Apophis Box – Février 2022

apophis_box_1L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Celle-ci est dévoilée au mitan du mois. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag.

Dans une AUTRE DIMENSION : Au-delà et SFFF

Cela va peut-être vous surprendre, mais l’idée que l’Au-delà / le Paradis / l’Enfer est une autre « dimension » (terme incorrect scientifiquement parlant mais consacré en imaginaire : il faudrait plutôt parler d’un espace-temps alternatif ou d’un univers parallèle) est en fait ancrée depuis longtemps en SFFF, particulièrement en Science-Fiction… mais pas seulement, et ce sur tous les supports possibles. Par exemple, dans le film Event Horizon, un vaisseau supraluminique expérimental, capable, en théorie, d’ouvrir un passage dans l’espace-temps pour franchir d’un bond les gouffres interstellaires, perce en réalité un chemin hors de notre univers, vers une « dimension » qui a tout de l’Enfer, devenant « vivant » et acquérant une conscience maléfique au passage. Dans le jeu de rôle Stella Inquisitorus, le Paradis, l’Enfer et le Valhalla peuvent servir d’Hyperespace, un bref séjour en leur sein permettant, là aussi, de franchir les abîmes séparant les étoiles. Notez qu’à l’inverse, il est possible de jouer avec ce genre d’idée, comme le fait fort bien le très méconnu Babylon 5 : The lost tales, dont la première partie, Voices in the dark : over here, donne une très intéressante interprétation de l’Enfer comme un « endroit » situé « en bas ».

Sur le plan littéraire, trois romans sont particulièrement à retenir en matière d’Au-delà considéré comme un autre domaine spatio-temporel : je me bornerai à citer le stupéfiant Jérusalem d’Alan Moore, qui comprend un « En-Haut » aux propriétés temporelles singulières en relation avec le monde réel (on remarquera d’ailleurs, y compris en Fantasy -citons l’épouvantable Sandremonde ou l’excellent The rage of dragons-, que l’Au-delà y permet souvent de contourner les contraintes temporelles du monde des vivants, que ce soit pour voyager dans le temps ou y faire, en très peu de temps, ce qui prendrait des mois, voire plus, dans l’espace-temps banal). En effet, pareille œuvre mériterait une longue critique détaillée à part entière, pas un simple paragraphe.

Parlons, donc, plutôt, de Summerland d’Hannu Rajaniemi, un nom déjà familier des connaisseurs de SF (citons Le voleur quantique chez Bragelonne, ainsi que les nouvelles La voix de son maître dans le quatrième numéro de la revue Angle mort ou encore Tyché et les fourmis et bien entendu Le serveur et la dragonne -traduit par votre serviteur- dans le magazine Bifrost). La traduction de ce roman paraîtra en 2022 (sous un titre français encore inconnu au moment où je rédige ces lignes), mais les plus curieux parmi vous peuvent d’ores et déjà lire ma critique de la VO. Roman uchronique et rétrofuturiste, il part du principe que l’exploration et la colonisation de l’Au-delà, qui se situe dans une autre « dimension », par l’Angleterre dans les années 1890 a tout changé. Sous des dehors de « simple » histoire d’espionnage (certes dans un 1938 très différent), ce roman magistral recycle en fait de façon tout à fait brillante une thématique centrale de la SF, en lui faisant subir juste un petit twist spatio-temporel qui, en réalité, change, là aussi, beaucoup de choses. Pour celles et ceux qui se poseraient la question, Summerland n’est en rien aussi complexe ou exigeant que certains des textes cités plus haut, et même si vous ne les avez pas aimés, je vous recommande vraiment de vous intéresser à la VF de ce livre quand elle sortira.

Et bien sûr, comment parler d’Au-delà en tant qu’AUTRE DIMENSION (comme dirait le Chevalier d’or des gémeaux) sans évoquer le non moins magistral L’aube de la nuit de Peter F. Hamilton ? Roman unique (même si les anglo-saxons parlent, eux, de trilogie, cela n’en est pas plus une que Le seigneur des anneaux) découpé en 6 (édition grand format) voire 7 tomes (édition poche) dans la VF, ce monument de la SFF mélange les genres quand, dans un univers futuriste, une brèche dimensionnelle accidentelle ouvre une porte vers l’Au-delà, dont les âmes des morts jaillissent et possèdent les corps des vivants. Et quand un de ces morts s’appelle… Al Capone et qu’il a soudain accès à des armes nucléaires et des astronefs interstellaires, on se doute bien que les choses vont devenir très intéressantes ! Je vous conseillerais donc bien de vous ruer dessus, mais nos éditeurs hexagonaux étant ce qu’ils sont, vous risquez, actuellement, d’avoir du mal à en trouver la totalité des tomes en version physique (à un prix raisonnable). Espérons une réédition aussi indispensable que rapide !

Graine d’Irréalité : Seconde Guerre mondiale et monde secondaire de Fantasy

Si la Seconde Guerre mondiale a été largement exploitée en Uchronie (ou en SF où un voyage dans le temps -volontaire ou pas- génère ou pourrait générer une uchronie : cf par exemple les films Nimitz – Retour vers l’enfer ou Philadelphia Experiment 2), elle reste un domaine assez marginal en Fantasy, ou plutôt en Uchronie de Fantasy. Il y a quelques livres se déroulant sur Terre et relevant du genre, comme Rosée de feu de Xavier Mauméjean (où le Japon emploie ses pilotes de dragons de combat dans des attaques suicide) ou bien Le commando des immortels (où devant l’avancée irrésistible des japonais en Asie du sud-est, les USA montent un commando de spécialistes du combat en forêt, à savoir quelques-uns des derniers elfes vivant dans une réserve aux États-Unis, chapeautés par l’érudit qui les connaît le mieux, un certain… Tolkien !) de Christophe Lambert (rien à voir avec l’act… enfin avec la célébrité, quoi), mais par contre, les livres de pure Fantasy à monde secondaire s’inspirant de ce conflit restent (à ma connaissance) rarissimes. On peut citer War cry de Brian McClellan, qui recycle une technologie et une situation géopolitique semblables, mais sous la forme d’une « simple » novella et sans pousser l’analogie à fond non plus.

Et pourtant, il y a beaucoup de matière dont on peut s’inspirer pour rédiger soit un roman isolé, soit (et ce serait à mon avis préférable) un cycle imaginant une pseudo-Seconde Guerre mondiale dans un univers imaginaire, un potentiel à mon sens énorme et complètement inexploité. Même sans parler des films de guerre classiques des années 50-70, les productions plus récentes offrent des pistes de scénarios plus que prometteuses : Il faut sauver le soldat Ryan, Band of Brothers, The Pacific (ou la future mini-série qui leur est liée, nommée Masters of the air, consacrée, cette fois, aux aviateurs de la Eight Air Force et pas aux Paras ou aux Marines), voire même Les têtes brulées (si, si !), il y a de quoi faire. Un roman isolé pourrait s’inspirer du premier, voire d’un mélange Ryan / BoB (avec des Poudremages dotés de mitrailleuses, j’en salive d’avance !), tandis qu’un cycle pourrait mélanger The Pacific et BoB, le film et ces deux séries, voire les trois séries, ou même, soyons fous, TOUT ce que j’ai cité. Songez un peu à la puissance, au potentiel d’un univers qui mêlerait elfes, Spitfire, sorcellerie, Sturmovik, orcs, MG-42, armes-démons, bombardiers B-17 (les « Forteresses volantes »), boules de feu magiques, cuirassés et nécromanciens !

Je vais donner un exemple dont la chose pourrait, selon moi, être envisagée (c’est fait sur un coin de table, hein, avec un peu de vrai travail, il y a moyen de créer quelque chose d’encore plus attrayant) : les Elfes du Nord, dirigés par Hithlaire, la Sorcière des Neiges, lassés d’être confinés dans leurs solitudes polaires par les anciens Traités, décident de s’en affranchir et d’envahir le continent Erebien, à la recherche d’un, hum, « espace vital ». Leurs alliés, les Duergars, les Nains sombres, forgent pour eux des armes terribles et merveilleuses, mêlant magie et mécanique : les chariots des dieux (tanks lançant la « foudre de Thorodin »), les Lances d’Hell-a (armes individuelles tirant un rayon d’énergie nécromantique), les Faucons de Freyja (avions à hélices ayant une rapidité surnaturelle, comparable à celle de nos chasseurs à réaction), et bien d’autres encore. Leur force d’invasion de Trolls et d’Ogres, irrésistible, balaye le continent, seuls les Orcs des montagnes et des steppes d’Ursa, les humains de Galia et les Tuathdannan (des êtres féériques) de l’île d’Avalon leur résistant encore. Mais ils pourraient être pris en tenaille si les elfes du Nord finalisent leur alliance avec les puissances du Sud, que ce soit la Horde de Lycanthropes de l’Empire Lupa, à la capitale aux Sept Collines, la Théocratie des rois-momies d’Aegyptos ou l’Émirat Goule d’Al-Ghulistan. De l’autre côté du monde, les colonies occidentales et les nations indigènes sont en grand péril quand le Draconat du Yamato lance une violente invasion contre le Continent de Jade.

Heureusement, par-delà l’océan Amphitrite, les peuples libres de Vespuccie organisent une riposte et mobilisent leur puissante industrie pour venir au secours du Vieux Monde. Ils ont aussi leurs comptes à régler avec le Draconat, qui a attaqué par surprise la base navale de Port des Perles Noires, détruisant leurs cuirassés. Une unité d’un nouveau genre, la 101e Division de Fusiliers Arcaniques, combinant la puissance de la poudre et de la sorcellerie, est en cours de formation. L’histoire suivra la compagnie E du 2e bataillon du 506e régiment appartenant à la Division, de sa formation et son entrainement à son débarquement sur le continent Erebien. Et le temps presse, car des rumeurs de camps d’extermination se font de plus en plus insistantes. Pourtant, la vérité est plus terrible encore : il ne s’agit pas seulement pour les Elfes du Nord de débarrasser Gaïa de tous les non-elfes, mais de mettre au point, par ces sacrifices humains, une arme plus abominable encore que toutes celles dont ils disposent pourtant déjà : la Bombe N(écromantique) !

Réflexion : la fausse prophétie en Fantasy

(j’ai vu qu’il y a avait, ces derniers jours, un débat sur le sujet sur le Twitter littéraire : je précise que cette partie de mon article n’y est pas liée, vu que j’en ai eu l’idée il y a quelque temps déjà)

La SF nous montre la voie pour faire quelque chose d’un des pires clichés de la Fantasy : la prophétie et ses élus. En effet, deux de ses plus célèbres univers en ont détourné le concept pour le rendre à nouveau intéressant : dans Matrix reloaded, l’élu découvre que la prophétie n’est qu’un mensonge, un système de contrôle de plus mis en place par les créateurs de la Matrice, tandis que dans l’univers de Dune, une branche du Bene Gesserit, la Missionaria Protectiva, crée de toutes pièces des légendes sur des êtres d’exception (des élus) afin que ses membres puissent acquérir facilement un grand pouvoir religieux et politique en les exploitant, en émettant en direction de tous les signes attendus. On peut, dès lors, s’inspirer de ces exemples pour bâtir des scénarios de Fantasy qui surprendront le lecteur en tordant dans tous les sens des codes qu’il croit maîtriser.

En voici un (là aussi, c’est évidemment perfectible, je n’ai pas passé un mois à peaufiner la chose non plus  😀 ) : admettons qu’un Grand Méchant (GM, ou Géhemme pour les intimes) soit vaincu à cause d’un phénomène à la base imprévisible, comme une alliance inattendue entre deux peuples pourtant ennemis, comme une attaque sur une de ses places fortes qui a eu des résultats disproportionnés (dans le genre un raid de cinquante hommes qui, sur un tir heureux, fait sauter la réserve d’explosifs arcaniques du lieu, réduisant d’un coup en cendres une Légion de dix mille hommes), et ainsi de suite. Logiquement, il aurait dû écraser les Peuples Libres de l’Ouest et régner pour les siècles des siècles, amen. Logiquement. Mais comme Géhemme est prévoyant, il avait en réserve un plan B : des bases secrètes, des caches d’armes, l’insertion d’agents dormants dans les royaumes ennemis, et j’en passe. Dans un premier temps, il simule le fait d’être vaincu, que ce soit tué, emprisonné, mis en catalepsie ou en stase temporelle, exilé dans une autre dimension, etc. Et je dis bien il simule le fait d’être vaincu. Il peut s’agir d’un double, d’une illusion, il peut être effectivement emprisonné mais son esprit peut influencer les autres à distance (pensez à Cthulhu), et j’en passe. L’important est que, comme un type en cabane aux Baumettes mais qui dispose d’un portable, il peut gérer ses affaires à distance.

La deuxième phase du plan est que peu après sa prétendue défaite / mort / exil / etc., des oracles annoncent qu’il ne reviendra que dans x siècles / millénaires (on supposera qu’il a un moyen de prolonger sa vie, que c’est un mort-vivant, un demi-dieu, qu’il est exilé dans une dimension magique où le cours du temps est plus lent que sur la planète où se déroule l’action, et ainsi de suite), et qu’il sera alors vaincu par un / des élu(e-s), qu’on reconnaitra aux signes A, B et C. Sauf que tout ça est une énorme arnaque : les oracles, auxquels tous font une confiance aveugle (c’est un point capital) ont été ensorcelés, sont des agents dormants en place depuis des décennies, sont des métamorphes qui ont assassiné les originaux et ont pris leur place, enfin vous voyez le genre. Et DONC, toute la prophétie est bidon et a été montée de toute pièce par Géhemme.

Après ça, vous avez plusieurs moyens de procéder : soit Géhemme revient en force au bout de 600 ans au lieu de 3000, avec des armées / armes irrésistibles, et vous vous concentrez ensuite sur l’occupation des terres des Peuples Libres et la résistance ; soit (et c’est à mon avis encore plus intéressant) au bout des 3000 ans prévus, les signes prédits apparaissent « réellement » (et pour cause, ce sont les sbires de Géhemme qui organisent la chose), le ou les élus sont trouvés, ils montent un raid sur l’endroit où Géhemme rebâtit soi-disant sa puissance, et là, ce n’est pas Géhemme, pas son bras droit, pas même ses lieutenants, ni même un capitaine de valeur, mais un affidé de cinquième zone qui met une raclée monumentale à / aux élu(s) « invincibles », tandis que les alliances des Peuples Libres s’effondrent, que des agents dormants prennent le pouvoir, que des armées entières jaillissent d’antres secrets, dotées d’armes et de sorcelleries invincibles, enfin bon, vous connaissez la musique. Et pour cause, l’élu ou sa compagnie ne sont que des personnes choisies au hasard, sans destin ou capacité hors-norme. Après ça, là encore, vous pouvez étudier ce qui se déroule ensuite, résistance, victoire éventuelle par d’autres moyens, etc. Vous pouvez même cacher un vrai élu dans la fausse prophétie, Géhemme ayant été, pendant tous ces siècles, si occupé avec son plan machiavélique qu’il a « un peu » négligé le fait que dans le Nord lointain, un vieux mystérieux a, il y a 457 ans, bavassé sur le fait que Polaris, l’étoile du Septentrion, une demi-elfe des neiges, trouverait la Lance Sacrée de la déesse Freyjasif et terrasserait définitivement Géhemme, ce vil saligaud. On peut même, en poussant le vice à son maximum, imaginer que la charmante Polaris ait (c’est pas de bol…) été choisie au hasard pour faire partie des faux élus par les propres agents de Géhemme !

***

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35 réflexions sur “Apophis Box – Février 2022

  1. Gros coup de cœur sur ton interprétation de la fausse prophétie. Mais on pourrait être encore plus tordu (et ça a déjà été fait) avec plusieurs artifices : le Géhemme n’est pas vraiment un Géhemme, juste un mec mal équipé qui a essayé de réparer un vase cassé ( un certain livre de Sanderson), Géhemme est vaincu et là c’est le dawa. Ou alors une vraie prophétie qui annonce le retour de l’élu et puis pouf, l’accident bête, l’élu auréolé de gloire attendue se casse le cou et tombant de cheval /en explosant avec son vaisseau spatial flambant neuf en leasing (rayez la mention inutile). Charge ensuite à une bande de guignols de combattre l’empire invincible du mal.

    Bref, c’est un sujet rigolo qui peut se prendre dans tous les sens.

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    • C’est clair qu’il y a du potentiel. Ce qui rend d’autant plus incompréhensible le fait qu’on nous resserve en boucle la même recette depuis des décennies, que ce soit en Young adult ou en High Fantasy adulte. C’est d’ailleurs ce que je m’échine à dire (et à démontrer dans des articles comme celui-ci) depuis des années, maintenant : la Fantasy a opéré dans des cadres d’inspiration spatiale et temporelle et dans des schémas scénaristiques étriqués depuis sa création, alors qu’il y a bien plus, bien mieux ou tout simplement différent à faire.

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  2. T’as de l’imagination en tout cas et ça donnerait presque envie ton pitch ! 😉
    Je vois que tu parles de rage of the dragons et en relisant ton article, tu parles d’une traduction certaine. Plus de news de cette dernière ?..:(

    ( Sinon, continue ton travail qui est véritablement énorme. Mais j’enfonce une porte ouverte en disant cela…;)

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  3. J’adore ton scénario de vraie fausse prophétie (et celui sur la Deuxième guerre mondiale n’est pas mal non plus). J’ai d’ailleurs dans l’idée un roman de high fantasy avec des élus disons ambigus, même si pour son cas à lui on se rapproche davantage de Dune que de ce que tu développes…

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    • Dans le cycle de John Gwynne qui va être traduit cette année par Leha, il y a une subtilité au niveau des élus : il y a deux types qui croient être le champion du Bien alors que le lecteur a de très gros doutes sur la question 😉

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    • Il y a un projet dont je n’ai pas parlé et sur lequel je travaille. Disons que c’est de la Fantasy de l’espace où Honor Harrington (ici nommée Azra Kane) serait une nécromancienne, où l’Hyperespace serait l’Au-delà (du moins pour un des belligérants, les autres utilisent des énergies mystiques différentes), où les drones de combat seraient pilotés par des I-âmes, où on se servirait des âmes des adversaires tués pour alimenter ses armes et des exosquelettes de combat, et j’en passe. On va dire que ça puise sa substance dans une dizaine de sources, Riddick et Summerland y compris. J’ai écrit environ deux chapitres, pour le moment.

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        • C’est très gentil, mais c’est plus une plate-forme de test pour voir si je suis capable d’écrire un roman et dans quel genre / sous-genre je suis le plus à l’aise qu’autre chose, pour le moment du moins. Je suis très loin d’y consacrer le moindre moment disponible, le blog restant ma première priorité. Sans compter des soucis de santé qui ne s’arrangent pas, c’est le moins qu’on puisse dire.

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      • Des necromanciens dans l’espace ? Ça a un petit côté Gideon the ninth 😉.
        Du point de vue de la prophétie qui aboutit à un résultat plus ambigu qu’il n’y paraît, il y a aussi les deux volumes de J. Carey, The Sundering. Bizarre d’ailleurs que ce diptyque n’ait jamais été traduit, alors que la série des Kushiel de cet auteur l’a été… Le pitch : un décalque assumé du Seigneur des anneaux vu par les yeux du Witch King of Angmar… et on a envie que le Sauron local l’emporte sur les « bons », qui sont vraiment trop propres sur eux ! Mais perd il vraiment ?

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        • Non, strictement rien à voir avec Gideon. Avec Honor Harrington, les Necromongers de Riddick, Stella Inquisitorus, certains pans de l’histoire de Thor dans les films Avengers, Elric le nécromancien, Summerland de Rajaniemi, et des tas d’autres sources d’inspiration, oui, avec le machin de Tamsyn Muir, certainement pas. Mais bon, je me doutais que quelqu’un allait se pointer, la gueule enfarinée, avec cette comparaison, et ça n’a pas raté.

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          • Oula, désolé Apophis, ma « comparaison » était censée faire sourire, ce n’était pas sérieux (je pensais, visiblement à tort, que le smiley était suffisamment clair). Et vlan, je me fais enfariner la première fois que j’ose poster un commentaire 😞. Bon, étant un inconditionnel d’HH et de pas mal des sources que tu cites, j’espère que nous aurons la chance de lire le résultat de tes travaux. Et je retournerai 7 fois mon clavier avant d’essayer de faire de l’humour la prochaine fois (pas la peine, de toute évidence, de te demander ton avis sur la série de Muir…)

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  4. Allez, après quelques années de visite sur ce blog, premier commentaire posté !
    J’avoue que j’en ai tellement marre du cliché de la prophétie que maintenant je suis capable de reposer le bouquin sur le rayon seulement si je lis ce mot dans le résumé, mais cette idée de fausse prophétie serait intéressante, si bien exploitée.
    Si un auteur s’amuse à reprendre ton idée de seconde guerre mondiale magique ou futuriste, je plains le joyeux foutoir qu’il va devoir gérer ! Cela dit, puisque tu as l’idée, pourquoi ne pas la concrétiser ?
    J’ai pu constater que les lecteurs, particulièrement de fantasy n’aimaient pas vraiment la nouveauté. Même aujourd’hui, les récits les plus populaires restent ceux avec des dragons se passant au moyen-âge européen. Ça peut décourager les auteurs d’innover.
    Sinon rien à voir mais quand sort le prochain guide de lecture SFFF ? On doit sûrement t’embêter souvent avec ça, mais ce sont mes articles préférés ici. Tu m’as même donné envie de commencer la hard SF, alors que ce genre avait a priori tout pour me rebuter !

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    • Je suis comme toi, il y a certains mots-clés dans les résumés de bouquins de SF / Fantasy qui sont pour moi des repoussoirs absolus, et prophétie / élus en font partie.

      Eh bien le souci est que j’ai largement plus d’idées d’univers / scénarios que de temps pour les concrétiser 😉

      Oui, c’est un constat qui me paraît en effet juste, les gens en ont (soi-disant) marre des clichés en Fantasy mais en même temps, dès qu’on propose du nouveau, il y a des réticences. Cf le cas emblématique de la Fantasy à poudre.

      Théoriquement, il sortira vers le mois d’avril. J’ai beaucoup lu pour Bifrost ces derniers mois, mais sur les 2 prochains numéros, ça devrait se calmer nettement, ce qui va me libérer du temps pour finir le dossier Dark Fantasy, qui est déjà écrit à plus de la moitié. Après, l’objectif est de proposer un dossier New Space Opera avant la fin de l’année, mais c’est plus hypothétique dans le sens où il y aura des corrections à faire sur la V2 du Guide des genres et sous-genres de l’imaginaire. Donc pour résumer, en 2022, guide de la Dark Fantasy, oui, guide de lecture du NSO, peut-être.

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      • Cool ! Alors on va retrouver la compagnie noire évidemment, notre ami Geralt « pas-vraiment-de-Riv », Elric aussi bien sûr, Mark Lawrence peut-être, ainsi que le trône de fer et un peu d’Abercrombie et D’Erikson. J’ai bon jusque là ?

        Je sais que ce site s’intéresse seulement à la littérature romanesque, mais une petite référence à Berserk De Kentaro Miura serait sûrement bienvenue tellement ce manga a tout défoncé sur son passage.

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  5. Merci pour ces suggestions de lectures ! Le Alan Moore me dit bien depuis un certains temps, il faudra que j’arrive à la caler quelque part dans ma PAL !

    Pour rebondir sur la Seconde Guerre mondiale en fantasy, j’ai une question sûrement bête mais… est ce que ça ne desservirait pas un peu l’histoire de faire un décalque des événements rééls, puisque à partir du moment où on aurait fait le lien entre les factions du roman et les belligérants historiques on sait à peu près bien où ça va aller? Pour l’instant je suis resté dans le cadre de la fantasy « traditionnelle » c’est vrai (de mémoire je pense que les deux séries qui s’en écartent que j’ai lues c’est le cycle de Joe Abercrombie et Terre des Héros de Richard K. Morgan) donc faudrait que j’étende un peu mes lectures la dessus pour voir comment ça fonctionne 🙂 Après en effet c’est ce que fait Guy Gavriel Kay, mais il introduit quand même quelques changements dans sa transposition des événements.

    Et puis forcément si on parle de Seconde Guerre Mondiale dans la fantasy, ça donne envie de d’étendre la discussion à la Première… Pour un prochain Apophis Box peut-être?

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    • Oui, c’est un point que je comptais aborder dans une prochaine Apophis Box, justement en prenant le même exemple de Seconde Guerre mondiale : à la surprise du lecteur, les Elfes du Nord mettent au point la bombe N (nécromantique) et rasent l’équivalent de New York. Et là, on tombe dans une dystopie à la Le maître du Haut Château / Fatherland / SS-GB / Philadelphia Experiment 2, avec les héros des précédents romans dans le rôle des Résistants, mais en Fantasy, cette fois.

      Alors en fait, je pensais plus parler prochainement de la Guerre du Vietnam, avec les elfes dans le rôle des Vietcongs 😉

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  6. C’est vrai que ça donne envie toutes ces idées, merci pour cet article !

    Concernant la fausse prophétie, quand tu écris « Sauf que tout ça est une énorme arnaque […] toute la prophétie est bidon et a été montée de toute pièce par Géhemme », je n’ai pu m’empêcher de penser instantanément aux falsificateurs d’Antoine BELLO ! J’adorerais lire ne serait-ce qu’un seul tome dans ce contexte ! Une multitude d’agents qui se répandent à travers le monde entier afin de falsifier et préparer EN AMONT tout ce qu’il faut pour crédibiliser de futures fausses prophéties de faux Oracles infiltrés ! Ah la la j’adorerais ça !!!

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    • C’est vrai que quand on y réfléchit, si les espions et autres types d’agents infiltrés sont loin d’être du jamais-vu en Fantasy, il y a (à mon avis) clairement quelque chose qui reste à écrire sur le Plan (avec un grand « P ») préparé très amont de sa phase finale (des années, des décennies, voire des siècles ou des millénaires), un peu comme ce qu’on fait des gens comme Asimov ou Herbert en SF.

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