Le sang du dragon – Anthony Ryan

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Les aventures de James Bond (en robe), de Jack Aubrey (sur un Ironclad) et d’Allan Quatermain (chez les Mayas)

sang_dragon_ryanAnthony Ryan est un auteur écossais de Fantasy connu pour sa trilogie Blood Song. Le sang du dragon est le premier volume d’un nouveau cycle (Dragon Blood… en VF, The Draconis Memoria en VO), initialement conçu pour en comprendre trois mais qui pourrait en compter quatre au final. Le tome 2 paraîtra (en anglais) le 27 juin.

Ce roman est à la pointe de la pointe des tendances récentes de la Fantasy anglo-saxonne : cadre non-européen, technologie post-médiévale, système de magie innovant, richesse des thématiques de la Colonial Fantasy, et surtout recyclage bluffant de certains codes de la SF afin de renouveler et redynamiser le genre. Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon article sur le sujet.

Bref, sur un pur plan construction de l’univers et application de codes nouveaux / fusion de genres, c’est déjà très intéressant, et cela le devient encore plus lorsqu’on sait que l’intrigue et le style sont également de qualité. 

Genres *

Black Hole Sun, Soundgarden, 1994.

Je vais en reparler plus en détails dans le paragraphe consacré à l’univers, mais ce roman est bâti sur une base audacieuse : je pense que l’auteur a pris ce qui constitue l’essence de tout univers Cyberpunk, à savoir la prise de pouvoir par les Corporations (les multinationales), le capitalisme et le libéralisme économique débridés et triomphants, le côté dystopique (il existe des cabales qui veulent faire une seconde Révolution, afin de se débarrasser des « tyrannies jumelles de la Régnarchie -sic- et de l’Actionnariat ») ainsi que des personnages qui vivent en marge, des « coureurs des ombres » parcourant le fil du rasoir, et a transposé tout ça dans un univers de Gaslamp Fantasy (pour résumer : l’esthétique et les gadgets du Steampunk, mais dans un univers imaginaire où la magie et les créatures fantastiques -ici des dragons- sont très présentes).

En conséquence, les Firmes ont jeté à bas le vieux système féodal et impérial (sauf chez les Corvantins, qui s’accrochent à leurs vieux privilèges), redéfinissant les classes sociales, la monnaie, les valeurs (les craintes de déshonneur de la vieille aristocratie s’effacent devant celles de banqueroute de la classe Gestionnaire), et jusqu’au calendrier même (on parle d’Années d’exploitation) bref absolument tout. Et un des personnages est un Indépendant, comprenez l’équivalent d’un Shadowrunner ou de tout autre marginal d’univers Cyberpunk.

Attention, ce transfert des codes du Cyberpunk à de la Fantasy n’est qu’une hypothèse de ma part : une autre est que l’auteur s’est peut-être demandé ce qui se serait passé si les Révolutions (française ou russe) avaient mis en place autre chose que la République ou le Communisme. Il s’est peut-être interrogé sur ce qu’une Révolution anglaise (c’est de la Gaslamp, après tout) aurait pu donner dans un pays où, à l’ère Victorienne, le monde de la finance, de l’industrie et des grandes entreprises était déjà très puissant (avant d’être un empire colonial -et militaire-, l’Angleterre était avant tout une grande puissance commerciale).

Quoi qu’il en soit, et quelle que soit l’hypothèse de départ, cela n’invalide pas mon raisonnement, puisque même dans ce cas, nous nous retrouvons avec une situation qui ressemble comme deux gouttes d’eau à une forme Victorienne de Cyberpunk (les implants cybernétiques en moins -encore que, voyez le paragraphe « Magie »-) : que l’analogie avec les codes de ce dernier soit intentionnelle ou soit une propriété émergente de l’emphase mise sur la « Révolution Capitaliste », il n’en reste pas moins qu’elle est réelle (je vous rappelle au passage -je me suis exprimé sur le sujet dans mon dernier article- que je ne considère pas que le Steampunk soit un réel dérivé du Cyberpunk, juste un courant apparu au faîte de la popularité de ce dernier, partageant avec ce sous-genre un suffixe et quelques vagues thématiques, point : pas besoin de vous pointer en commentaires la gueule enfarinée en me disant « une forme Victorienne de Cyberpunk, ça s’appelle du Steampunk, hein… »).

Tout ça aurait déjà pu être très intéressant si l’auteur n’avait pas introduit une nouvelle subtilité : l’action se déroule sur un continent colonisé depuis moins de deux siècles, et encore très largement sauvage. Il en profite donc pour explorer les thématiques rattachées à la Colonial Fantasy, ce sous-genre encore émergent mais très intéressant dans la mesure où il propose une réflexion nettement plus soutenue que la niaiserie High Fantasy habituelle. Racisme (un Dalcien se fait traiter de « bridé »), exploitation jusqu’à l’épuisement des ressources naturelles (ici les dragons -voir plus loin-), impérialisme et colonialisme, lutte des classes, dérives d’un système hyper-capitaliste, lourde stratification sociale, comparaison de divers systèmes politiques et idéologies, religion contre science, aspirations révolutionnaires à un système démocratique (on nous parle de manifestations étudiantes avec des slogans tels que « des votes, pas des actions ! »), les thèmes abordés sont nombreux, bien traités (pas forcément en détails, mais au moins ils ont le gros mérite d’exister par rapport au tout-venant en Fantasy) et motivants pour le lecteur exigeant qui en a assez du pipi-caca à base de prophéties, d’élu adolescent et de combat hyper-manichéen du Bien contre le Mal.

Ce livre s’inscrit dans le courant Gunpowder Fantasy, dans le sens où il mêle armes à feu (décrites avec d’assez amples détails, d’ailleurs), dragons et magie, et en plus de ceux du Cyberpunk, il propose aussi certains aspects qui ressemblent curieusement à de la SF ou à un mélange entre celle-ci et de l’Horreur : certaines allusions, particulièrement à la fin, font vaguement penser à The Thing ou à tout crash de vaisseau spatial (mais il faudra attendre le tome suivant pour se prononcer), la cité qui est au centre des derniers chapitres évoque Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, et les Altérés font penser à des mutants fous furieux de film d’épouvante. Dans le même registre, la différence de statut des dragons entre le début et la fin évoque celle des… Aliens dans le quatrième volet de la saga du même nom.

Ressemblances, et surtout dissemblances *

Fell on black days, Soundgarden, 1994.

Dans la démarche consistant à casser les codes les plus basiques de la Fantasy à papa, ainsi qu’au niveau du système de magie original voire de certains personnages, ce roman m’a personnellement rappelé La promesse du sang de Brian McClellan. Et puis évidemment, il ressemble (sur le fond) à tout livre Cyberpunk que vous auriez pu lire. Sans compter un clin d’œil appuyé à James Bond et surtout au célèbre Q, et le fait qu’en s’enfonçant dans le Coeur (terme explicitement employé) d’un continent encore sauvage et largement inexploré, tout cela ressemble en partie à du Joseph Conrad ou à du Henry Rider Haggard.

Cependant, c’est surtout via ses dissemblances avec d’autres romans qu’il est intéressant, plus que du fait d’éventuelles ressemblances : son approche des dragons est en effet diamétralement (et radicalement) opposée à celles qu’on trouve dans Téméraire ou dans les aventures de Lady Trent. Ici, le drac (comme il est appelé dans cet univers) n’est pas un partenaire mais du bétail ou une bête sauvage, et il n’est pas un objet d’étude mais une cible, à capturer, saigner ou abattre selon le cas. Il est d’ailleurs très intéressant de voir la créature, objet de peur, d’émerveillement ou d’admiration dans tous les autres univers de la Fantasy, ravalée ici au statut de vache à lait ou quasiment. Du moins dans les enclaves civilisées et au début du roman. Parce qu’au Cœur du continent et au fur et à mesure que l’intrigue avance, c’est une tout autre histoire…

Univers *

Cochise, Audioslave, 2002.

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Carte du monde du Sang du dragon (source : site de l’auteur), cliquez pour agrandir.

Il s’agit d’un univers imaginaire, où la magie et les dragons existent et où il y a trois lunes dans le ciel. Si le Syndicat Négociant d’Archefer (la Firme au centre du récit, et la première puissance mondiale) est d’inspiration anglaise (et l’ambiance Victorienne pour les chapitres concernant un des personnages), l’Empire Corvantin a pour modèle son homologue romain-germanique. La technologie est de type Guerre de Sécession (navires cuirassés à coque en bois, roues à aubes, premiers navires à hélices et trains, moteurs à charbon, téléphériques, etc), à ceci près qu’il existe des inventions techno-magiques comme le moteur Thermoplasmique (voir plus loin), et donc une classe de savants-ingénieurs appelés Technologues (qui ont des connaissances assez pointues, puisqu’on mentionne en une occasion le « niveau moléculaire », qu’on connait l’existence des bactéries et des groupes sanguins, etc). Ce monde est entré dans l’ère industrielle depuis le siècle précédent le début de l’intrigue. Enfin, le continent appelé Arradsie, situé loin au sud du vieux monde et colonisé depuis moins de deux siècles, est modelé sur l’Amérique du sud, et comprend surtout des jungles, des déserts et de hautes montagnes. Un grand fleuve le traverse, le Vertehoule (comprenez : Amazone).

Signalons que comme dans un nombre conséquent de publications SFFF récentes, celle-ci est très peu ethno-centrée : les colonisateurs ont la peau très sombre, et une Îlienne comme Argetine a au contraire une carnation très claire, des cheveux blonds et des yeux bleus.

Les armes à feu sont nettement plus évoluées que dans la Flintlock Fantasy que j’ai eu souvent l’occasion de chroniquer sur ce blog : il y a des pistolets à barillet (6 coups), des carabines à répétition (modelées sur le Spencer), des fusils de chasse (je signale d’ailleurs que le traducteur a improprement traduit le terme anglais Shotgun par « fusil à pompe », ce qui est lourdement inexact sur trois plans : d’abord, tous les Shotguns, ni anciens, ni modernes, n’ont un mécanisme à pompe, ensuite, la description des dits fusils dans le roman montre clairement qu’ils ne sont pas à pompe, et enfin les vrais fusils à pompe ont été commercialisés quelque chose comme trente ans après l’époque dont s’inspire ce livre), et les canons de l’artillerie navale utilisent des obus et pas des boulets. On doit donc classer Le sang du dragon dans la Gunpowder Fantasy et pas dans son sous-genre, la Flintlock Fantasy.

Le point à retenir dans cet univers est que s’il a bien subi une Révolution, comme dans la majorité de la Fantasy post-médiévale et pré-moderne, celle-ci n’a pas mis en place un système républicain, mais a au contraire installé au pouvoir les Firmes, comprenez les grands trusts commerciaux et financiers. On suit désormais une Loi Industrielle, on n’échange plus des pièces d’or mais des Titres de sociétés, et les conflits entre les Firmes principales de la Sphère Corporatiste sont arbitrés par le Conseil d’échange Global (La Société des Nations ? La Cour de justice des Corporations ?). Pour reprendre les mots de l’auteur et les pensées d’un des personnages, « après la chute de l’empire Mandinorien, une ère nouvelle est arrivée, au cours de laquelle la poursuite du profit relègue aux oubliettes le dévouement archaïque de l’homme à ses frontières et drapeaux ».

Mais… tous les vieux empires n’ont pas disparu dans la tourmente révolutionnaire, celui dirigé depuis la ville de Corvus résiste encore : si la dynastie Mandinorienne a échangé terres et privilèges contre des portefeuilles d’actions, les Corvantins refusent la mort du vieux système et leur perte d’influence. Militaristes, ils partent avec un lourd handicap en Arradsie, car ne s’étant intéressés à la colonisation du continent que fort (trop) tardivement, ils y sont très minoritaires et n’ont qu’une poignée d’enclaves (dont une seule d’importance) et les plus mauvais mouillages pour leur flotte.

Revenons un instant à la nouvelle structure sociale : les subdivisions traditionnelles (peuple / serfs, nobles, famille royale, etc) se sont effacées au profit d’une hiérarchie inédite, basée sur celle des entreprises : entrepreneurs, cadres et cadres supérieurs, gestionnaires (équivalent de la -petite- noblesse ou de la bourgeoisie) et surtout Actionnaires et Administrateurs, le haut du panier. A côté de ça, il existe en Arradsie des Indépendants et des Chasseurs de têtes, des gens bien pratiques qu’on peut engager pour aller capturer des dragons dans le Cœur, « réguler » (à coup de projectiles en plomb ou de couteaux format Crocodile Dundee) la population indigène (les terribles Altérés) ou faire toutes sortes de trucs louches sans se salir les mains. Des Shadowrunners, quoi.

Au final, nous avons donc affaire à un univers de Fantasy (il y a des dragons et de la magie) dont la technologie rappelle beaucoup celle de la Guerre de Sécession (avec quelques gadgets ou armes rétrofuturistes) et le système politique et social le courant Cyberpunk, ce qui constitue donc un mélange franchement original, à mon sens aussi novateur que la Fantasy de type Révolution Française des Poudremages. Et qui plus est, en sus d’être assez inédite, cette fusion de codes Fantasy / Steampunk / Cyberpunk est crédible et cohérente, ce qui n’était pas forcément gagné d’avance.

Par contre, un petit bémol à l’encontre de l’auteur et un plus gros à l’encontre de l’éditeur : la relation entre le Syndicat et le Protectorat n’est pas franchement claire au début (j’ai mis un moment à comprendre que le second était la colonie du premier), et le fait que Costeclaire ou, pire, Recherche Avancée soient d’autres Firmes et pas des départements ou d’autres colonies du Syndicat met longtemps à se cristalliser (et encore, même maintenant, il y a des choses que je suppose plus que je ne les sais avec certitude). L’absence d’un glossaire se fait cruellement sentir (mais ouf, un Dramatis Personæ est présent, ainsi que deux cartes).

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Carte de l’Arradsie (source : site de l’auteur), cliquez pour agrandir.

Système de magie, dragons *

Tears of the Dragon, Bruce Dickinson, 1994.

En découvrant l’Arradsie, on a aussi découvert les quatre sous-espèces de dragons, ainsi que les singulières propriétés de leur sang : en effet, un humain sur mille (ces rares élus sont appelés des Sang-bénis) peut, en l’ingérant ou en se l’injectant (sous forme diluée et raffinée dans les deux cas) développer des pouvoirs surnaturels. Ces variétés de sang de Drac (ainsi que l’espèce associée) portent des noms tirés des couleurs héraldiques : Azur, Sinople, Gueules et Sable. Le premier induit une forme de transe télépathique permettant d’échanger instantanément des informations quelle que soit la distance entre les deux Sang-bénis impliqués (on appelle cela une transe-mission), le second à des propriétés régénérantes, anti-fatigue, protège des blessures et confère une endurance exceptionnelle, le troisième confère des pouvoirs pyrokinétiques (= la génération de chaleur ou de flammes), tandis que le dernier permet d’employer la télékinésie et de créer une emprise paralysante sur un homme ou un dragon. Bref, cela ressemble plus à des super-pouvoirs (voire, dans certains cas, à des facultés physiologiques ou à une communication par le Réseau permises par… des implants cybernétiques) qu’à la magie à base de sorts et de grimoires habituelle en Fantasy (à part chez quelques cadors du genre Sanderson ou Weeks).

Notez que même ceux qui ne possèdent pas le don (les Non-bénis) peuvent bénéficier des propriétés du Sinople (guérison accélérée, régénération, anti-fatigue) et que tous les Sang-bénis peuvent utiliser les quatre variétés mais que chacun a une affinité particulière avec une ou plusieurs d’entre elles (ce qui rend ses effets plus puissants, durables, etc).

Le Gueules a aussi d’autres applications de nature technologique : il sert à alimenter les moteurs Thermoplasmiques, qui ont un rendement très, très supérieur à celui de leurs homologues à charbon, ou à créer des munitions explosives / incendiaires très puissantes.

Ce qui est très intéressant, c’est que la nature même de cette magie a eu d’énormes conséquences, et ce sur de multiples plans : social (les Sang-bénis sont scrupuleusement immatriculés), industriel (il s’est créé tout un circuit de capture, d’élevage et de « traite » -par saignée- des dragons), écologique (ces derniers sont une espèce en voie de disparition, car on a abusé de la « ressource »), etc. Le souci est aussi que les dragons nés en captivité fournissent un produit à la concentration en baisse constante, et qu’ils meurent si on tente de les acclimater ailleurs que sur leur continent d’origine.

Notez que Marie Brennan évoquait les dangers de l’exploitation industrielle de produits issus des dragons à la fin du tome 1 du cycle de Lady Trent, qui, en ne révélant pas une information capitale, tuait dans l’œuf une telle éventualité. Anthony Ryan prend le contre-pied exact de cette attitude, en créant au contraire la nécessité (notamment militaire, dans un contexte de tensions croissantes entre grandes puissances) impérieuse d’exploiter ces animaux.

L’auteur, par contre, évacue complètement l’aspect addiction développé par Brian McClellan dans le cycle des Poudremages (qui, si on regarde bien, possède une forme de magie qui se rapproche par certains côtés de celle-ci, à ceci près qu’elle utilise la poudre noire et pas le sang de dragon) : il y a bien des soucis d’approvisionnement en certaines variétés, mais aucun personnage n’est en état de manque (physiologique). Et d’ailleurs, puisqu’on en parle, le fait que le produit soit de plus en plus rare, cher, ou qu’on ne puisse pas en transporter une tonne sur soi en mission ou en expédition a une conséquence intéressante : le fait que quand on a épuisé sa réserve, on redevient un simple mortel, incapable d’utiliser ses pouvoirs surnaturels. Ce qui tombe parfois au plus mauvais moment ou induit un degré supplémentaire de tension dramatique, d’ailleurs.

Outre le fait que ce système de magie est plutôt original, c’est le faisceau de conséquences qu’il entraîne qui fait, pour moi, toute sa force et son intérêt.

Personnages *

Be yourself, Audioslave, 2005.

Nous suivons trois personnages principaux, une Actionnaire du Syndicat (une des Firmes), un de ses officiers de marine et un Indépendant. Chacun des trois permet de découvrir un aspect de l’intrigue et de l’univers : espionnage et politique pour la première, militaire pour le second, exploration pour le troisième (depuis le temps que je vous martèle que l’Arradsie est encore un continent sauvage et en très grande partie inexploré, vous allez finir par me croire…).

Lizanne Lethridge

Lizanne est un membre de la puissante classe sociale des Actionnaires (juste en-dessous du top du top que sont les Administrateurs). C’est la petite-fille de l’inventeur du moteur thermoplasmique, qui, en une génération à peine, a révolutionné le monde. Elle a été éduquée dans une Académie pour jeunes filles très spéciale, puisqu’elle forme des espionnes (doublées d’assassins : traduisez des agents 000). Elle est actuellement membre du Département des Procédures Exceptionnelles (traduisez : le MI6), et accessoirement chercheuse en Plasmologie expérimentale. C’est une Sang-bénie, qui possède une faculté rare : celle d’avoir une égale affinité pour les quatre variétés du produit. Redoutablement intelligente et impitoyable, elle va cependant évoluer vers plus d’humanité au cours du récit. Elle possède quelques gadgets technologiques ou techno-magiques fournis par le Technologue Jermayah Tollermine (comprenez : Q). D’ailleurs, on peut tout à fait considérer Lizanne comme une sorte de James Bond en robe (avec des super-pouvoirs d’origine magique) et comme un hommage à ce personnage.

Avec Lizanne, on explore donc l’aspect barbouzes, guerre de l’ombre entre son organisation et le Cadre Corvantin, ainsi que l’aspect politique de l’univers (et nous avons un aperçu d’une -longue- bataille très « Gettysburg rencontre Passchendaele » lors du siège de Port-Lestampe, mais avec un canon rétrofuturiste de 20 mm multitube tirant des obus explosifs). Globalement, le personnage est intéressant, même si je regrette un côté super-badass un poil exagéré (rien de rédhibitoire non plus, hein) et une évolution un peu abrupte (sans réelle explication) de l’agent impitoyable vers la mère-poule pour la pauvre petite orpheline qu’elle était supposée zigouiller (au passage, les jeunes filles en détresse sont très présentes, puisqu’il y en a non pas une… mais deux).

Sous-Lieutenant Corrick Hilemore *

Let me drown, Soundgarden, 1994.

Lui aussi petit-fils d’un héros du Syndicat Négociant d’Archefer, Hilemore prend son poste sur un navire de guerre de cette Firme, le VPA Opportunité-favorable (c’est beau, on dirait du Banks…). Ce croiseur léger, bien qu’appartenant à une classe dépassée, est néanmoins le plus rapide de la Flotte, du fait de son tout nouveau moteur thermoplasmique Mark VI, qu’il est pour l’instant le seul à tester. Au passage, tout comme lors de la période historique sur laquelle l’univers est modelé (le dernier tiers du XIXème), il s’agit d’une époque de révolutions incessantes dans l’art de la construction militaire navale, chaque nouvelle classe de navires lancée étant quasi-instantanément obsolète.

Hilemore est un solide gaillard, doté d’une certaine expérience et difficile à déstabiliser. Le suivre, c’est explorer l’aspect militaire de cet univers, et faire du Jack Aubrey à l’ère des bateaux à coque de bois cuirassée et à roues à aubes. Bien qu’on n’atteigne pas le niveau d’immersion des aventures de ce héros (ou d’un Horatio Hornblower), les batailles navales sont rondement menées et intéressantes. Et surtout, le niveau de technologie déployé, et la présence de magie (dans les navires Brûle-sang, qui utilisent une centrale primaire Thermoplasmique alimentée par un Sang-béni) fait que ça ne ressemble à aucun combat de ce type que vous auriez pu apercevoir en Fantasy, ou quasiment.

Clay

Voleur, homme de main et pugiliste des quartiers chauds du Protectorat d’Archefer, Clay se retrouve embarqué dans une sale affaire mettant en jeu le roi de la Pègre locale, qui porte le nom très évocateur de « Roi de lames et de catins ». Il se voit alors désigné volontaire d’office, en tant que Sang-béni non immatriculé (donc peu susceptible d’être repéré par le Cadre Corvantin), pour accompagner une expédition conduite vers le Cœur par la Compagnie d’Indépendants menée par son oncle (lui aussi à la limite de la légende dans son domaine : je suis le seul à être agacé par les ascendances prestigieuses des trois protagonistes et d’un des personnages secondaires ?), les Longfusils. Il servira à établir les Transe-missions devant informer la patronne de Lizanne des progrès du groupe par l’intermédiaire de cette dernière.

C’est le personnage que j’ai le moins aimé, pour plusieurs raisons : d’abord, il y a une certaine discordance entre ce que les premiers chapitres nous montrent à son sujet (endurci, expérimenté) et la suite, où il est parfois à la limite de l’arpette ; ensuite, il est assez caustique et impertinent, et ça, j’en ai eu ma dose et plus encore avec Kip chez Brent Weeks. Malgré tout, les Longfusils et lui représentent une sorte d’équivalent sud-américain d’Allan Quatermain (ou d’O’Connell dans la saga La Momie), et ça par contre ça me plait beaucoup.

Personnages secondaires *

Fresh Tendrils, Soundgarden, 1994.

Donc, tout en étant globalement bons, il y a quelques petits points de crispation côté personnages principaux qui font que je n’ai pas été totalement séduit par eux (par contre, ce qui est très intéressant est que d’un protagoniste à l’autre, on passe par des ambiances complètement différentes). Côté personnages secondaires, on ne peut pas dire qu’ils soient mauvais, mais ils sont soit trop stéréotypés (l’officier commandant Hilemore, qui, au passage, est lui aussi à géométrie variable entre ses premières apparitions et celles qui viennent ultérieurement, ou encore Fieracier), soit pas assez définis pour réellement convaincre. Ceci à une exception, ou plutôt un groupe d’exceptions : les Longfusils. C’est simple, je les ai trouvés excellents, particulièrement le Prédicateur, le taciturne tireur d’élite de la bande, qui, comme son nom l’indique, est également prêtre (défroqué). Imaginez un peu le sniper de Il faut sauver le soldat Ryan mais joué par Ray Stevenson ou Vinnie Jones, et vous aurez une bonne idée du machin. Les autres membres du groupe ne sont pas en reste, de l’oncle Braddon à la cousine Loriabeth, en passant par Skaggs, Lianelle et ses deux six-coups, et bien sûr par Argetine, l’îlienne muette qui ressemble à une version guerrière de Ka-poel chez McClellan.

Sur un plan personnel, j’ai beaucoup aimé le Sang-béni du navire d’Hilemore, qui lit des Pulps à longueur de journée (avec des couvertures très suggestives) et méprise les « classiques ».

Bref : certains des personnages secondaires (les Longfusils) volent pratiquement la vedette à une partie des personnages principaux (à l’exception de Lizanne), mais dans l’ensemble, on peut dire qu’il y a certaines petites maladresses et des choses à éviter dans de futurs romans, sans pour cela que les protagonistes, antagonistes ou leurs acolytes respectifs soient inintéressants, juste (légèrement) perfectibles.

Intrigue *

Sound of a gun, Audioslave, 2006.

L’intrigue tourne autour d’une légende : le Drac d’argent. Une trentaine d’années auparavant, une transe-mission a révélé qu’une expédition du Syndicat aurait découvert l’œuf d’une cinquième espèce de dragons, avant que la dite équipe ne disparaisse corps et biens dans le Cœur. Or, des indices récemment découverts remettent cette affaire, jamais vraiment close, au goût du jour, ce qui fait qu’on envoie Lizanne dans l’enclave Corvantine de Valmors (avec un long passage qui a une ambiance faisant furieusement penser à… Downton Abbey !), sur les traces d’un artefact pouvant mener au légendaire dragon, tandis que l’équipe de l’oncle de Clay est envoyée sur les traces de l’expédition Wittler. En effet, alors que les tensions entre la Sphère Corporatiste et le dernier des anciens empires atteignent leur point culminant, et que le Produit de bonne qualité se fait rare, découvrir du sang de dragon inédit, aux propriétés inconnues, pourrait constituer un avantage décisif dans la guerre qui paraît désormais inévitable.

Le bateau d’Hilemore, lui, est envoyé sur les traces du navire pirate Reine-des-vents, et va se retrouver pris dans le conflit lorsqu’il finit par éclater.

Les chapitres qui suivent Clay (chacun ne suit qu’un seul des trois protagonistes -sauf le tout dernier-, et ils alternent selon un ordre régulier -sauf dans le dernier quart, où Hilemore n’est plus évoqué que dans l’ultime chapitre-, ce qui occasionne d’ailleurs de quasi-systématiques cliffhangers frustrants et vaguement énervants, bien que motivants pour continuer sa lecture) nous conduisent le long du fleuve, dans un désert, dans la jungle, dans une ambiance mi-cité perdue Maya, mi-Joseph Conrad, et avec des personnages qui semblent sortis tout droit d’une variante sud-américaine (au lieu d’africaine) d’Allan Quatermain. Personnellement, j’adore ce genre d’ambiance faisant la part belle à l’exploration de continents encore largement inconnus et dangereux, aussi ai-je grandement apprécié la balade. L’obsession de la majorité des personnages secondaires pour le Drac Argent rappelle celle pour l’Eldorado, ou, dans un autre registre, pour Moby Dick.

Par contre, les allergiques aux batailles et aux coups de feu risquent de moins apprécier la leur, je préfère prévenir : l’action est très présente (et fort bien menée), quel que soit le personnage suivi, ce qui fait qu’il faut avoir une affinité minimale avec ce style de Fantasy « virile ». De même, les combats entre Sang-bénis font très super-héros, ce qui, là aussi, pourra créer des crispations chez certains dans un cadre Fantasy. Enfin, il s’agit d’un livre parfois légèrement gore et très meurtrier (surtout au niveau des personnages secondaires), sans atteindre le niveau du Grimdark et la mortalité du Trône de fer non plus, hein.

Style, traduction *

* Limo wreck, Soundgarden, 1994.

Le style est fluide, pas désagréable et sait être prenant (le tout sans atteindre non plus des sommets), rien à dire là-dessus, le boulot est fait. C’est un poil moins le cas niveau traduction, où, outre le coup du Shotgun expliqué plus haut, on trouve aussi quelques vagues maladresses dans les tournures, du genre :

« Il était arrivé suffisamment tôt pour voir les pirates arriver avec leur butin. Il lui fallut attendre un quart d’heure l’arrivée de… ».

ou encore :

« Il s’abattit droit sur le cristal et vola en éclats quand l’une des pointes acérées du cristal… »

Synonymes, synonymes… Histoire d’être un minimum constructif, je propose par exemple « Il était arrivé suffisamment tôt pour voir les pirates se présenter / débarquer avec leur butin. Il lui fallut attendre un quart d’heure la venue de… » : ça revient au même sur le plan de la signification, mais c’est tout de même plus lisible en bon français.

Autre problème, mais qui est moins factuel que relevant d’une impression personnelle : j’ai le sentiment qu’occasionnellement, le traducteur emploie un niveau de langage supérieur à celui utilisé par l’auteur, et ça, c’est quelque chose qui m’agace profondément. Dans un registre connexe, je pense qu’en revanche, il aurait dû nous éviter les « Tonton » ou l’horrible « Tantine » (pour auntie, probablement) qui parsèment le texte, car là par contre, même si ça ne correspondait pas forcément à la formulation de l’auteur, le rendu aurait été meilleur en français avec « mon oncle » ou « ma tante ». Parce que tel que ça a été fait, on frôle le ridicule par moments, surtout lors des scènes d’action ou à forte tension dramatique.

Enfin, j’ai pu relever quelques erreurs de relecture grossières, comme la superficie de l’Arradsie, qui serait de 4.6 millions de mètres carrés (au lieu de kilomètres, évidemment).

La fin est franchement réussie, propose un beau retournement de situation, et quelques aperçus très, très intrigants des tenants et des aboutissants et de ce qui nous attend dans le tome 2. Il ne me paraît pas franchement possible d’aborder celui-ci comme un one-shot, cependant. J’ai aussi trouvé que la relation entre le prologue et les révélations finales était très bien construite.

En conclusion *

Spoonman, Soundgarden, 1994.

Cette Gaslamp Fantasy (= esthétique victorienne et gadgets rétrofuturistes dans un monde imaginaire où la magie et les créatures fantastiques existent) propose un recyclage assez bluffant de certains codes du… Cyberpunk (les Firmes dominent le monde, et emploient des groupes « d’Indépendants » pour les basses besognes) dans une ambiance qui se balade entre « James Bond à Downton Abbey », « Allan Quatermain chez les Mayas » et « Jack Aubrey / Horatio Hornblower / Honor Harrington sur un navire à roues à aubes de la Guerre de Sécession ». Le mélange, bien que relativement improbable, fonctionne à merveille, et l’univers se révèle très solide. Un point capital est que la magie est liée au sang de dragon, une créature qui est exploitée comme du bétail mais qui va faire un retour explosif sur le devant de la scène. Les personnages, principaux comme secondaires, sont (légèrement) perfectibles, mais certains se révèlent vraiment très sympathiques.  Une large place est laissée aux batailles terrestres et navales, et les six-coups et autres fusils aboient souvent au sein de la jungle de ce continent tropical. Car oui, c’est aussi de Colonial Fantasy dont il s’agit, ce qui entraîne l’exploitation de thématiques bien plus solides que dans la Fantasy lambda.

Bref, ce mélange des genres et cette ambiance très sud-américaine (donc : non-européenne), avec armes à feu (donc : technologie post-médiévale), cités perdues, magie et dragons, ainsi que la profondeur des thématiques abordées, font que ce roman se place aux avant-postes d’un certain renouvellement de la Fantasy, jusqu’ici lourdement empêtrée dans le sectarisme de certains lecteurs et l’immobilisme d’une partie des auteurs ou des éditeurs. Si vous avez apprécié le courant Flintlock Fantasy (= Napoléonienne, à mousquets), cette trilogie (bientôt en quatre volumes…) vous en offre une évolution en repoussant encore plus loin le curseur scientifique et l’époque dont elle s’est inspirée.

***

Cette critique est dédiée à la mémoire de Chris Cornell, Roger Moore et de toutes les victimes de l’attentat de Manchester.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce roman, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle du Chroniqueur,

25 réflexions sur “Le sang du dragon – Anthony Ryan

    • Par rapport au livre de Fantasy moyen, il est très riche, en effet, à la fois sur le plan des thématiques, de la variété des ambiances et du soin apporté à la construction de l’univers.

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  1. Ça a l’air beaucoup plus intéressant que Blood Song (je m’étais arrêté au premier tome), je vais peut-être me repencher sur cet auteur. Plutot en VO du coup, alors 😀

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    • Je n’ai pas lu Blood Song, donc je ne peux malheureusement pas faire la comparaison entre les deux. Mais en lui-même, ce roman est à la fois intéressant et très novateur par rapport à de la Fantasy med-fan standard.

      Aux 2-3 soucis relevés, la traduction est bonne, tu peux passer par la VF si tu préfères.

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  2. Salut,

    Ici le trados du bouquin.
    Avant tout, bravo pour cet incroyable résumé/défrichage de l’univers de Ryan. J’ai moi aussi adoré cette fantasy oblique – je ne connaissais pas les concepts de Colonial Fantasy ou de Flintlock Fantasy avant de lire ta chronique – et surtout cet hommage plus qu’appuyé à trois courants de la littérature populaire (l’aventure navale, l’espionnage et – mon préféré – l’exploration coloniale).
    Quant aux remarques sur la trad’, merci ! Pour le shotgun, notamment, mais aussi pour le reste. Les répétitions sont mes pires ennemies et je m’efforce de les traquer à l’aide de mon dico de synonymes (mon meilleur ami, lui). Malheureusement, certaines parviennent fatalement à échapper à mes relectures et à celles du correcteur. Je note celles que tu as remarquées et les indiquerai à l’éditeur en cas d’éventuels retirages. Quant à « Tantine » et « Tonton », j’admets que ça peut choquer. Mais Clay ayant été recueilli chez eux très jeune, j’ai jugé qu’il avait conservé un certain rapport « enfantin » avec eux. Un choix tout à fait discutable, j’en conviens !
    Et surtout, j’essaierai de faire mieux pour le prochain tome 😉
    En tout cas, c’est un plaisir de voir son travail ainsi disséqué et analysé. Ça motive pour la suite.

    Merci encore, et félicitations pour ton blog (un des rares que je suis avec celui de Nébal) !

    Maxime

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    • Merci ! (Nébal est, pour moi, un des trois meilleurs blogueurs SFFF de France).

      En relisant mon passage sur la traduction, je trouve mon ton un peu dur, et je m’en excuse, je ne voudrais pas que tu le prennes mal. Ta trad’ est dans l’ensemble très fluide et agréable à lire, et des erreurs de quelque nature que ce soit, tous les traducteurs en font. Je saisis mieux ton choix à propos de tonton et de tantine, c’est vrai que vu comme ça ça se tient. Et pour ce qui est de shotgun, c’est vrai que s’y connaître en armes à feu (ce qui est mon cas) aide beaucoup, pas sûr que quelqu’un d’autre (correcteur, éditeur, etc) ait relevé que le terme fusil à pompe pouvait être, dans ce cas, imprécis. Et puis bon, pour les répétitions, il y en a deux en 600 pages, ce n’est pas non plus une catastrophe. Je le signale, effectivement, pour que ce soit corrigé lors d’un éventuel retirage, pas pour jeter l’opprobre, la remarque se veut constructive.

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      • Aucun souci, bien au contraire !
        Je préfère de loin une critique aussi argumentée que la tienne, qui montre l’importance et l’intérêt que tu accordes au travail de traduction (et qui, au passage, me permettra de rectifier le tir – c’est le cas de le dire – pour le shotgun !).
        Quant aux répétitions, je suis sûr qu’il y en a plus que deux ou trois, malheureusement. D’où l’attention que je porte à des chroniques comme les tiennes, qui me permettent, en plus d’une ultime relecture, d’améliorer le texte en vue d’une deuxième impression (ou directement en numérique). Parce que j’estime que Ryan, surtout sur ce bouquin, le mérite vraiment !

        À très bientôt au détour d’un commentaire ou d’un salon et d’ici là… bonne lecture !

        Maxime

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  3. Pour le paragraphe ressemblance, j’allais te dire que cela me rappeller Brian McClellan et Téméraire de ce que tu en disais. Je rajouterais que L’Alliance de la Justice de Sanderson pourait être également sur les rangs avec cette ambiance dérivée du steampunk, et la Gaslamp…
    Pour le reste que dire ?… tu m’avais convaincue au deuxième paragraphe, la suite fut une pure gourmandise.
    Je te rejoins sur le principe de la traduction, c’est le genre de répétitions et de maladresses qui rendent la lecture moins agréable, notamment sur le premier tome des Monarchies divines.
    Tu avais raison, c’est une critique magistrale, il y a un sacré boulot. Je me suis régalée en la lisant. J’avias repéré ce roman, mais n’étais pas tentée initialement. Je pense que je vais remédier à cela… immédiatement. (Tu remarqueras que j’ai pris soin de ne pas sauter de paragraphe – ce fut une épreuve et je me suis corrigée systématiquement).

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    • Merci 🙂

      Tu peux faire quelques paragraphes, y’a pas de souci, tant qu’il n’y en a pas vingt par commentaire ça me va 😉

      De mon côté, je l’ai acheté parce que j’ai vu la VO dans une liste de Gunpowder ou de Flintlock (je ne sais plus) sur Goodreads, mais j’avoue que je ne m’attendais pas à un roman aussi riche. J’ai été conquis par l’univers, et les aperçus que l’auteur donne promettent un tome 2 passionnant.

      Je me doutais que l’aspect Jack Aubrey de la Guerre de Sécession allait te séduire, de mon côté c’est l’aspect exploration, fusils et cités perdues qui m’a conquis.

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  4. A chaque fois que je lis une des tes critiques sur ces nouveaux mouvements fantasy, je me dis qu’il faut que je programme plus de lecture sur ce genre et son renouvellement, ça a l’air riche et fascinant ! Merci pour ce retour plus que complet. Je note direct ce livre dans mes envies.

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  5. Ha ha ! « transe-mission »… C’est de toi ou de l’auteur/du traducteur ? En tout cas, ça m’a bien fait marrer ^^
    L’univers est intéressant mais chais pas, les persos et l’intrigue ne me tentent pas plus que ça. Mais je lirai ta critique du tome 2 avec intérêt.
    Par contre, même si ta critique est déjà bien fournie (et j’en suis -comme toujours- admirative), tu aurais pu faire des paragraphes plus longs : lorsque je finissais d’en lire un, la chanson associée était toujours en cours. Du coup, obligée de faire une pause dans ma lecture pour entendre la-dite chanson en entier. 😛

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    • C’est de l’auteur et / ou du traducteur ^^ (et dans tous les cas, c’est effectivement magistralement formulé).

      Je suis déjà admiratif de voir les gens lire des critiques aussi hors-normes, en terme de longueur, que les miennes, mais je crois que si je fais encore plus long, je vais finir par perdre des lecteurs 😀

      (chansons qui sont d’ailleurs excellentes, Chris Cornell avait une voix incroyable).

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  6. Pingback: Sandrunners – Anthony Ryan | Le culte d'Apophis

  7. Bonsoir,
    Tout d’abord, Bravo ! Une très belle critique qui décortique parfaitement l’univers passionnant de ce livre que j’ai beaucoup apprécié. Avez- vous lu la saga Blood song d’Anthony Ryan ? Si non, je vous la recommande vivement, dans le style roman d’apprentissage / montée en puissance d’un personnage principal, c’est vraiment bien écrit. J’aimerais savoir si vous connaissez des romans de fantasy sur la thématique du combat naval / Marine de Guerre, car j’ai énormément aimé les passages du Sous-Lieutenant Hilemore et l’aspect militaire très précis qui s’en dégageait.
    Merci d’avance !

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    • Bonjour et merci.

      Non, je n’ai pas lu Blood Song, mais du coup je vais m’y intéresser, d’autant plus qu’on m’en a parlé en bien.

      En fantasy, je ne connais rien qui approche ce niveau de précision en matière de combat naval ET qui soit disponible en français. En revanche, il y a des allégories de combat naval disponibles, que ce soit en français ou en anglais : le cycle de Téméraire (qui remplace les bateaux par des dragons) ou le cycle Lays of Anuskaya de Bradley Beaulieu (vaisseaux aériens / dirigeables).

      En revanche, pour rester dans le domaine des littératures de l’imaginaire, ça ressemble fortement à une adaptation Fantasy d’Honor Harrington en SF, le combat naval y remplaçant le combat spatial. Vous pouvez aussi vous intéresser au cycle Sanctuaire de David Weber, qui propose du combat naval proprement dit à forte dose.

      Enfin, la source d’inspiration principale de la partie Hilemore du roman est la littérature d’aventure navale Napoléonienne, les aventures d’Horatio Hornblower ou de Jack Aubrey en premier lieu. Si vous voulez vraiment retrouver le même aspect militaire et que l’aspect imaginaire / Fantasy importe peu, ce sont ces cycles qu’il faut lire.

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      • Merci pour cette réponse rapide et très précise, je vais probablement m’intéresser aux aventures d’Horatio Hornblower et Jack Aubrey, ainsi qu’au cycle de Téméraire dont j’ai pas mal entendu parler. Merci beaucoup pour ces recommandations.

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