Dans la boucle temporelle – itération 6 : juin 2016

Lorsqu’un blog dépasse un certain nombre d’années d’existence et / ou d’articles, et à la condition que de nouveaux abonnés rejoignent sans cesse les rangs de sa communauté, il devient de moins en moins probable que les critiques et articles les plus anciens soient lus. Tout le monde n’a malheureusement pas le temps, ou l’envie, de se replonger dans les archives, sans compter qu’il peut être décourageant de débarquer sur un site qui compte des centaines de posts et de ne pas savoir par quelle voie attaquer cette montagne. Dans la boucle temporelle est une série d’articles conçue pour guider les nouveaux venus dans la masse de chroniques et autres articles de fond du blog, leur indiquant ce qu’ils devraient lire en priorité, remettant en lumière des posts oubliés mais potentiellement intéressants. Charge aux aponautes, ensuite, d’explorer les différents menus du blog pour lire le reste. Mais pour faire court, c’est bel et bien d’une sorte de résumé, en forme de best of, de ce qui s’est déroulé de plus marquant dans les précédentes « saisons » (comme on dirait si le blog était une série télévisée) de l’histoire du Culte.

Le concept étant lancé dans le sillage du quatrième anniversaire du blog, en janvier 2020, chacun des « épisodes », appelés itérations, de cette série d’articles remonte de quatre ans en arrière, mettant en lumière en moyenne trois articles du mois concerné (si un mois a été exceptionnellement prolifique et qu’un autre n’est pas spécialement riche en chroniques à remettre absolument en avant, la règle « 4 ans en arrière, mois à mois » peut éventuellement être outrepassée). Ainsi, en ce mois de juin 2020, nous allons nous re-pencher sur ceux de juin 2016. La présentation des articles s’accompagnera aussi d’un petit commentaire replaçant, parfois, ces posts dans le cadre plus général de l’histoire du blog.

Vous pouvez retrouver toutes les itérations sur cette page ou via ce tag.

Juin 2016 est le mois où je décide d’améliorer la communication du blog en lançant sa propre page Facebook. J’en profite d’ailleurs pour vous signaler que quatre ans plus tard, je suis désormais bien plus actif sur Twitter que sur Facebook, où je me contente de poster les avis de sortie des nouveaux articles et des critiques.

Outre les tomes 2 ou 3 de divers cycles ou des lectures sur lesquelles il n’est pas franchement nécessaire de revenir tant elles se sont révélées être d’un intérêt limité, je vais vous reparler de trois romans qui, pour différentes raisons, ont été plus marquants :

Les mensonges de Locke Lamora – Scott Lynch

locke_lamora_nedEn 2006, un auteur de 28 ans originaire du Minnesota publie un roman qui va faire l’effet d’un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages : il s’agit des Mensonges de Locke Lamora, le premier tome d’une… heptalogie. Triomphe critique, raz-de-marée commercial (notamment en Grande-Bretagne) la Fantasy de voleurs en col blanc opérant dans la pseudo-Venise d’un monde imaginaire de Scott Lynch est un tel phénomène qu’elle finit traduite en une quinzaine de langues. La suite, Des horizons rouge sang, est publiée en anglais l’année suivante, et est pratiquement d’aussi bonne qualité, ce qui est remarquable vu qu’elle ne bénéficie plus de l’effet de surprise du tome 1. Et là, comme ils disent dans les émissions à forte dramaturgie de TF1 et de la TNT, c’est le drame. Lynch met six ans pour sortir le tome 3, La république des voleurs (dont je devais vous reparler ce mois-ci mais qui a été victime -en raison de sa longueur, essentiellement- des reports de sortie de nouveautés générés par la crise sanitaire actuelle, et dont je ne vous proposerai donc la critique qu’en 2021), et le moins que l’on puisse dire, c’est que la réception est, cette fois, nettement plus mitigée. Au moment où je rédige ces lignes, le tome 4, The thorn of Emberlain, est annoncé (en VO) par les divers sites majeurs, marchands ou non, pour l’automne 2021, voire l’été… 2022, ce qui ferait donc, dans ce dernier cas, un écart de neuf ans entre deux tomes. À ce stade, même Patrick Rothfuss dit « respect ! ». Autant dire que les plans initiaux de l’auteur, qui prévoyait une seconde heptalogie après la première, relèvent désormais de l’utopie.

Quoi qu’il soit, si l’on met à part un tome 3 en-dessous de ses deux prédécesseurs et un tome 4 qui se fait désirer (au moins est-on sûr qu’il existe, puisque Lynch a rendu un manuscrit à son éditeur anglo-saxon en fin d’année dernière), je vous conseille vraiment de lire Les mensonges de Locke Lamora, qui demeure un roman absolument formidable, aux personnages hautement attachants et à l’écriture ciselée.

Qushmarrah – Glen Cook

QushmarrahEn exagérant un peu, « tout le monde » dans le lectorat SFFF connaît Glen Cook pour son cycle de La compagnie noire. Si vous posez la question à quelqu’un d’un peu plus versé dans les arcanes du domaine, il vous parlera probablement aussi du cycle Garrett, détective privé (dans un monde de Fantasy !), voire de Le dragon ne dort jamais, qui relève, lui, de la SF (et Cook en a plus écrit qu’on ne le croit en général). Quelqu’un de vraiment pointu (ou qui lit studieusement le Culte) mentionnera aussi Les instrumentalités de la nuit, un de ces Everest littéraires dont je vous parlais récemment dans ma critique d’Autrefois les ténèbres, et dont je vous proposerai la critique du premier tome en août (à condition que les reports de dates de sortie des nouveautés anglo-saxonnes se calment cinq minutes…). Mais combien vous citeront Qushmarrah (sous-titré : Le prix de la liberté), son stand-alone de Fantasy Historique inspiré par Carthage, pourtant un livre absolument passionnant et de grande qualité (même si exigeant) ? Pas grand-monde, à priori. Et pourtant, cette oeuvre n’a rien à envier à celles du maître du genre, Guy Gavriel Kay !

Pour en savoir plus, je vous invite à lire ma critique complète.

L’automate de Nuremberg – Thomas Day

automate_nurembergLe dernier mais non des moindres, parlons maintenant de Thomas Day, pseudonyme de mon estimé éditeur, Gilles Dumay, qui aura l’insigne honneur de faire l’objet du dossier du numéro 100 de Bifrost. En juin 2016, j’ai lu son court roman de Steampunk L’automate de Nuremberg, qui m’a presque réconcilié avec un genre (je le considère comme tel dans ma taxonomie de l’imaginaire) pour lequel je n’ai qu’une affinité très relative. Et en juin et juillet 2020, je vais lire ou relire cinq romans du camarade Dumay, ma contribution au dossier dudit numéro anniversaire.

Habile mélange d’éléments et de personnages réels et imaginaires, thématiquement riche, stylistiquement pertinente, cette histoire d’IA en… 1824 est tout à fait passionnante, et mérite que vous y jetiez un coup d’œil, surtout au prix ridicule (deux misérables euros : on ne peut pas dire que le camarade Dumay mange du caviar à la louche sur votre dos !) auquel on trouve l’ouvrage. Si vous souhaitez en savoir plus (tsss, c’est du Thomas Day, vous devriez acheter ça les yeux fermés !), ma critique est à votre disposition.

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20 réflexions sur “Dans la boucle temporelle – itération 6 : juin 2016

  1. J’ai lu que Scott Lynch souffrait d’une profonde dépression et que c’est pour ça que les tomes paraissaient si lentement. J’ai acheté le tome 1 mais ça me gonfle profondément d’attendre tant de temps entre 2 tomes. Du coup, je ne l’ai pas encore lu.
    Je me note le Glenn Gook. Merci pour cette boucle temporelle.

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  2. Je n’ai lu que le Lynch, mais les deux autres me tentent (très) fortement.
    Super info pour le dossier GD/TD, j’a cru comprendre qu’une nouvelle inédite serait au sommaire du Bifrost ? Il m’a conseillé lui-même Le Trône d’ébène, mais en version « augmentée », celle de FolioSF.

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