Le seigneur des anneaux – Director’s cut – Une nouvelle Apophienne

ApophisEn ce premier avril, il m’est venu une idée de très courte nouvelle (deux pages sous Word) de science-fantasy humoristique, inspirée par le re-visionnage d’un film d’action mettant en scène des mercos faisant le sale boulot de la CIA. J’étais parti pour la soumettre au Belial’ (pour Bifrost), dans le but de gagner un peu de sousous histoire de remplacer mon PC d’il y a dix ans (véridique), mais j’ai décidé de ne pas faire ma crevure et de vous la filer gratuitement à vous, mes chers adeptes. Qu’est-ce que je suis sympa, tout de même… Bref, c’est parti (à prendre au douzième degré, bien entendu, et bien sûr pétri de 3200 private jokes et punchlines au centimètre carré, tapant de l’extrême-droite à l’extrême-gauche), merci de ne pas me mettre en PLS, c’est la première fois que j’écris une nouvelle, donc ça doit être plein d’erreurs de gros débutant.

***

Lecteurs, on vous ment, on vous spolie.

Tout ce que la High Fantasy à la Tolkien vous raconte est un mensonge éhonté. Et comme vous n’avez pas deux sous de sens critique, vous avez tout gobé.

Non mais sérieusement, vous avez VRAIMENT cru que quatre péquenauds d’un mètre dix, un semi-clodo à l’air louche traînant ses guêtres d’un bout à l’autre de la cambrousse, un magicien moisi pas foutu de vaincre un simple balrog sans upgrader son stuff d’abord, un fils-de jalousant ledit clodo, un cinquième nabot (mais barbu celui là) doté de la hache et du langage fleuri d’un bûcheron Slovène et l’autre ballerine de Legolas avaient pu vaincre le SEIGNEUR DES TÉNÈBRES ???

Ok, je ne sais pas ce que vous fumez, mais j’en veux deux caisses. Mais vu à quel point vous planez à l’altitude d’un Boeing, il doit y avoir autre chose que de l’herbe à pipe dedans. Ou alors c’est qu’elle vient de Kandahar ou Medellin.

D’accord, je me calme. Avalez la pilule rouge, et welcome to the real world.

Bon, il y a une agence, la CIA (Confrérie Inter-universelle des Antihéros). Elle est née lorsque dans, disons, le monde n°1, le Grand Méchant local a flanqué une dérouillée maousse costaud à coup de mandales de maçon à l’équipe de héros tout propres, tout gentils. La Résistance à l’Ordre Noir a alors compris que ce n’est pas avec des types bien peignés, raie sur le côté et tout rutilants dans leurs costumes blancs qu’ils s’en sortiraient. Surtout que leurs devins leur avaient appris que dans d’autres mondes du multivers, c’était pareil, les gentils se faisaient démonter à coup de pelle (aiguisée sur l’autoroute, what else ?) par les types en noir. Bref, il était plus que temps de monter une équipe de nanas et de mecs déters. Des salopards encore plus vicelards que l’ennemi, plus méchants qu’un pitbull, plus sournois qu’un serpent, plus venimeux qu’une veuve noire. Des dur(e)s, des tatoués, dotés de plus de puissance de feu que l’armée russe, des terreurs qui mettent les types de la Légion étrangère en panique, des assassins qui rasent d’encore plus près qu’Attila.

Et ça a marché, le Seigneur Noir est allé voir du côté de chez Lucifer si l’Enfer était agréable à cette période de l’année. Mais bon, il y avait tout de même un « léger » souci. Si l’équipe de Badass était très efficace, elle passait mal à la caméra. Pas le genre de gusses qu’on aurait aimé croiser la nuit, dans la ruelle derrière le Poney Fringant. La pisseuse de base voulait du bellâtre, du rêve, pas se vider la vessie et les intestins de trouille. Et c’est là que l’idée a germé : comme dans un clip des années quatre-vingt-dix, ce n’est pas forcément le type ou la nana que vous voyez à l’écran qui chante en studio. Mais bon, les prête-noms, c’est bien beau, mais les gens finissent toujours par se vanter, par tout lâcher sur l’oreiller, ou parce qu’ils sont bourrés, ou d’une quelconque autre façon.

C’est alors qu’on a eu une autre idée : faire croire aux types tout propres qu’ils faisaient réellement le boulot, pendant que les badass, en coulisses, découpaient le méchant format apéricubes, façon puzzle, et que les autres angelots tout mignons se ramassaient toute la gloire.

Surtout qu’il y avait un marché : pas un jour sans qu’un appel de détresse ne déboule sur le standard boule-de-cristallien de la CIA, venu d’un coin du multivers ou de l’autre, promettant l’Arkenstone et le PIB de la Chine à qui viendrait les sauver du dragon X, du sorcier Y ou de Marine Le Pen.

Mais revenons au Seigneur des anneaux. C’est le point culminant, Frodon va jeter « look the Ring ! » (comme dirait Patrick Abitbol) dans la lave. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il est en train de se faire démonter par Rocco en souriant bêtement comme une actrice débutante hongroise. Non, mais sérieusement, vous ne vous êtes jamais demandé comment un pauvre petit bout d’or pouvait contenir la moitié de la puissance de Sauron ? On parle de 2.21 Giga-eldritchon-volts, tout de même ! Il faut des condensateurs éthériques un poil plus balaises que ça, hein…

Non, bien entendu, c’était la Tour, cela avait toujours été la Tour. Bar-à-durs. Pardon, Barad-dûr. Et c’est pour ça que l’animal se planquait là-bas. Si tu as une kalachnikov, deux sacs de sport pleins de chargeurs et que le GIGN débarque pour mettre un peu d’ambiance (et pas façon Francky Vincent), tu les caches dans le garage, à vingt mètres, toi ?

Donc, pendant que les deux nabots et le gentil Sméagol se frittaient dans l’ambiance tropicale de la caverne, une équipe de choc de la CIA avait infiltré la forteresse, et mis en place une tête nucléaire au Naquadah d’approximativement 57 mégatonnes (surnommée la « Back to the Jurassic »). Largement de quoi péter la batterie magique de Sauron et réduire celui-ci à l’état d’atomes un poil excités par les rayons gamma pour quelques millénaires (mais comme le dit Lovecraft, qui, depuis 37, se la coule douce sur l’île-des-stars-soi-disant-décédées, aux côtés de Claude « Ride the lightning » François, par exemple : « nuke’em all ’till they glow, then shoot ’em in the dark !).

Evidemment, le type avait tenté de faire le malin : même sous forme d’œil en flammes, miskine, ça restait un Boss de fin, et pas niveau 1. Mais bon, malheureusement pour lui, il y avait Aria dans ce groupe là. Arès, Aria, seewhatimean ? Aria qui, comme chacun le sait, manie Ruine. L’épée-démon qui a été contrefaite par ces satanés thaumaturges chinois, et la copie vendue à ce gogo d’Arioch en lui disant « tu vas voir, c’est l’arme suprême ! ». Disons qu’entre Stormbringer et Ruine, la différence est la même qu’entre une secousse sismique de force 1, que même ton chat il la sent pas, et un tremblement de terre de force 10, le fameux « dans ta face la civilisation, essaye encore petit humain ». Et donc, quand Sauron s’est pris un coup du schlass géant couvert de runes impies dans le bidou, il est allé se mettre en PLS dans un coin, et l’équipe a pu finir tranquille la MISSION, colonel !

Finalement, le plus dur a été de synchroniser l’explosion avec le moment précis où l’anneau (en fait un simple colifichet sans aucun pouvoir acheté cinquante centimes à un gitan qui passait par là) se dissolvait dans la lave : heureusement, les drones furtifs fabriqués par les Klingons étaient en promotion, cette année-là. Le reste appartient à l’Histoire. Ou à l’histoire, je sais plus. La communauté des glandus… pardon, de l’anneau, rentrait chez elle, elle buvait bien, baisait encore plus (rappelez-moi combien Sam a eu d’enfants, déjà ?), était couverte de gloire pour les siècles des siècles, amen, pendant que, satisfaits après une bonne journée de travail, Aria et son équipe retournaient au QG de la CIA, dans une version parallèle de Roanoke. The boys are back in town, comme dirait l’autre.

Voilà, vous savez tout, maintenant. Donc la prochaine fois qu’on vous dira qu’un unranked a powned un Seigneur Sith après seulement quinze jours d’entraînement (sept selon la Police), ou que Harry Pubère… pardon, Potter, a dézingué Voldemort, demandez-vous ce que la CIA faisait pendant ce temps là !

La vérité est ailleurs !

 

19 réflexions sur “Le seigneur des anneaux – Director’s cut – Une nouvelle Apophienne

  1. Depuis le temps que j’avais hâte de voir un de tes écrits… Disons que c’est vraiment pas mal, mais qu’il y a tellement de clins d’œil qu’on a parfois du mal à suivre. Sinon, oui, je pense que ça pourrait être publié !

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    • Merci. Oui, le poil too much est voulu, si j’avais vraiment soumis le texte à Olivier Girard, je l’aurais allégé, mais comme c’est pour une publication maison, je me suis lâché à fond 😀

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  2. Lecteurs, on vous ment, on vous spolie. Enfin, surtout Apophis qui ne raconte qu’une partie de l’histoire. Pour comprendre réellement ce qui s’est passé, il faut repartir quelques mois en arrière et dévoiler les mots tenus en secret entre un certain Gandalf et un certain Ecu-de-Chêne. Les voici :

    « – Le Prancing Poney, hein ?

    – C’est un salon virtuel comme un autre, et ils servent la bière en pinte.

    – Un peu fréquenté comme endroit, non ?

    – C’est l’idée. Il y a en ce moment un peu plus de 20 millions de joueurs connectés. Après la Forge, c’est l’endroit le plus fréquenté. Nos échanges sont cryptés et se perdent dans le flux des données. Impossible à repérer même par le plus zélé des analystes. Les plateformes de jeu en lignes sont le plus grand marché ouvert d’informations et le lieu de trafic en tout genre.

    – Cachés en pleine la lumière. Bien vu. Mais tout est enregistré. Une fois qu’ils sauront quoi regarder, il sera facile de faire une recherche rétroactive.

    – C’est déjà fait. Dans quelques jours, quelqu’un va lâcher des Nazgûls dans le code. Ces virus sont capables de remonter les flux de données à partir d’un point situé dans le futur, et de modifier les liens de causalité virtuels. Normalement, ils devraient faire irruption ici même dans quelques minutes. Tu vois le ranger assis dans le fond de la salle ? C’est Sergei.

    – Sergei ? Il n’est pas mort lors de l’opération Weekend à Dunwich ?

    – Si. On maintient le corps sous assistance et on lui a branché le cortex directement sur une interface neuronale. C’est lui assure notre sécurité en ce moment. Il créé en direct une Moria dans laquelle les Nazgûls se perdent momentanément. Mais ça ne durera pas. Une fois notre entretien terminé, on débranche Sergei. Plus aucune trace.

    – OK, alors dis moi. Pourquoi est-ce que le Kill Gros Bill s’intéresse à l’Anneau de Pouvoir ? Vous savez bien que ce n’est qu’un leurre.

    – Pour deux raisons. La première est que la CIA a le nez dessus, ça suffit au KGB pour s’y intéresser. On ne va pas vous laisser croiser les plans d’existence, virtuels ou pas, sans placer quelques balises. La seconde est plus délicate. On a perdu le contrôle de Sauron et on veut le remettre dans sa niche avant que l’histoire ne dérape complètement.

    – Quoi ? Tu es en très de me dire que c’est le KGB qui a créé Sauron ?

    – Pas tout à fait mais il vient en effet de chez nous. Tu ne crois tout de même pas que les Nord Coréens ont les moyens de développer un système de cette ampleur non ? LE KGB est juste là pour faire le ménage. Service après-vente.

    – Si tu m’as fait venir, c’est pour me proposer un deal ? Alors, c’est quoi ?

    – En effet. On laisse tes gars de la CIA faire les marioles en donnant l’impression de sauver le monde. On vous envoie un avatar inoffensif de Sauron pour faire le show. Vous en retirez toute la gloire.

    – Et la contrepartie ?

    – On récupère Sauron, et tu oublies toute cette fâcheuse histoire.

    – Jusqu’à ce que vous en perdiez à nouveau le contrôle ?

    – La prochaine fois que tu en entendras parler, ce ne sera plus qu’une IA à moitié idiote qui vend des placements financiers à des Lords Anglais après le Brexit.

    – Si j’ai ta parole… Salut Gandalf.

    – tu l’as. Salut Thorin. »

    La vérité est ailleurs.

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