In the village where brightwine flows – Bradley P. Beaulieu

Commentaires 14 Par défaut

Les Experts : Sharakhaï

beaulieu_nouvelle_sharakai_2Comme de plus en plus d’auteurs anglo-saxons, Bradley P. Beaulieu a complété les romans de son cycle The song of the shattered sands (appelé en français Sharakhaï, du nom de la ville au centre de son univers) par des nouvelles et des novellas. Celle dont je vais vous parler aujourd’hui est la seconde en date, sortie le 11 août dernier (je vous présenterai l’autre dans quelques jours). Sachez aussi que Mr Beaulieu va en publier trois autres (déjà apparues dans diverses anthologies), et qu’il a signé pour les livres 4, 5 et 6 du cycle (et non, ce n’est pas une « trilogie en six volumes », il avait toujours envisagé une saga de cette longueur).

In the village where brightwine flows, donc, est une nouvelle de 65 pages (vendue au prix prohibitif de… 2.99 euros !) centrée sur un des personnages secondaires (mais assez marquant) des Douze rois de Sharakhaï, l’apothicaire Dardzada, le père adoptif de Çeda (qui n’est que vaguement mentionnée et n’apparaît pas dans ce texte).

Who are you ? ouh ouh, ouh ouh *

Who are you, The Who, 1978.

Dardzada est très occupé. Un festival important approche, et son échoppe ne désemplit pas. Bref, il se fait les c……s en or. Enfin, du moins, il se les ferait si son psychopathe de demi-frère (le gars torturait VRAIMENT des chatons lorsqu’il était minot), Layth, qui se trouve être capitaine dans les Lances d’argent (la « police » de la ville), ne débarquait pas en virant la clientèle manu militari. Car Dardzada est réquisitionné par ordre des Rois en personne (et on ne refuse rien aux souverains de la ville, surtout si on ne veut pas qu’ils s’intéressent à vos autres activités), afin d’assister la maréchaussée dans l’enquête sur la mort du fils de douze ans d’un notable local, le plus grand éleveur de chevaux de la ville. Qui, en plus, a demandé l’apothicaire en personne. Car selon sa mère, l’enfant a une apparence étrange : son cadavre a l’air plus vieux qu’il ne devrait l’être…

We won’t get fooled again *

Won’t get fooled again, The Who, 1971.

Dardzada se voit adjoindre un jeune Lance d’argent, Ezren, qui est supposé l’assister (mais aussi le surveiller). Il commence alors une enquête que ne renieraient pas les Experts, examinant le cadavre, suivant les indices, interrogeant les gens des bas-fonds comme ceux de cercles plus huppés. Cette enquête est tout à fait passionnante et rondement menée en elle-même, mais le gros bonus est qu’elle permet de découvrir des aspects de Sharakhaï que nous ne connaissions pas : la façon dont elle nourrit ses habitants, ses minorités Mireanes (l’équivalent des chinois dans ce monde), le Chinatown local, le milieu de la drogue. Ainsi qu’une singulière pratique des fils de bonne famille locaux, à savoir celle de se mêler au bas-peuple, avec tous les risques que cela peut entraîner.

Au passage, l’ambiance très asiatique peut surprendre celui qui était resté sur l’atmosphère arabe des Douze rois, mais ce serait oublier un peu vite que la ville est inspirée par Samarcande et relève de la Silk Road Fantasy, ce qui fait que la présence d’éléments évoquant la Chine est tout à fait logique.

La fin est prévisible sur certains points, mais pas du tout sur d’autres, et au final l’histoire est franchement intéressante. Dardzada est un personnage qui prend de l’épaisseur (c’est le but de ce genre de texte), et qui se révèle complexe et passionnant. Il y a un aspect « Les experts » réjouissant qui plane sur cette nouvelle, et très réussi qui plus est.

Signalons une jolie couverture, tout à fait en rapport avec une des scènes marquantes de la nouvelle. Remarquons d’ailleurs qu’à la fois dans cette dernière et dans Of sand and malice made, l’auteur semble utiliser de façon récurrente (être obsédé par ?) les papillons et les seigneurs de la drogue.

En conclusion *

Baba O’Riley, The Who, 1971.

Cette nouvelle, une enquête policière et médico-légale mettant en scène Dardzada, le père adoptif de Çeda, est non seulement rondement menée et tout à fait passionnante, mais elle permet aussi d’en apprendre beaucoup plus sur des aspects de la ville de Sharakhaï que nous ne connaissions pas jusque là. Le personnage se révèle vraiment intéressant, et parfois surprenant. J’ai trouvé que le niveau était relativement supérieur à celui des Douze rois de Sharakhaï, et, d’après ce que j’ai pu en lire, plus conforme à la plume habituelle de l’auteur, par exemple sur son autre cycle phare, Lays of Anuskaya. Bref, si vous lisez l’anglais et que vous aimez cet univers, voilà un achat hautement recommandable.

Niveau d’anglais : moyen.

Probabilité de traduction : les chances que cette nouvelle soit traduite toute seule sont quasi-nulles. Maintenant, étant donné qu’à terme, il y aura au moins 5 nouvelles et novellas situées dans l’univers de Sharakhaï, il est tout à fait possible, surtout si le cycle cartonne, que Bragelonne les traduise en bloc et les réunisse dans un recueil du genre « Aventures à Sharakhaï ». Même si j’y crois moyennement, sachant la « popularité » de la forme courte en France (bien que la collection « Une heure-lumière » soit peut-être en train de faire bouger les lignes).

Pour aller plus loin

Cette nouvelle fait partie d’un cycle : retrouvez sur Le culte d’Apophis les critiques d’une autre (longue) nouvelle, du tome 1,

14 réflexions sur “In the village where brightwine flows – Bradley P. Beaulieu

    • Ce qui est intéressant dans Sharakhaï, c’est d’abord que le contexte change énormément du med-fan d’inspi européenne, et ensuite que l’ambiance est très bien rendue. Après, ce n’est pas forcément un monument de la Fantasy non plus, mais ça reste agréable à lire.

      Aimé par 1 personne

    • Oui, il sort en novembre, c’est d’ailleurs pour ça que je me grouille de lire les textes annexes. Je suis en train de finir Of sand and malice made (critique à suivre demain), qui est encore plus Dark que cette nouvelle (et beaucoup plus long), même si finalement, je pense que j’aurai une préférence pour In the village where brightwine flows.

      J'aime

  1. Je n’avais pas trop accroché à Sharakhaï même si l’ambiance était assez sympa. Je ne pense pas que je lirai la suite mais je vais guetter la traduction d’autres textes de lui (dont peut-être un jour cette nouvelle^^)

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Of sand and malice made – Bradley P. Beaulieu | Le culte d'Apophis

  3. Pingback: Les douze rois de Sharakhaï – Bradley P. Beaulieu | Le culte d'Apophis

  4. Rien que pour les Who, je ne vais pas être fooled again, et je lirai cette nouvelle une fois que les 12 Rois seront passés entre mes mains!
    Merci pour cet excellent accompagnement musical. Si la nouvelle est à ce niveau de peps, impossible de s’ennuyer!

    Aimé par 1 personne

  5. Pingback: Septembre 2017 au clair de miel – Albédo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s