The autumn republic – Brian McClellan

Une fin de cycle (et de roman) réussie

the_autumn_republicThe autumn republic est le troisième et dernier roman de la trilogie des Poudremages. Pourtant, il ne constitue pas (loin de là, même) la fin de l’exploration de cet univers par l’auteur : outre une dizaine de nouvelles (voir ici et ), Brian McClellan s’est lancé dans un second cycle, Gods of blood and powder, reprenant le même monde et certains des personnages que nous connaissons déjà (y compris via les textes courts, d’ailleurs, qui prennent donc encore plus d’importance pour celui qui veut pleinement saisir les tenants et aboutissants). Je vous proposerai, au premier trimestre 2018, une critique des deux premiers romans de cette nouvelle saga, ainsi que celle de la nouvelle The mad lancers.

Mais revenons à nos moutons : chaque tome des Poudremages est réputé un peu meilleur que le précédent, et celui-ci est supposé offrir un final en apothéose au cycle. Est-ce le cas ? Globalement, oui, même si j’ai eu personnellement un peu plus de mal à entrer dans celui-ci. Mais une fois que cela a été fait, quelle baffe !  Continuer à lire « The autumn republic – Brian McClellan »

The siege of Tilpur – Brian McClellan

Les aventures du sergent Tamas, 19 ans

siege_of_tilpurThe siege of Tilpur est une nouvelle d’une trentaine de pages s’inscrivant dans le cycle des Poudremages de Brian McClellan. Initialement uniquement disponible dans l’anthologie Unbound parue en décembre 2015, elle est désormais mise à la disposition des lecteurs individuellement. De plus, pendant les deuxième et troisième semaines de Novembre, elle est disponible gratuitement via le site de l’auteur (dans une archive .zip contenant trois formats de fichiers différents, epub, pdf et mobi). Signalons aussi que l’inscription à la newsletter publiée par l’auteur vous donne droit à un exemplaire tout aussi gratuit de la nouvelle Murder at the Kinnen Hotel.

Nous suivons Tamas, 19 ans seulement mais déjà sergent, pendant une des guerres dans le désert de Gurla. Dans la chronologie interne de cet univers, c’est donc le texte le plus ancien, puisqu’il se déroule forcément avant Servant of the crown (où Tamas est Major), qui lui-même se passe 35 ans avant La promesse du sang. Son groupe de combat de 9 hommes et lui font partie des troupes qui doivent monter à l’assaut d’un fort ennemi, Tilpur, si bien défendu, par des soldats, des canons et de la sorcellerie, qu’il s’est révélé imprenable malgré quatre tentatives par trois nations différentes. Et comme souvent dans le cycle, du moins avant la Révolution imposée par Tamas, ce sont les officiers supérieurs, des incompétents qui ne doivent leur position qu’à leurs titres de noblesse, qui posent presque plus de problèmes que l’adversaire du moment !  Continuer à lire « The siege of Tilpur – Brian McClellan »

The red threads of Fortune – Jy Yang

Très différente de la précédente, cette novella est encore une fois franchement bonne

red_threads_yangThe red threads of Fortune est le texte jumeau de The black tides of Heaven (paru en même temps, mettant en scène la même paire de protagonistes, en mettant l’emphase sur l’un d’entre eux dans chacun des ouvrages), les deux ouvrant le cycle Tensorate de l’auteur singapourien (d’expression anglaise) Jy Yang. On sait déjà que celui-ci se poursuivra en 2018 avec deux autres romans courts, The descent of monsters et The ascent to Godhood. Théoriquement, les deux premières novellas peuvent se lire dans n’importe quel ordre, même si les premiers retours de lecteurs anglo-saxons avaient assez fortement tendance à dire qu’il était plus pertinent de commencer par The black tides of Heaven. Et effectivement, après avoir lu les deux, je peux dire que c’était la chose à faire. En effet, The red threads of Fortune se déroule après la fin de son texte jumeau, et ne présente pas les particularités liées au genre dans cet univers de façon aussi détaillée. Vous saisirez beaucoup mieux l’histoire globale des deux romans si vous les lisez dans le même ordre que moi.

Cette novella est très différente de la précédente, qui était un roman d’apprentissage s’étendant sur plusieurs décennies. Cette fois, nous sommes sur un registre différent, puisque le thème principal est la façon de faire son deuil et que l’action se déroule sur quelques jours à peine et dans le même lieu (une même région, pour être plus précis).  Continuer à lire « The red threads of Fortune – Jy Yang »

The grey bastards – Jonathan French

Orcs of Anarchy ! 

grey_bastards_frenchThe grey bastards est le troisième roman de l’auteur américain Jonathan French, et le tome inaugural d’un nouveau cycle (qui porte le même nom). A l’origine un titre auto-publié (c’est sous cette forme que je l’ai acquis il y a quelques mois, sans même m’apercevoir, vu la couverture très pro, qu’il s’agissait de cela -et heureusement pour lui, vu que je ne lis pas d’auto-édités, en temps normal-), il a (ainsi que sa future suite) été acheté par Penguin / Random House, et sera disponible dans une nouvelle édition professionnelle sous la bannière de Crown Publishing en 2018 d’après le site de l’auteur. Tout comme Kings of the Wyld de Nicholas Eames, il transpose un élément très « rock’n’roll » du monde réel dans un univers médiéval-fantastique : chez ce dernier, il s’agissait des groupes de hard / rock des années 60-80, alors que chez French, il s’agit de la série Sons of anarchy, consacrée aux bikers US.

Mais ce roman ne s’arrête pas à cette (excellente) idée de départ, car il y ajoute des personnages qui sont tous ou quasiment des demi-orcs, ainsi qu’un univers de Fantasy Historique (variante : dans un monde secondaire mais très inspiré par le nôtre) entre l’Espéragne de Guy Gavriel Kay et l’Al-Andalus envahi par les orcs de Fabien Cerutti. Et plus on avance, plus l’intrigue prend de l’ampleur, et se démarque du simple copier-coller bien bourrin comme on aime de SoA en abordant des thèmes profonds comme l’esclavage, le racisme, le métissage, les expérimentations humaines, la guerre biologique, etc.  Continuer à lire « The grey bastards – Jonathan French »

The black tides of Heaven – Jy Yang

Un univers fantastique unique, où chacun peut choisir son genre

black_tides_YangJy Yang est un écrivain singapourien de Fantasy et Science-Fantasy, ancien biologiste moléculaire, auteur pour des comics, des films d’animation et des jeux, journaliste dans un des quotidiens majeurs de Singapour et communicant pour l’agence locale pour la science, la technologie et la recherche. Il se définit lui même comme queer et non-binaire.

Jy Yang est spécialisé dans la forme courte, qui a été publiée dans un certain nombre de magazines ou autres plate-formes connues (Clarkesworld, Tor.com, etc). Il s’est désormais lancé dans la parution d’un cycle, Tensorate, de novellas : deux ont été publiées en même temps (celle que je vous présente aujourd’hui, ainsi que sa jumelle, The red threads of Fortune), et deux autres sont prévues en 2018. Théoriquement, ces deux textes peuvent se lire dans n’importe quel ordre, mais les premiers retours des lecteurs anglo-saxons m’ont indiqué qu’il valait tout de même mieux commencer par The black tides of Heaven, ce que j’ai donc fait.

Cet univers, apparenté au Silkpunk de Ken Liu, présente de nombreuses particularités qui le démarquent totalement de la quasi-totalité du reste de la Fantasy, mais l’une d’elles est tout spécialement importante : la faculté qu’ont ses habitants de choisir leur genre avant d’arriver à l’âge adulte, via la magie.  Continuer à lire « The black tides of Heaven – Jy Yang »

Three parts dead – Max Gladstone

Un monde et un système de magie impressionnants

three_parts_dead_gladstoneMax Gladstone est un auteur américain d’Urban Fantasy, d’Arcanepunk, de Fantastique et de SF connu pour son cycle The craft sequence, dont Three parts dead est un des volumes. La particularité de ce roman est que si il s’agit du premier écrit et publié, c’est en revanche le troisième si on tient compte de la chronologie interne de l’univers. En effet, l’auteur avait envisagé dès la conception de la saga que chaque livre ne constituerait pas forcément la continuité du précédent, et pourrait se passer avant (ce qui implique aussi que les lieux de l’action et les protagonistes peuvent être différents -même si, par exemple, nous retrouvons Alt Coulumb et Tara dans le tome 4, et Elayne Kevarian dans le 1-). Il a donc inséré un chiffre dans leurs titres (à part celui du tome 6, qui vient tout juste de sortir), afin de vous donner leur place dans l’ordre chronologique interne. En clair, Three parts dead est le premier publié, mais vu qu’il y a un « three » (trois en anglais) dans son titre, c’est le troisième tome que vous devez lire si vous voulez découvrir l’histoire dans l’ordre chronologique interne à cet univers. Sachez cependant que chaque roman a été conçu également comme un stand-alone, ce qui fait que vous pourriez théoriquement les lire dans n’importe quel ordre (même si certains détails ou références vont vous échapper), voire en lire un seul et pas les autres. Personnellement, j’ai préféré découvrir ces romans dans leur ordre de parution, afin de mieux mesurer l’évolution de l’écriture de l’auteur.

Ce cycle est présenté comme un des plus emblématiques, sinon LE plus représentatif de l’Arcanepunk, sous-genre dont nous avons parlé dans cet article et qui constitue une des pistes de renouvellement de la Fantasy dans les années à venir. Il va se poursuivre, en 2018, via la publication de novellas.  Continuer à lire « Three parts dead – Max Gladstone »

The traitor Baru Cormorant – Seth Dickinson

A côté de ce roman, le Trône de Fer est du YA !

baru_cormorantSeth Dickinson est un écrivain américain de SF et de Fantasy, dont The traitor Baru Cormorant (simplement connu, dans son édition britannique, sous le nom de The traitor) est le premier roman. Il a terminé sa suite, The monster Baru Cormorant, en juillet 2017, soumettant un colossal manuscrit de… 1104 pages ! C’est également un auteur de nouvelles assez prolifique pour divers sites ou magazines consacrés aux littératures de l’imaginaire, et il a aussi travaillé sur deux jeux vidéo.

Issu d’une nouvelle écrite en 2011, The traitor Baru Cormorant est un roman de Hard Fantasy, sous-genre qui tente de proposer des mondes plus réalistes que dans la Fantasy moyenne. Attention, cela ne signifie pas (forcément) gommer les éléments emblématiques du genre (bien que ce soit le cas ici), comme les dragons, la magie ou les races imaginaires (elfes, nains, etc), mais plutôt donner aux aspects géopolitiques, économiques ou technologiques une précision et un degré de développement qu’ils n’ont pas d’habitude.

Mais ce livre est surtout un véritable modèle de (Grim)dark Fantasy : du côté dystopique à la complexité psychologique des personnages en passant par l’ambiance très noire à certains points-clefs de l’intrigue, nous sommes devant un exemple très pur de ce sous-genre. Et pourtant… The traitor Baru Cormorant m’a offert des moments d’émotion comme j’en ai rarement vécu en Fantasy. Son début et sa fin offrent une intensité assez extraordinaire, qui peuvent aisément faire oublier quelques longueurs au milieu.  Continuer à lire « The traitor Baru Cormorant – Seth Dickinson »

Of sand and malice made – Bradley P. Beaulieu

Le chat et la souris

sand_malice_beaulieuOf sand and malice made est une novella maousse costaud (plus de 200 pages) qui constitue un « prélude » aux Douze rois de Sharakhaï. Alors attention, par ce terme, il faut comprendre qu’elle se passe avant, pas qu’elle explique des points laissés dans l’ombre par ce roman. Vous ne verrez pas, par exemple, l’enfance de Çeda aux côtés de sa mère, ou les mystérieuses origines de cette dernière. Dans cette novella, notre héroïne a déjà quinze ans (elle atteindra même les seize au cours du récit), ce qui situe donc l’intrigue 3-4 ans avant le tome 1.

Le début peut laisser penser que ce roman est bâti sur les mêmes bases qu’un autre texte court du cycle, In the village where brightwine flows, à savoir une enquête. En fait, il n’en est rien : dans la récente tradition Eriksono-Sandersonienne, Çeda va affronter les enfants des dieux en personne !  Continuer à lire « Of sand and malice made – Bradley P. Beaulieu »

In the village where brightwine flows – Bradley P. Beaulieu

Les Experts : Sharakhaï

beaulieu_nouvelle_sharakai_2Comme de plus en plus d’auteurs anglo-saxons, Bradley P. Beaulieu a complété les romans de son cycle The song of the shattered sands (appelé en français Sharakhaï, du nom de la ville au centre de son univers) par des nouvelles et des novellas. Celle dont je vais vous parler aujourd’hui est la seconde en date, sortie le 11 août dernier (je vous présenterai l’autre dans quelques jours). Sachez aussi que Mr Beaulieu va en publier trois autres (déjà apparues dans diverses anthologies), et qu’il a signé pour les livres 4, 5 et 6 du cycle (et non, ce n’est pas une « trilogie en six volumes », il avait toujours envisagé une saga de cette longueur).

In the village where brightwine flows, donc, est une nouvelle de 65 pages (vendue au prix prohibitif de… 2.99 euros !) centrée sur un des personnages secondaires (mais assez marquant) des Douze rois de Sharakhaï, l’apothicaire Dardzada, le père adoptif de Çeda (qui n’est que vaguement mentionnée et n’apparaît pas dans ce texte). Continuer à lire « In the village where brightwine flows – Bradley P. Beaulieu »

The crimson campaign – Brian McClellan

Je s’appelle Grunt

crimson_campaignThe crimson campaign est le second tome de la Trilogie des Poudremages, dont seul le premier a été traduit en français (La promesse du sang ; au passage, les récentes rumeurs disant que le cycle allait être relancé semblent être fausses). Sachez également que l’auteur a publié de nombreuses nouvelles donnant corps à l’histoire de son univers et à ses personnages, et qu’il a mis en chantier une seconde trilogie se déroulant dans le même monde (elle reprend un personnage de la première et un autre introduit dans les nouvelles). Le premier tome est paru, le second attendu en mars 2018.

En général, le roman intermédiaire d’une trilogie est le moins intéressant, puisqu’il ne réserve pas l’effet de surprise de son prédécesseur et pas l’apothéose de son successeur. Pourtant, celui-ci est réputé être beaucoup plus solide sur ce plan : alors, qu’en est-il ? Eh bien ce n’est pas du marketing ou une rumeur infondée, c’est tout à fait exact ! Continuer à lire « The crimson campaign – Brian McClellan »