The Expanse – Tome 1 – L’éveil du Léviathan – James S.A. Corey

Quand Peter Hamilton rencontre Greg Bear, kim Stanley Robinson et Alastair Reynolds

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Ce premier volume, écrit en collaboration par deux auteurs (dont James SA Corey n’est que le pseudonyme commun), est le premier d’une série qui en compte déjà 5 (en anglais) et qui en comptera à terme 9. Déjà, lorsqu’on a dit ça, et qu’on a jaugé la taille du livre (600 pages), on commence à voir une parenté avec Peter F. Hamilton et ses sagas-fleuves. Cette impression ne fait que se renforcer à la lecture : du style (efficace et descriptif plus que « littéraire ») à la richesse dans la description de l’univers en passant (mais c’est un point important) par le mélange SF et Horreur, on ne peut que penser à Peter Hamilton en lisant l’Eveil du Léviathan.

A Peter Hamilton, oui, mais pas seulement : en effet, on a la nette impression que les deux auteurs sont avant tout de grands fans de SF eux-mêmes, et qu’ils ont patiemment intégré puis restitué en un tout cohérent dans leur roman ce qu’ils ont lu dans les romans majeurs des autres parus ces 25 dernières années. Continuer à lire « The Expanse – Tome 1 – L’éveil du Léviathan – James S.A. Corey »

Rigante – Tome 2 – Le faucon de minuit – David Gemmell

Un très bon deuxième tome, un grand roman, un hymne à l’humanisme, au merveilleux et à l’écologie

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Ce deuxième tome est tout à fait à la hauteur (vertigineuse) du premier, dont il retrouve le style et l’écrasante majorité des personnages. L’action se déroule une génération plus tard, et on suit le fils de Connavar, Bane, issu de son petit moment d’égarement avec son amour d’enfance, qui a eu de si terribles conséquences. L’action commence sur les terres rigantes juste le temps de nous présenter Bane et son ami Banouin (le fils de celui du premier tome), avant de se déplacer vers Roc, où, suite à des événements tragiques, Bane devient Gladiateur. Si vous avez aimé la série Spartacus, vous allez adorer cette partie du livre (un très gros tiers), on retrouve à la fois le côté sanglant et spectaculaire des combats dans l’arène et la fraternité entre gladiateurs.
Ensuite, l’action se déplace à nouveau vers les terres Rigantes, pour conclure les arcs narratifs lancés dans les deux tomes. Continuer à lire « Rigante – Tome 2 – Le faucon de minuit – David Gemmell »

Rigante – tome 1 – L’épée de l’orage – David Gemmell

Une Fantasy presque-historique très prenante avec une excellente immersion dans la culture et la religion celtes

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Bon, on va faire court (pour une fois…), pour ceux qui connaissent, c’est du Gemmell pur jus, vous pouvez y aller en toute confiance, surtout si en plus vous aimez bien tout ce qui tourne autour du monde celtique (ou d’un quasi-équivalent fantasy dans ce cas).

Pour ceux qui ne connaissent pas Gemmell, il s’agit d’un roman au style à la fois efficace (phrases courtes, descriptions très évocatrices) et prenant. Les personnages sont attachants et puissamment campés. L’univers rappelle un peu, sur ce roman en particulier, la « fantasy historique » à la Guy Gavriel Kay, c’est-à-dire que le monde est quasiment calqué sur une période historique réelle, l’antiquité celto-romaine dans ce cas. Les noms des peuples (les Brigantes deviennent les Rigantes, les Goths des Gaths), des villes / empires (Rome devient Roc) et des divinités (Dana devient Daan) sont un peu changés, mais l’essentiel reste là. Par contre, par rapport à de la « vraie » Fantasy Historique (du genre Les Lions d’Al-Rassan), il y a beaucoup plus de magie, avec une constante intervention des Sidhes (pardon des Seidhs).

Si vous aimez le monde celtique et sa mythologie, les personnages promis à un destin glorieux, les grandes histoires d’amour, familiales ou d’amitié tragiques, les livres au style fluide, pas forcément courts mais où on dévore des centaines de pages sans même s’en rendre compte tellement l’histoire est prenante, ce roman est fait pour vous. Je ne lui ai trouvé qu’un minuscule défaut, à savoir qu’une question soulevée dans le prologue ne trouve pas de réponse à la fin (PS : elle trouve en fait sa réponse… à la fin du tome 2), sinon c’est vraiment une valeur sûre de la fantasy.

Pour aller plus loin

Ce livre est le premier d’un cycle : retrouvez sur Le Culte d’Apophis la critique du tome 2

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce livre, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle d’Aelinel

Le château des millions d’années – Stéphane Przybylski

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Remarques préliminaires : il faut bien situer ce à quoi nous avons affaire avant de le critiquer. Il s’agit du plus gros tirage initial de l’histoire du Belial (5000 exemplaires), surtout lorsqu’on sait qu’il s’agit du premier roman de l’auteur.

Attention, premier roman mais pas premier livre, puisque Stéphane Przybylski a également rédigé plusieurs ouvrages historiques. De plus, il s’agit du premier volume d’une tétralogie (Origines), donc forcément, ce tome 1 ne peut avoir qu’un rythme relativement lent et de longues phases de présentation des personnages et de l’intrigue.

Autre remarque : je ne fais pas de spoiler, il y a un crash d’OVNI dès la… première page du roman. Continuer à lire « Le château des millions d’années – Stéphane Przybylski »

Phenix – Bernard Simonay

Le chef-d’oeuvre méconnu de la science-fantasy française

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Flash-back. Seconde moitié des années 90 (me souviens plus de la date exacte). A la fin d’un TP de chimie quelconque (on doit en étudier cinq types différents dans ma fac), deux de mes camarades de promo (un couple) viennent me voir, très excités, avec un ENORME livre à la main. Ils tiennent ab-so-lu-ment à me le prêter, parce que « c’est encore mieux que le Seigneur des anneaux ! ». Je suis sceptique, je sais très bien qu’ils manquent de références, n’ayant lu QUE le SdA en fantasy justement, et qu’elle a tendance à s’enthousiasmer très facilement. La couverture très roman sentimental, la quatrième, l’éditeur de l’édition en question (Editions du Rocher, pas un spécialiste reconnu de Fantasy, donc), bref rien ne m’inspire particulièrement confiance non plus. Je crains fort de tomber sur une fantasy de bas étage et devoir me taper les plus de 800 pages pour rien ou pas grand-chose. Mais bon, parce que le geste est amical, je le prends.

Vous savez quoi ? Ils avaient raison. Enfin presque. On ne va quand-même pas dire que c’est « mieux que le Seigneur des Anneaux », mais c’est à lire. Vraiment. Pour moi, ça fait partie de ces livres méconnus, voire quasiment inconnus, qui n’auront jamais l’aura du Trône de Fer ou d’Hyperion, mais qui, pourtant, n’ont pas à rougir face à eux en termes de qualité. On peut aussi citer Replay de Ken Grimwood, Mémoire de Mike McQuay ou l’incroyable Inexistence de David Zindell, un des livres de SF les plus visionnaires, riches et hard-SF qu’il m’ait été donné de lire.

Voilà pourquoi c’est intéressant : Continuer à lire « Phenix – Bernard Simonay »

Hyperion – Dan Simmons

LE chef-d’oeuvre de la SF, et plus généralement un grand roman, tout simplement

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Je précise que je ne parle ici que du premier tome du cycle, pas des trois autres (La chute d’Hypérion, Endymion et l’Eveil d’Endymion). Il s’agit pour moi, sans le moindre doute, du plus grand chef-d’oeuvre de l’histoire de la SF. Pourquoi ? Parce que ce roman est arrivé à mêler le meilleur du « Sense of Wonder » de la SF, à évoquer l’intégralité de ses thèmes majeurs, ET à conter tout ça avec une plume d’une qualité proprement extraordinaire, notamment sur le plan du style (ou plutôt DES styles), faisant de lui, bien au-delà des frontières de la SF, un grand roman, tout simplement.

L’éventail des thèmes balayé par le roman est tout bonnement fabuleux. Au moment de sa sortie, Roland C. Wagner avait écrit qu’il constituait un véritable catalogue, en forme d’hommage, de TOUT ce qui avait pu être écrit (de majeur) avant lui. C’est vrai (les passages dans le cyberespace, notamment, ont un fort parfum Gibsonien, d’ailleurs totalement assumé par l’auteur, en forme d’hommage), mais il ne faudrait pas réduire Hypérion à cela. Continuer à lire « Hyperion – Dan Simmons »

Les Lions d’Al-Rassan – Guy Gavriel Kay

Une fantasy… sans fantasy, aux trois protagonistes extrêmement vivants et crédibles, et à la technique narrative très habile

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Commençons par le commencement : à quel genre littéraire ce livre appartient-il ? La question est un peu plus épineuse qu’il n’y paraît. C’est classé en fantasy, mais en fait, à part deux lunes dans le ciel et un don de Vision d’un des personnages secondaires, il n’y a aucun élément associé traditionnellement à la fantasy classique. Pas d’elfes, pas de dragons, pas de magie, rien.

En lisant la quatrième et en regardant la carte au début du bouquin, on comprend très vite qu’on est quasiment sur du… roman historique en fait. Plus précisément sur une reconstitution romancée de la Reconquista (= la reconquête par les Chrétiens des deux tiers de l’Espagne moderne conquis et administrés par les Maures sous le nom d’Al-Andalus entre 711 et 1492, un lieu d’apports majeurs à la culture Islamique médiévale, avec par exemple la mosquée de Cordoue, l’Alhambra ou encore la pensée révolutionnaire d’Averroès). Continuer à lire « Les Lions d’Al-Rassan – Guy Gavriel Kay »

La couronne des esclaves – David Weber & Eric Flint

Quasi-indispensable à la compréhension de la série principale, bon et dépaysant en lui-même, ce roman marque aussi la naissance de deux nouvelles héroïnes

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Vous êtes peut-être comme moi, c’est-à-dire que lorsque vous avez lu le tome 10 des aventures d’Honor Harrington, Plaies d’honneur, vous êtes tombé sur des références à des personnages et des événements qui n’étaient pas présents dans le Tome 9, Les Cendres de la victoire. Interloqué, vous vous précipitez vers la liste des romans de l’Honorverse (=l’univers d’Honor Harrington), pour voir si par hasard, vous n’auriez pas sauté un tome. Damned ! Ce n’est pas le cas ! Mais alors, d’où tout cela sort-il ? La réponse est dans ce livre : ces événements ne sont pas décrits dans la série principale, mais dans une des séries dérivées, se passant dans l’Honorverse mais ne mettant pas en scène Honor Harrington.

La question que vous vous posez probablement est : l’achat de ce livre est-il indispensable ? Je dirais non mais oui. Continuer à lire « La couronne des esclaves – David Weber & Eric Flint »

Faërie – Raymond E. Feist

Un livre puissant mais extrêmement noir au carrefour du fantastique onirique Lovecraftien, de l’horreur et de l’occulte

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Ce roman est la seule incursion de Feist, auteur majeur de la Fantasy moderne, dans le domaine du fantastique, et croyez-moi, c’est bien dommage. Il est très, très doué dans l’exercice, et j’aurais franchement souhaité qu’il écrive plus de livres dans ce genre plutôt qu’un 48ème ouvrage dans le monde de Pug.

Avant de parler du roman, il faut quand-même faire un point sur son genre, sur ce à quoi il ressemble et surtout sur ce à quoi… il ne ressemble pas et à qui il n’est PAS destiné. Avant tout, il faut bien préciser qu’à mon sens, même s’il contient quelques éléments fantasy, il ne relève pas de ce genre, alors que je l’ai déjà vu affublé de l’étiquette de dark fantasy. Clairement, il ne suffit pas d’avoir des éléments fantasy et des éléments dark pour en faire de la dark fantasy. Ou alors, cela fait référence à l’ancienne conception (pré-Glen Cook) de la Dark Fantasy, à savoir une SFFF d’ambiance sombre et horrifique qui correspond plus, dans la grille de lecture française, au Fantastique (qui, rappelons-le, n’existe pas dans la taxonomie anglo-saxonne des littératures de l’imaginaire). Non, en fait il relève beaucoup plus clairement du registre Lovecraftien, particulièrement des textes les plus oniriques du maître (je pense particulièrement à A la recherche de Kadath, à La musique d’Erich Zahn et à L’étrange maison haute dans la brume) mais pas seulement : en effet, certains passages m’ont fortement rappelé La maison de la sorcière, et la Chose Noire de Faërie peut faire penser à Brown Jenkin du texte de Lovecraft. Continuer à lire « Faërie – Raymond E. Feist »

World of Fire – James Lovegrove

Takeshi Bauer-Deckard vs L’agent Smith du Technocentre Cylon

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Soyons clairs, James Lovegrove, écrivain anglais de SF / Fantasy pourtant très prolifique, est loin d’être aussi connu chez nous que certains de ses compatriotes (Alastair Reynolds, Iain Banks ou Peter Hamilton). De fait, bien peu de ses romans ont été traduits, et on ne peut pas dire qu’ils aient la notoriété d’un Hyperion. Ce qui ne veut absolument pas dire que ce soit un mauvais écrivain, et ce roman a tout pour prouver le contraire. A vrai dire, je suis tombé dessus par hasard, et alléché par le résumé, je l’ai acheté. Ce livre a tenu toutes ses promesses, et bien plus encore.

Pour être honnête, ce roman ne brille pas par son originalité : lisez le résumé, et vous vous apercevrez rapidement, si vous vous y connaissez un minimum en SF, que le point de départ de l’histoire ressemble beaucoup à Carbone modifié de Richard Morgan, et que la faction antagoniste ressemble à une civilisation IA comme le Technocentre de Dan Simmons ou toutes celles du célèbre univers du projet Orion Arm. Mais les ressemblances avec d’autres oeuvres bien connues ne s’arrêtent pas là : les dîtes IA, contrairement à celles de l’écrasante majorité des univers SF, ont pour particularité d’être… des fanatiques religieux, alors qu’au contraire, la civilisation humaine a balayé depuis longtemps toute forme de superstition. Ceux qui ont pensé aux Cylons de la série Battlestar Galactica n’ont rien gagné, c’était trop facile. Continuer à lire « World of Fire – James Lovegrove »