Dans la boucle temporelle – itération 5 : mai 2016

Lorsqu’un blog dépasse un certain nombre d’années d’existence et / ou d’articles, et à la condition que de nouveaux abonnés rejoignent sans cesse les rangs de sa communauté, il devient de moins en moins probable que les critiques et articles les plus anciens soient lus. Tout le monde n’a malheureusement pas le temps, ou l’envie, de se replonger dans les archives, sans compter qu’il peut être décourageant de débarquer sur un site qui compte des centaines de posts et de ne pas savoir par quelle voie attaquer cette montagne. Dans la boucle temporelle est une série d’articles conçue pour guider les nouveaux venus dans la masse de chroniques et autres articles de fond du blog, leur indiquant ce qu’ils devraient lire en priorité, remettant en lumière des posts oubliés mais potentiellement intéressants. Charge aux aponautes, ensuite, d’explorer les différents menus du blog pour lire le reste. Mais pour faire court, c’est bel et bien d’une sorte de résumé, en forme de best of, de ce qui s’est déroulé de plus marquant dans les précédentes « saisons » (comme on dirait si le blog était une série télévisée) de l’histoire du Culte.

Le concept étant lancé dans le sillage du quatrième anniversaire du blog, en janvier 2020, chacun des « épisodes », appelés itérations, de cette série d’articles remonte de quatre ans en arrière, mettant en lumière en moyenne trois articles du mois concerné (si un mois a été exceptionnellement prolifique et qu’un autre n’est pas spécialement riche en chroniques à remettre absolument en avant, la règle « 4 ans en arrière, mois à mois » peut éventuellement être outrepassée). Ainsi, en ce mois de mai 2020, nous allons nous re-pencher sur ceux de mai 2016. La présentation des articles s’accompagnera aussi d’un petit commentaire replaçant, parfois, ces posts dans le cadre plus général de l’histoire du blog.

Vous pouvez retrouver toutes les itérations sur cette page ou via ce tag.

Je ne vais pas vous reparler de Ribofunk de Paul Di Filippo, pourtant une lecture géniale, tout simplement parce que je l’ai déjà évoqué dans le numéro 16 de L’œil d’Apophis, sans parler bien entendu de sa propre critique, préférant me consacrer à des romans qui ont été traduits et seront donc accessibles au plus grand nombre (d’autant plus que Ribofunk est écrit dans un anglais plus difficile que la moyenne).

Nous allons en revanche évoquer trois critiques et lectures fort marquantes, chacune dans leur genre bien particulier :

Le prince-marchand – Poul Anderson

prince_marchand_1Le prince-marchand est le premier des cinq tomes de la Hanse galactique, par Poul Anderson, légendaire auteur de Fantasy (on lui doit ce chef-d’oeuvre injustement méconnu qu’est L’épée brisée, et d’autres livres majeurs comme Trois cœurs, trois lions) et sans doute surtout de SF (deux de ses nouvelles ont probablement inspiré l’Avatar de James Cameron). La Ligue Polesotechnique, association galactique de négociants interstellaires, est une allégorie, au XXVe siècle, d’une puissante coalition du Moyen-âge et de la Renaissance de villes marchandes situées autour de la Baltique et de la Mer du nord, la Hanse. Son membre le plus éminent est le truculent Nicholas Van Rijn, personnage haut en couleurs au verbe tonitruant, amateur de tabac, d’alcools fins, de bonne chère et de jolies femmes, un homme capable de vous sortir certains des jurons les plus drôles de ce côté-ci de l’horizon des événements d’un Trou noir. Ce sont ses aventures, ainsi que celles de ses fidèles collaborateurs, que nous suivrons au cours du cycle. La qualité des personnages (qui plus est fort attachants) et des dialogues, l’humour, le fait qu’on règle les problèmes sans le recours à la violence mais grâce à la ruse et l’intelligence, le plus souvent, et le worldbuilding de compétition de Poul Anderson (on a clairement affaire à un joyau du Planet Opera) et, j’ajouterais, la beauté des couvertures (même si elles n’ont pas fait l’unanimité), concourent à faire de ce tome 1 un livre digne d’être découvert, un classique dont on ne remerciera jamais assez les Béliaux et Jean-Daniel Brèque de l’avoir enfin mis à disposition du public français (j’en ai, pour ma part, entendu parler pour la première fois… au tout début des années 90 !).

Si vous souhaitez en savoir plus sur Le prince-marchand, je vous invite à lire ma critique complète.

Le prisme noir – Brent Weeks

prisme_noirEh bien c’est tout simple, au moins sur un plan bien précis, Le prisme noir de Brent Weeks est tout bonnement une des lectures les plus marquantes non pas seulement du mois de mai 2016, mais bel et bien de toute l’histoire de ce blog ! En effet, dans ce roman, le premier d’une pentalogie dont le cinquième tome (sa première partie, du moins, puisqu’il est coupé en deux volumes) paraîtra en juillet 2020, l’auteur développe un système de magie d’une qualité et d’une complexité démentielles, sans aucun doute un des tout meilleurs en matière de (Hard) Fantasy. Ce tome 1 et par extension l’ensemble du cycle auquel il appartient ne sont certes pas dépourvus de défauts, par ailleurs, mais sur le plan du magicbuilding, c’est un must-read absolu. Sachant que ce n’est pas son seul intérêt, puisque certains des personnages font l’objet de twists et de révélations tout à fait prodigieux au fil des tomes.

Si vous désirez en apprendre plus, ma critique complète est à votre disposition.

Les furies de Boras – Anders Fager

borasEn ce mois de mai 2016, je commence aussi mon exploration des Lovecrafteries, ces textes inspirés par Lovecraft, la plupart du temps pour pousser certains curseurs bien plus loin que le Maître ne l’a fait (le plus souvent en matière de mise en avant positive des femmes et des personnes de couleur). Le suédois Anders Fager, lui, a carrément proposé une version s’inscrivant dans un cadre scandinave, d’aujourd’hui et surtout ultra-explicite sur le plan sexuel des Lovecrafteries. Son recueil Les furies de Boras ne contient certes pas que des chefs-d’oeuvre, mais plusieurs nouvelles valent vraiment le coup, et de toute façon le concept de base est tellement exotique et original (et dynamitant le côté prude de l’oeuvre du gentleman de Providence) qu’à moins d’être complètement réfractaire ou hostile aux écrits de l’américain, vous ne perdrez sans doute pas votre temps en y jetant un coup d’œil. Attention toutefois, ce n’est pas fait pour les âmes sensibles ou les mères-la-vertu.

Celles et ceux qui voudront en savoir plus (ne niez pas, tout ça vous intrigue, voire vous émoustille un peu…) pourront se tourner vers mon indicible critique. Et de Lovecrafteries, nous allons reparler très bientôt, avec la critique des Chiens de Tindalos de Frank Belknap Long.

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2 réflexions sur “Dans la boucle temporelle – itération 5 : mai 2016

  1. Quelle EXCELLENTE idée ! (j’étais passé à côté, il faut dire que j’ai découvert votre guide il y a un certain temps mais que cela ne fait pas très longtemps que je lis ce blog plus assidûment)
    Merci pour tout ce travail !

    Aimé par 1 personne

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