Une nuit sans étoiles – Peter Hamilton

Retour aux fondamentaux

hamilton_fallers_2Une nuit sans étoiles est la deuxième partie du diptyque Les naufragés du Commonwealth, après L’abîme au-delà des rêves. Après l’énorme rebondissement de la fin de ce dernier, il nous aura donc fallu patienter un an et demi pour connaître la suite de cette histoire, qui met (provisoirement, sans doute, puisque Peter Hamilton n’exclut pas d’y revenir dans le futur -contrairement à certaines rumeurs-) un terme à l’exploration de l’univers du Commonwealth par l’auteur. Il a en effet annoncé que sa prochaine trilogie (Salvation) se situerait dans un contexte inédit.

Ce second roman se déroule (pour l’essentiel) 265 ans après la fin du tome 1. Il mélange nouveaux personnages et anciens du meta-cycle du Commonwealth (qui comprend les cycles de Pandore, du Vide et le présent diptyque). Mais surtout, le plus important est qu’après un tome 1 qui cassait en partie les codes Hamiltoniens, celui-là revient sagement aux fondamentaux.

J’attire votre attention sur le fait qu’il est impossible de chroniquer ce tome 2 sans spoiler la fin du 1. Si vous n’avez pas encore achevé ce dernier, je vous conseille vivement de passer directement à la conclusion.  Continuer à lire « Une nuit sans étoiles – Peter Hamilton »

L’elfe et les égorgeurs – Jean-Philippe Jaworski

Une impression mitigée

elfe_egorgeursL’elfe et les égorgeurs est une des cinq nouvelles du recueil Le sentiment du fer, par Jean-Philippe Jaworski. Durant le mois d’avril, elle est offerte (ainsi que celles de quatre autres auteurs) par les Indés de l’imaginaire, afin de vous permettre de découvrir gratuitement les univers des écrivains concernés. Or, malgré l’énorme pression des fidèles du Culte, votre serviteur n’a encore jamais franchi le pas et découvert le plus fameux et respecté des écrivains de Fantasy français. Peur d’un style trop ampoulé pour moi, de longueurs dues aux descriptions détaillées dont il est friand, crainte d’être déçu devant une réputation d’excellence quasi-unanime, les facteurs expliquant le fait que je m’en sois tenu consciencieusement éloigné sont multiples. Mais étant donné que j’ai prévu de lire les plus de 700 pages de Gagner la guerre en Août, cette nouvelle gratuite m’a paru être un excellent moyen de vérifier que j’aurai une affinité minimale avec le style de l’auteur.  Continuer à lire « L’elfe et les égorgeurs – Jean-Philippe Jaworski »

Brother’s ruin – Emma Newman

Et là, c’est le drame…

brothers_ruinEmma Newman est une autrice anglaise, écrivant aussi bien de l’Urban Fantasy (parfois mélangée avec du post-apocalyptique) que de la SF (le récent -et acclamé- Planetfall, le premier tome d’une trilogie -le second sortira en VO dans un an-). C’est aussi une narratrice professionnelle de livres audio et la co-créatrice et animatrice du podcast Tea & Jeopardy (nominé pour le Hugo), avec Peter Newman, l’auteur de The Vagrant (qui, si j’en juge par la postface, serait son mari).

Brother’s Ruin relève de la Gaslamp Fantasy (voir plus loin). Cette novella est présentée comme le premier texte d’un potentiel cycle (tout dépendra des ventes, selon son propre aveu), Industrial Magic, qui, comme son nom l’indique, se déroule dans une variation uchronique de l’Angleterre Victorienne dans laquelle la Révolution industrielle a été impulsée par la magie et non la technologie. Continuer à lire « Brother’s ruin – Emma Newman »

Secret Show – Clive Barker

Un excellent départ, une fin poussive

secret_showClive Barker est un écrivain britannique, un des plus grands auteurs de Fantastique contemporain et d’Horreur, dont il a participé au renouveau via l’émergence du Splatterpunk (en résumé : on prend l’esprit nihiliste du cyberpunk, l’aspect plus réaliste et nuancé de la Dark Fantasy, et on injecte tout ça dans ce que nous appelons le Fantastique et dans l’Horreur -rappelons que chez les anglo-saxons, le concept de Fantastique n’existe pas, il est purement français-). C’est aussi un réalisateur / scénariste / producteur de films, un peintre (il a réalisé les illustrations de certains de ses livres) un scénariste de comics et de jeux vidéo, et enfin un metteur en scène de théâtre. Bref, c’est un artiste. Ses romans sont si impressionnants que Stephen King en personne s’est déclaré époustouflé par leur qualité.

Voilà un moment que je voulais découvrir l’oeuvre de cet auteur, et je tiens à remercier Pyjam pour m’avoir conseillé ce roman en particulier, suite à ma critique de La bibliothèque de Mount Char (qui, au passage, sort en septembre en français chez Denoël / Lunes d’encre). Secret show est le premier volume, publié (en VO) en 1989, d’une trilogie, dont l’ultime roman n’est toujours pas paru au moment où je rédige ces lignes.
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Tag – Je suis un fanboy (2)

ApophisBon, j’ai été nominé par un facétieux Lutin, multi-récidiviste du tag en tout genre, et comme les questions me plaisent bien, j’ai décidé de répondre à l’invitation (et puis parce que je suis poli, tout çaaaaa). Comme d’habitude, il faut nominer des gens, mais je préfère laisser aux personnes intéressées le choix de s’auto-désigner toutes seules comme des grandes.

Mais assez de bavardages, place aux questions !

Si tu avais la possibilité de correspondre avec un personnage de roman, lequel choisirais-tu ? (ou un auteur)

Je choisirais sans hésitation un vaisseau de la Culture, l’univers créé par le regretté Iain M. Banks. Un auteur… pas vraiment (voir réponse suivante).

Tu peux inviter un auteur à l’apéro, de qui s’agit-il ?

J’ai presque envie de dire : personne. Je suis moins intéressé par l’artisan que par son oeuvre, personnellement, tout simplement parce que j’ai souvent constaté que les deux étaient largement déconnectés : des petits salopiauds nous ont fourni des chefs-d’oeuvre littéraires, alors qu’au contraire des gens très recommandables sont incapables parfois de pondre un bouquin qui tient la route. En conséquence, c’est d’abord le bouquin qui m’intéresse, le reste n’est qu’accessoire.

Malgré tout, il y a 2-3 questions qui me turlupinent à propos de quelques personnes. Je vais donner un exemple : Glen Cook. Ce type là est resté ouvrier à la chaîne jusqu’à la retraite, alors que pendant plusieurs décennies, je pense qu’il aurait pu vivre de sa plume étant donné la popularité de ses bouquins. Je voudrais bien savoir pourquoi il n’a pas saisi cette opportunité d’écrire à plein temps.

Si tu devais écrire une fanfiction (une histoire imaginée par un fan, tirée d’un livre déjà existant), de quelle œuvre serait-elle tirée ?

Ben déjà, les fanfics, c’est pas DU TOUT mon truc. Si je devais sauter le pas et écrire, ma première idée serait de créer mon propre univers, mais bon… Si j’étais obligé, ce serait une nouvelle dans l’univers de la Culture ou de la Compagnie noire.

Un de tes livres préféré va être adapté au cinéma (imaginons !), on te propose d’y jouer un rôle, quel personnage choisirais-tu d’interpréter ?

Un des Asservis dans l’adaptation de la Compagnie noire, Martin Silenus dans celle d’Hyperion, ou Cheradenine Zakalwe dans celle de L’usage des armes de Banks.

Un de tes livres préféré a été adapté au cinéma (réellement), néanmoins tu n’es pas d’accord avec le choix de l’acteur/actrice pour jouer un des personnages, de quel personnage s’agit-il et quel(le) acteur/actrice verrais-tu à la place ?

Je vais faire la même réponse que Lutin : l’acteur choisi pour jouer Holden dans The Expanse ne me convient pas. Pour le remplaçant, aucune idée, mais quelqu’un d’un peu plus buriné et qui a moins l’air d’un lapin pris dans le faisceau des phares d’une bagnole, déjà.

Une de tes séries préférées est terminée mais tu souhaiterais voir une suite publiée. De quelle série s’agit-il ? 

Le cycle de la Culture. Mais vu que l’auteur est mort… Donc je dirais un nouveau bouquin dans le monde d’Hyperion.

Voudrais-tu réécrire la fin d’un livre que tu as lu ? Si oui, de quel livre s’agit-il ?

La fin de Terre de David Brin, qui est d’une confondante stupidité. Brin est tellement, tellement meilleur que ça…

Constitue ta famille « livresque » idéale : père, mère, frère et soeur. Choisis bien !

Père – Kane du cycle du même nom, mère – la Dame de l’univers de la Compagnie noire, frère – Coltaine de La chaîne des chiens de Steven Erikson, soeur – Rachel d’Hyperion.

Pour quelle édition collector dépenserais-tu sans hésiter la moitié de ton salaire ?

Aucune en particulier. Par contre je serais prêt à donner du pognon pour que chaque livre SFFF publié en français un jour soit disponible en POD (impression à la demande) et / ou en version électronique. Ce serait pour moi une avancée décisive, vu à quel point on galère pour retrouver des exemplaires (même d’occasion) de certains bouquins.

 

 

 

L’eau dort – Glen Cook

Une pluie de révélations !

eau_dort_1L’eau dort est le neuvième et avant-dernier tome du cycle de la Compagnie Noire (il n’est estampillé tome 10-11 dans l’édition française qu’en raison de la coupure systématique en deux livres depuis le roman précédent). C’est aussi le troisième volume du sous-cycle des Livres de la Pierre scintillante. Comme à mon habitude, je vous en propose la critique complète en une seule fois.

Après l’incroyable retournement de situation de la fin du roman précédent, et le cliffhanger associé, il était évident que beaucoup de choses allaient changer dans celui-ci. Mais ce à quoi je ne m’attendais pas vraiment, en revanche, est l’avalanche de révélations, qui jettent du coup un tout nouvel éclairage sur les livres antérieurs. J’ai toujours loué le fait que chaque tome de la Compagnie Noire change quelque chose (le narrateur, le mode de narration, le lieu de l’action, la temporalité, etc) par rapport à son prédécesseur, mais celui-ci constitue probablement le changement le plus radical de tous, à la fois en terme de protagonistes et de transmission d’informations au lecteur : Cook était resté jusque là très opaque sur certains points, et dans L’eau dort, il change complètement sa manière de faire, noyant presque le lecteur sous des révélations qui, pour certaines, sont complètement inattendues.

Attention, par contre : arrivé au tome 9 d’un cycle, les spoilers sur les romans précédents sont plus ou moins inévitables, mais sur ce livre en particulier, il est quasiment impossible d’en faire une chronique sans vous spoiler horriblement ses prédécesseurs. Je vous garantis une absence de spoilers majeurs sur les événements propres à ce tome 9, pour le reste la lecture de cette critique est à vos risques et périls. Si vous ne voulez pas vous gâcher certaines surprises de taille si vous n’avez pas encore fini Elle est les ténèbres, je vous conseille de passer directement à la conclusion.  Continuer à lire « L’eau dort – Glen Cook »

L’espace d’un an – Becky Chambers

Le petit vaisseau dans la prairie galaxie

Je remercie Monsieur Le Bars, des éditions l’Atalante, de m’avoir donné la possibilité de lire ce livre

petit_vaisseau_prairieBecky Chambers est une autrice californienne issue d’une famille « fortement impliquée dans les sciences spatiales », mais qui a un background personnel qui relève de plusieurs domaines artistiques (dont l’écriture, de romans, donc, mais aussi d’essais et de nouvelles). L’espace d’un an est le premier volume d’une série appelée Voyageurs. Le tome 2 sort en français le 22 juin 2017, sous le curieux titre Libration (en VO, c’est A closed and common orbit). C’est un stand-alone, qui reprend deux personnages du tome 1 mais ne nécessite pas que ce dernier ait été lu auparavant pour être compréhensible (même si c’est évidemment un gros plus).

Malgré des notes assez impressionnantes sur Goodreads (respectivement 4.18 et 4.41 pour les tomes 1 et 2), et des retours globalement positifs de la critique française, je n’avais pas l’intention de lire ce roman, qui, à mon avis, ne me correspondait pas. Mais il se trouve que l’Atalante a eu la bonté de m’en fournir un exemplaire, et que je suis en plein dans mon challenge annuel sortir de ma zone de confort. Bon, je ne vais pas vous mentir, si j’ai trouvé ça sympathique (et quelque part rafraîchissant), ce n’est pas vraiment un livre pour les lecteurs dans mon genre, mais par contre la plupart d’entre vous risquent de l’adorer. Je vais donc essayer de vous expliquer ce qui pourra poser problème à certains et en charmer d’autres (et inversement).  Continuer à lire « L’espace d’un an – Becky Chambers »

Coûte que coûte – David Weber

L’échelle d’intensité des combats est désormais graduée jusqu’à 11

HH_11_1Coûte que coûte est le onzième (!) roman du cycle Honor Harrington. Il marque la fin d’une époque, celle des combats entre Havre et Manticore qui dure depuis l’incident du tome 1. Pour pouvoir le comprendre pleinement, il est vivement conseillé d’avoir lu (au moins partiellement) les deux séries dérivées du cycle principal, à savoir La couronne des esclaves et Saganami (notez que vous avez vraiment intérêt à ne lire le tome 2 de cette dernière série qu’après Coûte que coûte, faute de quoi vous allez vous auto-spoiler à propos d’un événement tragique). Comme pour tous les tomes postérieurs au 5, celui-ci est divisé en deux livres, pour un total de plus de 1100 pages.

Au passage, j’en profite pour signaler que dans la collection poche (« la petite dentelle ») que l’Atalante s’apprête à lancer, figurent les deux premiers tomes de la série (sympathiques mais pas les meilleurs -qui sont pour moi les 4, 5 et ce tome 11-), une bonne occasion de découvrir cette saga de référence en matière de SF militaire. Les quatre premiers romans étaient déjà parus en format poche (chez J’ai lu) il y a quelques années, mais là on peut espérer que c’est l’intégralité du cycle qui, à terme, sera disponible à ce prix.

Après des tomes 9 et 10 assez mous, trop longs, plus orientés intrigues politiques et moins riches en batailles spatiales d’envergure ou détaillées (ce qui n’est d’ailleurs pas forcément rédhibitoire, puisque les tomes 4 et 5 dont je parlais juste avant sont justement intéressants sur un plan autre que martial), c’est avec une certaine appréhension qu’on attaque ce nouveau livre : pourtant, force est de constater que sur tous les plans, ça repart très fort dès le début et que le charme opère comme avant. Car de nombreux paradigmes vont changer, aussi bien dans l’univers que pour l’héroïne, et car pour l’amateur de combats spatiaux, ce livre n’est qu’un long orgasme de plus de mille pages !   Continuer à lire « Coûte que coûte – David Weber »

The shadow of Elysium – Django Wexler

Instructif et émouvant

shadow_of-elysiumThe shadow of Elysium est considéré, sur Goodreads, comme le tome 2.5 du cycle The Shadow Campaigns. En réalité, la place de cette nouvelle dans cette saga est un peu plus compliquée que cela : elle se déroule à-peu-près à la même époque que The Shadow Throne, le tome 2, est en quelque sorte une « suite » de The penitent damned (pour le coup un vrai « tome 0.5 »), mais peut en même temps se comprendre et s’apprécier sans avoir jamais lu un seul texte, au format long ou court, du cycle.

Signalons également que contrairement au tome 0.5, celui-ci n’est pas gratuit, mais payant. Ce qui est particulièrement dommage car il contient une explication sur les démons qui me paraît assez capitale dans le Magicbuilding de cet univers. J’espère donc que la dite explication est reprise, sous une forme ou une autre, dans un des tomes suivants (le 3 et le 4 sont parus au moment où je rédige ces lignes, le 5 est attendu dans l’année).  Continuer à lire « The shadow of Elysium – Django Wexler »

Le culte d’Apophis / Les éditions l’Atalante : le concours !

ApophisIl y a tout un tas de raisons pour organiser un concours sur ce blog : fêter le centième abonné, le fait qu’au rythme actuel, ce blog aura eu autant de visiteurs et de vues (7439 visiteurs uniques / 27114 vues) en 4 mois que durant toute l’année 2016 (où les résultats étaient déjà plus qu’honorables pour un blog âgé d’un an), ou que, toujours si le rythme se maintient, nous atteindrons normalement les 100 000 vues courant décembre. Bref, remercier la communauté du Culte pour sa fidélité et son soutien.

Si ces raisons sont présentes, il y en a une autre que je veux mettre en avant, comme cela a été fait dès la fondation de ce blog : le soutien des littératures de genre populaires, et particulièrement de la SF militaire, sous-genre probablement le plus mal-aimé en France. En conséquence, en partenariat avec les éditions l’Atalante (que je remercie chaleureusement pour leur générosité), référence absolue en matière de SF militaire dans l’Hexagone, le Culte d’Apophis vous propose de gagner non pas un… mais trois lots. Et comme l’Atalante propose toutes les nuances de la SF et de la Fantasy, de la populaire à l' »intelligente », de l’humaniste à la guerrière, ces lots comprendront plusieurs types de romans, y compris pour celles et ceux qui n’apprécient pas le cadre martial ! Mais place aux détails  😉 Continuer à lire « Le culte d’Apophis / Les éditions l’Atalante : le concours ! »