Snow in the desert – Neal Asher

Bientôt sur vos écrans !

The_gabble_asherComme lors de chaque printemps pour la quatrième année consécutive, Neal Asher débarque sur Le culte d’Apophis. Et ce d’autant plus que l’actualité du britannique est chargée : depuis que la crise sanitaire a commencé, il a sorti un recueil de nouvelles (logiquement nommé Lockdown Tales), dont je devrais vous parler d’ici quelque temps, s’apprête à publier un standalone situé dans l’univers de la Polity (clic), Jack Four (qui sera chroniqué ici le plus tôt possible après sa parution), et surtout, une des ses nouvelles, Snow in the desert, a été choisie pour figurer dans la deuxième saison de la série Love, death & robots, qui sera mise en ligne sur Netflix dans deux semaines. Rappelons que cette dernière est formée de courts-métrages d’animation, réalisés par des équipes différentes et dans des styles variés, tous basés sur des nouvelles d’auteurs de SF, dont une bonne partie sont très appréciés en ces lieux : dans la saison inaugurale, il s’agissait par exemple de Peter Hamilton, Alastair Reynolds, John Scalzi, Ken Liu ou Marko Kloos (excusez du peu !), tandis que dans la deuxième, outre Asher, on retrouvera des vidéos inspirées par Paolo Bacigalupi, Harlan Ellison, Rich Larson ou J.G. Ballard. Signalons que l’épisode Asher sera le plus long de la saison (15 minutes) avec celui de Bacigalupi.

Ce texte de 35 pages est lisible soit isolé (sous forme électronique uniquement), soit intégré au recueil The gabble – and other stories, sous forme papier, électronique et audio. Il s’inscrit lui aussi dans l’univers Polity.

Résumé *

* Freak Boy, Spock’s Beard, 2002 (l’album s’appelle Snow, ça ne s’invente pas !)

La planète Vatch est un enfer désertique qui ferait passer Arrakis pour une plage du Club Med, et sa faune épouvantable pourrait bouffer un ver des sables en guise d’apéritif. Au passage, Asher précise, comme ça, en passant, que ces formes de vie sont basées sur des molécules lévogyres, le genre de détail technique qui n’a l’air de rien, qui n’apporte, dans ce cas, rien à l’histoire, mais qui vous fait sentir que vous n’êtes pas en face d’un auteur comme les autres.

On ne survit sur Vatch qu’avec un matériel spécialement adapté à la conservation ou le recyclage des fluides corporels (une version, encore une fois, Hard SF de ce qu’on trouve dans Dune), et en s’approvisionnant dans des stations de ravitaillement en eau, qui utilisent des procédés considérablement plus pointus et exotiques que des pièges à vent (mais, eux aussi, le recyclage des cadavres).

Snow est un albinos qui, depuis cinq ans, a un contrat sur sa tête, lancé par le Marchand (avec un grand « M ») Baris. Sur sa tête ? Hum, pas tout à fait. Le notable a offert une somme considérable pour qu’on lui rapporte, en stase, les testicules de Snow. Ce dernier prétend ne pas savoir pourquoi on en veut ainsi à la fois à son intégrité physique et surtout à sa virilité. Le lecteur découvrira qu’il ment, et pour quelle raison. En tout cas, ce n’est pas une cible facile : il est surarmé, extrêmement efficace, et impitoyable, même s’il n’est pas dépourvu d’honneur.

Dans le même temps, nous faisons la connaissance d’Hirald, une belle jeune femme, elle aussi dotée d’un équipement de pointe, et qui semble être sur les traces de Snow. Mais pour quelle raison ? Et ce n’est pas la seule inconnue dans l’équation, puisque par le Runcible (téléporteur interstellaire, disons) installé par la Polity sur la planète, une bande de mercenaires patibulaires et sans pitié débarque elle aussi !

Mon avis *

* Wind at my back, Spock’s Beard, 2002 (une chanson ma-gni-fi-que, que ce soit au niveau mélodie ou paroles !)

Alors si je devais résumer ce texte, je dirais qu’il est 50% Asher, 50% Richard Morgan (pour la dose de sexe relativement inhabituelle dans la prose du plus âgé de ces deux auteurs anglais), et 100% efficace. Ce n’est pas le meilleur d’Asher, mais ça se lit vraiment tout seul et avec un sincère plaisir. Les fins connaisseurs du cycle Polity vont voir venir les trois révélations (dont les deux sur Hirald, notamment la dernière) à des kilomètres, mais je suis certain que ceux qui n’ont jamais lu la saga vont en prendre plein les mirettes (j’ai vraiment hâte de voir ce que va donner l’adaptation, notamment si elle va être édulcorée au niveau des scènes sexuelles omniprésentes -mais qui ne sont pourtant pas gratuites). Je soupçonne même qu’il est possible que nous connaissions Snow sous un autre nom dans les romans…

La nouvelle est aussi étonnante car plus elle avance, plus aucun des personnages ne se révèle être ce que nous pensions, pas plus que le ton général du récit : on se surprend même à faire d’étonnants parallèles avec une saga ciné / télé où les, hum, « relations longue durée », dirons-nous, sont un problème récurrent pour les protagonistes (et je me suis bien gardé de mettre certaines chansons d’un groupe très connu en illustration musicale, histoire de ne pas donner plus d’indices). Vous comprendrez mieux après avoir lu ce texte !

Bref, une nouvelle efficace et se terminant sur une note sympathique presque inattendue vu la débauche de coups de feu et de b*te qui forme le gros de sa substance  😉

Niveau d’anglais : pas de difficulté.

Probabilité de traduction : je n’y compterais pas, du tout (même si je fais tout le lobbying dont je suis capable pour que le cycle Polity, ou au moins certains de ses sous-cycles ou standalones, soit repris en France).

***

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9 réflexions sur “Snow in the desert – Neal Asher

  1. Je n’avais jamais réalisé que les animations de Love, death and robots étaient tirées de nouvelle d’auteurs illustres de SF…la SF c’est pas mon truc en livre…
    Mais c’est pas la première fois que je vais acheter ce que tu nous proposes, tu m’as vendus du rêve.
    Ps : comme il y’a plusieurs nouvelles dans ce livre et que je suis pas fan de SF, est ce qu’il y en a d’autres qui sont aussi alléchantes ?

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      • Ok merci pour l’info.
        Ps : Terry Goodkind a aussi 4,1 sur certains de ses romans…hahahhahaha (avis personnel d’un auteur je n’aime pas et dont 2 des ces romans on servi à alimenter ma cheminée ) 😉

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  2. Merci pour cette découverte. Et tu m’apprends également que Netflix lance enfin cette 2ème saison de Love, death & robots. J’avais beaucoup (beaucoup) aimé la première. Je vais lire cette nouvelle avant de voir l’épisode en question. Tu ne mets plus de liens pour les achats depuis quelques articles?
    Tu as retrouvé un rythme de publications soutenu, j’en suis absolument ravi ! A bientôt
    Erwan

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    • Personnellement, j’ai aimé certains épisodes (celui inspiré par Alastair Reynolds est hallucinant) et pas vraiment certains autres.
      J’ai tendance à oublier de mettre les liens, en effet.
      Concernant le rythme de publication, oui et non. Le blog vit surtout d’articles qui s’écrivent facilement ou de critiques Bifrost qui sortent d’embargo, ces derniers temps. Je ne devrais recommencer à vraiment monter en puissance qu’en septembre, au mieux, à mon avis.

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      • J’ai notamment beaucoup aimé l’adaptation de la nouvelle de Ken Liu que j’avais ensuite lue dans son second recueil au Bélial. Concernant les épisodes de moindre envergure, je regarde tellement de films ou de séries que j’oublie deux jours après que j’ai trouvé le niveau de Love Death & Robots bien plus élevé que ma moyenne habituelle.
        Je viens juste de lire cette nouvelle « Snow in the desert ». J’ai adoré!!
        Je ne connaissais cet univers que de nom (grâce à tes articles). Si les romans de Asher sont aussi bons que cette nouvelle, je vais m’y mettre. Je pense commencer avec Prador Moon. Merci pour cette géniale découverte!
        J’espère que ta santé va mieux. Je serais ravi que tu montes en puissance comme tu dis, mais prends soin de toi c’est le plus important.

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        • Merci beaucoup ! Pour tout dire, les romans d’Asher sont meilleurs que cette nouvelle : les moins bons sont déjà un peu au-dessus de ce niveau, et pour ce qui est des meilleurs, ils figurent parmi mes meilleures lectures en SF en 36 ans. Et Prador Moon est vraiment bon, surtout si tu as une affinité avec la SF militaire et la Hard SF.

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