Tout le talent de Rob J. Hayes condensé en une courte nouvelle
Si vous vous inscrivez à la Newsletter de Rob J. Hayes, vous recevrez en cadeau trois nouvelles (sous forme électronique) qui se déroulent dans certains des nombreux mondes créés par l’auteur, dont celui du cycle Mortal techniques dont je vous ai parlé plusieurs fois sur ce blog. Le texte en question, The Two faces of war, est accolé au premier chapitre du roman Never Die (c’est donc aussi l’occasion d’en avoir un aperçu, même si le plus intéressant en est la fin et ses énormes et très inattendues révélations), et avait à l’origine été publié dans Art of war, une anthologie réunissant quarante auteurs de Fantasy qui avaient accepté d’écrire à titre gracieux une nouvelle au profit de Médecins sans frontières. Et parmi les quarante, il y avait quelques noms connus des aponautes, comme, donc, Hayes, mais aussi Mark Lawrence, Brian Staveley (Skullsworn), John Gwynne (L’Ombre des dieux), Sebastien De Castell (The Malevolent seven), Nicholas Eames (La Mort ou la gloire), Ben Galley (Chasing graves), Ed McDonald (La Marque du corbeau), Anna Stephens (Godblind), Anna Smith Spark (The Court of broken knives) ou encore R.J. Barker (The Bone ships, qui sort en français dans quelques semaines).
Notez que même si The Two faces of war est supposé se dérouler dans l’univers de Sword & Sorcery d’inspiration asiatique du cycle Mortal Techniques, il pourrait en fait prendre place dans n’importe quel monde ayant une technologie de niveau médiéval. Même pas médiéval-fantastique ou oriental, juste médiéval. Je ne cite d’ailleurs ce texte sur ce blog consacré à la SFFF que parce qu’il émane d’un auteur exerçant son art dans le registre des littératures de genre et l’ayant publié à l’origine dans une anthologie de Fantasy. Et parce qu’il offre un éclatant aperçu (et gratuit, qui plus est) du formidable talent de Hayes.
L’action se déroule juste après une bataille. Bolin, un combat medic (aide-soignant / infirmier militaire) souffle un peu à l’écart de son camp, noyant son amertume dans l’alcool. Il est rejoint par son ami Jun, un vieux vétéran qui a vu bien des horreurs au fil de maintes batailles. Les deux se « racontent » leur journée, de tentatives désespérées pour sauver les blessés pour l’un, de rester en vie pour l’autre (on voit donc le lien avec le thème de l’anthologie Art of war et le fait que ce soit un ouvrage caritatif à destination d’un groupe de médecins).
Rob J. Hayes nous donne un aperçu extrêmement immersif de ces deux facettes des combats : les épisodes de soins, où, par exemple, l’infirmier cherche une artère endommagée ou le shrapnel (ici un morceau de flèche) qu’il ne trouve pas alors que le soldat se meurt / hurle de douleur et de terreur, sont hautement explicites et magistralement dépeints, rappelant les meilleurs scènes cinématographiques du genre, par exemple dans Band of brothers ou dans La Chute du Faucon noir ; par les yeux de Jun, l’auteur décrit l’horreur et l’absurdité de la guerre, le fait qu’un ami d’enfance et frère d’armes puisse passer de vie à trépas en un clin d’oeil, littéralement, la terreur ressentie face aux charges de cavalerie ou quand la ligne est enfoncée, le soulagement quand un héros ou un capitaine fait basculer la situation, rallie les troupes.
Comme toujours avec Hayes, la fin est inattendue et très réussie, et parachève un excellent texte, très court et donnant moins un aperçu du cycle Mortal Techniques que, plus largement, du talent éclatant de son auteur. Si vous lisez l’anglais (celui de cette nouvelle n’a rien de bien difficile), n’hésitez pas, d’autant plus qu’il vous suffira d’une liseuse (voire d’un simple moniteur informatique), d’une adresse mail et de donner votre prénom pour l’acquérir.
Niveau d’anglais : facile.
Probabilité de traduction : plus que du Neal Asher.
***