À la place d’une Dark Fantasy « épique et spectaculaire », Estelle Faye vous propose en fait une Paranormal Romance évitant de façon maniaque toute scène d’envergure
Estelle Faye a eu un singulier parcours : d’abord scénariste et actrice (séries, films, théâtre), elle s’est reconvertie dans l’écriture de nouvelles et de romans, balayant un large spectre allant du young adult à, désormais, la dark fantasy, en passant par l’uchronie. Je n’ai eu, jusque là, l’occasion de me frotter à la production de l’autrice que sur un de ses textes courts, La maison des vignes, présent dans l’anthologie Antiqu’idées. J’en avais retenu un style agréable mais une intrigue téléphonée et une chute peu satisfaisante. Impression qui s’est d’ailleurs confirmée à la lecture des Seigneurs de Bohen.
Je dois dire que j’ai particulièrement grincé des dents en voyant la quatrième de couverture, qui parle carrément de « roman de dark fantasy spectaculaire et épique, dans la lignée des œuvres de Joe Abercrombie (cycle de La première loi) ou de Glen Cook (La compagnie noire) ». J’avoue honnêtement avoir été plus que dubitatif quant à la capacité d’une autrice écrivant majoritairement de la littérature jeunesse à être à la hauteur de ces références. Et de fait, ce n’est que (très) partiellement Dark Fantasy, pas du tout épique, pas franchement spectaculaire (Erikson, c’est spectaculaire et épique, ça… non, ou seulement dans une poignée de pages de la fin), et ça concentre pas mal de défauts. Même si ça n’est par ailleurs pas dépourvu de qualités. Continuer à lire « Les seigneurs de Bohen – Estelle Faye »
Pour la troisième année consécutive, je me lance un auto-challenge, à savoir sortir de ma « zone de confort » en lisant des livres vers lesquels je ne serais pas forcément allé en temps normal. Le but est de ne pas m’enfermer dans un certain sectarisme et de ne pas passer à côté de romans intéressants juste par rapport à certains critères, dont certains étaient peut-être valables à une époque mais ne le sont plus forcément aujourd’hui. En général, ça consiste pour moi à aller vers la fantasy française (avec laquelle j’ai assez peu d’affinités), la light fantasy, le steampunk ou vers des livres sur lesquels j’ai peu d’informations / de retours (je fais une sélection drastique de mes lectures en amont en temps normal, ce qui m’évite dans 90 à 95 % des cas les mauvaises surprises).
The Shadow Throne est le deuxième tome du cycle The Shadow Campaigns, après
Greg Egan est… pour être honnête, on ne sait pas avec certitude ce qu’il est. C’est censé être un australien, mais il n’existe aucune photo fiable de lui sur le net, il ne participe pas aux conventions, ne dédicace pas ses livres, etc. Ce qui a donné lieu à certaines rumeurs : il s’agirait peut-être en fait d’une femme ou d’un collectif d’auteur(e)s signant sous un pseudonyme commun (personnellement, si on m’annonçait qu’il s’agit en réalité d’un prototype d’IA, je ne serais qu’à moitié étonné 😀 ). Quoi qu’il en soit, c’est probablement l’auteur le plus emblématique de la Hard-SF : pour moi, il ne relève d’ailleurs même plus de ce sous-genre, mais d’une catégorie à part, bien à lui, que j’appelle l’Ultra-Hard-SF. Parce que vous en connaissez beaucoup, vous, des auteurs qui basent un de leurs univers sur une géométrie Riemannienne de l’espace-temps au lieu d’une géométrie Lorentzienne ? Non ? Moi non plus. Lui seul est capable d’écrire quelque chose dans ce genre, même Watts et Baxter sont très loin en-dessous de ces hauteurs Olympiennes.
Après toute une série de livres intelligents, sensibles et humanistes, je me suis fait une réflexion : pour reprendre les mots éternels de Richard B. Riddick, « Quelque part, le long du chemin, je me suis égaré. Je suis devenu négligent. J’ai émoussé mon propre tranchant. J’ai alors commis ce qui est peut-être le plus grand des crimes… je suis devenu civilisé ». Cette douloureuse prise de conscience effectuée, j’ai décidé de me reprendre en main, de refaire du Culte d’Apophis un autel à la barbarie, une chapelle à la gloire de la violence, un hymne à la destruction : place donc à la Fantasy de l’âge du Bronze, un truc bien brutal, dont l’héroïne est une princesse guerrière qui ferait passer Xena pour une ballerine (comme dirait un autre de mes philosophes préférés, ce bon vieux Johnny « Drama » Chase).
Ekaterina Sedia est une autrice russe de Fantasy (écrivant en anglais) vivant aux USA depuis vingt ans. Elle enseigne l’écologie des plantes et la botanique dans le New Jersey. Elle a publié cinq romans, et écrit également des nouvelles et des poèmes. L’alchimie de la pierre est son livre le plus connu. Les illustrations (couverture + intérieures), superbes, sont l’oeuvre de Nicolas Fructus.
The penitent damned est une nouvelle (en anglais) qui fait partie du cycle The shadow campaigns, dont
Chris Evans est un historien militaire canadien vivant aujourd’hui à New York. Ancien cadre dans diverses maisons d’édition, il est désormais écrivain à plein temps. Avec Django Wexler (
Brian McClellan est un auteur américain formé dans les ateliers d’écriture de Brandon Sanderson et Orson Scott Card, excusez du peu ! La promesse du sang, tome introductif de la Trilogie des Poudremages, est son premier roman. Il a obtenu le prix Morningstar 2014. Le cycle s’est achevé en 2015, mais une seconde trilogie, située dans le même monde, doit voir le jour cette année. De plus, neuf nouvelles et novellas (plus deux recueils les rassemblant) se déroulant également dans cet univers ont été publiées (une se passe entre les tomes 1 et 2, les autres avant le début du tome 1, parfois bien des années auparavant. Toutes donnent un éclairage sur les personnages principaux ou secondaires du tome 1). Le premier tome a été traduit en français, avant que la série ne soit abandonnée (faute de ventes, ce qui, compte tenu de l’originalité et de la qualité du livre, est pour le moins étonnant, mais peut s’expliquer par la faible mise en avant de ce titre à sa sortie), malgré le fait que le second avait été annoncé.
Cette nouvelle d’une quinzaine de pages, écrite en 2013, prix des lecteurs Bifrost 2016, est à télécharger gratuitement ou à lire en ligne jusqu’à la fin février 2017 sur le