Indomptable – Jack Campbell

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À l’ancienne

indomptable_campbellJack Campbell est le pseudonyme de John G. Hemry, écrivain américain publiant principalement de la SF militaire mais aussi de plus en plus de Fantasy. C’est d’ailleurs un auteur prolifique, tout à fait capable de sortir deux romans par an sur une période prolongée. Il est principalement connu pour son cycle La flotte perdue, dont Indomptable est le premier tome et qui a engendré trois sous-cycles annexes (dont un dont je vous reparlerai dans les semaines qui viennent). La saga, inspirée, du propre aveu de l’auteur, par l’Anabase de Xénophon (qui décrit la retraite de mercenaires grecs très profondément enfoncés en territoire perse), montre le lent et périlleux retour d’une armada qui a tenté une frappe de décapitation sur la planète-mère ennemie, qui est tombée dans un piège, et qui tente de rentrer dans son espace d’origine. Vous remarquerez, au passage, que cette saga n’est pas la seule, en SFFF militaire, à être inspirée par l’Anabase, puisque David Weber et John Ringo, par exemple, l’ont également prise pour modèle.

La flotte perdue, c’est l’autre cycle majeur de la SF militaire sortie durant le dernier quart de siècle, avec bien entendu la saga d’Honor Harrington écrite par David Weber. Toutefois, à titre personnel, je ne mettrais pas les deux sur le même plan, les aventures de la Salamandre étant, à mon avis, (nettement) supérieures à celles de Black Jack Geary, pour des raisons que je vais maintenant vous exposer. 

In Memoriam * (Univers et bases de l’intrigue)

* Haken, 2018 (<– prog qui déchire !).

Le roman commence in medias res, mais le lecteur va se voir donner les clefs de compréhension très rapidement, ce qui fait que le résumé que je vais vous donner ne va pas vous spoiler grand-chose (et de toute façon, il m’est nécessaire pour développer certains points de mon analyse).

Dans l’univers du roman, donc, l’humanité est divisée en deux puissances majeures et plusieurs mineures (les deux dont on nous parle sont alliées au camp des protagonistes). D’un côté, nous avons les Mondes Syndiqués, qui, malgré leur nom, sont en fait une sorte de dictature hypercapitaliste (les mauvaises langues diront : « à la Mesa »). De l’autre, nous avons l’Alliance, une démocratie. Un siècle avant le début de l’intrigue, les premiers ont attaqué la seconde par surprise, alors que les tensions n’étaient pas plus élevées que ça entre les deux, et que les motifs et le timing de déclenchement de l’attaque restent, encore aujourd’hui, un mystère.

Lors de la frappe initiale, un convoi de vaisseaux marchands a été attaqué par surprise. Il était assisté d’un groupe d’escorteurs, qui se sont courageusement sacrifiés pour les défendre, sous la conduite de leur commandant, le Capitaine John Geary, surnommé « Black Jack ». Depuis sa mort, il est devenu un héros légendaire, pris comme modèle par tous les militaires de l’Alliance.

Sauf que… Black Jack n’est en fait pas mort ! Il a réussi à rejoindre une capsule de sauvetage alors qu’il était resté à la barre de son vaisseau, et s’est placé en stase cryogénique. Or, grâce à un traître aux Syndics (qui se révélera être un agent double), l’Alliance a obtenu la clef de l’Hypernet (un moyen de se déplacer plus vite que la lumière dix à cent fois plus rapide que celui utilisé par ailleurs, le Saut) de l’ennemi, ce qui lui a permis de mettre au point une attaque en profondeur visant sa planète capitale, une frappe de décapitation devant mettre un terme définitif à cette guerre interminable. Sa route lui a fait croiser le champ de débris où dérivait le module de Geary, où il a été découvert, à la surprise et à l’émerveillement quasi-général. Car beaucoup y voient un signe des Ancêtres, qui auraient fait revenir le héros légendaire d’entre les morts pour aider l’Alliance à gagner l’ultime bataille.

Intrigue

Lorsque l’action commence, la flotte de l’Alliance est parvenue à destination, pour s’apercevoir qu’elle est tombée dans un piège : la clef de l’Hypernet des Mondes Syndiqués n’était qu’un appât, destiné à attirer le gros des meilleurs vaisseaux de l’adversaire dans une souricière, où elle se retrouve face à une puissance de feu très supérieure. Tout le haut-commandement va négocier, mais se fait exécuter sans autre forme de procès, et un ultimatum est donné aux autres astronefs pour qu’ils se rendent. Avant de partir, l’Amiral en charge a cependant confié le commandement à Black Jack, qui a bien l’intention de l’assumer et d’opérer une retraite en bon ordre vers l’espace de l’Alliance.

Le problème est que la flotte Syndiquée se trouve entre la sienne et le portail de l’Hypernet, ce qui fait que les autres capitaines de vaisseaux n’hésitent qu’entre deux solutions (combat pour l’honneur ou reddition). Mais Geary en propose une troisième (à laquelle les capitaines de cette époque, obnubilés par la porte de l’Hypernet, n’auraient jamais pensé), car si, certes, l’Hypernet n’est pas accessible, il reste la solution classique : le point de saut du système, qui permet de se rendre dans celui de Corvus, à partir duquel plusieurs destinations seront alors possibles. Si la flotte manœuvre avec efficacité sous sa direction, il devrait donc être possible de se sortir du piège, de sauter vers Corvus, puis de là d’obliger la flotte des Syndics à diviser ses forces en tentant de couvrir toutes les destinations subséquentes possibles, et donc d’avoir une chance de ramener tout le monde derrière les lignes alliées, même si cela doit prendre des mois, voire des années. Et, plus important, de ramener la clef de l’Hypernet, sans doute le moyen de mettre un terme au conflit en permettant à l’Alliance de frapper les Syndics où et quand elle le veut grâce à leurs propres autoroutes hyperspatiales.

Sauf que… Geary raisonne comme on le faisait un siècle auparavant, et que comme lui et le lecteur vont rapidement le constater, bien des choses ont changé !

Personnages, thématiques, structure *

* When the legends die, Virgin Steele, 2000 (<– p*tain de double album mêlant opera metal pseudo-Manowarien -en mieux- et Orestie d’Eschyle pour un résultat digne du panthéon musical Apophien).

A son total effarement, il va en effet s’apercevoir que la chaîne de commandement et la hiérarchie ne sont plus que très théoriques, et que les décisions sont prises suite à des votes démocratiques. De même, on ne salue plus, et on ne suit les ordres que si on en a envie (ou selon des critères de préséance entre capitaines basés sur l’ancienneté), ce qui fait par exemple que pendant un combat, si le vaisseau V décide d’aller poursuivre la cible Y alors que l’amiral lui a attribué la cible X, il n’en fait en gros qu’à sa tête. Les tactiques se sont réduites à leur plus simple expression, et le niveau général de compétence est descendu bien bas.

Alors au début, quand j’ai vu « Mondes syndiqués », des militaires débonnaires qui ne saluent plus et ne respectent plus de hiérarchie, j’ai craint que Campbell nous la fasse bien bourrin, dans un trip hyper-conservateur c’était-mieux-avant-l’émergence-de-cette-bande-de-beatniks. Mais en fait non (ou pas vraiment, disons). Peu à peu, il découvre qu’il y a des raisons (sinistres et rationnelles) à cette déliquescence de la discipline et de la compétence militaire, et il va y mettre bon ordre, que les capitaines des autres vaisseaux soient d’accord… ou pas. Car s’il veut mener la longue retraite vers l’espace allié à bien, il ne peut le faire que si la flotte perdue suit ses ordres à la lettre, car, en temps que relique d’une ère de soldats professionnels dans un monde d’amateurs, il est le seul à être capable de le faire. Oui, je sais, ça sent l’homme providentiel. Mais justement, c’est une thématique de fond du cycle dans son ensemble : la façon dont une démocratie réagit, voire survit, à l’émergence de l’un d’entre eux. C’est clairement exprimé dans les dialogues avec la co-présidente Rione, une politicienne haut-placée représentant deux flottes alliées qui va servir de garde-fou à Geary.

Ce dernier va s’apercevoir que d’autres choses ont changé, notamment le côté sanguinaire et l’absence de considération pour la vie humaine ennemie de ses hommes (et femmes) : lui va insister pour que l’adversaire soit traité avec humanité, dignité, et surtout en accord avec les lois de la guerre. Voilà donc une autre thématique développée, le fait que si on devient l’ennemi qu’on est supposé combattre, si on adopte ses méthodes, le combat n’a plus de sens (« Vivons selon les critères les plus élevés, de crainte de nous apercevoir, quand nous aurons gagné cette guerre, que notre miroir nous renvoie le visage de notre défunt ennemi ») : rien ne peut justifier de sacrifier ses valeurs, son humanité, sur l’autel d’une victoire qui n’en serait finalement pas une. La guerre a ses lois, et elles doivent impérativement être respectées, y compris et surtout s’il serait plus facile et efficace (dans le compte des morts adverses) de s’en dispenser. L’auteur, par la voix de son protagoniste, exprime d’ailleurs toute l’horreur de la prise de conscience de certains actes effectués par les hommes qu’il commande : « Ce sont de braves gens, mais ils ont fait des choses horribles ».

Le capitaine Geary, outre les bâtons dans les roues que lui mettent certains capitaines, par leur arrogance ou leur incompétence, va aussi devoir faire face à un problème très intéressant du point de vue du lecteur : ces spatiaux d’un siècle après son époque ont grandi bercés par les récits du héros légendaire Black Jack, et pour leurs instructeurs militaires (et la propagande), il représentait l’épitome du comportement militaire. Sauf que celui-ci a été très mal compris (à de multiples reprises dans le récit, John insistera sur le fait que non, une hyper-agressivité n’est pas forcément l’attitude idéale, et que la retraite stratégique ou une tactique subtile ne sont pas de la lâcheté ou une absence d’esprit martial), et que lui se sait simple mortel, bien loin de l’image de titan idéalisé qu’on lui prête. Dès lors, il va avoir affaire à plusieurs groupes de matelots et officiers : ceux qui pensent que Geary possède réellement les qualités du Black Jack de la légende et qui sont prêts à le suivre partout et en tout ; ceux qui le voient comme une relique dépassée et contestent donc son autorité fragile ; et enfin ceux qui voudraient y croire mais sont très attentifs aux signes allant dans le mauvais sens, qui pensent que, peut-être, John n’est que la coquille vide de Black Jack. Notez que les dissensions dans l’armée en fuite au sein de territoires ennemis où elle a très (trop) profondément pénétré sont un incontournable de tout récit inspiré par l’Anabase. Notez aussi que la voie étroite que doit suivre Geary, entre être assez héroïque pour les uns et assez humain pour les autres (dont Rione), est très intéressante.

Le récit est court, assez nerveux, rythmé, sans temps morts, bref efficace. Il se décompose en différentes parties : mise au point du plan de fuite et prise de commandement de Geary, action dans le système de Corvus, puis dans un des systèmes accessibles à partir de ce dernier. Et non, la fuite n’est absolument pas réglée à la fin de ce roman (assez court, on est loin d’un Honor Harrington, même les premiers qui sont deux fois plus courts que les tomes ultérieurs), il y  a six tomes dans le cycle  😉

Geary est un personnage très soigné, dont on vit les doutes, l’émotion lorsqu’il voit que toutes les valeurs de l’Alliance ou presque ont été bafouées en un siècle, la colère en face de subordonnés idiots et incompétents (Numos). Les autres personnages, à part Rione, sont beaucoup plus flous et / ou stéréotypés. On notera malgré tout la très large place laissée aux personnages féminins, et la quasi-absence de visage de l’ennemi.

Mon sentiment, comparaison avec Honor Harrington

Ce cycle, je m’en suis longtemps tenu éloigné, tout à fait à dessein, parce que les critiques des autres grands amateurs de SF militaire m’avaient persuadé que je n’y trouverais pas forcément ce que j’avais apprécié chez David Weber, notamment en terme de soin apporté à l’univers (dont la géopolitique, le système politique, etc) ou à un aspect presque Hard SF en matière de déplacement plus rapide que la lumière ou de description des vaisseaux et armements. Sur ce plan là, ma lecture a totalement confirmé cette appréhension : pour ce qui est du worldbuilding, Weber est très loin au-dessus (notamment sur l’armement, qui fait un peu pipi-caca avec des noms ronflants -les « lances de l’enfer »- chez Campbell). Et je dirais que c’est la même chose pour les personnages (sauf Geary), l’intrigue et le style (j’ai trouvé celui de Campbell relativement basique, à moins que la traduction ne soit -aussi ?- en cause, vu que j’ai tiqué à plusieurs reprises et que certaines fois, on a plus l’impression de lire du Reichert dans le texte qu’autre chose). On remarquera toutefois des convergences entre les personnages principaux des deux cycles, du moins au niveau de leurs premiers tomes respectifs : les doutes qui les assaillent, l’hostilité / méfiance d’une partie de leurs subordonnés (et supérieurs pour Honor), le fait de devoir faire face à une situation désespérée avec des moyens limités.

Pourtant, je me suis presque surpris à vraiment apprécier ma lecture, et ce pour plusieurs raisons : la fluidité et le côté court, nerveux, en peu de pages, de ce roman (ce qui tranche cette fois en bien avec Weber, qui a de plus en plus tendance à produire des opus bouffis qui mériteraient d’être dégraissés de centaines de pages), bien sûr, mais surtout toutes les thématiques de fond, les questions, soulevées par Geary. Et puis il faut bien le dire, l’Anabase dans l’espace a tout de même sacrément de la gueule : que ce soit via Geary ou l’intrigue tout entière, il y a une incontestable dimension de tragédie grecque, une intense dramaturgie, qui est très prenante. On a réellement envie de savoir comment, au terme de quelles péripéties, et surtout qui parviendra à rentrer au bercail sain et sauf.

Bref, je dirais que si, pour moi, l’Honorverse reste la référence suprême en matière de cycle de SF militaire récente, ce premier tome de La flotte perdue a ses propres qualités et constitue, au moins sur certains plans, une lecture tout à fait valable. 

La fin de ce tome 1 est très intéressante et soulève de fascinantes perspectives, qui remettent en perspective une partie du worldbuilding dans une direction très différente de celle adoptée par David Weber.

En conclusion

Premier tome de l’autre cycle majeur de la SF militaire (avec celui de David Weber), Indomptable montre une histoire modelée sur l’Anabase de Xénophon, à savoir la retraite d’une flotte profondément enfoncée dans l’espace de l’ennemi vers sa base, avec à sa tête un héros légendaire qui, d’une certaine façon, est revenu d’entre les morts. Et bien sûr, comme dans toute bonne allégorie de l’Anabase, les dissensions au sein du commandement sont aussi dangereuses que l’ennemi lui-même ! Sans atteindre les nombreuses qualités de l’Honorverse de Weber, Jack Campbell propose cependant une histoire nerveuse, empreinte de dramaturgie presque à l’égal d’une épopée héroïque antique, et soulevant de très intéressantes thématiques de fond, principalement via un protagoniste très soigné surgi du passé et qui est effaré par ce que la guerre a fait des valeurs qui définissaient jadis sa (ou plutôt la) civilisation. Bref, ce roman et ce cycle ont leurs qualités propres, et même si je les place assez loin derrière l’oeuvre de Weber, ils n’en restent pas moins hautement recommandables en valeur absolue d’une part, et de tout premier plan au sein de la SF militaire d’autre part.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur ce livre, je vous conseille la lecture des critiques suivantes : celle de Lutin sur Albedo, celle de Fnitter, d’Alfaric, de Finity’s End, d’Herbefol,

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18 réflexions sur “Indomptable – Jack Campbell

  1. J’ai lu (tenté) les deux (Honor et celui ci) et celui ci est le seul que j’ai terminé 😛 (je n’ai pas encore commencé les autres séries dérivées mais ça viendra)

    J’ai tenté le T5 d’honor il y a peu mais ça a a été un échec retentissant et je ne pense pas continuer la série, elle m’a trop de fois déçue et je trouve le récit toujours bien plus lourd et ronflant que dans les Campbell.
    Je pense que 5 tomes c’est suffisant pour se faire une image d’une série et que si à ce niveau la on est toujours pas dedans (à l’exception d’un seul tome, le 4, mais pour l’instant ça reste une exception) ça ne sert à rien de continuer.

    Pour revenir à cette série la, en fait ce qui m’a plu c’était surtout le coté stratégique. Pour l’instant dans le premier tome il est un peu en retrait parce qu’on parle d’autres chose mais il est vraiment au centre des tomes suivants et ça m’a vraiment fait penser à une partie d’échec spatial.
    Il est bien plus prononcé et important que dans tous les Honor que j’ai lu (d’ailleurs c’est un peu ce qui me manquait dans certains tomes d’Honor, de bons combats spatiaux et qu’on arrête de blablater à tout va).

    Bref je pense que cette série à tout à fait sa place en tant que tel et mérite autre chose qu’une simple comparaison avec une autre.

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    • Vu que ces deux cycles sont sur les deux plus hautes marches du podium selon la plupart des amateurs de SF militaire, les comparer est logique. De toute façon, des comparaisons ou des « ça ressemble à ça », j’en fais à chaque critique, ce n’est pas une nouveauté. Cela a le gros intérêt de pouvoir permettre aux gens qui ont aimé ceci mais détesté cela de pouvoir décider si ce qui est critiqué a des chances de leur plaire ou pas.

      Pour ce qui est du « des combats, pas du bla-bla », tu es mûre pour The soldier de Neal Asher, là 😀

      Pour ce qui est d’Honor, les combats en force, c’est à partir du tome 6 😀 Et comme je me plais à le penser, la SF militaire met, certes, en jeu des soldats, mais ce n’est pas pour cela qu’elle doit se réduire à des combats, on peut tout à fait montrer leur vie personnelle comme on le ferait pour des civils.

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  2. J’avais dû lire les deux ou trois premiers de la série en des temps reculés, je n’en ai plus qu’un vague souvenir mais ça ne m’avait pas paru passionnant.

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  3. Je n’ai toujours pas lu le deuxième volume, mais je compte bien le faire un jour. Par contre, du côté Honor Harrington j’ai arrêté les frais.
    De mémoire, le premier volume de la Flotte Perdue sème deux-trois indices sur des choses qui pourraient sensiblement enrichir cet univers par la suite. Faut voir si l’auteur sait l’exploiter. 🙂

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  4. Ah! j’étais quasiment certaine que tu apprécierais ce roman. J’insistais beaucoup sur le fait qu’il ne fallait pas chercher de l’HH,car même si cela reste de la SF militaire, campbell ne cherche pas à jouer dans la cour de Weber.
    C’est vraiment prenant cette épopée, seul le tome 3 m’a déçue pour l’instant, et j’ai terminé le tome 5. Tout comme toi, j’ai beaucoup aimé les thématiques et l’auteur conserve sa ligne de conduite en la matière dans les autres tomes. La tentation du pouvoir, le héros, l’homme providentiel, le passé vs le présent, ect… Le tome 6 est très prometteur…

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    • Juger un livre simplement à sa couverture, bonne ou mauvaise, m’a toujours paru relever de l’irrationnel, personnellement. Même si c’est malheureusement une réalité incontestable, comme n’importe quel libraire peut en témoigner.

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      • La question du rationnel ou non ne me parait pas pertinente ni réaliste concernant nos choix humains, bien moins emprunts de rationalisme ou de considérations objectives que nous ne voulons l’admettre. On ne juge pas un livre à sa couverture, n’est-ce pas, en personne attentive au fond des choses et non aux apparences ? Mais bien sur que si: nos pressentiments et jugements a priori sont sans cesse sur le pied de guerre, et même avec un effort de volonté, de recul, auquel nous ne consentons pas forcément pour moult raisons parfois légitimes, ils ne s’évanouiront pas facilement. Je parle du livre physique avant tout, que l’on compte conserver si possible, pas d’un ebook que l’on achète essentiellement pour son texte, en lecteur averti ou motivé.

        Je ne vais pas m’engager dans des considérations sur les couvertures (voire des maquettes) des ouvrages SF en France: ce sont aux éditeurs de faire de leur mieux pour respecter leur vision d’un livre (disons même d’un genre j’ai l’impression) ET de chercher à le vendre. Je me réjouis que l’Atalante embellisse ses couvertures et réédite la série en question en réorientant les illustrations vers des visuels qui claquent sans paraître hors sujet: on franchit vraiment un gouffre à mon sens. Mis à part les Pratchett, j’ai eu du mal pendant une période à considérer la lecture d’autres romans chez cet éditeur, mais je n’avais peut-être qu’une vision parcellaire de son catalogue.

        C’est souvent grâce aux recommandations de sites ou de blogeurs que je suis passé outre de tristes a priori pour découvrir de belles tranches de S F. Je parlerai même de déception quand un ouvrage à la couverture VO soignée ne bénéficie pas du même « flair » en VF de la part des artistes ou maquettistes: l’inverse arrive sans doute aussi…

        Il y a un idée du genre ou du public cible derrière une couv’ (la SF doit-elle se faire passer pour de la litt blanche, jouer à fond le chatoyant voire le vintage, être sobre, etc). Ça peut influencer notre décision d’achat ou l’abstention pour des raisons dépassant l’intérêt premier que l’on devrait avoir pour le texte. Bref, les problématiques de l’objet livre, à la fois contenant et contenu, fruit d’un travail intellectuel et technique sur lequel le lecteur et acheteur à son mot à dire.

        Pardon d’avoir enfoncé tant de portes ouvertes, mais je me sentais tenu de me défendre après un premier message impertinent qui ne pouvait que déclencher le genre de réponse qu’on dont on m’a gratifié.

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        • Le genre de réponse dont on t’a gratifié ? Eh bien comme tu le dis toi-même, premièrement, tu l’as cherché, via une remarque à la pertinence douteuse (la beauté étant dans l’œil du spectateur, donc totalement subjective, quel est l’intérêt de parler de ta perception de l’esthétique des couvertures ? Est-ce que deux couvertures différentes changent la moindre ligne de l’analyse développée dans ma critique ou l’intérêt du contenu du livre, selon celle dont on parle ?), et deuxièmement, si la maison ne fournit pas des chatons à caresser, elle n’estime pas, pour autant, t’être particulièrement rentré dedans dans sa réponse. En général, quand je m’en prends vraiment à quelqu’un, c’est plus long que trois lignes et beaucoup, beaucoup plus acerbe.

          Quoi qu’il en soit, fin du HS et retour à des commentaires constructifs concernant le livre critiqué.

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  5. Pour avoir lu l’intégrale (à la fois Weber et Campbell) :
    – le côté militaire est quand même plutôt bien décrit chez Campbell. Les relations entre militaires, patrons et subordonnés sont intéressantes et bien gérées. J’ai bien aimé les combats qui prennent en compte la relativité. C’est loin d’être aussi bien que Weber, mais y a de bonnes trouvailles, surtout sur le côté stratégie/campagne militaire.
    – le côté construction des personnages est horrible. Tionne est très mal exploitée et la relation entre elle et Jack est atroce. Rien n’est crédible et on ne comprends pas la relation entre les deux. Les relations chez Weber sont parfois un peu guindées, mais la justesse est toujours là. Chez Campbell, on passe complètement à côté, rien n’est juste.
    Bref, je suis d’accord avec vous, le cycle de la Salamandre est bien supérieure.

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    • Oui, pour en avoir discuté sur Babelio également, pour l’instant tous les lecteurs (ou quasiment) ayant lu au moins un tome de chacun des deux cycles semblent d’accord, le cycle d’Honor Harrington est globalement supérieur.

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  6. Pingback: Guide de lecture SFFF – Découvrir la (ou progresser en) SF militaire | Le culte d'Apophis

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