Le marteau de Thor – Stéphane Przybylski

Très bon roman, bon second tome, mais je ne suis toujours pas pleinement convaincu

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Ce roman est le second tome de la Tétralogie des Origines, après Le château des millions d’années. Il en a toutes les qualités (le côté haletant qui fait qu’on le dévore plus qu’on ne le lit, la reconstitution historique absolument sidérante de précision, l’ambition et la maîtrise de la structure narrative, la richesse et la complexité des personnages – du moins la plupart-), mais on y retrouve également certains des défauts du premier tome (la structure à base de flash-backs un peu trop exigeante principalement).

J’ai également constaté dans ce tome 2 l’apparition de nouveaux défauts ou l’aggravation de défauts existants qui font que, malgré d’indéniables et importantes qualités, je ne suis toujours pas à 100 % convaincu par cette Tétralogie pour le moment.  Continuer à lire « Le marteau de Thor – Stéphane Przybylski »

Le dragon ne dort jamais – Glen Cook

Ad Astra

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Bien que Glen Cook soit archi-connu pour son cycle de la Compagnie Noire, un monument de Dark Fantasy, il a aussi publié un certain nombre de livres de Science-Fiction, dont celui-ci. Comme on pouvait s’y attendre avec cet auteur, il s’agit de SF militaire, mais pas seulement : en effet, les influences de Iain Banks et de Frank Herbert planent également sur cet univers (même si elles sont éclipsées par une influence historique, celle de l’Empire Romain). Enfin, je lui trouve des points communs avec pas mal d’œuvres postérieures, du Grand Vaisseau de Robert Reed à La justice de l’Ancillaire d’Ann Leckie (à vrai dire, avant de le lire, c’est un peu comme cela que j’avais imaginé l’univers de ce dernier livre).

J’entame, avec ce roman, mon exploration de l’oeuvre de Glen Cook, qui se poursuivra avec une moyenne d’un livre par mois (ce qui peut signifier deux dans le même mois ou aucun un mois donné, tout dépendra de la densité de nouveautés le mois en question).

Ce n’est clairement pas un livre facile : l’immersion n’est pas graduelle, mais brutale. Bref, il est exigeant, mais est-il intéressant ?  Continuer à lire « Le dragon ne dort jamais – Glen Cook »

La chaîne des chiens – Steven Erikson

Une fin extraordinaire

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Malgré ce que la couverture de l’édition française affiche, il ne s’agit pas du tome III du cycle mais de la seconde partie du tome II de la VO. Nous l’appellerons donc tome 2.5. Si vous voulez vous rafraîchir la mémoire sur le tome 2.0, vous trouverez sa critique ici.

Ce qui frappe immédiatement, c’est la couverture épique et esthétique. Elle attire l’œil et incite à s’intéresser au contenu du roman, même si on ne connaît pas le cycle (même si évidemment, un livre ne saurait se réduire à sa couverture -bonne ou mauvaise-).

Mais trêve de bavardages, passons au vif du sujet : cette deuxième partie du tome 2 est-elle aussi intéressante que la première, le tome 2 dans son ensemble est-il à la hauteur du premier ? Continuer à lire « La chaîne des chiens – Steven Erikson »

Une histoire naturelle des Dragons – Marie Brennan

Downton Abbey… avec des dragons

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Même sans savoir de quoi parle ce livre, il suffit de contempler sa couverture ou de le feuilleter (car il y a de nombreuses autres représentations de dragons, de personnages ou de lieux-en noir et blanc- à l’intérieur) pour être ébahi devant la qualité remarquable de la présentation. Et pour cause, elle est due à un illustrateur de renom, à savoir Todd Lockwood, dessinateur ayant œuvré sur Donjons & Dragons et fameux pour sa représentation de Drizzt Do’Urden. L’Atalante est une maison réputée pour le soin apporté à ses publications (des couvertures au papier en passant par l’impression), mais là, clairement, elle nous propose une édition réellement digne d’éloges. C’est probablement la couverture la plus « j’attrape ton œil et je ne veux plus le lâcher » depuis celles du Paris des merveilles.

Bon, donc c’est beau, mais de quoi ça parle et qu’est-ce que ça vaut ? Il s’agit du premier tome d’une série qui en comptera bientôt quatre, dans laquelle une vieille aristocrate, une sommité en matière de dragons, raconte ses aventures avec ces créatures, le tout dans un contexte pseudo-victorien. Ce premier tome se concentre sur la jeunesse de l’héroïne : enfance et adolescence (sur lesquelles on passe en quelques dizaines de pages, au grand soulagement de votre serviteur, qui a les héroïnes adolescentes en horreur), puis sa vie de jeune épouse de 19 ans.  Continuer à lire « Une histoire naturelle des Dragons – Marie Brennan »

Les enfermés – John Scalzi

Le roman de la maturité littéraire

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John Scalzi a jusqu’ici publié deux types assez distincts de romans : d’une part une série de SF militaire (Le vieil homme et la guerre), et d’autre part des romans de SF isolés, ayant pour la plupart une particularité les distinguant de la SF standard : relever de la science-fantasy (Deus in machina) ou de l’humour, voire la parodie (Redshirts, Imprésario du troisième type). Rien de tel ici, et on comprend, dès la quatrième de couverture, que le désopilant ne va pas vraiment être de la partie. Cela ne veut pas dire que l’humour est absent, mais que le ton général est autre. Après tout, on parle d’une effroyable pandémie et on suit une enquête pour meurtre…

Signalons qu’un second texte est proposé à la suite du roman, dans lequel de nombreux narrateurs détaillent les événements à l’origine du nouveau monde décrit dans le livre. Ce texte, très vivant et d’une richesse exceptionnelle en terme de worldbuilding, est un gros plus par rapport au roman, qu’il complète efficacement (j’en reparle en fin de critique). Continuer à lire « Les enfermés – John Scalzi »

Le guide Howard – Patrice Louinet

Un bon livre sur Howard, mais un guide assez insuffisant pour qui cherche à découvrir son oeuvre

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Après l’excellent Guide de l’Uchronie, je m’attaque à un autre de ces guides thématiques SFFF créés par ActuSF, celui consacré à Robert E. Howard, le créateur (entre autres) de Conan. Ce livre bénéficie d’une grosse réputation, notamment celle de tordre le cou sans ménagement à nombre d’idées reçues sur l’auteur Texan et son oeuvre (Patrice Louinet est un spécialiste de cette dernière et le traducteur français des éditions récentes consacrées à l’écrivain). De fait, l’auteur de ce livre prévient dès l’introduction : il va se détacher de la neutralité des autres guides, et le sien sera militant. Il ne supporte pas, notamment, les réécritures de textes (vous avez cru lire du Howard ? Il n’en est rien, ou si peu…) et les contre-vérités propagées sur Howard, et il va sans ménagement en désigner les responsables.

Alors, ce livre mérite-t’il sa réputation ? C’est ce que nous allons voir.  Continuer à lire « Le guide Howard – Patrice Louinet »

Kane – Intégrale 2 – Karl Edward Wagner

La sword & sorcery qu’aurait pu écrire… Lovecraft !

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Je ne vais pas revenir sur les particularités du personnage, du cycle (et de sa place dans la Sword & Sorcery et plus généralement dans la Fantasy old-school) ou de l’univers, si vous voulez vous rafraîchir la mémoire, je vous invite à consulter ma critique du tome 1 de l’intégrale.

Après un excellent tome 1 (comprenant deux romans magistraux), ce second volet de l’intégrale des aventures de Kane allait-il être à la hauteur de son prédécesseur ? Il comprend le troisième et dernier roman complet du cycle, Le château d’outrenuit, ainsi que six nouvelles (dont deux frôlent les 70 pages). Nous allons les examiner tour à tour, avec à chaque fois un résumé ainsi que mon sentiment les concernant. Ce qu’on peut toutefois d’ores et déjà dire, c’est que Karl Edward Wagner est largement aussi à l’aise dans le format court des nouvelles que dans celui, long, des romans.  Continuer à lire « Kane – Intégrale 2 – Karl Edward Wagner »

Les portes de la maison des morts – Steven Erikson

Tel est pris qui croyait prendre

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(Cet article concerne l’édition Calmann-Lévy de ce roman ; pour l’édition Leha, voir ici).

Malgré un titre qui est la traduction de Deadhouse Gates, second tome du cycle du Livre Malazéen des glorieux défunts, et une couverture française qui signale que ce livre est précisément cela, il ne s’agit en fait que d’une partie du tome 2 de la VO (c’est bon, vous suivez ?). Pour lire la totalité de ce dernier, il vous faudra Les portes de la maison des morts plus La chaîne des chiens, ce dernier étant fort improprement dénommé tome III du cycle par l’éditeur français alors qu’il ne s’agit en fait que du 2.5. Les maisons d’édition françaises commencent à me fatiguer sérieusement à couper tout ce qui dépasse 650 pages dans la VO en deux tomes, ça devient pénible à force et ça génère tout un tas de confusions. Je suis bien conscient que ça présente aussi certains avantages pour le lecteur français (des traductions qui arrivent plus vite, moins d’argent dépensé si finalement le tome 1 ne plaît pas, etc), mais par le Saint Gritche, que c’est lourd ensuite à décanter pour essayer de déterminer quel élément de la VF correspond à la VO…

Je ne vais pas revenir sur les (nombreuses) particularités du cycle, si vous voulez vous rafraîchir la mémoire, je vous invite à vous reporter à la critique du tome 1. Mais entrons plutôt dans le vif du sujet (je précise qu’à partir de maintenant, si je parle de tome 2 ou 3, il s’agira de ceux de la VO, je ne compte pas adopter la numérotation de l’éditeur français : pour désigner le tome III de la VF, j’emploierai désormais l’expression tome 2.5).  Continuer à lire « Les portes de la maison des morts – Steven Erikson »

L’ombre de Saganami – David Weber

Une sorte de best-of des premiers tomes de la saga principale, une série dérivée quasi-indispensable à la compréhension des tomes 11 et plus de cette dernière

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Il s’agit du premier livre d’une seconde série dérivée du cycle Honor Harrington, après La couronne des esclaves qui inaugure le cycle dérivé du même nom (c’est bon, vous suivez ?). Cette seconde série dérivée, donc, connue en anglais sous le nom de Saganami, comprend pour le moment trois tomes, dont les deux premiers ont été coupés en deux livres chacun dans l’édition française. Ces 3 tomes sont donc : L’ombre de Saganami, qui nous occupe aujourd’hui, suivi de L’ennemi dans l’ombre, lui-même suivi par L’ombre de la liberté.

Comme avec toute série dérivée, et particulièrement celles d’Honor Harrington, vous vous posez probablement un certain nombre de questions, auxquelles je vais tenter de répondre le mieux possible afin de vous aider à déterminer si cet achat sera pour vous pertinent… ou pas : Continuer à lire « L’ombre de Saganami – David Weber »

Un feu sur l’abîme – Vernor Vinge

Un roman de référence sur le thème de la Singularité… et pour cause

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Vernor Vinge est un professeur de mathématiques (désormais en retraite), un expert de haut niveau en matière d’informatique, et un des grands noms du mouvement transhumaniste. Son nom reste attaché à un essai paru en 1993 dans lequel il prédit, en se basant sur la Loi de Moore, l’émergence d’une super-intelligence artificielle aux alentours de 2035, un phénomène connu sous le nom de Singularité. En clair, l’émergence de cette intelligence supérieure non-humaine rend la destinée (ou la survie…) de l’humanité complètement floue, imprévisible, à partir de ce point. La Singularité a été envisagée dès les années 50, mais c’est Vinge qui l’a le mieux définie et fait connaître.

Mais Vernor Vinge est aussi un écrivain de SF, bien qu’extraordinairement peu prolifique :  4 romans seulement sont parus entre 1992 et 2011, sauf que… trois d’entre eux ont obtenu le prix Hugo, le plus prestigieux du genre. Le premier, chronologiquement parlant, de ces prix Hugo est le roman qui nous occupe aujourd’hui, Un Feu sur l’abîme. C’est une oeuvre extrêmement originale et visionnaire à de multiples niveaux, comme je vais tenter de vous le démontrer.

Continuer à lire « Un feu sur l’abîme – Vernor Vinge »