La voie du sabre – BD – T1 – Les cendres de l’enfance

Une adaptation particulièrement réussie

Les cendres de l’enfance est la première d’une série (achevée) de trois BD adaptant le roman La voie du sabre de Thomas Day, sans conteste le chef-d’œuvre de l’auteur. Signalons que celui-ci ne signe que la préface de l’ouvrage, pas son scénario comme il l’a fait dans d’autres BD. Toutefois, l’adaptation est, de mon point de vue, extrêmement fidèle, et le texte des bulles extrêmement bien écrit, ce qui fait que le lecteur n’y perd pas au change et que notre bon Gilles Dumay n’a pas, non plus, de motifs d’insatisfaction ou de regret à avoir.

Curieusement, alors que la couverture de plus en plus de BD, souvent signée par un dessinateur différent de celui qui s’est occupé des planches, est plus réussie que ces dernières, dans le cas de ces cendres de l’enfance, sans qu’elle soit catastrophique, je trouve qu’elle ne rend pas totalement justice au contenu. Même si celui-ci est inégal du fait d’une certaine particularité (nous en reparlerons).

En fin de compte, je sors de ce premier tome (presque) totalement enthousiasmé, et je lirai à coup sûr les deux autres.

Thomas Day et le graphisme

Dans sa préface, Thomas Day souligne la façon dont le visuel (mangas, anime, films) a irrigué sa littérature, ce que toute personne ayant lu la plupart de ses romans ou nouvelles (ou le Bifrost 100 consacré à l’auteur) savait déjà. Il suffit aussi de le suivre sur internet pour voir que c’est un cinéphile passionné, et qu’aujourd’hui, il chronique presque plus de séries et de longs-métrages que de romans. Enfin, cela explique sans aucun doute le fait qu’il se soit lancé, depuis quelques années, dans une carrière parallèle de scénariste de BD ayant très souvent reçu un excellent accueil critique (il faut dire que le bougre a de sacrés amis -et certaines de mes idoles d’adolescence-, Olivier Ledroit, Guillaume Sorel et Aurélien Police).

Le corollaire est qu’avant d’être écrit, La voie du sabre est un roman qui a visiblement été pensé en termes visuels et qui, de fait, regorge de scènes frappantes, comme un tigre sculpté dans une gerbe de sang par le samouraï hors-normes qui est au centre de l’histoire. Il ne fallait donc pas se planter dans le choix du dessinateur, car si ce genre de scènes était raté, l’adaptation n’aurait pas pu être considérée comme de qualité ou réussie, quelle que soit, par ailleurs, la qualité du scénario ou du texte.

Dessin

Je ne reviens pas sur la couverture, mais je vais plutôt parler des planches intérieures elles-mêmes. La plupart sont l’œuvre de Federico Ferniani, qui non seulement a livré un travail qui, sur le pur plan esthétique, est (de mon point de vue, du moins) de toute beauté (certains dessins tutoient le sublime, franchement, cf l’extrait ci-contre –cliquez ici pour avoir un aperçu grand format), mais qui, plus que ça, a su capter l’essence du roman sur lequel cette adaptation est basée. Non seulement les scènes ou décors (je pense au village flottant) emblématiques sont parfaitement en accord avec la vision que j’en avais, mais graphiquement, ils en imposent. Le design (le visage, particulièrement) de Musashi est très expressif et réaliste et a su capter les particularités (comme les tatouages) et le côté sauvage du personnage tel qu’il se dégage dans le livre. De même, vu l’importance des combats et de l’érotisme dans ce dernier, il convenait de représenter correctement le dynamisme et le côté sanglant des premiers, ainsi que la sensualité de Musashi et des femmes qui l’entourent, et cela a été réalisé avec brio. Rien à dire, donc, sur le travail de Ferniani.

Le seul petit souci que j’ai eu sur le plan graphique est, outre des couleurs un peu fades à mon goût (mais c’est peut-être très personnel, puisque c’est un défaut que je trouve à énormément de BD, pas seulement celle-là), le fait que deux flashbacks racontant deux légendes aient été confiés à deux autres dessinateurs. Et sans parler de catastrophe, là encore (ceci étant, j’ai nettement plus apprécié le premier que le second), leur travail n’est ni dans le même style, ni de la même qualité que celui de Ferniani. De toute façon, le simple fait que 1 BD = 3 styles différents me pose déjà un problème à la base. Pas de quoi m’empêcher de lire la suite, mais je trouve la chose un peu dommage, pour ma part.

Texte et adaptation

L’adaptation est, on l’a vu, réussie (majoritairement) sur le plan graphique. Elle l’est aussi sur le plan scénaristique et stylistique : d’une part, le scénario a su capter l’essence du roman, et en a donc extrait les scènes les plus pertinentes et indispensables, ainsi que la morale qu’il fallait en retenir, les dialogues ou concepts d’importance (et ceux-ci sont capitaux : le roman d’origine est avant tout une gigantesque leçon de vie caractérisée par la profondeur des dits concepts, et il ne fallait pas raboter les angles de la chose). Aucun oubli ou choix contestable sur ce plan, donc. J’en profite pour préciser que ce tome 1 couvre la partie de La voie du sabre s’étendant du début du livre à la fin de l’attaque du village flottant. De même, nul besoin d’avoir lu ledit livre pour saisir l’histoire, la BD se suffit à elle-même.

La cerise sur le gâteau est la qualité du texte compris dans les bulles : La voie du sabre est un roman exceptionnel émanant d’un auteur au talent insolent et qui, au moment de sa rédaction, était réellement en état de grâce. Là aussi, la qualité de l’adaptation / du scénario était une chose, mais il fallait aussi tourner ses phrases de façon plaisante. Et justement, le scénariste, Mathieu Mariolle, s’en est excellement tiré, livrant un texte fort plaisant à lire.

En fin de compte, Les cendres de l’enfance est une ouverture particulièrement réussie pour une trilogie de BD adaptant fort bien le magistral La voie du sabre de Thomas Day, et on espère que les deux tomes suivants seront à la hauteur, car la barre a été placée très haut !

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez avoir un deuxième avis sur cette BD, je vous recommande la lecture des critiques suivantes : celle des Portes du multivers, celle d’Elbakin, celle de Boudicca,

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4 réflexions sur “La voie du sabre – BD – T1 – Les cendres de l’enfance

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