Les portes de la maison des morts – Steven Erikson (version Leha)

In-con-tour-na-ble !

portes_maison_des_morts_eriksonLe 16 novembre, (re)paraîtra en français Les portes de la maison des morts, second tome du Livre des martyrs (anciennement Livre Malazéen des glorieux défunts), monumental cycle de Fantasy signé Steven Erikson. Je l’ai, pour ma part, lu il y a près de trois ans dans une précédente édition française, qui l’avait scindé en deux livres. Histoire de vous éviter de parcourir x articles, faisant de plus mention de particularités ne concernant pas cette édition signée Leha, j’ai synthétisé mon analyse et mon ressenti dans la suite de la présente chronique (par contre, n’ayant pas racheté ce tome 2, je ne peux évidemment pas juger la qualité de la nouvelle traduction, et il se peut que certains noms de personnages et autres termes propres à cet univers mentionnés dans ma critique ne soient pas ceux adoptés par Leha) . En résumé : achetez ce livre ! Que vous ayez apprécié mais sans plus le tome 1, ou au contraire que vous l’ayez adoré, ce tome 2 est facilement deux divisions au-dessus, et constitue à mon sens une des lectures les plus marquantes et les plus incontournables de toute l’histoire de la Fantasy. Rien de moins ! 

Continuité avec le tome 1 ou pas ?

Je savais que le tome 2 ne suivait pas l’intrigue principale du tome 1 (ce sera le cas des événements du tome 3, qui sont au passage supposés se dérouler simultanément par rapport à ceux du tome 2), et j’avais entendu dire qu’on ne retrouvait qu’une minorité de personnages du tome 1. Ce dernier point n’est qu’assez partiellement exact : tout compte fait, on retrouve pas mal de têtes connues : Kalam l’assassin, Crincrin, Apsalar (ex-Mes Regrets), Crokus (le cambrioleur de Darujhistan), ainsi que Ben le Vif qui est souvent mentionné et surtout les deux sœurs de Ganoes Paran.

Tandis que l’une d’elles, Tavore, est devenue la nouvelle Adjointe de l’Impératrice, l’autre, Felisine, est victime des purges ordonnées par l’Empire Malazéen contre sa propre noblesse. Elle se retrouve esclave, et offre son corps à quiconque peut assurer sa survie ou un meilleur confort non seulement à elle, mais aussi à ses compagnons d’infortune. Seule la perspective d’une vengeance envers sa sœur aînée, qui a assisté sans intervenir à sa déchéance, lui permet d’endurer l’esclavage dans les mines du minerai anti-magie qu’on a déjà pu croiser dans le tome 1, la perte de sa dignité et de sa virginité. N’allez cependant pas croire que le lecteur va la prendre en sympathie : droguée, faisant collusion avec ses « bourreaux » de son plein gré, elle se révélera, même après son inévitable évasion, vicieuse, cruelle, manipulatrice et sans scrupules. C’est de la Dark Fantasy après tout. Au passage, le manque de sexe que je trouvais curieux dans le tome 1 n’est ici plus d’actualité, plus du tout même. Felisine offre son corps à qui peut lui apporter le moindre avantage ou lorsque cela lui permet d’endormir la méfiance de ses ennemis. Si, au début, elle le faisait dans le but de survivre et d’épargner des souffrances inutiles à ses compagnons d’infortune, très rapidement le but devient beaucoup moins altruiste ou immédiat, elle est complètement dans le calcul à plus ou moins long terme et plus dans l’urgence.

Kalam et Fiddler sont supposés ramener Apsalar chez elle, mais on découvrira rapidement que leur véritable but est de s’en prendre à l’Impératrice pour ce qu’elle a fait aux Brûleurs de Ponts, y compris, si nécessaire, en se servant des aptitudes de l’ex-Mes Regrets (qui, bien que n’étant plus possédée par La Corde, a gardé l’écrasante majorité de ses aptitudes d’assassin et de combattante).

Une des caractéristiques les plus marquantes du cycle est le nombre faramineux de personnages, et ce tome 2 n’échappe pas à la règle : outre ceux que nous connaissons déjà, un grand nombre de nouveaux personnages débarquent donc. Mais globalement, j’ai trouvé la première partie de tome 2 bien plus facile à suivre que le tome 1. Certains des petits nouveaux se révèlent passionnants, comme le sympathique mais néanmoins extrêmement redoutable duo formé par Mappo et Icarium, comme Heboric ou encore Baudin (qui a l’air d’être bien plus qu’il n’y paraît de prime abord). D’autre part, certains des personnages déjà connus prennent beaucoup d’envergure, surtout Kalam.

Enfin, au niveau du lieu de l’action, on se trouve sur le continent des Sept Cités, où on visite bien plus d’endroits que dans le tome 1. Il y a une nette dichotomie entre les lieux visités par les divers groupes de personnages, du très sec (la plupart) au très humide (les Marines, Kulp, Felisine, Baudin et Heboric). Enfin, il y a une assez nette différence entre les tomes 1 et 2 : alors que dans le premier, les destinées des divers groupes finissaient par converger au même endroit, ce n’est pas le cas dans le second, où ce serait même plutôt l’inverse.

Anarchy in the MK (Malazean Kingdom) *

* Anarchy in the UK, Sex Pistols, 1976.

Comme s’il ne suffisait pas à l’Impératrice de se mettre sa propre noblesse à dos, elle nomme ou laisse en place des Poings (responsables locaux) négligents ou trop confiants dans les Sept Cités occupées, et est particulièrement passive face aux menaces de rébellion. Pire encore, une croisade religieuse est sur le point de se déclencher, et là encore, malgré des signes évidents, personne ne fait rien.

Personne ? Presque. Un nouveau Poing arrive avec ses troupes dans une des sept cités, Hissar : il s’agit du redoutable Coltaine, jadis adversaire des Malazéens qui, après la conquête de ses terres et de son peuple, est désormais devenu un de leurs généraux (ce revirement, qui peut paraître étrange, sera expliqué très logiquement à la fin du livre). Alors que l’ambiance générale est fortement arabisante dans ce tome, un grand nombre de tribus ou peuples, dont celui de Coltaine (les Wickans), évoquent, eux, clairement les indiens d’Amérique.

Coltaine entraîne les troupes Malazéennes locales à la contre-insurrection, au combat de rue et surtout à guider des colonnes de réfugiés lourdement chargés. La suite des événements montrera à quel point ce programme d’entraînement sera visionnaire. Lorsque l’inévitable insurrection, doublée d’une croisade religieuse féroce, se déclenche (en partie à cause de Kalam, d’ailleurs), il est le seul gouverneur à entamer une retraite en bon ordre, malgré le fait qu’il soit opposé à des forces écrasantes et fanatisées à l’extrême. Mieux encore, dans la longue retraite (2500 Km) vers des villes restées sous contrôle impérial, plus tard connue sous le nom de Chaîne des chiens, il réussit l’exploit de transformer ce qui ressemble de prime abord à une fuite désespérée en une suite d’embuscades plus meurtrières (pour les insurgés !) les unes que les autres, dans une version suprêmement habile de « tel est pris qui croyait prendre ». Outre les talents stratégiques du général, la très grande qualité de ses troupes tribales de cavalerie y est bien entendu pour quelque chose. Et lesdits talents ne s’étendent pas seulement aux tactiques tribales traditionnelles de son peuple : la bataille finale de la première moitié du roman montrera aussi une maîtrise remarquable des techniques de génie militaire les plus avancées de cet univers.

La situation politique est en fait bien plus complexe qu’elle n’en a l’air : il y a des « collaborateurs » chez les natifs de Sept Cités (les Épées Rouges) et des traîtres chez les Malazéens (un des Poings déserte, massacrant une moitié de sa Légion tandis que l’autre abandonne son uniforme et se constitue en une compagnie mercenaire connue sous le nom de Légion du Tourbillon -du nom de la guerre sainte en cours-). De même, les loyautés de Kalam, sans être fluctuantes, sont complexes : bien que Brûleur de Ponts (donc déserteur) et prenant une part décisive dans le déclenchement du Tourbillon, il est aussi préoccupé par le sort des soldats Malazéens et n’hésite pas à tuer tous les croisés qu’il rencontre. Signalons d’ailleurs que les combats sont bien plus longs et mieux décrits que dans le tome 1, un point très positif à mon sens.

Dans le genre « tel est pris qui croyait prendre », Felisine va également faire les frais de sa sous-estimation systématique de la force de caractère des hommes qui l’entourent, et qu’elle croit manipuler à sa guise en usant de ses charmes adolescents. C’est particulièrement visible à partir du moment où le trio arrive sur la plage, où elle se fait damer le pion par un de ses compagnons d’infortune, Baudin (remarquons, au passage, la tendance désagréable de l’auteur à parler de ce personnage en le qualifiant de brute, de criminel, de voyou, etc : à la longue, c’est agaçant), puis par les soldats dont ils croisent la route, et qui sont bien trop expérimentés pour se faire avoir par une telle jouvencelle. « Bien fait », se dira probablement le lecteur comme je l’ai fait.

Magique !

Le tome 1 était déjà bourré de magie surpuissante et à grand spectacle, mais clairement, dans ce tome 2, on passe encore un cran au-dessus. Si, si, c’est possible. Entre un tout nouveau Labyrinthe, des révélations fracassantes sur le Labyrinthe Jaghut, Heboric et ses tatouages et moignons très particuliers, la super-tempête du Tourbillon, le Mage Fou qui poursuit Kulp, la mort d’un Ascendant, les prêtres-envoûteurs Semks qui canalisent la rage de leur dieu au péril de leur vie, la nécromancie et les esprits de la terre des Wickans (sans compter leurs sorciers réincarnés dans des corps d’enfants…), il y a de quoi faire.

Mais le point le plus marquant en matière de magie est certainement l’introduction de deux races de change-formes, en clair des Lycanthropes très, très particuliers. La loi de conservation de la masse, c’est pour les fillettes, pourquoi se transformer en un léopard quand un seul change-forme peut en devenir huit ? Pourquoi devenir un ours lorsqu’on peut prendre la forme d’un scolopendre de la taille d’un dragon ? Bref, on est sur du Garou de très, très haut niveau là.

Le minerai anti-magie, l’Otataral, a une place très importante dans l’intrigue, et est en rapport avec un épais mystère entourant Heboric.

Ambiance, Difficulté de lecture

Si vous avez lu le tome 1, vous ne serez pas surpris du fait que dès le début, l’auteur ne vous mâche pas le travail en vous présentant le nouveau décor de l’action : il se comporte en fait comme si vous saviez déjà tout, vous déballant des noms de lieux, peuples, langues, etc. Certains trouvent que cela rend le livre pénible, voire illisible, mais ce n’est pas mon cas. Cela contribue, pour moi, à renforcer l’image d’un univers si vaste, ancien et riche que vous, pauvre lecteur, n’en prendrez la mesure qu’au bout d’une longue lecture de l’ensemble du cycle et qu’après de réels efforts. En clair, on ne vous prend pas pour un con ou un ado impatient, et vous avez affaire à quelque chose qui va se mériter, non, mieux, se savourer sur la longueur.

L’ambiance arabisante, d’autre part, ne plaira peut-être pas à tout le monde. Personnellement, j’adore, et je suis toujours ravi de voir un roman qui laisse la part belle à ce genre d’univers. La fuite (pas si) désespérée des réfugiés Malazéens, escortés par les Wickans et les Épées Rouges (plus ce qui reste de troupes impériales) est vraiment très bien décrite et se révèle très intéressante.

Révélations et précisions sur l’univers

Certains nouveaux pans de l’univers se dévoilent, certains que nous ne connaissions pas du tout, d’autres qui étaient juste imprécis. Nous apprenons par exemple que sous l’Empereur, il existait un autre Corps d’assassins / espions impériaux que la Griffe : dénommée la Serre, cette seconde organisation opérait à l’extérieur de l’Empire, alors que la Griffe opère à l’intérieur de ses frontières (essentiellement comme police secrète). Pensez à la différence entre FBI (contre-espionnage intérieur) et CIA (espionnage extérieur) si vous voulez. Lorsque l’Impératrice a pris le pouvoir, elle a fait massacrer les agents de la Serre par ceux de la Griffe, dans un parallèle fictif de la neutralisation des SA par les SS lors de la Nuit des Longs Couteaux.

De même, la nature des pratiques magiques se dévoile enfin un peu : nous apprenons que dans le passé, la magie était dans les hommes (ou autres races) eux-mêmes, alors qu’aujourd’hui, elle est dans les Garennes, et que le Mage doit ouvrir la sienne pour y accéder. Nous avons également des précisions sur les change-forme, qui, loin du banal loup-garou qui transmet sa maladie / malédiction / son état par sa morsure, sont en fait une race : on naît change-forme, on ne le devient pas.

Les expressions « livre des Martyrs » et « Chaîne des Chiens » trouvent une explication dans la seconde moitié du roman. On savait que la seconde était liée à Coltaine et au convoi de réfugiés qu’il escorte sur des milliers de kilomètres, mais on découvre qui sont les chiens et qui tient qui en chaîne.

Toujours concernant les précisions, le tome 1 donnait une échelle d’au moins 300 000 ans. Dans ce tome 2, ce sont des civilisations plus anciennes qu’un million d’années qui sont évoquées par Icarium (sur lequel on en apprend, au passage, beaucoup plus). Personnellement, je ne connais aucun livre de Fantasy qui fait remonter l’historique de son univers aussi loin. En SF, oui, des durées encore plus vertigineuses sont courantes, mais en fantasy, les historiques les plus ambitieux (du moins, ceux que je connais, je n’ai pas la prétention de tout savoir sur ce genre là, en tout cas bien moins qu’en SF) ne remontent, au mieux, qu’à quelques milliers d’années, parfois quelques dizaines. Voilà une preuve de plus, s’il vous en fallait encore une, du caractère incroyablement ambitieux et hors-normes de ce cycle.

Enfin, alors que nous entendions parler d' »Ascendants » depuis le début, nous avons droit à une explication du terme : il s’agit en fait d’ex-mortels qui se sont hissés à un niveau divin. Au passage, nous en apprenons encore un peu plus sur les Azaths, dont nous avions déjà pu jauger la considérable puissance à la fin du tome 1.

La traversée infernale

J’ai déjà évoqué le côté très immersif de la description de l’interminable retraite orchestrée par Coltaine vers Aren, la dernière cité encore sous contrôle impérial du continent. On monte encore d’un cran à ce niveau dans la deuxième moitié du roman, et on est vraiment dans le sang, les larmes et la sueur jusqu’au cou. Le pauvre Coltaine doit faire face, outre à la lente érosion de ses troupes et à un ennemi qui devient de plus en plus habile, aux tracasseries que ne cesse de lui infliger le conseil des nobles faisant partie du convoi. Malgré tout, il continue à faire preuve d’immenses qualités de stratège, bien aidé par les sorciers Wickans et par les sapeurs Malazéens, jamais à court de mauvais coups à infliger à l’adversaire. Les premiers, notamment, emploient un sort absolument spectaculaire, basé sur l’énergie vitale, pour aider l’armée à submerger une fortification ennemie. La fin de ce calvaire (et même, pour être plus précis, la double fin) est magistralement bien rendue, très poignante aussi.

Ces passages du livre sont, sans conteste possible, les plus réussis, les plus immersifs et les plus intéressants. Les Wickans ont désormais pris une place d’honneur dans mon panthéon personnel des grands peuples guerriers de Fantasy, tout comme leur chef, Coltaine, a pris la sienne parmi les grands chefs militaires du genre.

Faux-semblants

Ce que j’aime bien avec Steven Erikson, c’est que rien n’est vraiment ce qu’il semble être. Un personnage a l’air de troisième ordre ? Il se révélera être au seuil de l’Ascendance. Il y a une description volontairement un peu nébuleuse, vous avez toutes les raisons (logiques) de croire qu’elle concerne un des personnages ? Perdu, elle en concerne en fait un autre. Un personnage se méfie d’un autre ? Les événements prouveront qu’il avait raison de se méfier… mais pas du tout pour ce qu’il croyait ! Bref, on est tout le temps (agréablement) surpris, peu de choses se révèlent prévisibles ou cliché.

De même, de nombreux personnages semblent mourir dans ce tome (parfois, on se demande si ce n’est pas un de ceux du Trône de Fer !) , mais sont-ils vraiment décédés ? La question reste posée, au moins pour deux d’entre eux (et je pense que c’est également certainement le cas pour un troisième).

Toujours au chapitre personnages, outre Duiker, Coltaine, le mystérieux Karpolan Demesand (de la Guilde Marchande), Panek (l’enfant crucifié transformé en être aux terrifiants pouvoirs par la démone Apt), Perle, Minala et Felisine, c’est le duo Icarium / Mappo qui focalise l’attention, en raison de la très belle amitié qui les lie et du terrible fardeau qui pèse sur les épaules du second de ce fait. Les personnages, anciens ou nouveaux, sont tous plus intéressants les uns que les autres (à l’exception, à mon avis, d’Iskaral Pust).

Scènes épiques

Si vous avez lu le tome 1, vous ne serez pas étonnés par la présence de scènes, de batailles ou de combats principalement (mais pas que, cf l’apparition du dragon mort-vivant dans la Garenne), absolument épiques, dont la poursuite dans le dédale qui s’étend autour de la Maison Azath ou la lutte d’un Kalam isolé et blessé contre des hordes d’assassins de la Griffe. A nouveau, les change-forme, D’ivers et Soletakens, font la preuve de leur considérable pouvoir : cette fois, ils ne se contentent pas de se changer en essaims de dizaines ou centaines de rats ou de mouches, mais en véritables hordes apocalyptiques dans lesquelles un change-forme devient des dizaines de milliers de rongeurs ou d’insectes !

Mais les scènes qui frappent le plus, quasiment à la manière d’un coup de poing, sont celles qui ont lieu à Aren après l’arrivée de la colonne des réfugiés, notamment celle impliquant Squint et Coltaine et celle de la sortie des troupes impériales. Les 75 dernières pages du livre, environ, sont absolument extraordinaires. Certes, ce terme peut parfois être galvaudé, mais il se justifie totalement dans ce cas là : pensez aux scènes les plus coup-de-poing du Trône de Fer, à leur atmosphère épico-dramatique, quasi-Shakespearienne, et vous aurez une bonne idée de la dimension de celles de la fin du livre. Rien que pour ces derniers chapitres, ce tome, ce cycle, ont leur place au panthéon de la Fantasy.

Facilités scénaristiques

Ce tome 2 a donc beaucoup de points positifs, mais également un point négatif en particulier qui, personnellement, me dérange assez : un nombre un peu trop élevé de Deus ex machina dans le dernier tiers de l’intrigue. Que ce soit Fiddler et son coquillage magique, les deux interventions de la Guilde Marchande ou celle des Khundryls, la surprenante aide des impériaux à Minala pour traverser les eaux du port de Cité Malaz, ou d’autres exemples encore, des retournements de situation sortis de nulle part sauvent de façon artificielle certains groupes de personnages dans des situations désespérées. Ce genre de facilité scénaristique me gène, d’autant plus lorsque l’auteur a, par ailleurs, une grande maîtrise de son univers et du reste de l’intrigue.

En conclusion

Ce tome 2 se révèle encore plus intéressant que le tome 1. Le fil rouge de la narration (très éclatée entre différents groupes de personnages, qui finissent cependant souvent par se croiser) est constitué par la retraite militaire menée par Coltaine vers la dernière des Sept Cités sous contrôle impérial, et, du fait de son côté très immersif, c’est clairement le gros point fort du livre : on a vraiment l’impression d’y être. Si l’aspect militaire en Fantasy ne vous dérange pas (voire si vous l’appréciez), c’est vraiment quelque chose à lire. D’ailleurs, si vous êtes un adepte de Fantasy tout court, ce tome 2 prouve que ce cycle est sans conteste un incontournable du genre, grâce à son ambition et à la richesse démesurée de son univers, et grâce à la puissance de certaines scènes des derniers chapitres.

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35 réflexions sur “Les portes de la maison des morts – Steven Erikson (version Leha)

  1. Coltaaaaaaine ! (pardon… c’est à peu près le seul cycle qui arrive à réveiller mon fan-girlisme). Tu l’as eu en avance ? La chance 😥 Je l’ai déjà lu (en anglais et dans sa précédente traduction), mais ces livres sont tellement riches qu’on en comprend davantage à chaque lecture ❤

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  2. Je trouvais que Leha tardait à communiquer à propos du T2 malgré le fait qu’ils aient l’air de soutenir Steven Erikson. Me voilà rassuré pour le moment (le spectre du cycle des poudremages de Panini me hante encore…). Super critique, je me le réserve pour la Noël (cela sera sûrement comme le premier: à aborder par longues sessions de lecture pour ne pas perdre le fil.).

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    • Tu peux être rassuré, il est déjà en vente aux Utopiales. Et comme indiqué plus haut dans le fil, le tome 3 va débarquer avec un peu d’avance par rapport au programme initial de Leha. Pour l’instant, donc, il n’y a pas lieu de s’inquiéter à propos de la pérennité du cycle. Et je dis bien : pour l’instant.

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  3. Y est temps que je me mette au tome 1 (pour l’année prochaine normalement), je serai alors fixé pour savoir si j’adhère (ou pas) à l’écriture et à la difficulté qu’impose l’auteur. Mais la logique voudrait que je sois totalement fan de la chose (rien que l’avant propos d’Erikson dans le tome 1 j’avais trop adhéré). Article super complet et super enthousiaste ! Merci 🙂

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  4. Je me permets d’intervenir pour indiquer mon point de vue, différent, qui ne vaut pas grand-chose et sera probablement sans effet – quoique, quelqu’un partagera peut-être les mêmes idées que moi et sera réconforté dans sa réflexion/démarche.

    Tout d’abord, je tiens à mentionner que je n’ai/n’avais/n’aurai strictement aucun lien avec la maison d’édition Leha ou avec l’industrie du livre en général.
    Ensuite, je me suis régalé à lire la traduction initiale du cycle du Livre malazéen des glorieux défunts. Cela date d’avant 2010, et les livres sont – et seront – toujours au chaud dans ma bibliothèque. Par désespoir, j’avais aussi commencé à lire les oeuvres de Steven Erikson en VO (dernier achat : Forge of Darkness).

    J’avoue que mon premier réflexe a été d’attendre la parution du tome 4 aux éditions Leha avant de commencer à acheter. Mais je ne suis dit que si tous les anciens lecteurs du cycle réagissaient ainsi, la maison ferait faillite avant que je ne puisse tenir entre mes mains ces volumes tant espérés en français. Sournoisement, j’aurais aussi pu adopter une stratégie de passager clandestin, en me félicitant que d’autres achètent pour faire survivre la maison d’édition à ma place. Comportement, comment dire, assez méprisable en vérité (N.B. : Qu’un-Oeil et Tam-tam ne partagent pas cet avis). Si bien que j’ai « évidemment » acquis le premier tome du Livre des martyrs en contrepartie de 25 euros durement gagnés, qui participeront, je l’espère, à la poursuite d’activité de mon libraire et de la maison d’édition.
    Autrement dit, je suis donc un pigeon qui accepte(ra) d’acquérir pour 75 euros ce qu’il détient déjà ou quasiment. C’est vrai, quel crétin. On peut aussi voir dans mon soutien pathétique au PIB français l’occasion inespérée de sauver 75 euros de lectures m……es (cher lecteur du blog, sache que j’ai indiqué « mauvaises » comme tu t’en doutes) voire médiocres. Malgré le filtre sévère de l’excellent blog de notre hôte, il m’est arrivé – très rarement je signale – qu’un livre recommandé me tombe des mains : avec ces 75 euros bien dépensés chez Leha, c’est toujours ça qui ne sera pas vainement dépensé ailleurs (formule peu académique car « cyclique », ce qui correspond bien au contexte eriksonnien).

    Bref, si vous pouvez soutenir l’initiative de cette maison d’édition, je vous encourage à le faire. Vous vous ferez plaisir par la même occasion (cf. les chroniques sur le blog). De même, si un membre des éditions Leha va jusqu’à lire mon commentaire sur le blog, j’encourage la maison d’édition à solliciter les lecteurs si un besoin de financement participatif est nécessaire pour poursuivre l’édition du Livre – j’y participerai bien entendu.

    Pour le cycle et les divers tomes, tout est dit dans les chroniques d’Apophis. Lesquelles soutiennent, soit dit en passant, les auteurs et maisons d’édition.
    Pour ma part, je te/vous remercie, ô Apophis, pour le blog.

    L.R.

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  5. J’ai lu ta chronique en diagonale parce que je viens tout juste de l’acheter et que je compte le lire dans pas trop longtemps (même si mon ébauche de programme de lecture est déjà très chargé ^^) Je reviendrai une fois le tome 2 terminé 🙂

    Aimé par 1 personne

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