La prêtresse esclave – Victor Fleury

Ça commence comme du Christian Jacq mésopotamien, et puis…

pretresse_esclave_fleuryL’auteur français Victor Fleury était jusque là connu pour ses deux romans de Steam… pardon, Voltapunk (variante qu’il a forgée et qui substitue à une technologie rétro-futuriste centrée sur la vapeur une utilisation précoce et accrue de l’électricité), le second étant sorti cette année (sous une splendide couverture, au passage). Ce qui veut dire que son actualité en 2019 est chargée, puisque dans le même temps, il publie également le premier tome d’un cycle de Fantasy (La croisade éternelle), un livre appelé La prêtresse esclave. Et attention, pas n’importe quel représentant de ce genre, mais une Fantasy Historique variante Guy Gavriel Kay, c’est-à-dire se déroulant dans un monde secondaire / imaginaire mais très inspiré par une époque bien précise de notre Histoire réelle. Ici, la Mésopotamie de l’âge du bronze (on remarquera d’ailleurs que la Fantasy calquée sur l’Antiquité ou les époques antérieures, si elle était très populaire à une époque, s’est par la suite beaucoup effacée devant le médiéval-fantastique), plus précisément la Période d’Uruk. On peut donc déjà décerner un bon point au petit Victor (très sympathique, d’ailleurs), parce qu’il n’a pas suivi le troupeau comme un benêt en faisant un 2156e bouquin inspiré par l’Europe médiévale et les religions celte / romaine / grecque / scandinave / chrétienne / etc.

On verra qu’il ne s’agit pas du seul motif de réjouissance, car l’auteur a forgé un récit, une intrigue, un système de magie et des personnages d’une efficacité assez redoutable. Le point amusant étant qu’au début, on pense être dans une sorte de Christian Jacq mésopotamien relativement fantastique et se situant dans un monde imaginaire, et que plus on avance, et plus on est nettement dans une pure Fantasy. Bref, de mon point de vue, Victor Fleury nous propose une première incursion dans le genre très convaincante, que je vous conseille sans problème, et dont je lirai la suite avec plaisir.

C’est Babylone, par Jah ! *

* Babylon system, Bob Marley, 1979.

Eh bien pour une fois, ça va aller vite : dès qu’on contemple la carte (absolument superbe) qui ouvre le roman, l’inspiration est complètement évidente, et elle est Mésopotamienne. Et si cela ne suffisait pas, l’auteur se charge très rapidement de vous donner des indices supplémentaires, parlant de « Pays des deux-fleuves », d’une unité de mesure appelée la Coudée, de Ziggourat, de la ville / du royaume d’Ubuk (modelé sur l’Uruk -non, pas les orcs- réelle), d’un dieu suprême appelé Enlê (qui semble combiner l’Enlil mésopotamien avec un peu du Rê égyptien ; au passage, les autres noms de divinités sont aussi des adaptations à peine déguisées, comme cette déesse « Ishka » dont le nom évoque Ishtar mais les attributs -l’orage- plutôt le dieu Adad), de Shedus, et j’en passe. Bref, vous êtes tout de suite dans l’ambiance, pas besoin de longs développements, ni de la part de Fleury, ni de la mienne.

La dynastie royale, les Enlêides, descend, comme le nom le suggère, du dieu Enlê : il s’agit donc d’une monarchie de droit divin, l’empire étant actuellement dirigé par la reine-prêtresse Kutha. Leur divin ancêtre leur a aussi donné l’ordre de combattre l’influence corruptrice du dieu Aloq, ce qui a donc mené à une croisade séculaire dans toutes les directions. On réclame (comme c’est pratique) la terre et le sang des autres peuples au nom de la guerre sainte faite au nom d’Enlê, afin qu’ils restent dans la lumière et pas dans les ténèbres de la déité maléfique jadis vaincue par le sabre du dieu d’Ubuk et emprisonnée depuis sous terre.

Les membres de la famille royale, mais aussi leurs esclaves les plus proches, appelés Oblat(e)s, sont donc avant tout des prêtres d’Enlê, ayant accès à l’Irradiance (le substrat de l’univers physique, disons), qu’ils peuvent modeler, notamment pour faire des effets spatio-temporels sympas, dans le genre un couloir en mode Ouroboros ou une transe permettant d’agir à vitesse surmultipliée par rapport à ses ennemis en modifiant la façon dont le temps agit sur vous (le « mode Rhadamanthe Nemès »). Et surtout, les Oblats sont liés au membre de la dynastie qu’ils servent d’une façon très particulière : en gros, leur maître peut partager avec eux un (seul) aspect de leur être, comme le toucher, la vue, la mémoire, la puissance musculaire, la parole, etc. Et inversement, d’ailleurs : si le maître voit par les yeux de son Oblat de vue, lui-même peut voir par les yeux de la royale personne. À une nuance de taille, cependant : si le maître peut moduler l’intensité du lien, l’Oblat le subit de plein fouet, qu’il le veuille ou non. Ainsi, l’héroïne, Nisaba, est l’Oblate de peau de l’héritier royal, l’Infant Akurgal, qui passe chaque nuit avec une fille différente. Ce qui fait que la pauvre subit virtuellement un viol tous les soirs, ce qui l’a menée à devenir une droguée afin d’atténuer l’horrible sensation via une transe narcotique.

Notez que si le lien d’Oblat n’est pas en lui-même nocif, trop se plonger dans l’Irradiance (par exemple lors d’un combat) est très dangereux, puisque cet environnement / énergie impose un énorme stress aux organes, pouvant provoquer un arrêt cardiaque, et que la moindre erreur de calcul peut vous mener au démembrement pur et simple (« Piloter un corps dans l’Irradiance, petit, ce n’est pas comme être aux commandes d’une moissonneuse-batteuse », comme aurait pu le dire un de mes philosophes préférés, Han Solo).

Il y a bien des subtilités autour de ce système, mais je ne vais pas en dire plus, car leur découverte est un des plaisirs liés à la lecture de ce livre. Je dirai juste ceci : on peut analyser le système des Oblats comme une allégorie poussée à son paroxysme de l’exploitation du peuple par ses dirigeants, puisque par exemple, Akurgal, feignasse de première, ne se fatigue ni à retenir les leçons de ses précepteurs, ni à s’astreindre à un entraînement physique pour se forger un corps de guerrier, puisque deux de ses Oblats (de mémoire et de puissance) peuvent faire cela à sa place. Bref, à moins d’être sous la férule d’un vampire, difficile de plus se faire sucer le sang pour le populo !

Il faut aussi retenir une chose importante : certes, il y a de la magie (divine) dès le début, et nous sommes dans un monde secondaire. Mais fondamentalement, la première partie du bouquin évoque une version relativement fantastique de ce qu’aurait pu nous pondre Christian Jacq s’il s’était intéressé à la Mésopotamie plus qu’à sa chère Égypte. On y retrouve le personnage sympa au cœur du pouvoir, embringué dans des intrigues de cour un peu contre son gré, et qui pendant une bonne partie de l’intrigue, subit injustice sur injustice de la part des plus puissants ou influents que lui. Même le ton est vaguement réminiscent de la chose. Sauf que plus vous allez avancer, plus le côté fantastique va être important, et plus l’ambiance va se faire sombre. On ajoutera aussi sur ce chapitre une ambiguïté de l’héroïne plus typique de la Dark Fantasy que des protagonistes souvent d’une moralité rien moins que christique de Jacq.

Quoi qu’il en soit, l’utilisation de l’âge du bronze mésopotamien est pertinente (ça ne court pas -ou plutôt plus- précisément les rues en Fantasy), l’allégorie est bien réalisée et cela a le mérite d’immédiatement démarquer ce roman de la masse de ses concurrents. Le système de magie est également bien pensé, et là aussi, le simple fait qu’il en ait un, et un minimum élaboré qui plus est, démarque favorablement Fleury d’un nombre effrayant d’autres écrivains francophones, trop occupés à se servir de leur roman comme d’une tribune politique, idéologique ou sociale pour se préoccuper d’une chose aussi « triviale » qu’aller au-delà du légendaire « ta gueule, c’est magique ». On peut enfin tout simplement féliciter l’auteur pour être sorti de sa zone de confort, abandonnant pour un temps son Steam… pardon, Voltapunk pour s’aventurer en Fantasy.

Personnages, base de l’intrigue, structure, style

Le roman s’ouvre sur l’arrivée d’une petite fille dans la cité d’Ubuk, aux côtés de son père. C’est en réalité un flashback concernant Nisaba, l’Oblate de peau d’Akurgal et son ancienne maîtresse. Il y aura quelques autres analepses de ce type, via des souvenirs, des dialogues, des songes, etc, dévoilant peu-à-peu la façon dont la jeune femme en est arrivée à sa situation actuelle (et il y a 2-3 surprises dans le lot).

Et d’ailleurs, dès le début du roman, Nisaba a des soucis, puisque alors qu’il est attendu pour une cérémonie ultra-importante, l’Infant Akurgal est introuvable. Et c’est Nisaba qui est chargée de le retrouver à temps, sous peine d’une lourde sanction. Via cette incartade de trop, l’héritier va cependant déclencher une grosse colère de sa mère, le ton va monter, et ni une ni deux, le prince (qui a certes un bon fond, mais caché sous des couches, des couches ET des couches d’égoïsme, de violence latente, de fainéantise, d’orgueil démesuré, etc) va décider de prendre le commandement de l’armée de l’Est, histoire de se tailler une gloire martiale propre à le remettre sur les rails dans la course à la succession.

Sauf que… Nisaba a un enfant, Haddon (un hommage à celui de Farmer ?), dont elle a été séparée, qui ne sait pas qu’elle est sa génitrice et qui la prend pour un simple professeur chargé de lui enseigner comment purger l’influence corruptrice du dieu Aloq qui grandit régulièrement en lui (c’est d’ailleurs marrant, on dirait une allégorie d’un processus  menstruel). Sauf que ses parents adoptifs l’élevant dans le mépris de sa mère, celle-ci veut lui déballer toute la vérité. Et le voyage pour remettre au pas les tribus rebelles de l’Est va l’en empêcher. Car même si elle voulait désobéir ou s’enfuir, elle ne le pourrait pas : au-delà de cinquante kilomètres de distance, le lien Maître-Oblat est tranché, provoquant la mort de ce dernier. Et pire encore, si son maître meurt, la tradition veut que ses Oblats soient ensevelis avec lui. Elle doit donc suivre l’autre foufou, en essayant de tempérer ses ardeurs, de l’inciter à rentrer à Ubuk, tout en survivant à tout ce que le destin (incarné par le sadique Fleury) va lui envoyer dans la figure (et autres parties de son anatomie).

Nisaba est un personnage très intéressant, du fait de son ambiguïté : là où on aurait pu craindre une « héroïne courageuse » de plus, on a en fait quelqu’un qui a une grosse part d’ombre, que ce soit via un acte abominable qu’elle a commis, une force obscure qu’elle a en elle, ou encore son utilisation d’une drogue. De plus, on ne va pas dire qu’elle est prête à tout pour récupérer son fils, mais nous n’en sommes tout de même pas loin. Et c’est quelqu’un qui est assez souvent désagréable ou en colère. Bref, on est loin du stéréotype féminin qui a pris une telle place en SFFF ces dernières années, et que je ne peux personnellement pas supporter. À la place, nous avons affaire à une vraie protagoniste complexe, à la psychologie multi-dimensionnelle, se coulant très bien dans les codes de la Dark Fantasy. Les autres personnages, sans être inintéressants ou stéréotypés (Akurgal se révèle assez souvent surprenant, alors qu’on croit savoir à l’avance comment il va réagir -comme un bourrin-), sont tout de même loin derrière, même s’il est très clair qu’un autre personnage féminin fascinant se profile pour le tome 2+.

L’intrigue est palpitante (le rythme et le timing des révélations étant très bien gérés), poussant le lecteur à en découvrir toujours plus (les explications se révélant à la fois convaincantes, souvent surprenantes et invariablement intéressantes), ce en quoi il est bien aidé par le style de Victor Fleury, agréable, fluide et immersif. Il est d’ailleurs plaisant de voir un auteur français se démarquer de la masturbation intellectuelle qui semble être la règle chez un nombre faramineux d’entre eux, et de mettre le style au service du récit, et pas le contraire.

Le roman se clôt sur un énorme cliffhanger, et j’ai positivement hâte de lire la suite, tant j’ai été parfaitement convaincu par ce tome d’ouverture, et ce sur tous les plans (au passage, il y a un beau clin d’œil à Predator un peu avant l’épilogue).

En conclusion

Avec ce roman, le premier d’un cycle, Victor Fleury, jusqu’ici auteur de Steampunk branché sur 220 volts, s’aventure cette fois sur les terres de la Fantasy, et pas n’importe laquelle : son monde rappelle certes l’âge du bronze mésopotamien, mais il est imaginaire et fortement imprégné de la magie des dieux. Il nous raconte l’histoire de Nisaba, prêtresse est esclave, qui partage grâce à un lien mystique toutes les sensations tactiles de son maître, l’héritier du trône… y compris quand il couche avec une autre femme, ce qu’il fait tous les soirs. Elle va se retrouver entraînée à sa suite dans la croisade que mène son peuple contre la corruption propagée par le dieu du mal, qui se double (comme c’est pratique) d’une bonne vieille conquête bien terrestre celle-là. Défiant le stéréotype de l’héroïne courageuse, Nisaba est un personnage complexe et fascinant.

Style impeccable, univers de Fantasy, certes, mais sortant des sentiers battus (d’inspiration antique et mésopotamienne), système de magie élaboré et intéressant, intrigue passionnante, protagoniste convaincant, rythme totalement maîtrisé, ce coup d’essai a tout du coup de maître. Reste à voir si la suite du cycle maintiendra le niveau, même si j’ai peu de doutes sur la chose.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Bookenstock, celle d’Ombre Bones, de Xapur, d’Aelinel, de Lutin sur Albédo,

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35 réflexions sur “La prêtresse esclave – Victor Fleury

    • Moi j’étais très content, parce que j’ai tout ce qu’à écrit Fleury en stock, mais je n’avais rien lu jusque là. Si son Voltapunk est aussi bon (et de mémoire, les retours des blogueurs amis étaient enthousiastes), je vais me régaler.

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  1. Et bien, voilà qui donne envie ! J’étais passée à côté de cette sortie mais maintenant je suis très tentée. Je sens qu’il va faire partie de ma liste d’achats de ce printemps 😉 Merci pour la découverte !

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  2. Merci pour le coup de projecteur sur cette sortie. D’autant qu’ a priori, la fantasy d’inspiration antique m’intéresse. Je garde par exemple un très très bon souvenir, d’Aube de fer (de Matthew Woodring Stover).

    Cela dit, intituler « Croisade éternelle » une histoire sensée se dérouler durant la période dite de « l’âge de bronze » est à tout le moins étourdi. Surtout lorsque l’Histoire (celle avec une grande hache) est un ingrédient important dudit projet.

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    • En fait, l’intrigue se déroule dans un monde imaginaire mais inspiré par l’âge du bronze mésopotamien. Donc de ce point de vue là, la croisade pourrait être éternelle. De plus, elle est dite « éternelle » parce qu’elle se déroule, au moins sur un des fronts (Est) depuis plusieurs siècles, ce qui, à l’échelle d’une vie humaine, mérite le qualificatif « d’éternelle », à mon sens.

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  3. Désolé, ce post est hors sujet mais je ne sais pas où l’envoyer.
    Je veux simplement attirer l’attention sur une magnifique nouvelle récente de Caroline M. Yoachim « The Archronology of Love », publiée par Lightspeed Magazine et en libre accès sur Internet à l’adresse : http://www.lightspeedmagazine.com/fiction/the-archronology-of-love/.
    Une idée proche de Ken Liu (L’Homme qui mit fin à l’histoire), mais un traitement très différent.

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    • Tiens, c’est une bonne remarque, ça. Il y a bien sûr le formulaire de contact du blog, mais vu qu’il n’y a pas de forum attaché à ce dernier (bien que j’y songe depuis un gros moment), je me demande s’il ne serait pas pertinent de créer un article ayant pour seul but de permettre aux gens, en commentaires, de partager ici leurs découvertes intéressantes. Je vais y réfléchir. Merci pour le tuyau, en tout cas.

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  4. Ah bah si, je l’avais raté cet article. Damned ! Bon, heureusement, je répare mes erreurs 🙂 Si je ne venais pas de recevoir ce roman, j’aurais couru en librairie après la lecture de ta chronique pour me le procurer !

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  5. Du coup, je regrette de ne pas l’avoir sélectionne dans la Masse Critique Babelio car il était proposé mais j’avais une certaine réserve sur ce changement assez radical de style entre Voltapunk et Fantasy historique. Dommage pour moi mais d’autres opportunités se présenteront pour me le procurer je suppose ^^
    Bel article !

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  6. ET bien!
    Il était passé sous mon radar, et tu le mets en lumière magistralement. De la fantaisie mésopotamienne, je n’en lis que peu alors que c’est tellement ‘autre. SErvi par un style chouette avec une intrigue qui me séduit déjà.
    C’est pour moiiiiiiiii!

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  7. Ouuh, j’étais passée à côté de celui-ci ! Qu’il a l’air bien, dis ! Je le note avec grand plaisir (et une pincée de honte, quand même, vu la quantité de bouquins dans ma PAL…) !

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  8. Ping : La Prêtresse Esclave (La Croisade Eternelle, tome 1) – Victor Fleury – Les Lectures de Xapur

  9. Ping : The rage of dragons – Evan Winter | Le culte d'Apophis

  10. Ping : En mai, lis ce qu’il te plaît – Albédo

  11. Ping : La Croisade éternelle (T.1) de Victor Fleury | La Bibliothèque d'Aelinel

  12. Ping : La Croisade Éternelle – Victor Fleury – Albédo

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