Le samouraï virtuel – Neal Stephenson

Que de maladresses et de lourdeur dans la narration…

samourai_virtuelNeal Stephenson est un auteur américain de science-fiction et d’uchronie, titulaire de quatre Locus, d’un Hugo et d’un Grand Prix de l’Imaginaire (ce dernier ayant été attribué au roman dont je vais vous parler aujourd’hui), excusez du peu ! Egalement connu, selon l’édition française à laquelle vous avez affaire, sous son titre original Snow crash, Le samouraï virtuel marque une étape fondatrice dans le passage du cyberpunk classique à son évolution, le postcyberpunk (voir mon article si vous ne connaissez pas ces termes), via sa fin très positive (ce qui, dans un cadre Cyberpunk / dystopique, signifie surtout que les héros font évoluer les choses dans le bon sens). Cependant, il constitue surtout une parodie du Cyberpunk classique, et il faut avouer que beaucoup d’éléments plaident en ce sens (à commencer par le nom du protagoniste -qui s’appelle Hiro… Protagoniste- ou son emploi de livreur de pizzas… pour la Mafia).

J’aborde cependant ce livre avec confiance, ayant beaucoup apprécié, il y a quelques années, un autre livre de l’auteur (un des romans fondamentaux du sous-genre Nanopunk, L’âge de diamant). Au final, s’il n’est pas dépourvu de qualités, Le samouraï virtuel est aussi et surtout affligé d’un nombre énorme de défauts, qui font que je n’ai guère été convaincu par cette lecture, la forme torpillant complètement un fond thématique hyper-intéressant à la base.  Continuer à lire « Le samouraï virtuel – Neal Stephenson »

The killing moon – N.K. Jemisin

Fade, stéréotypé, mais sauvé par un personnage central intéressant et émouvant

killing_moonN.K. Jemisin est une auteure américaine originaire de l’Iowa. Elle a obtenu le prix Locus pour son premier roman, Les cent mille royaumes, en 2011, et surtout le Hugo 2016 pour La cinquième saison, à paraître en septembre et dont j’aurai l’occasion de vous reparler en détails. C’est également une critique de SFFF (féroce, notamment dans les colonnes du New York Times) et une diplômée de l’atelier d’écriture Viable Paradise, qui, que ce soit au niveau des étudiants ou des professeurs, a vu passer bien des noms prestigieux, comme Elizabeth Bear, John Scalzi, Steven Brust ou Scott Lynch.

The killing moon est le premier volume d’un diptyque, Dreamblood. Comme l’auteure l’explique dans sa préface, elle a cherché à extraire ce qui est au cœur de la civilisation égyptienne antique sans pour autant proposer un réel roman historique à même de satisfaire, en terme de réalisme, un égyptologue.  Continuer à lire « The killing moon – N.K. Jemisin »

L’oeil d’Apophis – Numéro 2

Eye_of_ApophisDeuxième numéro de la nouvelle série d’articles que je vous propose : l’œil d’Apophis (car rien n’échappe à…). Je vous en rappelle le principe : il s’agit d’une courte présentation (pas une critique complète) de romans qui, pour une raison ou une autre, sont passés « sous le radar » des amateurs de SFFF, qui ont été sous-estimés, mal promus par leur éditeur, ont été noyés dans une grosse vague de nouveautés, font partie de sous-genres mal-aimés et pas du tout dans l’air du temps, ont pâti de critiques parfois très fantaisistes en donnant une idée très distordue, et j’en passe. Chaque article vous présente trois romans : ceux choisis aujourd’hui (encore de la SF, désolé pour les amateurs de Fantasy ou de Fantastique, ça viendra plus tard) ont un point commun : une exploitation originale d’un thème pourtant cent fois vu au moment de leur parution.

Attention, je ne vous dis pas forcément que les romans que je vous présente sont des chefs-d’oeuvre à acheter absolument, ils peuvent avoir des défauts parfois importants. En revanche, ils ont aussi de grandes qualités, qui en font des lectures très intéressantes pour certains lecteurs ou dans le cadre de certaines thématiques précises de la SFFF.

Vous pouvez retrouver tous les articles de la série en cliquant sur ce tag, également présent en fin d’article et en bas de la barre latérale du blog.  Continuer à lire « L’oeil d’Apophis – Numéro 2 »

Nouvelles dans l’univers des Poudremages – Brian McClellan

Un éclairage capital sur l’histoire et les motivations des personnages de La promesse du sang

powder_mage_novellasEn plus des trois romans du cycle des Poudremages, Brian McClellan a aussi publié 9 nouvelles, toutes sauf une (Return to Honor, dont l’intrigue prend place entre les deux premiers tomes) se déroulant avant les événements décrits dans La promesse du sang. Et on remonte parfois très loin, puisque ces huit nouvelles se passent respectivement 35, 35, 22, 18 (et pas 19 comme on le voit parfois sur le net), 10, 8, 2 ans et enfin 8 mois avant le tome 1. Ces textes nous montrent pour l’essentiel le passé des personnages principaux et secondaires les plus marquants croisés dans La promesse du sang.

Ces nouvelles sont disponibles soit (pour la plupart) à l’unité (sous forme électronique ou audio), soit sous la forme de deux recueils en comprenant respectivement 4 et 5 (idem). Les trois premières et l’avant-dernière de ma liste sont longues, les autres nettement plus courtes.  Continuer à lire « Nouvelles dans l’univers des Poudremages – Brian McClellan »

Sandrunners – Anthony Ryan

Sympa mais d’un intérêt limité

sandrunnersSi vous lisez en VO, vous savez peut-être que de plus en plus d’auteurs publient des nouvelles (voire des novellas / romans courts) se situant avant le tome 1 de leurs cycles ou entre deux tomes. L’objectif (outre l’aspect commercial évident…) est souvent de donner plus de détails sur le background de certains personnages ou de détailler des événements qui n’ont été qu’effleurés dans les romans. Certains déplorent cette pratique, mais ce n’est pas mon cas, car elle permet de revenir à moindres frais et via des lectures courtes (chose que j’apprécie de plus en plus) dans un univers qu’on a aimé et sur lequel on veut en savoir plus. Ce que l’on peut par contre regretter est que ces textes ne franchissent quasiment jamais la barrière de la langue, le format court étant notoirement mal-aimé en France.

Cette nouvelle (27 pages) revient donc sur l’expédition Wittler, dont les conséquences jouent un rôle important dans Le sang du dragon, qui se déroule une trentaine d’années plus tard. Elle est disponible (en anglais) uniquement sous forme électronique, pour 0.99 euros. L’intrigue suit Ethelynne Drystone, que les lecteurs du tome 1 connaissent désormais bien, alors jeune Sang-bénie accompagnant les Sandrunners (« Coureurs des sables »), une Compagnie d’Indépendants envoyée dans le Cœur à la recherche du légendaire Drac-argent.  Continuer à lire « Sandrunners – Anthony Ryan »

La cité du futur – Robert Charles Wilson

Pas mauvais, pas désagréable, mais aussi pas marquant, pas novateur et pas assez développé

cité_futurRobert Charles Wilson est un auteur californien ayant par la suite obtenu la nationalité canadienne. Très prolifique, très largement traduit en français (à ma grande satisfaction) et considéré par Stephen King comme le meilleur auteur de Science-Fiction vivant, il est titulaire d’un grand nombre de prix, dont un Hugo pour l’excellent Spin. Mine de rien, La cité du futur est le septième roman de cet auteur que je lis (et non, il n’y a pas de critiques, c’était bien avant le blog).

Sans être un mauvais roman, La cité du futur ne fera pas partie de mes livres préférés de l’auteur (BIOS et Spin), et s’est révélé plutôt décevant sur plusieurs points, dont une narration molle, sans réelle surprise et un aspect purement SF qui peine à renouveler les thématiques du voyage dans le temps, des mondes parallèles ou des uchronies (si les distinctions entre ces termes sont floues pour vous, je vous invite à consulter mon article sur le sujet).

Signalons qu’une fois encore, Aurélien Police s’est surpassé, nous offrant une couverture à la fois esthétique, catalysant l’imagination / donnant envie d’en savoir plus et capturant parfaitement l’esprit du roman (particulièrement de sa fin crépusculaire). Continuer à lire « La cité du futur – Robert Charles Wilson »

Le sang du dragon – Anthony Ryan

Les aventures de James Bond (en robe), de Jack Aubrey (sur un Ironclad) et d’Allan Quatermain (chez les Mayas)

sang_dragon_ryanAnthony Ryan est un auteur écossais de Fantasy connu pour sa trilogie Blood Song. Le sang du dragon est le premier volume d’un nouveau cycle (Dragon Blood… en VF, The Draconis Memoria en VO), initialement conçu pour en comprendre trois mais qui pourrait en compter quatre au final. Le tome 2 paraîtra (en anglais) le 27 juin.

Ce roman est à la pointe de la pointe des tendances récentes de la Fantasy anglo-saxonne : cadre non-européen, technologie post-médiévale, système de magie innovant, richesse des thématiques de la Colonial Fantasy, et surtout recyclage bluffant de certains codes de la SF afin de renouveler et redynamiser le genre. Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon article sur le sujet.

Bref, sur un pur plan construction de l’univers et application de codes nouveaux / fusion de genres, c’est déjà très intéressant, et cela le devient encore plus lorsqu’on sait que l’intrigue et le style sont également de qualité.  Continuer à lire « Le sang du dragon – Anthony Ryan »

Le Culte d’Apophis : la refonte graphique !

Le changement, c’est maintenant ! *

Apophis* (musique de campagne de François Hollande, 2012).

Après pratiquement un an et demi d’existence, il était temps pour le blog d’évoluer vers une identité visuelle plus distincte et plus conforme à certains de mes critères. J’ai donc opéré aujourd’hui un changement de thème et de polices, changement qui a fait sauter quelques petites choses, à priori réglées à l’heure où j’écris ces lignes.

Un problème, cependant, n’a pu être résolu de façon satisfaisante, sans casser complètement le nouveau visuel que je voulais pour le Culte : la couleur des commentaires (à part les miens, qui apparaissent sous fond bleu pour les distinguer des vôtres et pour bien indiquer que je suis l’auteur de l’article). Ceux-ci apparaissent en gris clair sur fond noir : c’est lisible, mais pénible. J’ai donc trouvé une solution, qui m’oblige cependant à modifier manuellement chaque paragraphe des 2749 commentaires que compte ce blog au moment où je rédige ces lignes. Si cela ne posera pas de problème insurmontable à partir de maintenant (je le ferai au fur et à mesure pour les nouveaux commentaires), en revanche cela représente une très lourde tâche pour les articles déjà existants, que je n’effectuerai donc qu’au fur et à mesure, à raison de quelques articles par jour.

Je vous demande donc d’éviter le saut de ligne « gratuit » (pour séparer deux paragraphes distincts, c’est ok, mais si c’est juste pour séparer deux réflexions d’une ligne chacune, merci d’éviter) dans la mesure du possible, sinon le tarif est de deux balises de code html pour moi par paragraphe, même ceux formés d’une seule ligne.

J’espère que la nouvelle identité graphique du Culte d’Apophis vous plaira, sachant que de petits détails sont encore susceptibles d’évoluer (la police des titres des articles, par exemple) dans les jours qui viennent. Comme d’habitude, vos retours sont les bienvenus !

L’œil brisé – Brent Weeks

75 % bof, 24 % trépidant, 1% transcendant

oeil_briséL’œil brisé est le troisième tome du cycle Le porteur de lumière, après Le prisme noir et Le couteau aveuglant (le tome 4, Le miroir de sang, paraîtra en français le 28 juin, et sa critique vous sera proposée sur ce blog début juillet). Il s’agit d’un véritable monstre de… 1080 pages. Alors que ses prédécesseurs proposaient une montée en puissance plus ou moins rapide et progressive, celui-ci s’enfonce dans un relatif marasme durant les trois quarts de sa longueur totale (et 75% de 1080 pages, ça fait beaucoup…), avant de se réveiller d’un coup au début du dernier quart, devenant trépidant et très intéressant, et de ménager une énorme révélation (quasi-)finale !

Avertissement préalable : arrivé au troisième livre d’un cycle, les spoilers sur les tomes précédents sont inévitables. Ce qui suit est garanti sans révélation majeure sur l’intrigue de ce tome 3, pour le reste, c’est à vos risques et périls. Si vous ne souhaitez rien savoir, je vous conseille de sauter directement à la conclusion.  Continuer à lire « L’œil brisé – Brent Weeks »

L’œil d’Apophis – Numéro 1

Eye_of_ApophisIl y a un quart de siècle, plusieurs magazines de Jeu de rôle ont eu la brillante idée de proposer dans chaque numéro un article présentant des jeux peu connus du grand public mais qui, pourtant, étaient intéressants sur un plan ou un autre. J’ai à mon tour décidé de reprendre le concept, mais en l’appliquant à des romans de SFFF passés, pour une raison ou pour une autre, « sous le radar » des amateurs de littératures de genre. Une de ces séries d’articles s’appelait « In the Ghetto », titre que j’ai d’ailleurs failli reprendre parce qu’il me plaisait beaucoup. Après avoir hésité avec « Sous le radar » et « Eye in the sky« , j’ai finalement décidé d’intituler ce nouveau type d’article « L’œil d’Apophis » (<– Parce que rien n’échappe à…).  Continuer à lire « L’œil d’Apophis – Numéro 1 »