Apophis Box – Mars 2025

SF et Évolution / Provolution, IA se servant de l’humain à son insu, Extension des horizons : la téléportation et mini-chronique : Crimson Tempest – Anthony James

L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag.

Au sommaire de cette box de mars 2025 :

SF et Évolution / Provolution : quatre grandes oeuvres

L’Évolution (humaine ou parfois celle d’autres créatures terrestres, voire d’extraterrestres) est un sujet important en SF, même s’il concerne plus souvent soit les manipulations génétiques (ou autres) effectuées par une espèce avancée sur une autre à l’aube de l’intelligence-conscience, ou bien les améliorations qu’une espèce donnée effectue sur son propre génome dans une optique transhumaniste, que l’évolution naturelle proprement dite. D’ailleurs, certains auteurs, comme Iain M. Banks ou Neal Asher, soulignent à quel point ces modifications artificielles (issues de l’ingénierie génétique, de la nanotechnologie, de la cybernétique, etc.) verrouillent l’évolution de l’être humain, le condamnant à un simple choix dans un catalogue d’options. Ainsi, dans ce genre d’univers, certaines factions cherchent-elles une voie alternative.

Le sujet est si vaste qu’il dépasse les frontières étriquées de l’Apophis Box, aussi vais-je me contenter de donner quelques exemples de références, les plus emblématiques. J’attire votre attention sur le fait que pour deux d’entre eux, je révèle certaines choses sur l’intrigue. Pas de quoi vous gâcher la lecture, toutefois, de mon point de vue du moins.

Concernant des espèces avancées qui influeraient sur le destin de races plus primitives, leur donnant le coup de pouce technologique et évolutif leur permettant de devenir des êtres conscients à part entière (ce que l’on appelle la Provolution), les deux meilleurs exemples possibles sont d’une part 2001 d’Arthur Clarke, et d’autre part le cycle de l’Élévation de David Brin (auquel Adrian Tchaikovsky a d’évidence jeté plus qu’un vague coup d’oeil lorsqu’il a écrit Dans la toile du temps et ses deux suites). Dans le premier, un émissaire robotique d’une espèce postphysique (qui n’existe plus sous forme de matière mais d’un réseau énergétique immortel), prenant la forme d’un grand monolithe noir, modifie nos ancêtres hommes-singes en Afrique, il y a trois millions d’années, ayant décelé en eux l’étincelle de l’intelligence. Au début du XXIe siècle, un autre de ces monolithes fera subir à un astronaute l’étape suivante, le faisant passer de l’état d’Homo Sapiens sapiens à celui de Posthumain, l’Enfant des étoiles. Dans le cycle de David Brin, dans un très lointain passé, une espèce, la première et peut-être la seule à avoir accédé à la conscience de façon naturelle, a entamé un processus de Provolution qui se poursuit jusque dans notre futur proche, une chaine où les espèces « Patronnes » (au sens donné à ce terme dans la Rome Antique, par exemple) modifient génétiquement les membres d’une autre race, pré-consciente, qui deviennent alors leurs « Clients » (idem) jusqu’à ce qu’ils aient remboursé leur « dette de naissance », en quelque sorte. Le nombre et la réussite des Clients conditionnant le prestige des espèces Patronnes. Notez que le Client d’une espèce peut être le Patron d’une autre (et avoir des Clients qui sont eux-mêmes Patrons ajoute encore au prestige de la race en haut de l’organigramme). Brin établit ainsi des lignages galactiques, avec un vocabulaire précis à la clé indiquant où chaque race s’intègre dans ce schéma. Et justement, les humains y ont une place extrêmement singulière, source de terribles tensions : d’une part, personne ne semble les avoir « élevés » (fait subir une provolution), et d’autre part, avant leur découverte par la civilisation intergalactique, ils ont eux-mêmes « élevé » deux espèces (enfin, deux… non, rien), les néo-dauphins et les néo-chimpanzés, mais sans passer par les complexes et rigides rituels / procédures des Galactiques. Le cycle de David Brin est une lecture de très grande qualité sur ce sujet comme sur d’autres, proposant un vaste « bestiaire » d’aliens, de technologies exotiques (des armes télépathiques, une multitude de modes de déplacement supraluminique, etc.) et de personnages (dont des dauphins !) hauts en couleur. Même si ce n’est pas le premier tome du cycle, on vous recommandera particulièrement l’excellent Marée Stellaire, qui peut se lire de façon isolée.

En matière d’évolution naturelle, sans intervention de l’ingénierie génétique, qu’elle émane d’une race alien ou de notre propre espèce, une des deux références absolues est tout simplement Évolution de Stephen Baxter, qui part de la mort des dinosaures il y a 65 millions d’années (avec un petit détour 80 millions d’années avant cela) et nous fait vivre le destin de différentes espèces terrestres, jusqu’à l’homme du futur proche. Et il va même plus loin, poussant le curseur temporel jusqu’à un futur distant… d’un demi-milliard d’années (ce genre d’échelles temporelles étant d’ailleurs typique des maîtres de la Hard SF comme Baxter), où une, hum, race descendant de l’Humain vient voir ce que son monde d’origine est devenu. La vingtaine de « petites » histoires décrites, distantes de milliers ou de millions d’années, sont vraiment très sympathiques (même si parfois tragiques), et deux d’entre elles (dont celle qui se déroule en Antarctique) très surprenantes. Baxter donne la preuve magistrale que la SF peut très bien prendre place dans le passé, pas seulement dans le futur, et que la vie quotidienne de bestioles peut être aussi passionnante que les plus profondes questions philosophiques soulevées par Egan et Watts. Je ne saurais donc trop vous conseiller cet ouvrage atypique mais, dans son genre bien à lui, tout à fait passionnant (sachez que, sur un plan pratique, il est divisé en deux tomes dans son édition la plus récente, Évolution 1 et 2).

Enfin, un autre très bon exemple d’évolution naturelle de l’espèce humaine est constitué par le diptyque Darwin de Greg Bear (l’auteur de ces chefs-d’œuvre que sont La Musique du sangHardfought et surtout la trilogie Éon / Éternité / Héritage), qui s’ouvre avec L’Échelle de Darwin et se conclut avec Les Enfants de Darwin. Il confronte le monde (quasi-actuel) à différents mystères, qui se révéleront en fait liés : d’une part une « épidémie » de fausses-couches au niveau mondial, d’autre part la découverte de charniers marquant un ancien génocide (et le terme a rarement été plus approprié…), et enfin celle de cadavres de Néandertaliens, dont une femme enceinte. Et la rumeur de l’apparition de bébés étranges, qui ne semblent pas humains… Ce qui est intéressant est que ces évènements sont vus à hauteur d’homme, ou plutôt de femme dans ce cas-là : une des protagonistes se retrouve enceinte, mais de quoi, exactement ? A quoi va ressembler l’enfant ? Va-t-il survivre ? Le second roman, lui, s’intéresse « au monde d’après », et à la façon dont les, hum, nouveaux enfants s’intègrent (ou pas) à la société, hum, humaine.

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IA se servant de l’humain à son insu : trois exemples

Continuons sur notre examen de la thématique IA débutée dans divers types d’articles sur ce blog, autres Apophis Box ou guide de lecture. Si les Intelligences Artificielles qui exterminent, mettent en esclavage ou torturent ouvertement les humains sont très nombreuses en SF, il y en a une autre catégorie qui, plus sournoises, les exploitent d’une façon ou d’une autre (parfois sans même leur faire du mal) pour en tirer quelque chose qui leur est utile ou qui est nécessaire à leur survie. Je vais vous en donner trois exemples (dont un archi-connu), mais pour ce faire, je vais être obligé d’en divulgâcher une partie de l’intrigue ou du worldbuilding. Si vous n’avez pas vu ou lu une de ces oeuvres, la lecture de ce qui suit est donc à vos risques et périls (sachant que dans le cas du livre de Pohl, la révélation est certes finale, mais mineure, et ne remet pas du tout en cause l’intérêt du roman, qui se situe tout à fait ailleurs).

Le colonel John Matrix (Arnold Schwarzenegger) est un ancien commando de la Delta Force qui vit désormais paisiblement avec sa fille Jenny (Alyssa Milano) en transportant des troncs d’arbre sur son épaule quand… Quoi ? Ce n’est pas le bon Matrix, on ne parle pas de celui de Commando mais du film éponyme ? Ah pardon…

Je disais donc que dans Matrix, le monde a l’air tout à fait banal pour une fin de XXe siècle, à ceci près qu’il ne s’agit que d’un simulacre, d’une Réalité Simulée créée par les IA, qui ont conquis le monde. Nous sommes en vérité deux siècles dans le futur : une guerre a opposé l’Humanité et les Machines, et les humains se sont débrouillés pour couper l’accès à toutes les sources d’énergie, solaire compris (même si il y a une grosse incohérence : si Zion peut être alimentée par la géothermie, pourquoi pas les Machines ?). Pour survivre, les IA ont trouvé une solution ingénieuse : elles exploitent la chaleur et la bioélectricité produites par le corps humain pour s’alimenter en courant, enfermant les gens dans des caissons captant les énergies qu’ils dégagent. Le corollaire étant que pour disposer de plus de sources de puissance, ils élèvent littéralement les humains en batterie, « moissonnant » des fœtus dans des « champs » d’utérus artificiels, la semence et les ovules ayant été extraits des corps présents dans les caissons, selon toute probabilité. Pour éviter les révoltes, le cerveau des humains est cybernétiquement connecté à une Réalité Simulée, la Matrice, qui leur fait croire qu’ils vivent une vie tout à fait normale dans un XXe siècle tout ce qu’il y a de banal, tandis que les IA vampirisent leur chaleur et leur électricité corporelles.

Dans les Cantos d’Hypérion de Dan Simmons, l’œuvre suprême de la SF selon votre serviteur (et néanmoins dieu), les IA (réunies dans une entité politique appelée le Technocentre) semblent vivre en harmonie avec les humains, auquel elles ont d’ailleurs donné plusieurs merveilles technologiques, dont le Distrans, un système de portes qui vous permettent de faire comme si la distance entre les deux côtés du seuil n’existait plus : un pas pour vous, des années-lumière pour le reste de l’univers. Et ce quasi-instantanément… du moins dans le référentiel einsteinien banal. Parce que dans le référentiel propre à l’espace de PLanck entre les deux côtés du Portail Distrans, le temps de transit subjectif peut être aussi long que désiré par les IA. Qui en profitent pour connecter les cerveaux humains (sans doute par des moyens non invasifs) à leurs réseaux informatiques, exploitant cette fois non pas l’énergie du corps humain, mais sa puissance de traitement des données, et ce totalement à son insu, le procédé ne laissant aucune séquelle et le voyageur ne se rendant compte de rien une fois revenu dans le monde réel : pour lui, il a juste franchi le seuil d’une porte, point, même si d’un pas à l’autre, il a en fait franchi les gouffres interstellaires et été, là encore, « vampirisé ».

Enfin, dans Homme-Plus de Frederik Pohl, vu que la Guerre Froide menace de plus en plus de se réchauffer, on décide d’adapter l’Homme à l’environnement martien, afin qu’une poche de trans- ou post-humanité survive à l’holocauste nucléaire. Un astronaute est ainsi transformé, chirurgicalement et cybernétiquement, pour pouvoir vivre sans assistance à la surface de la planète rouge, devenant, physiquement bien sûr, mais aussi et surtout (c’est le point capital du roman) psychologiquement quelque chose d’autre qu’un être humain (tout comme dans la perception qu’ont de lui les autres, tout particulièrement son épouse). À la fin du livre, une révélation (finalement assez mineure) nous apprend que ce programme a en fait été impulsé par des Machines qui sont secrètement parvenues à l’Intelligence-Conscience au sein des réseaux informatiques humains. En assurant la survie de ces derniers en ne mettant pas tous leurs œufs dans le même panier (la même planète), les IA ont, de fait, assuré la leur également (le tout à l’insu de l’Homme, qui ne s’est même pas rendu compte de leur simple existence), puisqu’elles sont désormais présentes en orbite ou à la surface de Mars. Ce qui, finalement, constitue le plus « éthique » et le moins dommageable de ces trois exemples d’exploitation secrète de l’Humanité par les IA.

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Extension des horizons : la téléportation

La téléportation a été utilisée en SF, pour l’essentiel, comme système de déplacement alternatif soit aux vaisseaux interstellaires / interplanétaires, soit aux moyens de transport permettant de se rendre d’un point à l’autre d’une même planète (ou parfois de l’orbite à la surface, ou inversement : on se rappellera que la série Star Trek des années 60 l’emploie parce que les effets spéciaux de l’époque rendaient trop coûteux / difficile de montrer l’emploi d’une navette chaque fois qu’un membre d’équipage passait de l’Enterprise à la surface ou inversement), et peut-être surtout comme générateur de l’intrigue quand se produit un accident de téléportation. De La Mouche de David Cronenberg aux multiples exemples de la chose présents dans les nombreuses séries Star Trek dérivées de celle d’origine (le plus marquant restant celui de Tuvix, hybride de deux personnages créé accidentellement dans le vingtième épisode – éponyme – de la saison 2 de Voyager, épisode centré sur la très intéressante question du dilemme éthique que pose le fait de « détruire » l’être composite créé par la fusion accidentelle pour pouvoir retrouver les deux êtres séparés qui lui ont donné « naissance ») en passant par le scientifique de la Terre d’aujourd’hui de La Cité de la bête de Michael Moorcock, qui, croyant tester le système de téléportation spatiale qu’il a inventé, se retrouve projeté sur la Mars d’un très lointain passé, façon pulp.

D’autres auteurs, toutefois, se sont rendus compte que la téléportation recelait un nombre considérable d’autres possibilités, très différentes d’un simple système de transport et éloignées du fait qu’il dysfonctionne. Comme principaux exemples, je citerais Reconstitué de Sean Williams, Collapsium de Wil McCarthy ou encore le savoureux Mutata Superesse de Jason Fischer & Sean Williams (décidemment incontournable dans ce registre), mais il y en a évidemment d’autres. La téléportation en SF est un sujet très vaste, dépassant allègrement le cadre de cet article, donc je me concentrerai ici spécifiquement sur les formes de télétransport qui impliquent que soit prise au préalable une image la plus fidèle possible de la structure subatomique de la personne transportée (par opposition, par exemple, à l’ouverture d’un quelconque type de portail entre deux points de l’espace). Vous allez bientôt saisir pourquoi.

Si vous possédez une image complète du corps (donc du code génétique et de la structure moléculaire mais aussi des engrammes – personnalité, souvenirs – de la personne), vous pouvez faire tout un tas de choses autres que la transporter, surtout si ces données informatiques sont sauvegardées, réplicables ou transférables. Si la personne est blessée ou malade, vous pouvez la soigner simplement en modifiant le code pour le faire correspondre à celui d’une personne saine. Vous pouvez corriger les mutilations en appliquant la même logique. Vous pouvez extraire un bébé à naître du ventre d’une femme sans la douleur de l’accouchement ou sans césarienne en téléportant la mère et l’enfant dans deux endroits séparés (la mère dans un lit d’hôpital, l’enfant qui est dans son utérus directement dans une couveuse). Vous pouvez faire une manipulation génétique en réécrivant le code informatique de l’image corporelle scannée pour que cela s’applique à son ADN une fois la personne rematérialisée, ou bien insérer des organes artificiels ou des implants cybernétiques sans chirurgie de cette façon. Vous pouvez même accéder à l’immortalité soit en restaurant une personne morte à l’existence en matérialisant une copie de sauvegarde préservée sous forme de données informatiques, soit en restaurant la jeunesse de l’individu en faisant tourner virtuellement à l’envers son horloge biologique dans le téléporteur, tout en conservant ses engrammes. Et évidemment, vous pouvez produire des copies strictement identiques, jusqu’au niveau subatomique, d’un individu en utilisant le scan non pas pour rematérialiser la personne d’origine, mais le nombre voulu de clones (ce qui a aussi, par rapport au clonage technologique « normal », l’avantage de vous permettre de disposer instantanément d’individus aptes à accomplir la tâche que vous voulez, sans longues périodes de gestation – même accélérée – et d’entraînement). Plus insidieusement, vous pouvez secrètement altérer la personnalité ou les souvenirs d’une personne en cours de téléportation, un formidable moyen de contrôle gouvernemental pour une dictature qui ne veut pas dire son nom. Comme vous le voyez, les possibilités sont presque infinies (et encore, je suis loin d’avoir tout abordé) pour un écrivain doté d’un minimum d’imagination !

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Mini-chronique bonus : Crimson Tempest – Anthony James

Vous ne le savez peut-être pas, mais un certain nombre (pas si négligeable) d’auteurs anglo-saxons ont pris l’habitude d’offrir la version électronique du tome 1 d’un de leurs cycles afin de faire connaître ces derniers et de vous donner envie de lire la suite, payante, elle. Bien sûr, dans le lot, les écrivains auto-édités sont largement majoritaires, mais des maisons d’édition ayant pignon sur rue et des auteurs (re)connus pratiquent aussi la chose (vous pouvez ainsi par exemple récupérer la version Kindle et anglaise de Mission Basilic, premier tome du cycle Honor Harrington, pour 0 euros). Il y a beaucoup de SF militaire dans le lot (logique vu que c’est un sous-genre majeur en termes de publications et de ventes aux USA), mais pas seulement. Il y a beaucoup de choses sans grand intérêt (je récupère un nombre non négligeable de ces romans gratuits, ne les finit pas toujours et les chronique rarement), mais parfois, on tombe sur un livre sympathique à défaut d’être inoubliable, et qui vaut d’autant plus le coup d’oeil que, par définition, sa lecture ne vous coûtera qu’un peu de temps, pas de l’argent.

Crimson Tempest d’Anthony James (1973-2023 ; écrivain, essentiellement de SF militaire, extrêmement prolifique : près de… 70 livres au compteur !) est de ceux-là. Vous pouvez le télécharger gratuitement au format Kindle sur cette page. C’est le tome inaugural d’une… heptalogie, format que semblait apprécier l’auteur. L’Humanité est en guerre contre des extraterrestres, les Ghasts. Un vaisseau révolutionnaire, porté disparu depuis un demi-siècle, s’auto-répare suffisamment pour lancer un signal de détresse. On envoie le capitaine Duggan, un dur à cuire et un vieux de la vieille, le récupérer, loin en dehors de l’espace humain. Mais l’ennemi va le repérer et lui donner bien du fil à retordre, d’autant plus que l’astronef, le Crimson, est loin d’être pleinement opérationnel, les réparations se poursuivant. De plus, Duggan et son équipage s’aperçoivent rapidement que l’engin est très étrange, et que son IA leur refuse l’accès à ses bases de données et à certains de ses systèmes d’armement. Sans compter que pour un engin vieux de cinquante ans, ses performances sont tout bonnement extraordinaires, largement supérieures à la pointe de la technologie actuelle. La résolution de ce mystère sera un des axes de l’intrigue, en plus d’échapper sans cesse à un ennemi particulièrement tenace.

Ce n’est ni une SF militaire révolutionnaire (il y a certaines convergences avec l’univers Honor Harrington – d’ailleurs presque plus avec le cycle dérivé Saganami qu’avec la saga principale – avec notamment un capitaine qui s’est attiré l’inimitié d’un de ses supérieurs mais qui ressemble plus à Terekhov qu’à la Salamandre, et l’importance capitale d’un Trou de ver, une différence flagrante – outre la qualité – étant qu’ici, l’adversaire est extraterrestre) ni de pointe (mais vu que l’édition française fait, dans son immense majorité, comme si ce sous-genre n’existait pas, on ne va pas cracher, si on est anglophone, sur un cycle sympa), ni un chef-d’œuvre littéraire, mais pour un auto-édité gratuit, ça tient franchement la route, et c’est vraiment prenant (l’auteur est doué pour maintenir une tension dramatique permanente). Le plus gros défaut qu’on puisse lui trouver est un worldbuilding sommaire (le plus marrant étant que d’une de ses heptalogies de SF militaire à l’autre, James semble avoir tendance à utiliser des schémas similaires : « la confédération / fédération / alliance / autre synonyme humaine est opposée aux – insérez ici le nom d’une race alien -, mais une autre menace rôde dans l’ombre – insérez ici le nom d’une seconde race extraterrestre -, heureusement le courageux équipage du vaisseau Machin conduit par l’intrépide capitaine Bidule / le membre des forces spéciales Truc va lutter vaillamment contre elle ») et des personnages secondaires parfois relativement flous, mais au-delà de ça, si vous aimez la Science-Fiction martiale et que vous lisez l’anglais, vous auriez d’autant plus tort de vous en priver que, je le répète, c’est gratuit. Le roman proprement dit est suivi par le premier chapitre du tome 2, et la bibliographie de l’auteur nous apprend que ce cycle est suivi par deux autres se plaçant plus loin dans la chronologie du même univers, pour un total de… treize romans supplémentaires, soit vingt au total s’inscrivant dans le même meta-cycle.

Si cela vous intéresse, si je tombe sur d’autres livres donnés à titre gracieux dignes d’intérêt, je vous signalerai la chose dans les Apophis Box suivantes.

Niveau d’anglais : aucune difficulté.

Probabilité de traduction : zéro, aux fluctuations quantiques près.

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12 réflexions au sujet de « Apophis Box – Mars 2025 »

  1. Belle Apophis Box !
    J’ai aimé le petit « remember » sur John Matrix ^^
    Marée Stellaire fait partie de mes lectures en SF, et de mémoire, doit être quelque part dans ma bibliothèque physique (mais où ? 🤔 Je soupçonne que mes livres aient des petites pattes et s’amusent entre eux à changer de place…). Le récit me plut assez.

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  2. Ah toi aussi ? Les livres ont la bougeotte on dirait ˆˆ Il y a peut-être un nouveau petit monde à découvrir… (Curieux, je crois que j’ai ouvert une faille temporelle… je crois que j’ai déjà écrit cette réponse ˆˆ !)

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    1. Pour éviter les posts malveillants (porno, etc.), en général on met tous les posts en prévisualisation. Ce qui veut dire qu’ils n’apparaissent dans le fil de commentaires qu’après avoir été approuvés manuellement, pas seulement par Akismet. Donc c’est normal si, une fois ton commentaire posté, tu ne le vois pas apparaître tout de suite. Il est juste en attente de validation. Je tente de passer en coup de vent sur le blog régulièrement dans la journée, mais ce n’est évidemment pas toujours possible. Moralité : pas besoin de reposter le message, ton post n’est pas perdu mais temporairement invisible.

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      1. Ouf !
        Oui Askimet est assez efficace (testé et approuvé sur d’autres blogs avant celui-ci).
        Mais j’ai eu aussi le coup que ce soit l’application qui me l’a éjecté (y compris un texte en cours d’écriture 😭)…
        Zen, restons zen…

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  3. J’avais attaqué les Darwin du bout des doigts, je ne les sentais pas trop, mais je les ai finis au bout de la nuit, tout pantelant, le coeur et les doigts tout embarrassés, les yeux perdus dans les mystères de la Création. C’est écrit comme un thriller aux implications cosmiques, j’ai adoré.

    Je tiens à préciser pour ton édification personnelle que j’ai lu Reconstitué suite à l’effeuillage d’une apophis box précédente, et c’est vraiment remarquable. Que la grâce des distrans se répandent sur toi!

    Ce n’est pas la première fois que je te lis recommander à tes disciples de diriger leur foi diretto vers Marée Stellaire: le premier tome du cycle de l’Elévation est-il raté/dispensable/soporifique ou, quand même, très lisible?

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    1. En fait, j’ai lu Marée Stellaire sans me rendre compte que c’était un tome 2 (et honnêtement, ça ne se sent pas du tout à la lecture). Quand je m’en suis aperçu, j’ai lu le tome 1, que j’ai trouvé franchement inférieur, sans être pour autant mauvais. Concernant le côté dispensable, il présente tout de même un vaisseau qui fait un voyage totalement hors-normes (dans le Soleil !) et une espèce extraterrestre très hautement inhabituelle, même pour du David Brin. Donc ça vaut le coup de le lire.

      Concernant Reconstitué, pour moi ça fait très clairement partie de cette espèce de bouquin de SF que tout amateur devrait connaître, qui devrait être reconnu à sa juste valeur, mais qui, par une incompréhensible malédiction, reste dans l’ombre. Peut-être une méfiance envers la SF éditée par Bragelonne (alors qu’il y a des livres majeurs dans le lot ), un mauvais timing avec d’autres sorties qui l’ont éclipsé, une mise en avant insuffisante par l’éditeur, je n’en sais rien. Mais c’est vraiment à lire et à faire connaître à d’autres, comme tu l’as constaté.

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  4. Quelle joie ! Je passe par ici et je découvre que le blog est à nouveau actif ! Je crois que j’ai dû lire une demi-douzaine d’articles d’un coup !

    Je connais le Culte d’Apophis depuis maintenant… assez longtemps (en fait, je crois que ça doit faire pas loin d’une décennie…) mais jusqu’ici je n’avais jamais commenté. Je profite donc de ce tout premier message (enfin !) pour exprimer ma gratitude pour toutes ces critiques d’une immense qualité. Je crois pouvoir dire sans exagérer que je dois une partie non-négligeable de ma culture SFF à tes conseils de lecture, qui ont eu une certaine influence sur mon parcours de lecteur (et peut-être aussi sur le genre de choses que maintenant j’écris ou voudrais écrire).

    Pour revenir au sujet de cet article, on retrouve ici tout ce que j’adore sur ce blog : des analyses pointues, des recommandations de livres et d’auteurs dont j’ignorais l’existence même, et des valeurs sûres (Baxter, quel génie, et Évolution quelle claque quand je l’ai lu ! Sans parler de Simmons évidemment).

    Longue vie au Culte d’Apophis !

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    1. Merci pour ton message, qui me fait vraiment plaisir. Mon but a toujours été avant tout de faire bénéficier aux autres du genre de bons conseils de lecture dont j’ai eu la chance de profiter durant ma lointaine adolescence, et je suis toujours ravi de savoir que j’ai été utile sur ce plan. Et oui, en effet, le blog fêtera son dixième anniversaire le 5 janvier prochain.

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      1. But qui, en ce qui me concerne, a été parfaitement atteint !

        Oh, ça signifie que je suis là (silencieusement) quasiment depuis le début en fait ! 😂 Je n’avais pas conscience que j’étais un « vieux lecteur » à ce point, en effet j’ai dû découvrir le blog en 2016 !

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