’attendais pas vraiment à une suite. Même si vu la place accordée au worldbuilding, j’aurais dû m’en douter. Pas sûr, cependant, que je lise le tome 2, vu à quel point j’ai eu du mal à finir celui-ci. Même si il y a certains points que j’aimerais bien voir éclaircis sur l’origine de ce monde.

Sur Goodreads, ce roman bénéficie d’une note de 4.1 (sur un peu plus de 300 évaluations, ce qui reste modeste), et ses lecteurs avaient l’air très enthousiastes. De fait, le mélange de genres proposé (Mousquetaires, sorcellerie, vaisseaux des airs) avait l’air assez original et attractif. Au final, on se retrouve avec un monde auquel il est assez difficile d’adhérer, avec une fausse originalité qui cache en fait un grand classicisme, avec un des deux protagonistes auquel il est malaisé de croire, avec une narration verbeuse et une intrigue convolutée qu’on a hâte de voir se terminer (enfin), après le 18e coup de théâtre et la 27e révélation (en trois chapitres). Bref, je m’attendais à me régaler, et c’est avec un grand soupir de soulagement que je l’ai achevé et que je suis passé à (beaucoup) plus intéressant, à savoir le tome 4 de The shadow campaigns (qui sera la dernière critique publiée sur ce blog en 2017 : il est de tradition, sur le Culte, de finir chaque année sur un genre mal-aimé en France et de commencer l’année suivante de la même façon. Cette fois-ci, donc, nous allons finir sur de la Flintlock et commencer 2018 avec de l’Heroic Fantasy -féminine-). Mais revenons à nos moutons !  Continuer à lire « An alchemy of masques and mirrors – Curtis Craddock »

The autumn republic – Brian McClellan

Une fin de cycle (et de roman) réussie

the_autumn_republicThe autumn republic est le troisième et dernier roman de la trilogie des Poudremages. Pourtant, il ne constitue pas (loin de là, même) la fin de l’exploration de cet univers par l’auteur : outre une dizaine de nouvelles (voir ici et ), Brian McClellan s’est lancé dans un second cycle, Gods of blood and powder, reprenant le même monde et certains des personnages que nous connaissons déjà (y compris via les textes courts, d’ailleurs, qui prennent donc encore plus d’importance pour celui qui veut pleinement saisir les tenants et aboutissants). Je vous proposerai, au premier trimestre 2018, une critique des deux premiers romans de cette nouvelle saga, ainsi que celle de la nouvelle The mad lancers.

Mais revenons à nos moutons : chaque tome des Poudremages est réputé un peu meilleur que le précédent, et celui-ci est supposé offrir un final en apothéose au cycle. Est-ce le cas ? Globalement, oui, même si j’ai eu personnellement un peu plus de mal à entrer dans celui-ci. Mais une fois que cela a été fait, quelle baffe !  Continuer à lire « The autumn republic – Brian McClellan »

The siege of Tilpur – Brian McClellan

Les aventures du sergent Tamas, 19 ans

siege_of_tilpurThe siege of Tilpur est une nouvelle d’une trentaine de pages s’inscrivant dans le cycle des Poudremages de Brian McClellan. Initialement uniquement disponible dans l’anthologie Unbound parue en décembre 2015, elle est désormais mise à la disposition des lecteurs individuellement. De plus, pendant les deuxième et troisième semaines de Novembre, elle est disponible gratuitement via le site de l’auteur (dans une archive .zip contenant trois formats de fichiers différents, epub, pdf et mobi). Signalons aussi que l’inscription à la newsletter publiée par l’auteur vous donne droit à un exemplaire tout aussi gratuit de la nouvelle Murder at the Kinnen Hotel.

Nous suivons Tamas, 19 ans seulement mais déjà sergent, pendant une des guerres dans le désert de Gurla. Dans la chronologie interne de cet univers, c’est donc le texte le plus ancien, puisqu’il se déroule forcément avant Servant of the crown (où Tamas est Major), qui lui-même se passe 35 ans avant La promesse du sang. Son groupe de combat de 9 hommes et lui font partie des troupes qui doivent monter à l’assaut d’un fort ennemi, Tilpur, si bien défendu, par des soldats, des canons et de la sorcellerie, qu’il s’est révélé imprenable malgré quatre tentatives par trois nations différentes. Et comme souvent dans le cycle, du moins avant la Révolution imposée par Tamas, ce sont les officiers supérieurs, des incompétents qui ne doivent leur position qu’à leurs titres de noblesse, qui posent presque plus de problèmes que l’adversaire du moment !  Continuer à lire « The siege of Tilpur – Brian McClellan »

The red threads of Fortune – Jy Yang

Très différente de la précédente, cette novella est encore une fois franchement bonne

red_threads_yangThe red threads of Fortune est le texte jumeau de The black tides of Heaven (paru en même temps, mettant en scène la même paire de protagonistes, en mettant l’emphase sur l’un d’entre eux dans chacun des ouvrages), les deux ouvrant le cycle Tensorate de l’auteur singapourien (d’expression anglaise) Jy Yang. On sait déjà que celui-ci se poursuivra en 2018 avec deux autres romans courts, The descent of monsters et The ascent to Godhood. Théoriquement, les deux premières novellas peuvent se lire dans n’importe quel ordre, même si les premiers retours de lecteurs anglo-saxons avaient assez fortement tendance à dire qu’il était plus pertinent de commencer par The black tides of Heaven. Et effectivement, après avoir lu les deux, je peux dire que c’était la chose à faire. En effet, The red threads of Fortune se déroule après la fin de son texte jumeau, et ne présente pas les particularités liées au genre dans cet univers de façon aussi détaillée. Vous saisirez beaucoup mieux l’histoire globale des deux romans si vous les lisez dans le même ordre que moi.

Cette novella est très différente de la précédente, qui était un roman d’apprentissage s’étendant sur plusieurs décennies. Cette fois, nous sommes sur un registre différent, puisque le thème principal est la façon de faire son deuil et que l’action se déroule sur quelques jours à peine et dans le même lieu (une même région, pour être plus précis).  Continuer à lire « The red threads of Fortune – Jy Yang »

The grey bastards – Jonathan French

Orcs of Anarchy ! 

grey_bastards_frenchThe grey bastards est le troisième roman de l’auteur américain Jonathan French, et le tome inaugural d’un nouveau cycle (qui porte le même nom). A l’origine un titre auto-publié (c’est sous cette forme que je l’ai acquis il y a quelques mois, sans même m’apercevoir, vu la couverture très pro, qu’il s’agissait de cela -et heureusement pour lui, vu que je ne lis pas d’auto-édités, en temps normal-), il a (ainsi que sa future suite) été acheté par Penguin / Random House, et sera disponible dans une nouvelle édition professionnelle sous la bannière de Crown Publishing en 2018 d’après le site de l’auteur. Tout comme Kings of the Wyld de Nicholas Eames, il transpose un élément très « rock’n’roll » du monde réel dans un univers médiéval-fantastique : chez ce dernier, il s’agissait des groupes de hard / rock des années 60-80, alors que chez French, il s’agit de la série Sons of anarchy, consacrée aux bikers US.

Mais ce roman ne s’arrête pas à cette (excellente) idée de départ, car il y ajoute des personnages qui sont tous ou quasiment des demi-orcs, ainsi qu’un univers de Fantasy Historique (variante : dans un monde secondaire mais très inspiré par le nôtre) entre l’Espéragne de Guy Gavriel Kay et l’Al-Andalus envahi par les orcs de Fabien Cerutti. Et plus on avance, plus l’intrigue prend de l’ampleur, et se démarque du simple copier-coller bien bourrin comme on aime de SoA en abordant des thèmes profonds comme l’esclavage, le racisme, le métissage, les expérimentations humaines, la guerre biologique, etc.  Continuer à lire « The grey bastards – Jonathan French »

The black tides of Heaven – Jy Yang

Un univers fantastique unique, où chacun peut choisir son genre

black_tides_YangJy Yang est un écrivain singapourien de Fantasy et Science-Fantasy, ancien biologiste moléculaire, auteur pour des comics, des films d’animation et des jeux, journaliste dans un des quotidiens majeurs de Singapour et communicant pour l’agence locale pour la science, la technologie et la recherche. Il se définit lui même comme queer et non-binaire.

Jy Yang est spécialisé dans la forme courte, qui a été publiée dans un certain nombre de magazines ou autres plate-formes connues (Clarkesworld, Tor.com, etc). Il s’est désormais lancé dans la parution d’un cycle, Tensorate, de novellas : deux ont été publiées en même temps (celle que je vous présente aujourd’hui, ainsi que sa jumelle, The red threads of Fortune), et deux autres sont prévues en 2018. Théoriquement, ces deux textes peuvent se lire dans n’importe quel ordre, mais les premiers retours des lecteurs anglo-saxons m’ont indiqué qu’il valait tout de même mieux commencer par The black tides of Heaven, ce que j’ai donc fait.

Cet univers, apparenté au Silkpunk de Ken Liu, présente de nombreuses particularités qui le démarquent totalement de la quasi-totalité du reste de la Fantasy, mais l’une d’elles est tout spécialement importante : la faculté qu’ont ses habitants de choisir leur genre avant d’arriver à l’âge adulte, via la magie.  Continuer à lire « The black tides of Heaven – Jy Yang »

Le fils de l’acier noir – Larry Correia

Judge Dredd et Stormbringer chez les Hindous

correia_acier_noirLarry Correia est un écrivain californien de SFF, particulièrement connu en France pour son cycle du Grimnoir. Le fils de l’acier noir est le premier tome de la Saga du guerrier oublié (en VO ; en VF c’est juste « Le guerrier oublié »), dont les suites sont prévues en 2017 et 2018. Un mot sur la couverture : d’une part, l’Atalante nous propose quelque chose qui a une tout autre allure que celle de la VO, d’autre part, l’illustration claque au vent de la destruction tel un étendard funeste (ça pète, quoi !), et enfin, ça fait plaisir de voir une bande de passionnés envoyer paître certains prout-prout du sondage Babelio sur les littératures de l’imaginaire, qui traitent les couvertures de SFFF de « puériles » (comme si ces incultes sectaires allaient en acheter plus avec une première de couv’ « neutre » !). Bref, chers amis Nantais, continuez comme ça, les vrais passionnés demandent des couvertures aussi peu neutres que possible !

Mais revenons donc à nos moutons. Le fils de l’acier noir est une Sword & Sorcery à cadre exotique (inspiré par l’Inde), mettant en scène un équivalent Fantasy du Judge Dredd (ou de John Preston, protagoniste du film Equilibrium joué par Christian Bale) qui va voir sa vie chamboulée du jour au lendemain, lorsque ses repères et ses certitudes vont voler en éclats. Un héros qui manie une épée magique et intelligente en acier noir qui en rappelle fortement une autre. C’est noir, c’est brutal, c’est martial, et qu’est-ce que c’est bien ! Mais attention, c’est très loin de se réduire au combat d’un épéiste surpuissant contre les sorciers-assassins et les démons : il y a un vrai fond, fait à la fois d’un complot politique sur fond de préparation d’un génocide et d’une remise en cause parallèle d’un très, très rigide système de castes. Bref, voilà un livre qui a de quoi séduire bien au-delà du cercle (hélas restreint) des amateurs de Sword & Sorcery.  Continuer à lire « Le fils de l’acier noir – Larry Correia »

The traitor Baru Cormorant – Seth Dickinson

A côté de ce roman, le Trône de Fer est du YA !

baru_cormorantSeth Dickinson est un écrivain américain de SF et de Fantasy, dont The traitor Baru Cormorant (simplement connu, dans son édition britannique, sous le nom de The traitor) est le premier roman. Il a terminé sa suite, The monster Baru Cormorant, en juillet 2017, soumettant un colossal manuscrit de… 1104 pages ! C’est également un auteur de nouvelles assez prolifique pour divers sites ou magazines consacrés aux littératures de l’imaginaire, et il a aussi travaillé sur deux jeux vidéo.

Issu d’une nouvelle écrite en 2011, The traitor Baru Cormorant est un roman de Hard Fantasy, sous-genre qui tente de proposer des mondes plus réalistes que dans la Fantasy moyenne. Attention, cela ne signifie pas (forcément) gommer les éléments emblématiques du genre (bien que ce soit le cas ici), comme les dragons, la magie ou les races imaginaires (elfes, nains, etc), mais plutôt donner aux aspects géopolitiques, économiques ou technologiques une précision et un degré de développement qu’ils n’ont pas d’habitude.

Mais ce livre est surtout un véritable modèle de (Grim)dark Fantasy : du côté dystopique à la complexité psychologique des personnages en passant par l’ambiance très noire à certains points-clefs de l’intrigue, nous sommes devant un exemple très pur de ce sous-genre. Et pourtant… The traitor Baru Cormorant m’a offert des moments d’émotion comme j’en ai rarement vécu en Fantasy. Son début et sa fin offrent une intensité assez extraordinaire, qui peuvent aisément faire oublier quelques longueurs au milieu.  Continuer à lire « The traitor Baru Cormorant – Seth Dickinson »