Dans la spirale uchronique : Morelos, 1840 ap. J.-C.

Dans la spirale uchronique est une série d’articles décrivant, comme son nom l’indique, un scénario dans lequel l’Histoire prend un cours différent de celui que nous avons connu. Chaque numéro, nommé d’après le lieu et la date de la divergence, commence par rappeler les événements qui se sont réellement déroulés, avant de proposer un ou plusieurs scénarios possibles expliquant la genèse de l’Uchronie, en tentant de rester un minimum réaliste (sachant que je ne suis pas Historien et que je ne passe pas des mois en recherches préparatoires non plus). Sont ensuite examinées les conséquences possibles à court, moyen, voire long terme, ainsi que l’impact de la divergence à divers niveaux (géopolitique, religieux, économique, militaire, etc.). Le but de la chose étant soit de vous faire réfléchir (voire rêver ou cauchemarder) sur les « routes non prises » (pour reprendre une expression fameuse dans le domaine de l’Uchronie), soit de vous fournir une amorce de contexte de Jeu de rôle ou de roman, si vous êtes auteur (merci de me citer dans les remerciements  😀 ).

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Contexte historique : guerre de sécession… mexicaine

Après que le Mexique ait arraché son indépendance à l’Espagne, la Constitution de 1824 en fait un État fédéral. Toutefois, lors de son premier mandat présidentiel, Santa Anna remet en cause ce modèle, suspendant la Constitution et le Congrès et instaurant un État unitaire, centralisé, à la place. Après quelques actions armées, avec le soutien de la République du Texas, elle-même devenue une nation indépendante en 1836 (du Mexique mais aussi des USA : le Texas ne les rejoindra en tant que nouvel État qu’en 1845), un groupe de notables des États mexicains de Coahuila, Nuevo León et Tamaulipas font sécession et proclament une République du Rio Grande, dont la capitale est la ville de Laredo.

Carte des états mexicains sécessionistes (en orange plus clair : territoires revendiqués mais non contrôlés dans l’Histoire réelle)

Dans l’Histoire réelle, les Congrès et gouvernements locaux des trois États formant la République n’apportent aucune aide aux sécessionistes, et appellent même les troupes loyalistes mexicaines à venir rétablir l’ordre. De plus, le Texas a une attitude ambigüe : d’un côté, la République du Rio Grande pourrait servir d’État tampon entre lui et les Mexicains, compliquant une possible tentative de réannexion ; d’un autre côté, soutenir la République enlèverait tout espoir aux texans de voir le Mexique reconnaître officiellement et définitivement leur indépendance. Sur le papier, le Texas a donc eu une attitude neutre, même si officieusement, les texans étaient encouragés à rejoindre les forces républicaines, qui bénéficiaient d’un soutien logistique, le Texas fournissant armes, munitions et cadres militaires.

Avec un demi-soutien du Texas, aucun de la part des anciens gouvernements locaux, et un refus du commandant en chef de son armée, Antonio Canales, de recruter des renforts texans avant une bataille décisive, la République du Rio Grande n’a qu’une bien courte existence : proclamée le 17 janvier 1840, ses territoires rentrent dans le giron du gouvernement centraliste mexicain le 6 novembre… de la même année, après deux batailles perdues.

Et si… ce n’était pas le cas, et que la République du Rio Grande restait indépendante du Mexique, et le Texas des USA ? Et si ce changement générait une dyschronie (uchronie dystopique) dans laquelle l’impérialisme, le colonialisme, le militarisme, l’esclavagisme et le racisme (jusqu’à l’épuration ethnique) sont rois ?

Point de divergence : Morelos, 1840 ap. J.-C. *

* Lone Star song, Grant Lee Buffalo, 1994.

Drapeau (tiré de l’Histoire réelle) de la République du Rio Grande

Imaginons que le président Mirabeau Lamar s’engage, dès la proclamation d’indépendance, à soutenir officiellement et plus massivement la République du Rio Grande, par exemple parce qu’il estime qu’un État tampon lui sera bien plus utile qu’éviter de froisser le Mexique pour obtenir de lui qu’il reconnaisse officiellement l’existence du Texas en tant que nation souveraine et non pas comme un État mexicain sécessioniste. Un tel soutien pourrait conduire les gouvernements de Coahuila, Nuevo León et Tamaulipas à épauler, cette fois, le nouveau régime. Enfin, Canales pourrait, dans cette ligne temporelle divergente, plus écouter ses conseillers militaires texans et recruter davantage de troupes venues de leur pays. Avec une force bien plus conséquente et un soutien des ex-autorités locales, la République gagne la bataille de Santa Rita de Morelos, les 24 et 25 mars 1840, et reste indépendante.

Un point de divergence secondaire a lieu lors de l’élection présidentielle américaine de 1844 : dans notre ligne temporelle, James K. Polk est élu, et cet avocat de l’annexion du Texas (de toute façon voulue par une majorité des habitants de ce dernier) réussit à obtenir du Sénat, réticent jusque là parce qu’il craint (à raison) une guerre entre les USA et le Mexique, qu’il la ratifie : le Texas devient donc un nouvel État de l’Union en 1845. Il faut préciser que Polk n’a battu son concurrent du parti Whig, Henry Clay, que d’une courte marge. Imaginons maintenant que dans l’uchronie Morelos, 1840 ap. J.-C., ce soit Clay qui gagne et devienne président : fortement opposé à la guerre américano-mexicaine dans l’Histoire réelle, on peut imaginer qu’il ait tout fait pour l’éviter, et ait donc abandonné, sous sa présidence, l’idée de proposer au Congrès et au Texas l’annexion. En conséquence, le Texas reste une nation indépendante, protégée du Mexique par le tampon que forme la République du Rio Grande.

Un point de divergence tertiaire a lieu dans les années 1850 : dans l’Histoire réelle, on commence à trouver, à cette époque, un intérêt nouveau au pétrole, connu depuis l’Antiquité, notamment pour remplacer l’huile de baleine dans l’éclairage public. Parce qu’on y trouve des affleurements de pétrole, le premier puits américain est foré en Pennsylvanie. Au Texas, le boom pétrolier ne viendra que 40 ou 50 ans plus tard (selon les experts à qui vous demandez d’en retracer le point de départ), mais il sera absolument phénoménal, en termes de croissance de la population, de la richesse et de l’importance de cet État, à un point tel que les équivalents dans l’Histoire américaine peuvent se compter sur les doigts d’une seule main. Il faut en effet réaliser que c’est tout simplement la plus grosse réserve de pétrole connue dans le monde entier à l’époque qui y est découverte. Dans la nouvelle ligne temporelle, le Texas des années 1840 est peu peuplé et essentiellement agricole. Une fois que le projet de l’intégrer aux États-Unis est abandonné par l’administration Clay, il lui faut trouver d’urgence un moteur économique et attirer une population plus grande. Entendant parler du boom du pétrole pennsylvanien, il peut mener des recherches plus précoces ou plus approfondies pour trouver ses propres champs pétrolifères, devenant du jour au lendemain ou presque une puissance économique et industrielle de premier plan, attirant alors une émigration massive.

Conséquences à court terme : développement technologique accéléré, dépeçage du Mexique et survie de la Confédération

Drapeau (tiré de l’Histoire réelle) de la République du Yucatan

La conséquence la plus immédiate de cette sécession accrue des États mexicains et d’un Texas qui reste indépendant des USA est qu’en 1841, quand la République du Yucatán est à son tour proclamée, arrachant encore un bout de Mexique, elle est reconnue par celle du Rio Grande, puis par le Texas en 1845, qui lui apportent un soutien financier et militaire, ouvrant en parallèle de nouvelles possibilités commerciales. Dans l’Histoire réelle, elle disparaît en 1848, parce que la révolte des populations maya locales contre les hispaniques force ces derniers à accepter de réintégrer le Mexique en échange de son aide. Dans la ligne temporelle alternative, la puissance croissante du Texas permet à la République du Yucatán d’obtenir assez d’aide pour mater les rebelles et rester une nation souveraine.

À partir des années 1850, avec le boom pétrolier, le Texas a les moyens de continuer à désintégrer le Mexique qui, s’il disparaît ou est très affaibli, ne constituera plus une menace contre lui dans l’avenir prévisible. Il finance et arme la République du Rio Grande, lui permettant de s’emparer des États de Chihuahua et de Durango, ce qui fait plus que doubler son territoire. Dans le même temps, le Texas, utilisant avec brio lors des batailles son artillerie à cheval, prend le Nuevo Mexico (qui, outre le Nouveau Mexique, comprend des bouts de ce qui est, dans notre monde, le Colorado, l’Okhlahoma et le Kansas), et confie un budget conséquent et une force mercenaire puissante à William Walker (une sorte de Bob Denard du XIXe siècle) en 1853, qui s’empare en son nom des États de Sonora et de las californias (ce dernier comprenant ce qui est aujourd’hui la Basse-Californie mexicaine, sa contrepartie américaine, et au moins des parties du Nevada, de l’Arizona et du Wyoming : si, si !). Après la guerre de Sécession américaine, la République du Yucatán, financée par trois nations différentes (Texas, Confédération et République du Rio Grande) rogne elle aussi le Mexique par le sud, s’emparant notamment du Tabasco et du Chiapas. Enfin, le Texas s’étendra encore, cette fois de façon plus pacifique, en 1867, quand il achètera l’Alaska à la Russie, contrôlant, de fait, la plus grande partie de la façade ouest / Pacifique de l’Amérique du Nord.

Outre cette extension territoriale, on peut imaginer que le boom pétrolier texan précoce (un bon demi-siècle d’avance) va accélérer le progrès technologique, menant à une utilisation plus rapide et étendue du pétrole et de ses produits dérivés. Après tout, même dans notre Histoire, le premier moteur à combustion date de… 1854. Sans parler de tanks primitifs et de biplans lors de la Guerre de Sécession, ce qui serait « un peu » trop rétrofuturiste pour le réalisme (relatif) que je veux donner aux uchronies que je présente dans ce type d’article, on peut imaginer que le Texas aura toujours une longueur d’avance, notamment sur le plan militaire, sur ses rivaux, voire sur ses alliés.

Drapeau (réel) des États confédérés d’Amérique, version en vigueur entre 1861 et 1863

En 1861, la Guerre de Sécession éclate : dans l’Histoire réelle, le Texas est un membre de premier plan (et radical) de la Confédération, puisqu’il est un important fournisseur logistique, notamment en bétail, chevaux et en soldats (plus de 70 000 texans ont combattu sous le drapeau des CSA – Confederate States of America-). La fameuse Brigade du Texas, une des unités favorites du Général Lee (non, pas la voiture…), était réputée pour être une des plus tenaces de l’armée confédérée, digne héritière des défenseurs d’Alamo. Ces troupes de choc combattirent dans presque toutes les batailles majeures de l’armée de Virginie du Nord. L’Union brisa cette chaîne logistique à la mi-1863, quand ses canonnières prirent le contrôle du Mississippi.

Dans cette ligne temporelle uchronique, le Texas, nation indépendante, n’est pas membre de la Confédération, mais étant farouchement esclavagiste, il s’allie à cette dernière et sa prospérité étant bien supérieure, grâce au boom pétrolier, à celle qui était la sienne dans notre version de l’Histoire, il est encore plus efficace. La guerre et l’afflux d’argent dans ses coffres l’incite à bâtir une puissante Marine, la Texas Navy, qui brise toute tentative de blocus, fluvial ou naval, qu’il soit Unioniste ou européen. Après le Texas, Cuba et le Brésil (eux-mêmes esclavagistes), les Sudistes finissent par faire reconnaître leur indépendance par la Prusse, la France et l’Angleterre (cette dernière menacée par le Texas de se voir couper son approvisionnement en pétrole si elle ne s’exécutait pas : dans notre version de l’Histoire, la menace par la Confédération de couper aux britanniques leur approvisionnement en coton n’a pas eu d’effet, vu qu’ils avaient diversifié leurs fournisseurs, fait des réserves, et qu’ils avaient plus à perdre financièrement en lâchant l’Union qu’en opposant une fin de non-recevoir aux Sudistes). Ces succès diplomatiques se doublant de victoires militaires sur le terrain, les USA sont forcés de signer la paix et de reconnaître la sécession des CSA. La confédération arrache à l’Union ceux de ses États qui, tout en lui étant opposés, étaient tout de même esclavagistes (le Missouri, le Kentucky, la Virginie occidentale, le Maryland et le Delaware) et voyant que le Texas a profité de la guerre pour faire main-basse sur l’Oklahoma, obtient aussi le Kansas pour éviter d’être coupée de toute possibilité d’expansion vers l’Ouest si le Texas continue son expansion vers le Colorado et le Nebraska. CSA et Texas entament toutefois de fructueux échanges et coopérations militaires, commerciaux, scientifiques et techniques.

Ce qui reste des USA devient une nation isolationniste, militariste et ultra-sécuritaire, se percevant comme une forteresse assiégée, un pays surarmé voyant des espions confédérés ou texans partout (une sorte de Maccarthysme très en avance). Les frontières sont lourdement fortifiées, l’équivalent très précoce d’une ligne Maginot. Les trois puissances (Texas, USA, CSA) se lancent dans une course effrénée vers le Pacifique, les guerres indiennes étant d’une violence sans commune mesure avec celles de notre version de l’Histoire (pourtant déjà sanglantes). Le Texas sort grand gagnant de cette Conquête de l’Ouest : outre les territoires qu’il possédait déjà sur la côte, et qu’il relie à ceux de la façade Est du continent, il s’empare de l’Utah, du Colorado, de l’Oregon et de l’État de Washington. Cet « empire » Texan s’étend donc, d’Est en Ouest, du Golfe du Mexique à toute la façade Pacifique (Colombie Britannique exceptée), et, du Sud au Nord, de Sonora et de la Basse-Californie au Nebraska, au Wyoming et au Dakota du Sud confédérés et à l’Idaho, le Montana et le Dakota du Nord US (voir la carte un peu plus loin).

Drapeau (réel) de la République du Texas (1836-1845)

La République du Rio Grande et le Texas font aussi leur Conquête du Sud, achevant un Mexique qui, attaqué par trois nations et sur deux fronts, s’effondre d’autant plus rapidement que son armée est mal entraînée, peu motivée, moins bien armée que ses adversaires, et mal ravitaillée (malgré le fait qu’elle combat sur son propre sol).  Le Texas s’empare de tous les États de la façade Pacifique (en plus de ceux qu’ils a déjà conquis), Jalisco, Michoacan, México et Oaxaca, ainsi que la moitié sud de la Puebla de los Angeles (rien à voir avec la ville californienne du même nom). Le Zacatecas se rebelle et rejoint de lui-même la République du Rio Grande, qui conquiert ce qui reste du Mexique, qui disparaît donc de l’Histoire de cette ligne temporelle uchronique, dépecé et ses territoires partagés entre la République susnommée, le Texas et la République du Yucatán. Le continent Nord-américain, qui ne compte que trois nations dans l’Histoire réelle (USA, Canada et Mexique), en comprend ici le double : USA, Canada, CSA, Texas et Républiques du Rio Grande et du Yucatán.

Conséquences à moyen terme : expansion territoriale outre-mer et en Amérique centrale, Première Guerre mondiale

En 1868, un mouvement abolitioniste et indépendantiste déclenche la première des trois guerres qui, dans l’Histoire réelle, mèneront finalement à l’indépendance de Cuba par rapport à la tutelle espagnole. Dans cette uchronie, compte tenu de facteurs économiques (commerce de la canne à sucre, du tabac) et surtout idéologiques (théorie de la destinée manifeste, volonté de ne pas laisser l’abolitionisme prendre pied aux portes de l’Amérique Confédérée), la CSN (Confederate States Navy) envahit l’île pour y rétablir l’ordre quand les troupes espagnoles venues d’Europe sont décimées par les maladies locales, à commencer par la Fièvre Jaune. La flotte Atlantique de la Texas Navy (TN), ainsi que leurs Marines, leur prêtent main-forte. L’Espagne déclare la guerre aux deux nations, mais leur supériorité tactique et technologique navale leur permet de triompher facilement. La flotte du Pacifique de la TN écrase notamment celle des espagnols dans ledit océan. Le Texas prend le contrôle de Guam et des Philippines, les CSA celui de Puerto Rico. Poursuivant sur sa lancée, la Confédération s’empare d’Hispaniola, donc d’Haïti et de la République Dominicaine.

Le Texas, lui, commence à trouver que la République du Yucatán est un allié encombrant quand elle concurrence sa propre volonté d’expansion vers l’Amérique Centrale lors de la Guerre des bananes (qui a lieu, dans cette ligne temporelle, avec un quart de siècle d’avance). Quand le Salvador, le Honduras et le Nicaragua ont pour projet de reconstituer la République fédérale d’Amérique centrale en formant la Grande République d’Amérique Centrale, le Yucatán, dont les troupes sont équipées et entraînées par les Texans, envahit la région, ne voulant pas non plus de concurrent à ses portes et voulant annexer leurs territoires. Le Texas, qui négociait avec le Nicaragua un projet de construction de canal (qui, sur certains plans, se serait révélé plus avantageux que celui qui sera finalement achevé au Panama dans notre Histoire), intime l’ordre à son allié de stopper son opération militaire. Quand il refuse, estimant avoir le droit, comme la République du Rio Grande, d’opérer sa propre Conquête du Sud, le Texas le lâche : sa flotte atlantique balaye celle du Yucatán, tandis que l’Armée républicaine du Rio Grande pénètre dans le pays par voie terrestre depuis leur frontière commune. La guerre est une formalité, et les deux alliés se partagent les restes du vaincu : le Chiapas revient à Austin, le reste à Laredo.

Devenu, avec son expansion, une République Fédérale (Federal States of America : FSA), le Texas propose aux nations d’Amérique centrale d’intégrer sa Fédération. Elles acceptent car au sud, le Brésil a ses propres ambitions impérialistes et a pour projet de s’emparer des régions septentrionales de l’Amérique du sud ainsi que de l’Amérique Centrale. Dans les années suivantes, outre le Salvador, le Honduras et le Nicaragua, le Guatemala et le Costa Rica demandent à avoir le même statut, et sous la pression texane, qui menace de couper le robinet pétrolier aux britanniques, le Bélize obtient son indépendance puis se place dans l’orbite protectrice d’Austin. Enfin, le Texas permet au Panama d’obtenir son indépendance de la Grande Colombie, et s’assure que personne d’autre, pas même son allié Brésilien, ne pourra construire un autre canal transocéanique que celui du Nicaragua, achevé grâce aux colossaux revenus pétroliers d’Austin. Enfin, en 1898, les FSA colonisent Hawaii, et y construisent l’énorme base navale de Pearl Harbor.

Amérique du Nord et Centrale à la veille de la Première Guerre mondiale (1914-1916) : Rouge = FSA (Texas), Orange = République du Rio Grande, Noir = CSA (Confédération), Bleu = USA, Blanc = Dominion du Canada (Empire Britannique).

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les CSA attaquent immédiatement les USA, mais se cassent les dents sur leurs lignes de défense, menant à une guerre de tranchées qui n’aura aucun autre résultat décisif que d’empêcher les américains d’envoyer un corps expéditionnaire et du ravitaillement en Europe, comme ils l’ont fait dans l’Histoire réelle, puisque d’une part, les USA ont besoin de toutes leurs troupes pour défendre leurs frontières, et car d’autre part, les sous-marins et cuirassés de la CSN (Marine des États Confédérés) mettent en place un blocus très efficace de leur côte atlantique.

Les FSA, eux, attaquent le Dominion du Canada, envahissant la Colombie Britannique selon trois axes : par le Nord via l’Alaska, le sud via l’État de Washington et en opérant un débarquement naval. Bien que les troupes britanniques se soient retranchées et aient fortifié la frontière, la supériorité technologique texane (ils ont cinq à dix ans d’avance sur les autres et sur l’Histoire réelle en matière d’avions et de tanks) et une moindre densité ferroviaire qu’en Europe permettent aux troupes de choc du Lieutenant-Colonel Patton de briser le front et d’effectuer une percée décisive. Les anglais tentent d’expédier des renforts depuis l’Australie et l’Asie, mais la Texas Navy (qui, curieusement, a conservé son nom même après l’instauration des FSA), là aussi, bloque très efficacement toute tentative de débarquement de troupes ou de matériel. Si l’absence de renforts australiens et canadiens est évidemment moins catastrophique que le fait que les USA ne puissent pas soutenir la Triple-Entente (comme ils l’ont fait dans notre version de la guerre), elle n’en affaiblit que davantage cette dernière en Europe.

L’avancée texane est irrésistible, et lorsque la guerre prend fin en 1916, avec la percée allemande à Verdun permettant la prise de Paris et la capitulation française, les FSA ont ajouté à leur territoire la Colombie Britannique et le Yukon (permettant au Texas d’atteindre un de ses buts de guerre, à savoir contrôler l’intégralité de la côte Pacifique du continent et d’y relier ses territoires jusqu’ici séparés – État de Washington et Alaska –  entre eux), ainsi que les trois Provinces des Prairies canadiennes (Alberta, Saskatchewan, Manitoba), une des régions agricoles majeures dans le monde. Les britanniques sont eux aussi forcés de signer le Traité de Versailles quand le Texas les menace d’envahir l’Ontario, bien qu’il soit moins contraignant pour eux que pour les français. Ces derniers se voient imposer d’énormes réparations de guerre, d’importantes restrictions de leurs capacités militaires (surtout navales) et perdent le contrôle de leurs colonies africaines (mais gardent leurs possessions dans les Antilles, l’Océan Indien ou le Pacifique), qui sont récupérées par Berlin, qui s’empare également de la Belgique.

Lorsque la Révolution de Février menace de renverser l’Empire Russe en 1917, les troupes de l’Empire Allemand pénètrent dans le pays, ne voulant pas que leur voisin devienne communiste ou plus généralement d’une instabilité telle qu’elle pourrait déboucher sur une nouvelle guerre à leurs frontières. Ils écrasent la révolte Bolchevik, exécutant les dirigeants et idéologues du mouvement. Le Tsar reste au pouvoir.

Deuxième Guerre mondiale

Les conditions extrêmement dures du traité de Versailles créent un énorme ressentiment en France, générateur d’une puissante volonté de revanche. Élevé dans une culture de grandeur nationale, le Colonel Charles de Gaulle refuse cette humiliation, tente de prendre le pouvoir une première fois par la force en 1923 et échoue. Pendant un court emprisonnement, il rédige Mon combat, un manifeste dans lequel il expose ses idées ultranationalistes et qui deviendra extrêmement populaire. Il devient Président du Conseil en 1933, puis lorsque Albert Lebrun meurt d’une pneumonie aiguë en 1934, il prend le pouvoir sans qu’il n’y ait d’élection anticipée. Il enclenche alors un programme de réarmement très vigoureux, en contradiction totale avec les termes du Traité, menant une politique revanchiste et belliqueuse. Théoricien de la guerre de mouvement et de blindés, il forge la doctrine de la Guerre éclair.

L’invasion japonaise de la Chine à partir de 1931 incite également les anglais à dépasser ou contourner les restrictions navales dont ils sont l’objet afin de protéger leurs possessions en Asie. Ils déclenchent entre autres un vigoureux programme de construction de Porte-Avions, notamment en Australie, qui dispose d’une vaste quantité de ressources naturelles utiles à l’industrie lourde.

En 1936, la Guerre d’Espagne éclate : les CSA et les FSA, qui veulent continuer à affaiblir l’Espagne en la plaçant sous leur tutelle, proposent leur aide militaire à Franco. Après sa victoire, la CSN et la TN obtiennent en échange le droit de construire des bases navales sur les côtes atlantique et méditerranéenne du pays, ainsi que des bases aériennes près de la frontière française. Les deux nations esclavagistes américaines se méfient de la montée en puissance militaire de la France, et souhaitent pouvoir y répondre si besoin. De plus, le Texas lorgne sur l’Arabie et la Perse et leurs réserves pétrolières, et souhaite offrir des havres et des relais logistiques à sa flotte, qui seront nécessaires le jour où il voudra contester le contrôle britannique de la région.

Amérique du Nord et Centrale à la veille de la Seconde Guerre mondiale (1939-1944) : Rouge = FSA (Texas), Orange = République du Rio Grande, Noir = CSA (Confédération), Bleu = USA, Blanc = Dominion du Canada (Empire Britannique).

Voyant la puissance américaine (Confédérés et Texans) augmenter à ses portes, De Gaulle déclenche l’invasion de la Belgique allemande le 1er septembre 1939 : son but est de s’emparer des ports de l’ennemi et de lui couper toute possibilité de ravitaillement par ses alliés. Dans le même temps, son propre allié britannique attaque par surprise les ports espagnols, cherchant à couler les flottes américaines au mouillage (tandis que les bombardiers français attaquent les aérodromes du CSAAC – Confederate States Army Air Corps – et du FSAAC – Federal States Army Air Corps – de l’autre côté des Pyrénées), et mène le même jour une frappe aérienne en traître lancée par les porte-avions basés en Australie, sans déclaration de guerre préalable, sur la base de la TN de Pearl Harbor, dans le Pacifique. Le but de la Royal Navy est de la neutraliser pour ne pas avoir de menace sur ses arrières lorsqu’elle lancera une attaque contre la Colombie Britannique annexée, et de protéger ses territoires en Asie. Le Texas s’allie avec l’Empire Japonais, lui promettant la majorité des territoires des anglais en Asie s’il l’aide à les vaincre. Les japonais acceptent.

Les succès initiaux des Alliés franco-anglais sont importants, grâce à leurs doctrines innovantes et leurs attaques en traître. La réaction de l’Axe réunissant Allemagne, FSA, CSA, Russie Tsariste, Japon et Espagne Franquiste est cependant irrésistible : les flottes combinées texanes et nippones écrasent les anglais en Asie et dans le Pacifique, s’emparant de leurs territoires ; une contre-offensive allemande majeure, appuyée par les Cuirassés tsaristes, libère les rivages de la Mer du Nord, puis une offensive combinée de la Kriegsmarine et des CSN et TN, l’opération Lion de mer, permet l’invasion de la Grande-Bretagne, tandis que l’armée de terre allemande lance une contre-attaque sur le sol français, appuyée par des raids massifs de bombardiers confédérés et texans décollant d’Espagne. Dans le même temps, les FSA lancent une attaque secondaire en Égypte (pour prendre le contrôle du canal de Suez), appuyée par des cuirassés et des porte-avions venus de l’Océan Indien. Des parachutistes de la 82ème Division Aéroportée confédérée, venue en renfort des alliés texans des CSA, sécurisent le canal, soutenus par les avions de l’aéronavale texane. Un débarquement massif a alors lieu et l’Égypte est annexée. Les texans se dirigent ensuite vers leur vrai objectif, l’Arabie et la Perse, dans le but de s’emparer des champs pétrolifères énormes qui s’y trouvent (et ce même si le Texas en avait déjà le contrôle économique). Les FSA demeurent, ainsi, la première puissance énergétique et économique mondiale.

En parallèle, les CSA déclenchent l’invasion des USA, tandis que le Général des FSA Patton, inspiré par la doctrine militaire de De Gaulle, lance sa Lightning War dans ce qui reste du Dominion du Canada. Il utilise à cette occasion une nouvelle arme, l’hélicoptère antichar, qui lui permet d’écraser les forces britanniques et de conquérir toute cette partie du continent nord-américain. On le sait peu, mais les hélicoptères étaient déjà utilisés (de façon limitée) dans notre version de la Seconde Guerre mondiale, et les roquettes y étaient employées par des chasseurs-bombardiers d’attaque au sol : dans cette uchronie, le développement par le Texas, quelques années en avance, du turbomoteur donne à ces engins une efficacité redoutable que les modèles à moteur à pistons ne possédaient pas.

Une fois le Canada conquis, la situation des USA devient désespérée : prise entre le marteau texan et l’enclume confédérée, l’Union mène une résistance acharnée, tout comme la France, tandis que les partisans anglais font vivre un enfer aux troupes d’occupation. Tout espoir est cependant brisé quand les texans emploient une arme aussi révolutionnaire que terrifiante : la bombe atomique. Washington est frappée le 6 août 1944 par un engin à l’Uranium enrichi, et Paris le 9 par une munition au Plutonium. Les deux capitales sont rasées, brisant la résistance des Alliés, qui se rendent quelques jours plus tard. Les FSA deviennent donc, en plus, la première puissance militaire au monde. La France est dépecée, partagée entre un Nord allemand et un sud Texan. La Corse passe sous contrôle italien, le reste de l’empire colonial anglais en Afrique aux allemands, qui contrôlent aussi la Grande-Bretagne elle-même. Le Japon hérite de l’empire colonial britannique en Asie (et de la Chine), à l’exception de quelques possessions que les Texans se réservent, comme l’Australie (pour ses ressources minières). Les Antilles françaises et anglaises reviennent aux CSA, pour les remercier de leur aide en Europe et en Afrique. La majorité du territoire des USA leur est également attribuée.

Guerre Froide, révoltes coloniales

Tous les empires majeurs développent à leur tour la bombe A dans les années cinquante, tandis que le Texas fait exploser la première bombe H en 1951. FSA, CSA et République du Rio Grande commencent à se regarder en chiens de faïence, sentant bien que la prochaine étape logique est de déterminer qui sera le maître absolu de l’Amérique du Nord et centrale (le Brésil a conquis l’intégralité de l’Amérique du Sud, à l’exception de l’Argentine, qui accueille énormément de réfugiés et surtout d’anciens militaires et savants français et anglais : elle survit à une éventuelle invasion grâce à une mise au point très précoce de l’arme atomique, dès 1946). De même, l’Allemagne se méfie du Texas, les tsaristes des Japonais, et ces derniers voudraient chasser les FSA du Pacifique et d’Asie et s’emparer de leurs ressources naturelles. En 1988, le présent local de cette ligne temporelle, la dissuasion nucléaire a empêché une Troisième Guerre mondiale apocalyptique, mais pour combien de temps encore ?

Ne pouvant plus exercer leur expansionnisme et leur impérialisme sur Terre, les grandes puissances l’ont déplacé dans l’espace : leur conquête spatiale est nettement plus vigoureuse (et militarisée) que dans notre Histoire. En 1988, elles ont une colonie sur la Lune et des bases sur Mars, et le Texas commence à réfléchir à l’exploitation minière industrielle des astéroïdes.

Du fait de leur expansion territoriale faramineuse, ces empires sont soumis à des révoltes et des tentatives de révolution locales incessantes (notamment dans les Amériques et en Afrique : imaginez la guerre du Vietnam, mais dans les jungles d’Amérique centrale, du sud et d’Afrique équatoriale…), sans parler de mouvements officiellement qualifiés de terroristes mais qui, dans certains cas, sont des cellules de Résistance qui n’ont jamais abandonné le combat depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les populations non-blanches sont réduites en esclavage par les pays qui sont encore esclavagistes, guère mieux traitées par les autres. La politique de gestion coloniale japonaise restant d’une cruauté inégalée. Les camps de concentration pour dissidents ou d’extermination pour certaines autres ethnies, religions ou orientations sexuelles sont légion, principalement dans les CSA, FSA et les empires coloniaux allemand et japonais. Combien de temps de tels mastodontes territoriaux pourront ils subsister sans s’effondrer sous leur propre poids, dans un sanglant épisode décolonial ?

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25 réflexions sur “Dans la spirale uchronique : Morelos, 1840 ap. J.-C.

    • Cela reste un territoire largement plus vaste que celui des nations européennes. Et justement, les impérialismes, le colonialisme, l’esclavagisme, les guerres et le racisme supérieurs à notre version de l’Histoire peuvent inciter d’autres types de populations à fuir vers les USA : abolitionistes cubains, réfugiés mexicains ou de la République du Yucatan quand ces nations disparaissent, esclaves des CSA / du Texas en fuite, etc.

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    • Concernant l’Amérique du Nord. J’ai imaginé ce brouillon.

      Lors de la guerre de Crimée, en été 1854, la Royal Navy s’empare des quelques colonies de l’Alaska russe (ce qui a failli arrivé IRL, il semble que la météo puis le désintérêt de Londres ait fait annulé ce coup de main). Lors du traité de Paris de 1856, l’Empire russe consent a la perte de ce territoire ayant moins de 3000 sujets russes qu’il ne peut défendre contre un dédommagement. Rattaché au Canada britannique, des cartographes envoyé par l’administration du Territoire du Nord-Ouest découvrent les gisements d’or a Nome en 1870 déclenchant une vaste ruée vers l’or supérieure à celle de la Ruée vers l’or du Fraser en 1858 transformant des entreprises minières éphémères en entreprises pérennes qui enverrons des géologues explorer cette vaste région de manière rigoureuse. Les précurseurs de ce qui deviendra la police montée y entreront dans la légende en y faisant régner l’ordre dans des conditions très difficiles et évitant que les migrants ne subissent l’insécurité du Far-west. Les découvertes des gisements d’or du Klondike vers 1881, des vastes mines de charbon puis l’exploitation des champs pétrolifères dans les décennies qui suivent font de la côte Pacifique une importante région industrielle attirant une partie des migrants tentant leur chance en Amérique. L’accroissement démographique est très important, Vancouver en 1900 dépasse les 100 000 habitants tandis que le Canada dépasse les 7 millions de citoyens (5,3 millions IRL) L’effort de guerre durant le Premier Conflit mondiale multiplie le nombre d’usines dans le pays des l’hiver 1914. De nombreux ouvriers des États-Unis traversent la frontière pour y travailler, les conditions de travail avec des syndicats respectés y étant meilleurs que chez eux.
      Durant l’entre-deux-guerres, l’industrie canadienne continue son expansion et noué des liens étroits avec son principal marché au sud de la frontière. La crise économique de 1929 touche fortement le Canada, mais l’accession au pouvoir du parti nazi fait qu’une partie de la migration des juifs allemands s’installe dans ce pays. Les inquiétudes de ceux ci sont prit aux sérieux par les responsables canadiens. Le réarmement démarre dès 1935, en collaboration avec la métropole britannique, les deux premiers porte-avions canadiens sont mis sur cale en même que les premiers de la classe Illustrious en Grande-Bretagne en 1937. L’US Navy qui tique de voir sa voisine disposé de tels bâtiments parvient à ajouter un porte-avions de plus au plan de réarmement de Roosevelt.

      Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939, le Canada parvient à assurer sa part de l’escorte des convois a travers l’Atlantique, et lance aussitôt la construction de deux autres porte-avions. Le Corps Canadien envoie 2 divisions aux côtés de la BEF, mais ils seront refoulés par les forces allemandes, les navires canadiens rallier aux britanniques et aux français parviennent à évacuer 355 000 soldats alliés de Dunkerque.

      Le programme britanniques Tube Alloys concernant l’arme atomique voit le Laboratoire de Montréal fondé début 1941 après le début de la construction en 1939 d’un réacteur au graphique par Georges Laurent devenir un important pilier de la recherche nucléaire.

      L’attaque de Pearl Harbor voit le Canada confronté à un nouvel adversaire. Les deux porte-avions entrant en service début 1940 sont transférés début 1942 dans le Pacifique.
      Alors que la bataille de Midway voit en juin 1942 la déroute de la flotte japonaise perdant 4 porte-avions, l’attaque sur les Aléoutiennes est aussi un échec cuisant. Les japonais ont sous-estimé la jeune marine canadienne et sont surpris lorsque les pilotes de l’aéronavale et les patrouilles de reconnaissance d’hydravions parviennent au prix de très lourdes pertes et d’un Illustrouis a coulé les deux portes-avions nippons engagés dans l’affaire et une grande part des navires de transport.

      La perte de la moitié de leur force aéronavale en moins de semaine à frappé de stupeur l’état-major japonais. Les politiciens réalistes sachant le rapport de force de force entre les Alliés et l’Empire du Soleil Soleil parviennent avec l’aide de l’amiral Yamamoto a déposé Hideki Tōjō en août 1942. Des négociations sont entamés avec les occidentaux et le KMT qui, malgré leurs réticences, actent pour un statu quo ante bellum. Les forces japonaises en Chine se replient en Mandchourie. Staline est a la foi soulager de voir s’évanouir totalement le risque d’un second front et frustré de n’avoir pas l’opportunité de grappiller du terrain en Asie du Nord Est. Un cessez-le-feu est signé pour le théâtre d’Asie Pacifique le 1er septembre 1942.

      L’attention des alliés est toute entière portés sur l’Europe. Hitler et Mussolini sont choqués de voir le second front distrayant les Alliés se refermer aussi vite alors que l’invasion de l’URSS ne se passe pas exactement comme prévu.

      Les nouvelles divisions de Marines mises sur pied font leur baptême du feu en Méditerranée, Sicile en mars 1943, Sardaigne, Crête, Corse tombent en quelques semaines. Un débarquement a Anzio sous le commandement fougueux de Patton permet la chute de Rome le 6 juin 1943 alors que que Mussolini tentant de s’échapper aux troupes de Pietro Badoglio nommé premier ministre de l’Italie est capturé par le 1er détachement du service spécial américano-canadien par hasard le lendemain.

      Le débarquement de Provence en février 1944 puis celui de Normandie en avril 1944 débutent la phase finale de la guerre en Europe de l’ouest. La 1ere armée canadienne regroupant 250 000 h, avec des blindés britanniques et américains construit sous licence au Canada, appui efficacement les offensives alliés et pénètre dans la Rhur en janvier 45 après avoir repousser les contre-offensives en Belgique.

      Hitler devenu totalement irrationnel n’est plus écouté par ses proches, la résistance allemande s’effondre. Les avant gardes alliés sont a Prague et aux portes de Berlin fin février 1945. Hitler se suicide le 8 mars, et des le 10 son successeur capitule pour éviter que l’armée rouge ne pénètre plus en Allemagne.

      Si le Canada avec ses 20 millions d’habitants en 1945 (12 millions IRL) ne peut être être considéré comme un des Cinq Grands à la nouvelle Organisation des Nations Unies avec un siège permanent au conseil de sécurité, elle obtient plusieurs postes clés dans l’organigramme de cette dernière.

      Le programme Manhattan fit explosé Gadget, la première bombe A, le 1er mai 1945. Cette essai fut retransmis par radio et les premières télévision, décision prise par Truman, alors que les relations avec Staline commence se dégrader.

      Les anglo-canadiens ferons leur premier essai atomique commun en Australie le 3 février 1952. Ottawa décidant d’avoir sa propre force de frappe, l’aviation canadiens s’équipe de V Bombers a rayon d’action intercontinental fabriqué sous licence permettant à l’industrie aéronautique canadienne de se développer.

      Si le Avro Canada CF-105 Arrow fut un formidable intercepteur, son coût élevé et son manque de polyvalence ne lui permit pas d’être exporté dans les années 1960.

      Mais sa réalisation malgré les demandes discrètes de son puissant voisin du sud permit à ses entreprises Canadair et De Havilland de participer aux programmes de supersoniques civils et militaires respectivement américains et européens.

      En 2022, le Canada et ses 50 millions d’habitants sont là 8e puissance économique mondiale juste en dessous de la France.

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    • Ah oui, en effet. Merci ! Il y aura (au moins) une autre uchronie centrée sur la survie de la Confédération, mais avec un point de divergence complètement différent (peut-être celle d’octobre, je n’ai pas encore décidé, j’ai plein d’idées). Celles d’août et septembre sont déjà écrites, moins dystopiques, moins longues et moins détaillées aussi. Celle d’août est romaine, celle de septembre centrée sur une colonisation de l’Amérique par les vikings et les saxons.

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  1. Ébouriffant !
    Merci pour ce coup d’œil jeté sur un autre possible, ça donne vraiment envie de lire un tel potentiel roman : achat day 1 en librairie !!!
    Il y a effectivement de quoi faire, les conséquences en cascade sont sans limite, j’espère que cela inspirera un auteur 😀

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    • Le fief des Kennedy étant le Massachussets, territoire de l’Union, on peut imaginer qu’au maximum en 1944 (capitulation et dépeçage des USA), et probablement avant, ils aient émigré ailleurs (en Allemagne, par exemple), avec ce qu’ils auront pu sauver de leur fortune, Donc JFK ne peut pas être président en 63, et n’est en conséquence pas assassiné.

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    • Non. Le but est au contraire de proposer des uchronies qui auraient pu (de façon réaliste), voire dans certains dû, survenir, puis d’examiner leurs conséquences de la façon la plus sérieuse possible en tenant compte des facteurs géopolitiques, stratégiques, commerciaux, religieux, etc., de l’époque de la divergence.
      Après, ce qui pourrait arriver, mais de façon extrêmement minoritaire (parce que les conséquences sont forcément à très long terme, et donc très imprévisibles), c’est que je réfléchisse à des uchronies dont le point de divergence se situe dans un très lointain passé (des millénaires, des dizaines de millénaires, voire des millions d’années), et dont les causes sont principalement géologiques. Dans le genre une absence de submersion du Doggerland ou du bassin méditerranéen. Mais il est bien plus probable que ça finisse dans l’Apophis Box que dans Graines d’irréalité. D’autant plus que d’autres ont déjà écrit avec brio sur ça (Stephen Baxter, Harry Turtledove, P.J. Farmer, etc.).

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  2. C’est noté. Dans ce cas j’imagine volontiers, loin dans la préhistoire, un accroissement du niveau de la mer moindre qui aurait permis à l’Australie un peuplement plus important via le détroit de Torres qui aurait été praticable à pied plus longtemps. Contrecoup de ce peuplement plus important, les échanges culturels – et donc technologiques – s’intensifient et permettent aux ancêtres des aborigènes d’avoir un coup d’avance : découverte et maîtrise du feu précoce, de même pour le propulseur, etc. Des pas en avant favorisés par un climat et une végétation alors nettement plus favorables que maintenant et qui aident la population à se multiplier aisément.
    Autant d’avantages qui les incitent à se diffuser dans les grandes iles de l’océan indien et celles à sa lisière.
    Un mouvement qui s’intensifie en s’étendant au cours des millénaires sur le continent asiatique. Puis un évènement change la donne à l’orée de l’antiquité : la découverte de la métallurgie. A ce moment là les Australiens sont à la porte de l’empire de Chine. Et la deux scenarii sont possibles : l’affrontement, sachant que l’empire chinois est déjà en proie à des attaques de barbares du Nord, qui risque d’entrainer son effondrement ou la collaboration via des échanges commerciaux. En effet, l’Australie étant un pays riches en minerais elle peut proposer du troc avec les chinois contre de la poudre, entre autres.
    Dans les deux cas les routes de soie sont irréversiblement réorientées vers l’Australie. Ce qui permet de redéfinir à l’envie ses conséquences sur l’Orient, le Moyen Orient et même l’Europe.

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  3. Pourquoi avoir choisi de Gaulle comme dictateur plutôt que Pétain ? On voit Pétain plus facilement comme le méchant de l’histoire, et c’est vrai que ses politiques étaient quand même un peu plus hardcore (loin de moi l’idée de défendre tout ce que de Gaulle a fait). Est-ce que c’est parce que Pétain avait moins de rêves de grandeur pour la France ?

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