Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 6 – Genres et sous-genres en -punk

ApophisSi vous lisez de la SFFF, il est quasiment certain que vous avez déjà entendu parler de termes comme Cyberpunk ou le très populaire en France ces dernières années Steampunk. Pour autant, vous ne connaissez peut-être pas forcément la signification du -punk, l’historique de ces genres ou sous-genres ou le fait qu’ils ont donné naissance à une galaxie de dérivés. Cet article a pour vocation de vous expliquer tout cela, avant de passer à un très gros morceau dans le suivant : la description des sous-genres majeurs de la Science-Fiction.

Je vous rappelle que comme chaque article de cette série, celui-ci reflète ma conception personnelle de la taxonomie de la SFFF, et ne correspondra donc pas forcément à celles que vous pouvez trouver par ailleurs sur le net ou dans des ouvrages spécialisés. Continuer à lire « Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 6 – Genres et sous-genres en -punk »

Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 5 – Autres sous-genres de la Fantasy

ApophisAvant de nous attaquer à d’autres genres des littératures de l’imaginaire, nous allons finir notre exploration des sous-genres de la Fantasy avec ceux qui ne peuvent être considérés ni comme majeurs (tel que j’ai défini ce terme), ni comme en développement rapide et massif, ni comme constituant probablement les fondamentaux de la Fantasy de demain. Il n’est évidemment pas question d’examiner chacun d’entre eux, car il y en a des dizaines et car il n’est pratiquement pas une année ou même un mois sans qu’une nouvelle sous-classification émerge (ou une variante / redéfinition de la classification précédente…) chez les spécialistes. Je vais juste examiner certains sous-genres intéressants, émergents ou ayant / ayant eu une certaine importance dans l’histoire du genre.  Continuer à lire « Comprendre les genres et sous-genres des littératures de l’imaginaire : partie 5 – Autres sous-genres de la Fantasy »

Le vaisseau elfique – James Blaylock

Bilbo le Hobbit, tel qu’aurait pu l’écrire Terry Pratchett 

vaisseau_elfique_blaylockJames Blaylock est un auteur californien considéré comme un des pionniers du Steampunk. Un grand nombre de ses livres est caractérisé par une écriture pleine d’humour et / ou par des événements fantastiques se déroulant non pas dans un monde imaginaire mais chez nous, ou plus précisément, très souvent, chez lui, dans le Comté d’Orange (certains classent les ouvrages concernés dans le Réalisme magique).

Rien de tel pour Le vaisseau elfique, premier tome d’une trilogie appelée Oriel en VF et Balumnia en VO. Inspirée par certains classiques de la littérature jeunesse (dont Bilbo le Hobbit), cette Light Fantasy est issue d’une (lourde) réécriture du premier roman de Blaylock (qui n’a été publié dans sa version de base que des décennies après son écriture), The man in the moon. C’est Pierre-Paul Durastanti qui a assuré la traduction, qui, d’après cette entrevue accordée à mon estimé confrère Nicolas Winter, lui a donné bien du fil à retordre, non pas parce que le texte original serait particulièrement ardu, mais parce qu’il avait la volonté d’en rendre le meilleur équivalent possible en français. Et c’est d’ailleurs sur le conseil du sympathique Pierre-Paul que j’ai acquis ce roman, lors d’une des Grosses OP Bragelonne en 2016. Continuer à lire « Le vaisseau elfique – James Blaylock »

L’ombre du pouvoir – Fabien Cerutti

Un univers et un protagoniste solides, un roman prenant, mais une narration perfectible

ombre_pouvoir_ceruttiFabien Cerutti est un professeur agrégé d’histoire, passionné par les mondes imaginaires. L’ombre du pouvoir est le premier tome d’un cycle appelé Le Bâtard de Kosigan, issu d’une série de scénarios parus pour le jeu vidéo Neverwinter Nights. Ces scénarios, primés, ont d’abord donné naissance à un projet de BD, qui ne verra cependant jamais le jour en raison de la très faible « productivité » du dessinateur polonais recruté (10 pages en deux ans…). Finalement, c’est un roman qui assure la continuité de cet univers, ensuite rejoint par un tome 2. Notez que les tomes sont largement indépendants les uns des autres mais liés par un double fil rouge, à la fois politique et magique (origines du héros, de l’humanité et de la religion), selon le site de l’auteur.

Votre serviteur, s’il n’est, à quelques exceptions près (Pevel, Gaborit) pas franchement fan de Fantasy française, est en revanche particulièrement intéressé par le type de Fantasy Historique proposé par Fabien Cerutti, mêlant cadre réel et elfes, nains et autres créatures et races fantastiques. Et lorsque, en plus, paraît une édition poche avec une couverture comme je les aime (dynamique, très colorée, rentre-dedans), je ne peux que succomber à la hype et lire, moi aussi (bien qu’avec du retard), ce livre à la très bonne réputation. Qui, pour une fois, est amplement justifiée.  Continuer à lire « L’ombre du pouvoir – Fabien Cerutti »

All systems red – Martha Wells

Tous les systèmes sont effectivement dans le rouge…

all_systems_redAll systems red est une novella de 160 pages écrite par Martha Wells, une auteure Texane de Fantasy et de SF dont j’aurai l’occasion de vous reparler en plus amples détails lorsque je lirai ses cycles Île-Rien / La chute d’Île-Rien. Notez que sa parution est curieusement échelonnée : la version électronique est disponible dès le 2 mai, la version physique à partir du 7 août seulement. Elle fait partie d’un cycle (The Murderbot diaries) qui en comprendra au moins une autre.

Ce roman court est présenté, sur Goodreads, comme un mélange entre Westworld et le cycle de la Culture de Iain M. Banks. Culture / Banks, hop, les mots magiques ont été prononcés, il n’en fallait pas plus pour que je m’intéresse à ce texte, qui a en plus le bon goût d’être rapide à lire, ce qui correspond plutôt à mes envies du moment.  Continuer à lire « All systems red – Martha Wells »

Kings of the wyld – Nicholas Eames

Ça commence comme une light fantasy parodiant les groupes de (Hard) Rock, et ça finit en une apothéose épique montrant la magnifique histoire d’amitié entre cinq hommes

kings_of_the_wildNicholas Eames est un auteur canadien, natif et résident de l’Ontario. Grand admirateur de Guy Gavriel Kay (mais qui ne l’est pas ?), il se déclare aussi influencé par Scott Lynch et Joe Abercrombie (un gars bien, quoi !). Kings of the wyld est son premier roman, et également le tome 1 d’un cycle appelé The Band (patience, vous allez tout comprendre), son successeur étant attendu en 2018. Ce livre aurait pu être un enième opus de Fantasy parmi tant d’autres, mais il se trouve que le gaillard a eu une idée simple mais j’ose le dire géniale : grand fan de Led Zeppelin et de Spinal Tap, il a mis sur pied son univers à partir de l’idée que les aventuriers / mercenaires étaient structurés sur le modèle des groupes de rock, et adulés de la même façon.

Nous suivons Clay Cooper, dix-neuf ans après le « split » de sa formation (en anglais : Band -vous remarquerez la convergence de vocabulaire avec l’univers musical-), Saga, le plus grand groupe du monde. Plus vieux, plus gras, rouillé, menant une gentille vie de famille et un travail pépère de soldat du guet, Clay voit un jour débarquer un de ses anciens condisciples (et leader du groupe), Gabe. Encore plus mité que lui, il lui révèle que sa fille, Rose, elle-même un mercenaire à la gloire naissante, a été prise au piège du siège d’une cité. La seule solution pour s’assurer de son bien-être : reformer Saga ! Continuer à lire « Kings of the wyld – Nicholas Eames »

Skullsworn – Brian Staveley

Un GROS coup de cœur ! 

skullswornBrian Staveley est un auteur américain connu pour sa trilogie Chronicle of the unhewn throne, une Fantasy épique dans la veine grim & gritty, vigoureusement rythmée et riche en scènes d’envergure (si vous souhaitez la découvrir, les 7 premiers chapitres du tome 1 -en anglais- sont disponibles gratuitement).  Skullsworn est un roman situé dans le même univers et qui constitue un stand-alone (un livre pouvant se lire indépendamment) par rapport à ce cycle. Ce qui, pour moi, fait tout son intérêt : il me permet de découvrir l’auteur et le contexte sans forcément me lancer dans une nouvelle trilogie.

Et puis il faut dire qu’en plus de la réputation flatteuse de cet écrivain, le résumé de ce titre est rudement alléchant : nous suivons Pyrre Lakatur, prêtresse-assassin du Dieu de la Mort, Ananshael. Enfin plus précisément une apprentie prêtresse qui, pour son épreuve finale, doit tuer sept personnes, dont « celui qu’elle aime ». Problème, elle n’a jamais aimé personne, et tricher n’est pas une option. Il ne lui reste donc que deux semaines pour trouver quelqu’un à aimer… et le tuer !  Continuer à lire « Skullsworn – Brian Staveley »

Résultat des élections présidentielles… euh non, du concours Apophis / L’Atalante !

ApophisEn ce 24 avril, le concours organisé par votre serviteur grâce à la générosité des éditions l’Atalante est terminé. Les gagnants seront contactés par e-mail, et devront choisir leur lot parmi ceux qui sont à leur disposition (fonction de leur ordre dans le tirage au sort) et me communiquer leurs coordonnées postales pour l’envoi du livre. Ayant malheureusement un petit souci de santé, il est relativement douteux que je puisse les poster cette semaine, ce sera la prochaine, au pire. Donc inutile de guetter le facteur dès demain 😉

Pour rappel, les lots étaient les suivants :

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La maison des Derviches – Ian McDonald

Une mise en place des pièces du puzzle lente mais magistrale

maison_dervichesAprès l’excellent Luna, je poursuis mon exploration de l’oeuvre de Ian McDonald avec La maison des derviches, qui est à la fois proche et très éloigné de la dernière parution de l’auteur (Je vous annonce aussi que Le fleuve des dieux et La petite déesse seront au programme dans le futur). Ce roman a, entre autres, reçu le Prix Planète SF des blogueurs (le groupement auquel j’ai l’insigne honneur d’appartenir depuis quelques mois) 2013.

Cette fois, l’action se passe sur Terre, plus précisément en Turquie en avril 2027. Alors qu’Istanbul est écrasée par une canicule précoce, les destins, à priori séparés, de personnages dont le seul point commun est d’habiter dans une ancienne Maison des Derviches vont se croiser, l’occasion pour l’auteur de décrire un futur très détaillé d’une Turquie où se croisent Europe et Asie, tradition et modernité, religion / mysticisme et nanotechnologie.  Continuer à lire « La maison des Derviches – Ian McDonald »

Poumon vert – Ian MacLeod

Quand Frank Herbert rencontre David Brin et Ann Leckie

poumon_vertIan MacLeod est un écrivain britannique de SF, de Fantasy (à esthétique steampunk) et d’uchronie (il a d’ailleurs gagné à trois reprises le prix Sidewise, le plus prestigieux du genre). C’est aussi, par rapport à la plupart de ses compatriotes exerçant dans les littératures de genre, un auteur peu prolifique : seulement six romans au compteur en vingt ans (plus des recueils de nouvelles, domaine dans lequel il est très respecté). Je n’ai eu l’occasion de lire un de ses textes qu’une seule fois (Les îles du soleil), sans en sortir très convaincu.

Initialement, j’avais donc décidé de faire l’impasse sur cette sortie, mais l’enthousiasme de l’éditeur (pour ce qu’il qualifie en gros de pinacle de la SF humaniste qu’il souhaite publier) à son propos, ainsi que les très bonnes critiques en avant-première et (il faut bien le dire) la couverture incroyable (chaque fois que je pense qu’Aurélien Police ne pourra pas faire mieux, il arrive encore et toujours à me surprendre et m’émerveiller !) m’ont convaincu. Et heureusement, vu que sinon, je serais passé à côté d’un texte très intéressant, et ce sur de multiples plans. Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi.  Continuer à lire « Poumon vert – Ian MacLeod »