The A(pophis)-Files – épisode 8 : La SF à environnements exotiques – morceaux choisis

afiles_3Dans ce huitième épisode de la série des A-Files (des articles de fond consacrés aux grandes thématiques et éléments emblématiques de la SFFF), nous allons parler des environnements exotiques (planètes… ou autres) qui jouent un rôle très important dans certains sous-genres de la Science-Fiction. Par exotique, il faut comprendre soit relativement semblable à la biosphère terrienne mais doté en plus de particularités qui le rendent intéressant ou dangereux, soit au contraire radicalement différent de tout ce que nous connaissons. L’exploitation de ce genre d’environnement, qui peut servir aussi bien de simple décor que de cœur de l’intrigue ou de l’univers du roman, étant très courante en Science-Fiction (particulièrement en Space Opera, Planet Opera et Hard SF : si vous ne connaissez pas ces termes ou leur signification, voyez cet article), il est hors de question d’en faire une étude exhaustive : un livre n’y suffirait probablement pas ! J’ai préféré reprendre le format déjà utilisé dans d’autres séries d’articles que je vous propose (L’œil d’Apophis ou le Guide de lecture SFFF), afin de vous donner ces conseils de lecture ciblés dont vous êtes apparemment (si j’en juge par les retours que j’ai) très demandeurs. Cependant, même avec une sélection limitée, le choix était encore trop vaste pour un seul article. Il y en aura donc un deuxième, avec notamment une mise en vedette des étoiles à neutrons et autres environnements astrophysiques extrêmes et de ce qui y vit (Jusqu’au cœur du soleil de David Brin, Exultant de Stephen Baxter, etc).

Vous pouvez retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles de fond via cette page ou ce tag

Mission gravité / Question de poids – Hal Clement

mission_gravitéMission of gravity a été publié en anglais en 1953, puis en français sous deux titres différents, Question de poids en 1971 et Mission gravité onze ans plus tard. Ce précurseur de la Hard SF moderne place son action sur la planète Mesklin (un des worldbuilding les plus aboutis et impressionnants de toute l’histoire de la SF, à n’en point douter, car basé sur de vrais calculs scientifiques), dont la force d’attraction varie entre 3G à l’équateur et… 700 aux pôles, en raison d’une combinaison entre sa gravité native (générée par une masse égale à 16 fois celle de Jupiter) et sa vitesse de rotation extrêmement élevée (20 degrés par minute !), qui lui donne un aspect d’ellipsoïde et pas de sphère. Ce monde sera repris par Hal Clement dans d’autres textes, qui seront finalement réunis dans une intégrale appelée Heavy planet, et est inspiré par un objet présent dans le système de 61 Cygni et dont on croyait à l’époque qu’il possédait ces caractéristiques (ce qui a été infirmé depuis).

L’intrigue suit la tentative d’un humain pour récupérer un de leurs satellites qui s’est crashé près d’un des pôles, le tout avec le concours d’un des indigènes, dont le corps ressemblant à un mille-patte est adapté aux conditions locales. Mission gravité est un monument de la Science-Fiction, et un must-read pour tout amateur de Hard SF et / ou de Worldbuilding de pointe.

Gravité – Stephen Baxter

gravity_baxterPremier roman de Stephen Baxter, considéré comme le tome inaugural du cycle des Xeelees (un monument de la Hard SF), bien que ces derniers n’y apparaissent pas, Gravité part d’un fascinant postulat de départ : les humains ont pénétré (par accident ?) dans un univers parallèle, où la constante gravitationnelle est incomparablement plus élevée que dans le nôtre. Ce qui, comme vous vous en doutez, à deux-trois conséquences, notamment sur les étoiles et leur durée de vie. Les planètes, elles, n’existent pas. Dans cet environnement extrêmement hostile, les mineurs s’attaquent carrément aux cœurs refroidis des étoiles, minuscules et faits de fer pur. Bref, si vous aimez les contextes hautement exotiques mais créés sur une solide base scientifique, ainsi que les romans où de rudes prolétaires dénoncent un système injuste et lourdement stratifié, ce livre est pour vous !

Semiosis – Sue Burke

semiosisDans ce roman (à paraître chez Albin Michel Imaginaire, qui est un département éditorial et pas une collection de l’éditeur), les humains débarquent sur une planète où des végétaux intelligents sont la forme de vie dominante. Ces derniers nouent des partenariats gagnant-gagnant avec les animaux (certaines mauvaises langues parleront toutefois de, hum, domestication des animaux, voire des humains), ainsi qu’entre plantes, basés essentiellement sur l’échange de substances qui sont une nécessité vitale (le fer, notamment, dans un milieu où il est rare) ou qui confèrent un quelconque avantage (divers composés issus de la biochimie végétale). Si vous êtes comme moi, c’est-à-dire que vous regrettez le peu de place laissé au règne végétal dans la SF, vous lirez avec intérêt ce livre, même s’il n’est pas tout à fait parfait. Même chose si vous vous intéressez aux civilisations aliens ayant un mode de pensée complètement autre, non-anthropomorphisé. Si vous voulez en savoir plus, il se trouve que j’ai rédigé une critique complète à son sujet, que je vous invite à lire.

Héritage – Greg Bear

héritage_bearTroisième tome d’un cycle, Héritage (qui peut se lire de façon isolée sans problème majeur) décrit l’écosystème d’une planète étrangère, qui présente deux particularités : d’abord, les organismes qui la peuplent sont… gigantesques (je ne vais pas vous dire à quel point, histoire de vous laisser le plaisir de la découverte) ; ensuite, ces formes de vie ne suivent pas une évolution Darwinienne comme sur Terre, mais (néo-)Lamarckienne (ce qui explique d’ailleurs la taille des bestiaux). En clair, si ces créatures ont besoin d’une nouvelle fonction, elles inventent une nouvelle sous-forme de vie, qui est une partie d’elles-mêmes, en manipulant leurs gènes, ce qui leur permet de transmettre ce caractère à leurs descendants.

La description de cet écosystème résolument autre est passionnante, et a un parfum de récit d’exploration, de merveilleux scientifique, qui n’est en rien suranné mais au contraire fort agréable.

L’éveil d’Endymion – Dan Simmons

endymionL’éveil d’Endymion est le quatrième tome des Cantos d’Hypérion, et cette fois, vous aurez besoin de lire le reste avant de vous attaquer à ce roman (mais vu qu’il s’agit d’un des cycles les plus importants de la SF, cela ne devrait pas constituer une corvée !). Dan Simmons y décrit (entre autres) un Arbre-étoile, une Sphère de Dyson biologique (végétale) en construction grâce à la coopération entre les Extros et les Templiers, des maîtres de la bio-ingénierie. Signalons qu’une structure similaire est également présente dans l’ultime (et méconnu) texte du cycle, Les orphelins de l’hélice (qui comprend aussi une planète qui orbite à l’intérieur des couches supérieures d’une étoile géante rouge). Signalons d’ailleurs à ceux qui ne connaissent pas cette saga que les arbres améliorés par l’ingénierie génétique y sont très présents : on s’en sert même comme vaisseaux ! Outre l’originalité (relative) de cet arbre-étoile, donc, on saluera le fait d’explorer des voies de développement technologiques autres et les visions poétiques qui se dégagent de l’ensemble.

Deathworld – Harry Harrison / BIOS – Robert Charles Wilson

deathworld_intégraleDeathworld est le nom d’un cycle de romans écrit par Harry Harrison (dont je m’étonne qu’il ne soit pas plus connu du grand public). Il nous parle de la planète Pyrrus, qui se trouve dans une région de l’espace où, jadis, de nombreuses supernovae ont dispersé des éléments radioactifs de grande valeur. Et de tous les mondes du secteur, c’est le seul qui soit habitable. Enfin, si l’on peut dire, car il s’agit d’un environnement incroyablement hostile, tellement qu’il est considéré comme le plus mortel jamais colonisé par l’homme. Gravité, climat et marées énormes, activité tectonique et volcanique intense, radioactivité omniprésente créée par ces si précieux gisements d’actinides, et surtout une vie qui va du léviathan qui écrase un véhicule sans même le remarquer à des bestioles au venin monstrueusement toxique, en passant par des micro-organismes capables de lyser rapidement tout tissu non protégé, absolument tout à sa surface concourt à tuer un être humain. Et presque pire que tout ça, même un individu entraîné à survivre dans cet environnement n’est jamais à l’abri, tant les organismes locaux adaptent sans cesse leurs tactiques.

BIOSBIOS de Robert Charles Wilson présente Isis, une planète dont les particularités biologiques (mais pas forcément les autres) la rapprochent de Pyrrus. Toutefois, il existe une différence majeure entre les livres du canadien et de l’américain : le ton. Là où Deathworld est plutôt placé sous le signe de l’aventure et de l’action, en revanche BIOS est extrêmement noir et dystopique. Mais sans doute bien plus profond. A vous de voir ce que vous rechercherez dans un livre présentant une planète qui veut à tout prix la mort des humains : si vous privilégiez l’aventure, vous vous tournerez vers Harrison, mais si par contre vous recherchez quelque chose de plus abouti, mais aussi de nettement plus sombre, vous privilégierez plutôt Wilson (sauf si vous êtes un canidé critique, auquel cas le choix sera fait d’avance 😀 ).

Les chroniques de Méduse – Stephen Baxter / Alastair Reynolds / L’Algébriste – Iain M. Banks

chroniques_meduseSuite d’un texte de l’illustre Arthur C. Clarke, ce roman écrit à quatre mains par deux autres maîtres de la Hard SF vous conduit dans les nuages de Jupiter, à la rencontre de l’écosystème unique, centré sur des « méduses » géantes, qui y vit. Mélangeant, comme la nouvelle sur laquelle il est basé, poésie, visions époustouflantes d’un environnement vertigineusement autre et Hard SF, Les chroniques de Méduse est un livre à la fois ambitieux et très plaisant, une de ces œuvres qui ne sacrifie ni le fond à la forme, ni l’émerveillement à la réflexion (et inversement). A découvrir absolument, par exemple via la critique que je lui ai consacré.

algebriste_banksToujours dans le registre « les géantes gazeuses et leurs habitants », vous serez peut-être aussi intéressé par L’algébriste du très regretté Iain M. Banks, une de ses œuvres de science-fiction qui ne fait pas partie de son fameux cycle de la Culture (et il y en a plus qu’on ne le croit). Il est d’ailleurs significatif que dans cet univers, les IA soient chassées avec un zèle quasi-religieux ! L’action de ce one-shot met en jeu une espèce géante (la seule qui échappe au contrôle des humains en raison de son armement défensif réputé formidable) qui colonise tous les mondes jupitériens. Existant depuis des milliards d’années, cette civilisation est formée d’individus qui vivent certes pendant des millions d’entre elles, mais à un rythme très lent. Tellement que certains humains sont obligés de ralentir leur métabolisme pour communiquer avec eux ! Bref, l’auteur écossais nous projette dans un monde où tout, de l’environnement à la morphologie, le métabolisme, le mode de vie, etc, est différent, exotique. Ce n’est certainement pas son meilleur roman de SF (on peut sans doute même dire qu’il se place parmi les moins réussis), mais bon, hein, du Banks mauvais, est-ce que ça existe, je vous le demande ?  😀

Le sultan des nuages – Geoffrey A. Landis

sultan_nuagesOn reste dans les nuages, mais ceux de Vénus et pas de Jupiter ou d’une jovienne extrasolaire, cette fois. Geoffrey A. Landis nous montre la colonisation de l’étoile du berger, non pas grâce à une terraformation mais par une forme astucieuse d’exploitation de l’environnement existant : des cités planant à une altitude où la pression, la température et l’acidité sont compatibles avec la vie humaine et sa technologie. Parfois presque poétique, bluffant sur le plan du worldbuilding et de l’aspect Hard SF (l’auteur est un scientifique travaillant pour la NASA), ce roman court / novella laissera éventuellement sur sa faim celui qui est là pour une intrigue ou des personnages développés. Clairement, ici, c’est l’univers qui est au centre de l’oeuvre, pas le reste. Pourtant, je vous conseille vraiment de la découvrir, par exemple en lisant ma critique.

Solaris – Stanislas Lem

solaris_lemDans ce très grand classique de la SF, publié en 1961, les humains étudient Solaris, une planète dotée d’un océan protoplasmique, qui formerait apparemment une unique et gigantesque forme de vie peut-être intelligente et désireuse de communiquer avec eux. C’est un livre où l’originalité (voire la poésie) du cadre se conjugue à la profondeur des thématiques abordées, comme la difficulté, voire la futilité de la communication inter-espèces (un thème récurrent chez l’auteur polonais) ou la fiabilité des sens et des souvenirs humains. Ce roman a été adapté au cinéma à plusieurs reprises, dont une fois en 1972 par Andreï Tarkovski (Grand prix au festival de Cannes la même année) et une autre en 2002 par Steven Soderbergh (ce remake étant un échec commercial et recevant un accueil relativement mitigé de la part de la critique), avec George Clooney dans le rôle principal (et une musique que je trouve personnellement envoûtante, bien que très répétitive).

La plage de verre – Iain M. Banks

plage_de_verre_banksCet autre one-shot de SF mais ne faisant pas partie du cycle de la Culture présente un monde comme on en croise très rarement : en effet, il orbite autour d’un soleil qui dérive (et son système planétaire avec lui) dans l’espace intergalactique. En clair, il est à des millions d’années-lumière des… j’allais dire systèmes solaires, mais non, c’est plus que ça, des galaxies les plus proches, et donc les seules ressources qui sont accessibles aux humains sont celles qui se trouvent orbiter autour de cette étoile isolée. C’est le concept de l’île déserte, mais poussé à l’extrême. Alors pour être honnête, le roman a ses défauts (mais moins qu’on ne le lit souvent) et l’auteur n’exploite pas vraiment cette singularité. Néanmoins, voilà un contexte hautement inhabituel, et un livre qui, s’il n’est pas l’apogée du talent considérable de son auteur, reste malgré tout une bonne lecture.

World of fire / World of water – James Lovegrove

world_fireLe cycle dont font partie ces deux livres a été spécialement conçu pour placer le cadre de leur action respective sur des planètes exotiques, d’un type entièrement différent à chaque fois. Le premier tome, World of fire, se déroule sur une « thermoplanète » semblable à Mercure, tandis que le second, World of water, se passe sur une planète-océan et que le troisième, World of air, se passera apparemment « sur » une géante gazeuse. Dans les deux premiers cas, les particularités de chaque type de monde sont réalistes et bien exploitées, et même si ces livres ne constituent probablement pas des chefs-d’oeuvre (il y a un certain manque d’originalité, notamment : j’avais décrit le tome 1 comme « Takeshi Bauer-Deckard vs L’agent Smith du Technocentre Cylon »), ils n’en restent pas moins des lectures tout à fait valables pour l’amateur de science-fiction d’enquête à tendance hard.

Trilogie Orthogonal – Greg Egan / Un feu sur l’abîme – Vernor Vinge

orthogonal_1_eganProposer une planète ou un système solaire exotique, c’est bien. Mais passer à l’échelle de la galaxie ou de l’univers tout entier, ça a tout de même plus de classe et d’ambition ! C’est ce qu’ont fait, chacun à leur époque et dans leur genre, ces maîtres de la SF que sont Greg Egan et Vernor Vinge. Le premier a changé un signe « – » en un « + » dans une équation, passant de la géométrie Lorentzienne de notre propre espace-temps à une géométrie Riemannienne dans son cosmos imaginaire. Ça n’a l’air de rien, mais les conséquences sont colossales : la vitesse maximale qu’on peut atteindre n’est pas limitée à celle de la lumière (qui est d’ailleurs variable -dans le vide- en fonction de la longueur d’onde), la création de cette dernière génère de l’énergie cinétique / chimique / calorique (les plantes émettent de la lumière au lieu de l’absorber, comme dans notre univers, pour alimenter en énergie leur métabolisme), l’énergie d’un objet en mouvement est inférieure à celle d’un objet au repos, et surtout seules certaines formes de matière sont stables, justement en raison de l’énergie cinétique générée par la création spontanée de lumière. Bref, en changeant juste un signe dans l’équivalent pour l’espace-temps du théorème de Pythagore, on peut créer de façon tout ce qu’il y a de scientifique un univers plus extraordinaire que l’écrasante majorité des créations de la Fantasy.

Notez que l’auteur propose d’autres romans, Schild’s Ladder et Dichronauts, montrant des altérations des lois de l’univers aussi, voire plus radicales. Malheureusement, le premier est si pointu qu’on ne peut pas vraiment le considérer comme un livre grand public, et le second ne va pas beaucoup plus loin que son postulat de départ, créant certes un univers hautement inhabituel mais n’en faisant pas grand-chose d’intéressant.

Vernor Vinge, lui, a une approche différente : dans son univers, plus vous vous éloignez du centre des galaxies, et plus la vitesse maximale que vous pouvez atteindre, le degré des violations des lois de la Nature et le QI que vous ou vos IA pouvez atteindre est grand. En clair, dans la zone où se trouve la Terre, la vitesse de la lumière est un mur infranchissable et de toute façon impossible à atteindre, l’anti-gravité n’est qu’un fantasme, et la Singularité n’est pas prête d’arriver. Mais sur les bords des bras galactiques, près du gouffre qui sépare la Voie Lactée d’Andromède, des Nuages de Magellan ou de M33, en revanche… L’auteur exploite minutieusement les particularités de son univers, dans un roman bluffant dont vous trouverez la critique ici.

La planète géante – Jack Vance

planete_geante_vanceDans ce livre, le vrai personnage n’est pas un être humain, mais la planète elle-même (un exemple précoce de worldbuilding de compétition !). Monde de grande taille mais doté d’une faible densité, la Planète Géante ne pose pas de problème en raison d’une pesanteur écrasante, de prédateurs dangereux ou autres phénomènes liés au climat ou à l’écosystème, mais tout simplement à cause des distances colossales qu’un voyage à sa surface est susceptible d’impliquer. Colonisée par des groupes rejetés qui voulaient créer leur propre enclave où on leur ficherait la paix, elle a vite sombré dans l’anarchie la plus totale. Quand les terriens débarquent pour essayer de rétablir un semblant d’ordre, leur vaisseau est saboté, et sur cette planète très pauvre en métaux, la seule solution est de rejoindre l’unique enclave terrienne… 65 000 kilomètres plus loin ! (une distance qui ne peut pas exister à la surface de la Terre). Notez que Robert Silverberg a développé un contexte de Fantasy assez similaire : Majipoor.

Le monde du fleuve – Philip José Farmer

le_monde_du_fleuvePremier tome du cycle de l’éternité, ce roman montre la résurrection de Richard Francis Burton sur les berges d’un fleuve, qui ne laissent qu’un mince espace entre des montagnes aussi abruptes qu’infranchissables. Apparemment, toute la population ayant jamais vécu sur Terre jusqu’à une date bien précise a été ressuscitée par une espèce très avancée inconnue, pour des motifs que les protagonistes vont s’efforcer de découvrir. Plus étrange encore, la rumeur dit que le fleuve et les chaînes (ou plutôt murs) de montagnes qui le flanquent seraient infinis : Burton et ses compagnons vont tenter de le découvrir, alors que certains personnages peu recommandables issus de notre Histoire (Göring par exemple) tentent d’exporter dans ce nouveau monde et cette seconde vie inespérée la violence, les horreurs et les injustices qui caractérisaient la première, sur Terre. Classique parmi les classiques, il s’agit d’une lecture indispensable pour tout amateur de SF (et d’Histoire !).

La forêt de cristal – J.G. Ballard

foret_cristal_ballardEt pour terminer cet article, le dernier mais non des moindres, j’ai nommé un autre roman de tout premier plan, La forêt de cristal de J.G. Ballard. Dans l’Afrique moderne, un médecin tente de rejoindre une léproserie isolée où se trouve son ancienne maîtresse, alors qu’un étrange phénomène a lieu : tout comme en Floride ou dans les marais du Pripiat (entre l’Ukraine et la Biélorussie), quelque chose transforme en cristal les plantes et les animaux de la jungle. Cette apocalypse non pyrotechnique et pas particulièrement spectaculaire, en un sens (pas autant qu’une guerre nucléaire, la panique consécutive à une pandémie ou l’imminence de l’impact d’un astéroïde, par exemple), est pourtant d’une beauté teintée de douceur, tant le style de l’auteur est évocateur. Elle est d’ailleurs typique de Ballard (on citera aussi, notamment, Le monde englouti).

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23 réflexions sur “The A(pophis)-Files – épisode 8 : La SF à environnements exotiques – morceaux choisis

  1. Oulala, beaucoup trop d’œuvres majeures que je n’ai pas lues (honte à moi)… Le seul que j’ai lu étant La Planète Géante de Jack Vance.
    Merci beaucoup pour ce genre d’articles (non, tous tes articles en fait), ils permettent vraiment d’avoir un panorama très large d’œuvres dans les thématiques que tu abordes.

    Aimé par 1 personne

    • Merci ! Oui, c’est le but, proposer une sélection de romans qui privilégient l’évasion, le spectaculaire, des voies de développement de la vie autres, des cadres enchanteurs ou étranges, des univers radicalement dissemblables au nôtre, etc.

      J'aime

  2. Un très bon article comme d’habitude avec plein de lectures qui donnent envie. J’en ai lu deux et j’ai très envie de découvrir Planète géante de Jack Vance. J’avoue que le titre à paraitre chez Albin Michel Imaginaire est également tentant 😀

    Aimé par 1 personne

  3. Mon dieu quelle liste de bouquins!!! J’en ai quand même lu quelques uns.

    Je n’avais pas du tout accroché au concept du Monde Fleuve. Pourtant, s’agissant d’un œuvre majeure, j’en ai tenté la lecture par deux fois. Visiblement il n’est pas pour moi!
    Tu sais ce que je pense du Sultan des nuages et comme environnement exotique c’est vraiment chouette, et il me tarde de prendre le temps de lire Les chroniques de méduse!
    Gravité aussi, je l’ai lu à sa sortie, et j’avoue que je n’étais pas assez « sensibilisée » à la hard-sf pour apprécier. Je pense que j’aurais un autre regard de nos jours. L’expérience de lecteur est importante dans l’appréciation de nos romans.

    Autrement, je note TOUT le reste! TOUT.
    Par contre cela reste coton pour dénicher BIOS.
    Merci Apo!

    Aimé par 1 personne

  4. Ping : L’œuf du dragon – Robert Forward | Le culte d'Apophis

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