Apophis Box – Octobre 2022

apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au début ou au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag.

Voyage, voyage : de la Terre… à la Terre (mais pas la même !)

La SFFF donne de nombreux exemples de personnages partis de la Terre (du futur, le plus souvent) et qui se retrouvent, intentionnellement ou par accident, sur une autre version de la même planète, dans un univers parallèle, dans le passé, dans un avenir encore plus lointain, voire un mélange de tout cela. Je vais vous donner trois exemples de ce trope, mais il y en a évidemment bien d’autres.

Commençons par une de mes madeleines de Proust (et je parierais qu’il s’agit aussi de celle d’un certain nombre de cultistes de l’Apophisme), la série télévisée d’animation Ulysse 31, sortie en 1981 : transposition de l’Odyssée dans un contexte futuriste, elle met en scène Ulysse, qui, quittant la base spatiale de Troie pour rentrer sur Terre, détruit, pour sauver son fils Télémaque, le « Grand Cyclope » (en réalité une sorte de cyborg d’une énorme monstruosité marine), offensant ainsi les dieux grecs. Ces derniers condamnent son équipage à un sommeil dont rien ou presque ne peut les sortir, et surtout font pénétrer le vaisseau d’Ulysse, l’Odysseus (au design magistral, au passage), dans un autre univers, l’Olympe, où Ulysse, son fils Télémaque, une enfant extraterrestre télépathe (Thémis), l’IA du bord et un petit robot nommé Nono (qui mange des clous :D) devront faire face à d’innombrables épreuves, dangers, énigmes et dilemmes avant, enfin, de retrouver le chemin de la Terre. Ou plutôt de leur Terre, puisque chemin faisant, ils retourneront sur une autre version de cette planète à deux reprises : dans l’épisode La Deuxième Arche, nos héros croisent la Terre d’il y a 300 millions d’années, rencontrant l’espèce qui a précédé l’Homme (un épisode d’ailleurs assez bluffant sur le plan scénaristique, puisqu’il mêle le Déluge, la théorie des Anciens Astronautes et l’Hypothèse Silurienne -mais à la musique anxiogène qui m’a « traumatisé » pendant des années-), tandis que dans Ulysse rencontre Ulysse, Télémaque déclenche par accident une machine à voyager dans le Temps des dieux, perturbant ainsi gravement la ligne temporelle, que Zeus charge Ulysse de remettre sur ses rails ; pour cela, il va retourner 5000 ans en arrière, Ulysse 31 rencontrant son lointain ancêtre Ulysse, et l’aidant à reprendre son trône menacé par les vils Prétendants. Dans les deux cas, Ulysse va bien de la Terre (du XXXIe siècle) à la Terre (du Gondwana ou de l’Odyssée), sans pour autant rentrer sur sa Terre (je me comprends).

Au passage, je viens de revoir l’intégralité de la série, et avec quarante de recul et infiniment plus de connaissances en SFFF qu’à l’époque où je l’ai vue pour la première fois (j’avais six ans), j’ai trouvé qu’outre ses qualités bien connues (deux fois plus d’images par seconde que les séries animées de l’époque, design au top, doublage magistral, excellentes musiques, idée de base bluffante excellement exploitée, personnages charismatiques et attachants, etc.), eh ben mine de rien, entre deux pitreries de Nono ou deux variantes de « NOUMAYOS MON FRÈRE ! / MON FRÈRE, NOUMAYOS ! » (sans déconner, si après 6578 occurrences, vous ne savez pas que l’elfe bleu avec des yeux de chat s’appelle Noumayos et que c’est son frère, on ne peut plus rien pour vous…) pleurnichées par Thémis, ça envoie du lourd en termes de sense of wonder (si, si), et qu’il y a 2-3 scènes complètement hallucinantes, notamment celle où Thémis (vous savez, celle qui a un frère qui s’appelle Noumayos…) communique par télépathie avec… l’Intelligence Artificielle de l’Odysseus, ou dans cette scène de l’épisode Le Fauteuil de l’oubli, où il est visuellement sous-entendu que les « dieux » grecs seraient eux aussi des IA (thème, les IA -parfois auto- divinisées, d’ailleurs exploité avec plus ou moins de brio par plusieurs écrivains de SF -mais nous en reparlerons un jour ou l’autre-). Bref, outre l’effet madeleine de Proust, vous ne perdrez pas votre temps à découvrir ou redécouvrir cette excellente série d’animation, qu’on peut trouver facilement en intégralité sur Youtube.

Parlons ensuite d’une série classique et plus récente (2011), Terra Nova : en 2149, l’air est devenu irrespirable sur Terre, problème aggravé par la surpopulation. Heureusement, une porte spatio-temporelle a été découverte, menant vers le Crétacé, 85 millions d’années en arrière. Mais pas notre Crétacé, mais plutôt celui d’une Terre parallèle (mine de rien, le voyage combinant aspect mondes parallèles et aspect temporel n’est pas si courant que ça, du moins en romans / séries ; comme contre-exemples, on peut citer La Cité du futur de Robert Charles Wilson ou GURPS Alternate Earths). Une colonie, Terra Nova, est fondée, et les héros de la série, la famille Shannon, font partie du dixième groupe de colons voyageant de la Terre (de 2149) à l’autre Terre (d’un Crétacé alternatif). Annulée au bout d’une saison de 13 épisodes à peine, malgré une idée de base fort intéressante et la présence de l’excellent Stephen Lang (qui a un rôle assez similaire à celui qu’il avait dans Avatar, en beaucoup moins méchant), la série n’a su trouver ni son public, ni la bénédiction des critiques, qui l’ont parfois sévèrement démolie. C’est d’autant plus dommage que certains plot twists, sur la fin, auguraient d’une potentielle saison 2 intéressante.

Comment, enfin, parler du thème « d’une Terre à une autre » sans évoquer les versions cinématographiques de La Planète des singes de 1968 et 2001 (les plus récentes partent sur un postulat différent) ? Entrer dans les détails va être difficile sans divulgâcher horriblement des fins marquantes (surtout celle du long-métrage avec Charlton Heston), mais dans les deux cas, il y a un voyage spatial de la Terre à une autre Terre, avec, selon la version, un détour par une autre planète. Si les critiques sur le film de Tim Burton sont franchement mitigées, en revanche la version de Franklin Schaffner bénéficie d’un triomphe accordé par une presse aussi dithyrambique que presque unanime. Si vous n’avez jamais vu cette version, je ne peux que vous la conseiller vivement ! (on déplorera d’ailleurs l’imbécilité de certaines jaquettes de DVD, qui dévoilent d’un coup d’œil le grand secret final : j’en ai d’ailleurs bavé pour en trouver une plus « neutre »).

Trois joyaux cachés du catalogue du Bélial’

Après celui de Bragelonne, c’est au tour du catalogue du Bélial’ de subir l’examen de l’œil d’Apophis (c’est moi, pour ceux qui viennent de débarquer) à la recherche de romans ou recueils sur lesquels un acheteur potentiel distrait ou mal informé pourra passer sans réaliser qu’ils ont pourtant tout de la pépite. Histoire de ne pas les noyer dans la masse (ce qui serait contraire au but recherché), j’ai choisi de me limiter à trois de ces perles, mais le Bélial’ étant sans conteste l’éditeur de SF le plus pointu de France, on aurait pu en citer d’autres.

broken_swordCommençons avec L’Épée brisée de Poul Anderson, chef-d’œuvre de Dark Fantasy historique et mythologique qui, à cause de la forte polarisation politique des éditeurs des années soixante et soixante-dix (qui ont fait payer à l’auteur, perçu comme réactionnaire, ses positions lors de la guerre du Vietnam), a dû attendre soixante ans avant de débarquer dans la langue de Molière. Oui, vous avez bien lu, six décennies pour une œuvre considérée, outre-Atlantique, comme une des plus grandes jamais produite en Fantasy, et qui a peut-être inspiré la Stormbringer de Moorcock, tant certains parallèles sont troublants. Si vous êtes un lecteur de SFFF qui se respecte (sinon, que faites-vous dans ce Culte, hein ?), vous ne devez pas passer à côté de cette geste épique à la puissance évocatrice sans pareil ! Pour en savoir plus, je vous invite à lire ma critique, qui bien qu’écrite pré-blog, et donc pas aux standards d’exhaustivité établis depuis sur celui-ci, n’en reste pas moins assez complète et (très) relativement satisfaisante.

Poursuivons avec La Paille dans l’Œil de Dieu de Jerry Pournelle et Larry Niven, autre très grand livre dans lequel une certaine critique n’a vu qu’un roman « militariste », alors qu’il s’agit surtout, hein, d’un p*tain de chef-d’œuvre sur le thème du Premier Contact (et d’une race / société aux fondamentaux profondément autres), qui n’est probablement dépassé, sur ce plan, que par un Vision Aveugle (Peter Watts) ou autre bouquin du même calibre. Le seul vrai défaut de ce livre est qu’il a une suite, annoncée dans la rubrique « à paraître » de l’éditeur depuis, OH, PLUS QUE ÇA, et qu’on aimerait bien qu’elle paraisse un jour (moi, je m’en fiche, je lis en anglais, mais solidarité avec les CAMARADES qui n’entravent rien à la langue de Shakespeare). D’ailleurs, messieurs Durastanti, Perchoc ou Girard, vous qui passez régulièrement ici (ne niez pas…), on aimerait bien un mot d’explication ou une lueur d’espoir, merci !

Terminons, après Anderson, par un autre géant, à savoir Robert « Silverbob » Silverberg, maître de la thématique du voyage (et du paradoxe) temporel (un domaine dans lequel Poul Anderson a d’ailleurs lui aussi excellé), auquel Time Opera, publié par le Bélial’, est consacré. Il ne s’agit pas d’un roman, mais d’un recueil rassemblant deux d’entre eux ayant une thématique (temporelle, donc) commune, à savoir Les Déserteurs temporels et Les Temps parallèles. Dans le premier, un fonctionnaire d’une société dystopique du XXVe siècle, ultra-hiérarchisée, est chargé de retrouver des gens fuyant cet avenir de cauchemar en voyageant dans le passé, au risque de faire dérailler le cours de l’Histoire (signalons une fin particulièrement… surprenante, et dans son genre singulier très marquante). Dans le second de ces deux romans, un coursier temporel originaire de 2059 commet l’irréparable quand il tombe amoureux de sa propre multi-aïeule, créant un paradoxe temporel et attirant l’attention de la redoutable Patrouille Temporelle, dont le rôle est précisément de remettre l’Histoire sur ses rails. Si vous vous intéressez à la thématique SF temporelle, Silverberg est un des auteurs incontournables, et Time Opera un bon point de départ dans cette partie de sa bibliographie (qui comprend aussi, par exemple, Les Déportés du Cambrien).

Trois chefs-d’œuvre à traduire / rééditer / piquer à la concurrence d’urgence : Inexistence, Mémoire et The Oppenheimer alternative

Si vous suivre le Culte depuis longtemps, vous savez que je fais partie de ces blogueurs (avec le camarade Grand Gourours Inculte, notamment) qui font du lobbying pour la traduction ou la réédition de tel ou tel titre. Et les choses ont d’ailleurs bien avancé dans ce domaine, puisque outre ce qui est déjà sorti / annoncé, d’autres titres sont, d’évidence, dans les tuyaux (à commencer, très probablement, par House of suns, que j’ai eu l’honneur de vous faire découvrir en faisant, au tout début 2018, de l’archéologie dans la biblio d’Alastair Reynolds). Pourtant, il reste encore quelques joyaux qui mériteraient une VF ou une nouvelle édition. D’habitude, je fais mon article lobbying en décembre, mais j’ai décidé d’accentuer mes efforts en incluant plus régulièrement ce genre de livre dans l’Apophis Box. D’autant plus que logiquement, du fait de mon génie machiavélique, quelqu’un du Bélial’ va forcément lire cet article, MOUAHAHAHAHA !

inexistenceDébutons par le fabuleux Inexistence de David Zindell, roman de Hard SF visionnaire qui a presque tout inventé, bien avant tout le monde, et a traité la Singularité, l’IA, la Panthropie, le Transhumanisme et peut-être surtout le voyage plus rapide que la lumière avec un talent proprement inimaginable (et, pour la navigation interstellaire, avec une sorte de poésie mêlée de mathématiques à forte dose -mais ça reste lisible, je vous rassure !- jamais vue, ni avant, ni depuis, en SF). On y trouve des Intelligences Artificielles hébergées dans des composants de la taille de la Lune, voire de Jupiter, un homme recomposé quasiment molécule par molécule par une peuplade transhumaniste sous-marine, un secret qui étend ses ramifications de la Préhistoire au lointain futur, et des hommes (néo-)préhistoriques (des sortes de « rétro humains ») qui côtoient des transhumains. Laisser sombrer pareil chef-d’œuvre dans l’oubli est tout simplement inacceptable, comme vous en convaincra aisément ma critique.

memoirePoursuivons avec le non-moins fabuleux (bien que dans un genre très différent) Mémoire de Mike McQuay : publié dans la prestigieuse collection Ailleurs et demain, ce roman n’a plus été réédité depuis sa sortie en poche en… 1994. Pour un livre aussi brillant (dans sa construction, son écriture, la profondeur de ses thématiques et de leur exploitation, la psychologie extrêmement fouillée de ses personnages) et à la morale aussi splendide (une sorte de Replay de Ken Grimwood, mais en beaucoup plus noir, sauf dans ses dernières phrases, tout simplement solaires et époustouflantes), c’est tout bonnement criminel. Se baladant entre un futur post-apocalyptique, le présent et l’époque Napoléonienne, ce roman est une expérience de lecture extrêmement marquante, dont j’ose espérer qu’elle sera remise à la disposition du plus grand nombre par un éditeur ayant à cœur de ne proposer au lectorat que le meilleur de ce que les littératures de l’imaginaire ont à offrir. Sa critique détaillée est lisible ici.

oppenheimer_alternativeTerminons par The Oppenheimer alternative de Robert J. Sawyer, qui, quand j’en ai parlé à un directeur de collection connu, m’a valu un « Sawyer, j’ai lu il y a quinze ans, j’ai pas aimé, donc j’en veux pas »  d’autant plus paradoxal que ledit roman a été encensé, outre par votre serviteur (et néanmoins dieu), par le puissant Gromovar et le vil Feydrautha (ou l’inverse, je ne sais plus). Si on ajoute à cela le fait qu’un film consacré à Robert Oppenheimer pointe le bout de son nez, on se dit qu’il y a là une sacré opportunité manquée, non ? Car on peut tout à fait qualifier cette œuvre, centrée sur le physicien qui a coordonné le Projet Manhattan, que nous allons suivre de 1936 à sa mort, en 1967, de phénoménale sans aucune exagération. Une grande partie du livre (et particulièrement ses trente premiers %) a donc une véritable dimension biographique / de roman Historique. Mais le livre de Sawyer est bien plus que cela : il prend, à partir de ces fameux 30%, une dimension uchronique (il y a alternative dans le titre, après tout…), et sa dimension SF ne fait que grandir au fur et à mesure que l’on avance. On peut même dire que mettant en vedette des protagonistes qui sont tous des personnages bien réels, et qui sont à l’écrasante majorité des scientifiques de grand renom (Oppenheimer, Szilard, Teller, Einstein, Feynman, Von Neumann, Gödel, etc), The Oppenheimer alternative est un peu le roman ultime d’une certaine conception ou branche de la Hard SF. On sort de sa lecture sidéré par la qualité, l’audace et la façon dont genres et sous-genres ont été habilement mélangés pour donner un roman qui a dû demander une quantité phénoménale de travail préparatoire. Si vous vous intéressez à l’histoire de la création puis du contrôle des armes atomiques, à celle des grands physiciens du XXe siècle, à certains des grands thèmes sociaux des années trente à soixante, et que vous souhaitez voir un mélange de roman Historique, de SF et d’uchronie de très haute volée, ne faites pas, si vous lisez la langue de Shakespeare, comme l’édition française, ne passez pas à côté de The Oppenheimer alternative, c’est un authentique chef-d’œuvre ! Pour en savoir plus sur ce roman, c’est par ici !

Bonus : Disco… pardon, Stable Diffusion of da Apophism !

Dans l’Apophis Box d’août 2022, je vous faisais découvrir l’art généré par IA, en vous présentant ce que j’avais créé via Disco Diffusion. Dans l’intervalle de quelques semaines à peine écoulé depuis, les choses ont beaucoup évolué : d’une part un bien plus grand nombre d’entre vous s’est essayé au domaine, et d’autre part je suis passé de Disco à Stable Diffusion, dont l’avantage principal est sa rapidité foudroyante : alors que sous DD, générer une image prenait entre quelques dizaines de minutes et plusieurs heures, selon la résolution et le niveau de détails / nombre d’étapes de traitement souhaité, sous SD le temps de traitement se mesure, au pire, en minutes (même s’il faut prendre en compte le fait que de base, SD travaille en plus basse résolution que DD). Les images que je vous présente ci-dessous ont, en moyenne, été créées en 1’30 à 1’45, et ce sur de simples GPU T4 ou P-100 ; avec des processeurs graphiques plus haut de gamme, type V-100 ou la licorne A-100, le temps de traitement peut se mesurer en secondes.

Si vous combinez cette donnée avec le fait que SD est bien plus doué avec les personnages que DD (qui, de mon point de vue, était meilleur pour les paysages, cependant), cela vous conduit rapidement à générer les images par lots de plusieurs dizaines, puis à faire le tri entre ce qui est irrécupérable / ne correspond pas du tout à vos besoins, entre ce qui peut être corrigé via une ou plusieurs étapes de post-traitement ou par un deuxième tour dans l’IA (voir plus loin) et ce qui est directement exploitable ou montrable. Et me voilà donc parti à créer des centaines, littéralement, d’images par jour, avec une thématique « personnages de Fantasy » plus que « paysages / véhicules de SF / Steampunk » comme la dernière fois. Bien sûr, il y a beaucoup de déchets : pour chaque image présentée ici, il y en a 7 à 9, dirons-nous, qui sont parties à la corbeille, même si je fais sans arrêt progresser ce ratio via des prompts (requêtes à l’IA) plus perfectionnées et l’utilisation accrue du post-traitement.

En voici d’ailleurs un exemple amusant : admettons que je sois satisfait de certains aspects de l’image (posture, costume, etc.) mais pas par d’autres ; je peux me servir de l’image initiale comme un initiateur, dire à l’iA à quel point s’en inspirer, lui donner un nombre d’étapes de traitement supplémentaire, et garder, dans le lot généré, la ou les image(s) qui me conviennent le plus. Et changer le style (l’artiste d’inspiration) au passage, tout en restant dans une même thématique « Prêtresse de la déesse de la foudre ». Le but étant de corriger le bras levé (anatomiquement impossible), avec le bonus inattendu d’un visage (de mon point de vue) amélioré et d’un éclair qui n’existait pas dans l’image initiale. Voici la première étape de post-traitement (on peut en faire d’autres pour encore améliorer les yeux / le visage -il y a des Colabs pour ça- et avoir de meilleures proportions au niveau du bras, mais au moins au niveau des os, la nouvelle image -à droite- est déjà plus anatomiquement réaliste) :

Je vous présente aussi quelques autres « prêtresses de la foudre », un de mes thèmes préférés, qui m’a donné un haut niveau de résultats enthousiasmants, avec une mention spéciale pour le quatrième (le plus gros), que j’ai nommé « Mon ach’tuche est plus longue que la tienne, Yop Solo ! », un nom que, j’en suis persuadé, les connaisseurs apprécieront à sa juste valeur :

Poursuivons avec divers autres types de prêtresses, des déités des moissons, de la mer, de la Nature ou du soleil :

Et terminons par un mélange à base de (reine-)sorcière, comtesse vampire, patrouilleuse des terres sauvages, grande prêtresse et autres guerrières :

***

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39 réflexions sur “Apophis Box – Octobre 2022

  1. Tiens Zindell. Je n’avais pas du tout accroché à son cycle de Fantasy. Surement mieux à te lire pour ce cycle de SF mais bon, tu me connais à force 🙂 Tant que l’intégralité n’est pas traduite, je patiente donc.
    L’épée brisée, mon fils l’a achetée. Et empressé de lui piquer à l’époque,une lecture inoubliable !
    Pour la paille de Dieu, pareil, j’attends avec impatience 🙂 A deux on est plus fort pour Le Bélial 🙂

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    • Pas encore. Je suis en train de passer d’une phase (persos de) « Fantasy » à une phase (persos de) « Cyberpunk / SF », donc je ne devrais pas tarder à me frotter à la chose, en effet. Sachant qu’à mon avis, ça pardonnera bien plus les erreurs les plus fréquentes (doigts surnuméraires, yeux incorrects, plusieurs têtes, bras à la place des mains, proportions anormales, etc.) qu’avec les humains. Mais j’ai hâte de voir comment SD gère ça, en effet.

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  2. Pour le côté Madeleine de Proust d’Ulysse 31, c’est le souvenir que j’en garde et son générique. Je n’ai jamais osé revisionner cette série, de peur de trouver que ça a mal vieillit.
    Terra Nova, c’est très vite perdu dans les défauts récurrents de beaucoup série US : noyer l’intrigue principale dans des trucs peux intéressant ou rater. J’ai même réussi à terminer la saison.
    La Paille dans l’Œil de Dieu est dans ma To_Buy list depuis un moment.

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  3. Ah, le premier film de la Planète des Singes, quel choc quand j’ai découvert la scène finale ! ça marque à jamais, ce genre de chose.
    Très joli ce que tu arrives à obtenir avec Stable Diffusion, je me suis un peu amusé sur quelques sites mais mes personnages sont souvent moyens alors que les paysages sont plus réussis. Il faut que je levelup mes prompts^^

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  4. J’ai relu il y à peine 3 semaines La paille dans l’œil de Dieu alors que je n’en avais plus aucun souvenir si ce n’est que je l’avais adoré. Disons que si le roman à d’indéniables qualités (sens of wonder, aliens-pas-si-sympas-qu’ils-en-ont-l’air) je l’ai trouvé quelque peu daté au niveau technologique, sans doute car écrit au début des années 70.
    Alors que nous sommes en l’an 3 000, la technologie des vaisseaux se limite à la possibilité de « sauter » au cœur d’une étoile pour profiter d’un effet trou de ver et d’un bouclier énergétique protégeant de la chaleur du soleil.
    Pour le reste les deux vaisseaux de guerre sont armés de vulgaires torpilles et le personnel bénéficie de simples ordinateurs de poche en guise de terminal.
    Quant à la contraception il s’agit toujours de pilules contraceptives… L’unique personnage humain féminin du roman précisant d’ailleurs à un alien que les couples mariés se servent de cette contraception mais que les femmes biens et qui ne sont pas en couple s’abstiennent.
    Enfin, on apprend vers la fin du livre que l’expédition aura passé près d’un an sur place sans avoir d’autres marqueurs temporels précédents.
    Donc malgré de très bons points je suis un peu mitigé après sa relecture, c’est peut-être ce qui arrive après 15 ans de lecture SF soutenue. On devient simplement un peu plus critique.

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    • Je ne suis pas certain que nos romans les plus pointus actuellement ne paraitront pas ridiculement datés sur le plan technologique aux lecteurs de l’an 2072, surtout quand je vois la vitesse ahurissante de l’évolution de la technologie dans les quasi-48 ans de mon existence ou, puisque je mentionnais l’art créé par iA, en à peine quelques mois. Alors un demi-siècle de plus…

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  5. Effet madeleine de Proust réussi avec Ulysse 31 (dont j’ai maintenant la chanson en tête) sur laquelle j’ai écouté un très sympathique podcast de Blockbuster cet été, et avec La Planète des singes (version 68 pour ma part, j’aime kitch de ces vieux films ><)
    Merci pour les pépites que tu as été chercher. Je vais regarder de plus près.
    Et je me rappelais bien de ta chronique sur The Oppenheimer alternative qui est depuis sur ma wishlist, mais j'aimerais bien le lire en vf bon sang. Editeurs réveillez vous !

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    • Eh bien figure-toi que c’est l’écoute de ce même podcast qui a déclenché mon envie de revoir la série, comme quoi, le monde est petit 😉
      Concernant The Oppenheimer alternative, j’ai du mal à comprendre pourquoi, même en mettant de côté sa grande qualité, aucun éditeur ne se dit que le film à venir (réalisé par Christopher Nolan, en plus !) risque de créer de la curiosité envers ce personnage historique, et que donc, sortir un roman qui le met en vedette pourrait être une bonne idée. Je pense qu’ils ont peur qu’un livre mi-Historique mi-SFFF centré sur des scientifiques ne séduise qu’un public de niche, mais en même temps, en n’osant jamais rien, on se retrouve avec la situation actuelle, à savoir sabrer le champagne quand un bouquin se vend à 1000 misérables exemplaires…

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  6. J’espère qu’un éditeur vas traduire The Oppenheimer alternative car celui là je l’attend avec impatience. Concernant le Zindell (que je possède en J’ai lu), j’ai hésité car la suite n’as jamais été traduite mais si tu dis qu’il se suffit à lui même…
    Par contre, pourrais tu demander à Gilles Dumay s’il compte traduire la suite de Simiosis de Sue Burke, Interference. Je viens de lire Simiosis et pour moi il fait partis de mes meilleurs lecture de l’année.

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    • Cela fait longtemps qu’il s’est exprimé sur le sujet (sur le forum du Bélial’) : il ne traduira pas la suite. Et honnêtement, on ne peut pas lui donner tort, vu qu’elle est épouvantablement mauvaise (lue en VO à sa sortie). De mémoire, l’autrice multiplie les clichés, contredit les bases mêmes du code moral de son univers, c’est brouillon, bref, à part la fin, qui est nettement plus intéressante, il n’y a rien ou presque à sauver là-dedans. En même temps, si je me souviens bien Semiosis a été écrit / peaufiné sur une longue période, alors que la suite a été écrite bien plus vite, ceci expliquant sans doute cela.

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  7. Vraiment intéressant les illustrations par IA. Celles que j’ai vu précédemment avait toujours un côté manga pour les portraits. Quel mots clés utilisez-vous pour avoir une vision si réaliste ?

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  8. Quelles splendeurs avec l’Intelligence Artificielle ! Franchement, avec des outils graphiques d’une telle inventivité et d’une telle précision, il y a moyen de ressusciter des courants d’art ayant totalement disparu de l’espace public pour mon plus grand malheur, comme l’Art Nouveau ou l’Art Déco.
    Sinon, j’étais en train d’écouter une table ronde des dernières Intergalactiques, qui est un festival de SF très militant et très inclusif, et une intervenante déplorait le fait que les romans de hard-SF ne s’intéressent que peu aux questions sociales telles que le féminisme, l’anarchisme, les luttes LGBT… Tu aurais des contre-exemples ? Dans l’immédiat, je pense à « The Calculating Stars » de Mary Robinette Kowal, ou peut-être un peu « The Oppenheimer Alternative », que tu as d’ailleurs mentionné dans cet article.

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    • Oui, The Calculating stars (Vers les étoiles, en VF) est clairement le meilleur exemple. Après, cela fait des décennies qu’un des axes de structuration de la SF est de la diviser entre SF technique / scientifique-à-sciences-« dures » et SF politique / mettant en avant les sciences « sociales » ; dans cette optique, dire que la Hard SF ne s’intéresse que peu aux questions sociales revient à déclarer que le bleu n’est pas assez rouge, de mon point de vue. D’ailleurs, même Kowal n’a pas vraiment réussi à équilibrer les différents aspects de son roman : l’aspect social l’emporte nettement sur l’aspect Hard SF, même si ce dernier est loin d’être ridicule ou mineur. Mais bon, il y a peut-être effectivement un genre hybride à creuser, une Hard SF moins orientée grandes questions philosophiques « éthérées » et plus en prise avec les combats concrets d’aujourd’hui.

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      • En fait, ce n’est pas qu’une question taxinomique : parce que ce sous-genre s’intéresse peu à l’humain, cette intervenante avait l’impression que la hard-SF était un peu un boy’s club où parlaient seulement les gens privilégiés de la société, ne s’intéressant pas à l’engagement ou à l’inclusivité étant donné qu’ils n’ont jamais été confrontés à des discriminations importantes. Donc effectivement, je pense que ce serait une très bonne chose qu’on vienne rééquilibrer la balance avec une hard-SF qui ne se consacre pas exclusivement à ce qui est « hard », de manière à ce que chacun y trouve son compte (maintenant que j’y pense, il faut aussi souligner une thématique écologiste très présente dans les romans de Kim Stanley Robinson).

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  9. Excellente box ! une véritable friandise à déguster, pleine de découvertes 🙂 Bravo et merci. La rubrique « À TRADUIRE / RÉÉDITER » est particulièrement intéressante pour les lecteurs plutôt novices comme moi, ça permet de découvrir autre chose que des ouvrages d’actualité et c’est justement ce qui m’attire dans ton approche. A ce sujet, et toujours à propos de Poul ANDERSON, il me semble que Corridors of time et There will be time n’ont jamais été traduits, non ? Je crois me souvenir avoir lu Jean-Daniel BREQUE en parler sur le forum du Bélial ainsi que dans l’avant-propos du cycle de La patrouille du temps, mais je ne crois pas qu’ils aient été traduits, sinon c’est que je suis passé à côté. Le rêve serait The boat of a million years, évidemment, mais il paraît que c’est « un gros bouquin » 😀

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    • Euh… Je ne sais pas qui a déclaré ça, mais d’après wikipédia, il fait 470 pages en VO : si on arrive à traduire des tomes du Livre des Martyrs ou de Honor Harrington qui font dans les 1200 pages en VF, ça ne devrait pas être si compliqué que ça. Surtout que nos amis du Portugal, d’Italie et d’Espagne y sont très bien arrivés, eux 😀
      Sinon, je te confirme qu’à ma connaissance (et d’après isfdb), ni Corridors of Time ni There will be time n’ont été traduits en français.

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  10. Personnellement j’aimerai beaucoup le troisième tome de « plasma ». Un cyberpunk de grande qualité d’un autre auteur oublié, a savoir Walter Jon Williams. Mais bon ça fait tellement longtemps, faut pas rêvé …

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