Lucky Thirteen / Measures of absolution – Marko Kloos

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Toujours aussi bon ! 

measures_of_absolution_kloosAprès avoir lu Terms of enlistment, j’ai eu envie de poursuivre l’exploration de l’univers de SF militaire de Marko Kloos, avec deux nouvelles : Lucky Thirteen (14 pages, consacrée à Halley) et Measures of Absolution (64 pages, consacrée à l’insurrection de Detroit). Par contre, petite remarque : 0.99  et 1.75 euros (en version électronique) pour un aussi faible nombre de pages, je trouve ça abusif, ça fait cher la page. Mais bon lorsqu’on aime…

Notez que oui, c’est en anglais, mais si vous aimez la SF militaire, ne vous en privez pas, le niveau de langage utilisé est ultra-accessible (l’auteur vit certes aux USA, mais il est allemand, ceci expliquant peut-être cela). C’est même un bon test pour mesurer votre niveau d’anglais et voir s’il vous permet de vous lancer dans la lecture en VO. 

Measures of absolution

Le début de cette nouvelle nous projette au cœur de la Bataille de Detroit, sujet du deuxième quart de Terms of enlistment. Cette fois, le protagoniste est le Caporal Kameelah Jackson, la « fille au couteau » de l’escouade de Grayson. L’action démarre d’ailleurs juste un peu avant qu’il ne soit blessé. Jackson abat l’insurgée responsable, et en la fouillant, trouve une plaque d’identité militaire. Une fois de retour saine et sauve à Fort Shughart (elle est la seule de l’unité à s’en être sortie indemne), Jackson va chercher à comprendre comment une bande de civils a réussi à décimer une escouade militaire aguerrie, ce qu’aucune force régulière n’avait réussi jusque là. Et d’où viennent les M66 et les mitrailleuses lourdes utilisées, ainsi que les tactiques évoluées mises en oeuvre ? La plaque militaire récupérée, ainsi que quelques jours de permission à prendre, vont être le départ d’une enquête pour découvrir les responsables de l’embuscade… et leur faire payer.

En parallèle, Jackson est temporairement mise à la tête d’une autre escouade, formée de bleus. Toute la compagnie est renvoyée à Detroit, cette fois dans le PRC-22. Celui-ci est de la cinquième génération : en clair, au lieu d’avoir des immeubles à-peu-près normaux disposés comme dans une zone urbaine banale, on a une constellation d’arcologies (immeubles de 100 étages, avec tous les services intégrés ou quasiment, bref une ville dans une tour), groupées par 48 autour d’un noyau central permettant théoriquement au gouvernement et à la police de les contrôler plus facilement. Déposés sur le toit, les pelotons pénètrent dans une des tours par des ascenseurs de service dédiés. La section de Jackson doit être la dernière à descendre, mais son instinct lui souffle que quelque chose ne va pas. Ce qui se confirme quand les accès se verrouillent et que le réseau de communication décide de partir en RTT… Avec ses 9 hommes (des bleusailles, pas ses frères d’armes habituels), Jackson va alors se retrouver piégée dans un labyrinthe infernal, opposée à des forces dix fois plus nombreuses, avec 100 étages à descendre sous le feu ennemi…

Alors que la passage dans le PRC-7 dans Terms of enlistment était complètement inspiré par La chute du faucon noir (et plus généralement, par la Bataille de Mogadiscio), cette fois l’action ressemble beaucoup au film Dredd (celui avec Karl Urban, pas celui avec Sylvester Stallone) ou aux bas-fonds de Mesa de David Weber et eric Flint. Dans les deux cas, nous sommes évidemment devant une démonstration des dangers et des complexités de la guerre urbaine, des opérations anti-insurrectionnelles et de la guerre asymétrique.

Ce qui est très intéressant dans ce texte, c’est qu’il fournit des clefs qui n’étaient pas présentes dans le roman : une fois Grayson blessé, on passe rapidement à autre chose, sans se demander de quelle manière des civils sont parvenus à se procurer des armes lourdes ou des armes légères militaires, à faire preuve d’une telle organisation et à mobiliser autant de monde au nez et à la barbe du gouvernement. La nouvelle apporte pas mal de réponses à ces questions, affine encore l’univers, et remet en doute, dans l’esprit du lecteur, le contrôle réel du gouvernement sur les PRC. Elle explique aussi le comportement des insurgés : ils ne considèrent pas l’Armée Territoriale comme une force légitime de maintien de l’ordre, mais comme une force d’occupation, comme des chiens de garde, presque des gros-bras de la Mafia avec un insigne et un fusil d’assaut, au service des classes aisées.

Au final, c’est encore une fois un texte très immersif, bien écrit, bien rythmé, avec une psychologie du protagoniste encore un peu plus développée, et qui complète très bien le roman. Cette nouvelle me paraît aussi être un très bon test si vous hésitez à acheter Terms of enlistment ou si vous avez des doutes concernant votre capacité à le lire en anglais.

Lucky thirteen

lucky_thirteen_kloosCette nouvelle suit les premiers pas de pilote d’aéronef (pensez hélicoptère de l’espace, dans le même style que celui d’Aliens) d’Halley, la petite amie d’Andrew dans Terms of enlistment. Comme tout pilote novice, on lui a refilé l’appareil dont personne ne veut, celui surnommé Lucky 13 (« 13 le chanceux »). Il a gagné ce nom suite à des circonstances tragiques : il s’est crashé non pas une mais deux fois, tuant tout l’équipage et les troupes embarquées à chaque fois, mais étant dans chaque cas réparable. Statistiquement parlant, être récupérable après deux crashs si violents qu’ils tuent tout le monde, c’est du jamais-vu. Il faut dire que l’engin était peut-être prédestiné, vu que son numéro de série est le… 13-02313 : ce qui fait un treize au début, un à la fin… et un total de tous les chiffres qui fait 13 !

Halley n’est pas superstitieuse, déclarant même au chef de bord que « ce n’est qu’une machine », ce à quoi il répond que chaque machine a une âme. Et rapidement, 13 le chanceux va le démontrer, jusqu’à un final… explosif.

C’est un texte très immersif (d’autant plus qu’il est narré à la première personne), à la fois parce qu’il nous place au cœur de combats air-air et air-sol (voire sol-sol) intenses, et aussi parce qu’il montre tout l’attachement d’une pilote pour son appareil. C’est aussi un moment intéressant du cycle Frontlines dans son ensemble, puisque c’est la première fois que l’auteur nous montre des combats contre les Russes et les Chinois. Dans l’ensemble, cette nouvelle est donc prenante et réussie. En plus, les 14 pages sont très vite lues. Par contre, d’une part 0.99 euros pour une lecture si rapide, ça fait très cher, je trouve, et d’autre part, c’est, à mon sens, un achat bien moins indispensable (pour la construction de l’univers, notamment) que Measures of absolution.

J’espère que, si un jour version française il y a (ça m’étonnerait, mais bon…), l’éditeur aura l’intelligence de mettre ces deux textes à la suite de Terms of enlistment et de proposer un seul livre synthétique de cette période de l’histoire de cet univers.

Une réflexion sur “Lucky Thirteen / Measures of absolution – Marko Kloos

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