Après la Révolution, la Terreur !
The price of valour est le troisième roman du cycle The shadow campaigns, par Django Wexler, après Les Mille noms et The shadow throne. L’auteur a annoncé que la saga se terminerait avec le tome 5, prévu pour Janvier 2018. On a tendance à mettre en avant l’aspect Napoléonien de la Flintlock Fantasy, en oubliant un peu vite qu’il s’agit aussi d’une Fantasy se passant souvent au cours de la Révolution ou juste après (comme dans le tome 2 ou dans La promesse du sang de Brian McClellan). Dans le cas du livre qui nous occupe aujourd’hui, la Révolution est terminée, et cette fois, l’auteur fait une allégorie de la Terreur et de la tyrannie de Robespierre. Cependant, ce roman est assez différent de son prédécesseur, car il laisse cette fois une place beaucoup plus importante à l’action purement militaire par rapport aux complots politiques.
Au final, ce tome 3 est encore un peu au-dessus du précédent, lui-même assez largement au-dessus d’un tome 1 déjà fort sympathique. J’ai envie de dire que si le cycle des Poudremages reste, pour le moment, ma référence absolue en matière de Flintlock Fantasy, The shadow campaigns est en revanche, plus spécifiquement, un modèle de description d’une Révolution et de ses conséquences dans un cadre fantastique et imaginaire. On est en tout cas loin des Seigneurs de Bohen ! Continuer à lire « The price of valour – Django Wexler »
Ed McDonald est un auteur anglais, dont Blackwing est à la fois le premier roman et le tome d’ouverture d’un cycle appelé Raven’s Mark (les livres paraîtront à raison d’un par an). Comme nombre de sorties anglo-saxonnes récentes, il se place aux avant-postes des nouvelles formes émergentes de la Fantasy dont je vous parlais dans
Bon, bon, bon. Que se passe-t’il lorsqu’une auteure anglaise dont le pseudo sur Twitter est queenofgrimdark, qui a été publiée dans deux numéros de Grimdark magazine, et dont certains des auteurs préférés sont R. Scott Bakker, Daniel Polansky et Steven Erikson décide d’écrire un roman ? Eh bien elle écrit du Grimdark. Étonnant, non ? Certains d’entre vous vont alors me répondre : mais c’est quoi cette bête là ? C’est simple : le Grimdark (ou grim & gritty) est à la Dark Fantasy « normale » ce que cette dernière est au tout venant de la Fantasy. Bref plus noire, plus violente, plus explicite, plus lugubre, et ainsi de suite. Ajoutez à cela des complots politiques dans deux royaumes différents que ne renierait pas G.R.R. Martin, et vous penserez avoir cerné le sujet et l’atmosphère de ce livre.
Si vous suivez ce blog, vous savez que je fais partie de ces lecteurs de longue date / ces gros lecteurs qui ont depuis un moment laissé tomber la High Fantasy, ses prophéties et ses héros / héroïnes destiné(e)s à sauver le monde. Question de répétitivité de ce sous-genre, de manichéisme et de pauvreté des intrigues, de simplicité relative de la psychologie des personnages, surtout par rapport à la Dark Fantasy. Ne croyant plus à un renouvellement du genre, je me suis tourné vers des formes émergentes, plus novatrices et dynamiques, comme la Flintlock ou la Colonial Fantasy. Eh bien il faut croire que de l’autre côté de l’océan Atlantique, le Grand Esprit a entendu ma prière muette, et qu’il a missionné le dénommé David Mealing. En effet, celui-ci nous propose ce que l’on pourrait appeler une High Fantasy 2.0, ou, pour être vraiment très précis, une High Flintlock / Colonial Fantasy (oui, j’invente des sous-genres maintenant, je n’ai plus de limites, mouahaha !). Car pourquoi proposer un sauveur du monde lorsqu’on vous pouvez en proposer trois (et autant de formes de magie différentes !), pourquoi se restreindre à du médiéval-fantastique lorsque vous pouvez mélanger des tomahawks, de la sorcellerie et des canons, et enfin pourquoi modeler votre contexte et intrigue sur la Révolution française lorsque vous pouvez mélanger cette dernière avec son équivalent américain, dans un cadre qui rappelle la colonisation anglaise et française du continent et la Guerre de Sept Ans ?
Michael Johnston est un auteur américain vivant à Los Angeles. Cet architecte, qui a également étudié l’Histoire, a vu le germe d’une idée naître lors d’une conférence consacrée à l’Égypte antique. Ce passionné de Fantasy et de SF, natif de Cleveland, a vu cette idée croître lorsqu’il a déménagé en Californie et visité pour la première fois le désert. Il a mis un terme à son activité professionnelle pour se consacrer à l’écriture de son premier roman (en solo, puisque il en a co-écrit deux autres), Soleri, qui a pour ambition de mêler Fantasy, Égypte et décisions politiques tragiques inspirées par Le Roi Lear (décidément à la mode en SFFF puisque la pièce jouait aussi un rôle dans le récent Station Eleven). Ambitieux, n’est-ce pas ? D’autant plus que vu l’énorme densité d’intrigues de cour, de complots et de mystère, le côté impitoyable de la chose, et l’inspiration adossée à un classique (Shakespeare ici, Maurice Druon chez Martin), difficile de ne pas faire la comparaison avec le Trône de fer (surtout avec des expressions du genre « The horned throne »).
From the editorial page of the Falchester Weekly Review est une courte nouvelle (13 pages seulement, en anglais) qui s’insère entre les tomes 3 et 4 des Mémoires de Lady Trent (sur Goodreads, elle est classée « tome 3.5 »). Ou, plus précisément, elle commence juste un peu avant la fin du Voyage du Basilic et avant le début de In the labyrinth of drakes (Isabelle ne mentionne pas un certain titre acquis à la toute fin du tome 3).
N.K. Jemisin est une auteure américaine originaire de l’Iowa. Elle a obtenu le prix Locus pour son premier roman, Les cent mille royaumes, en 2011, et surtout le Hugo 2016 pour La cinquième saison, à paraître en septembre et dont j’aurai l’occasion de vous reparler en détails. C’est également une critique de SFFF (féroce, notamment dans les colonnes du New York Times) et une diplômée de l’atelier d’écriture Viable Paradise, qui, que ce soit au niveau des étudiants ou des professeurs, a vu passer bien des noms prestigieux, comme Elizabeth Bear, John Scalzi, Steven Brust ou Scott Lynch.
En plus des trois romans du cycle des Poudremages, Brian McClellan a aussi publié 9 nouvelles, toutes sauf une (Return to Honor, dont l’intrigue prend place entre les deux premiers tomes) se déroulant avant les événements décrits dans
Si vous lisez en VO, vous savez peut-être que de plus en plus d’auteurs publient des nouvelles (voire des novellas / romans courts) se situant avant le tome 1 de leurs cycles ou entre deux tomes. L’objectif (outre l’aspect commercial évident…) est souvent de donner plus de détails sur le background de certains personnages ou de détailler des événements qui n’ont été qu’effleurés dans les romans. Certains déplorent cette pratique, mais ce n’est pas mon cas, car elle permet de revenir à moindres frais et via des lectures courtes (chose que j’apprécie de plus en plus) dans un univers qu’on a aimé et sur lequel on veut en savoir plus. Ce que l’on peut par contre regretter est que ces textes ne franchissent quasiment jamais la barrière de la langue, le format court étant notoirement mal-aimé en France.
Nicholas Eames est un auteur canadien, natif et résident de l’Ontario. Grand admirateur de Guy Gavriel Kay (mais qui ne l’est pas ?), il se déclare aussi influencé par Scott Lynch et Joe Abercrombie (un gars bien, quoi !). Kings of the wyld est son premier roman, et également le tome 1 d’un cycle appelé The Band (patience, vous allez tout comprendre), son successeur étant attendu en 2018. Ce livre aurait pu être un enième opus de Fantasy parmi tant d’autres, mais il se trouve que le gaillard a eu une idée simple mais j’ose le dire géniale : grand fan de Led Zeppelin et de Spinal Tap, il a mis sur pied son univers à partir de l’idée que les aventuriers / mercenaires étaient structurés sur le modèle des groupes de rock, et adulés de la même façon.