Zémal – L’épée de feu – Javier Negrete

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Une belle écriture, mais un premier tome un peu creux (bien que prometteur)

zemalEn France, l’écrasante majorité de la SFFF que nous lisons provient de deux sources : l’édition en langue anglaise (américaine ou britannique pour l’essentiel), et la production francophone (Française, mais aussi belge, etc). Pourtant, certains éditeurs tentent de sortir des sentiers battus en nous proposant des auteurs venus d’autres horizons : on pense par exemple à Bragelonne (qui publie de la Fantasy allemande) ou à Fleuve Noir (avec Perry Rhodan), mais le champion toutes catégories de la publication d’auteurs ni-anglo-, ni franco-phones reste l’Atalante : d’auteurs allemands (comme Andreas Eschbach) à l’auteur espagnol (Javier Negrete) qui va nous occuper aujourd’hui, l’éditeur Nantais s’est fait une spécialité de dénicher des auteurs intéressants quel que soit le pays d’où ils puissent provenir (notez que cette tendance s’amplifie, tous éditeurs confondus, français ou autres, depuis quelques années, avec l’émergence d’auteurs indiens ou chinois, par exemple).

Javier Negrete, donc, est un auteur Madrilène qui a écrit dans un nombre ahurissant de genres : livres adultes et jeunesse / Young adult, SF, Fantasy, Fantastique, Uchronie, romans historiques et même… érotiques ! Zémal (l’épée de feu) est le premier volume d’un cycle, Chronique de Tramorée, qui en compte 4 (5 dans l’édition française, le quatrième étant divisé en deux livres). Mais avant tout, rendons à César… C’est à la suite de la lecture de l’excellente critique de la non-moins excellente Boudicca sur le Bibliocosme (un blog SFFF hautement recommandable) que je me suis intéressé à ce cycle (et également du fait de ses superbes couvertures, dans un style très Jeu de rôle -qui me rappelle celui de l’illustrateur des couvertures de Rolemaster– qui me « parle » beaucoup).  Lire la suite

Guerre et Dinosaures – Victor Milan

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Un univers mélangeant beaucoup trop d’influences, une narration un peu trop sur courant alternatif

dinosaur_warVictor Milan est un auteur américain très prolifique et adepte, comme son ami Daniel Hanover, de l’utilisation de pseudonymes. Il a rédigé plus de 100 romans, dont certains situés dans des univers partagés célèbres, comme ceux de Star Trek, des Royaumes Oubliés, Wild Cards (série de livres popularisée par G.R. R. Martin)  ou Battletech. Il écrit aussi bien de la science-fiction (orientée cyberpunk) que de la Fantasy. Le roman qui nous occupe aujourd’hui fait partie de ce dernier genre (du moins au premier abord : les choses sont en fait plus complexes) : c’est le premier d’une trilogie qui, à terme, pourrait être étendue à un second cycle de 3 romans, plus des textes courts. La sortie du second tome est prévue (en anglais) en juillet.

Comme le souligne la citation de  G.R.R. Martin sur la couverture, ce cycle peut être considéré comme « un croisement entre Jurassic Park et le Trône de Fer ». Mais est-on sur la qualité de ce dernier ? Vous et moi avons déjà rencontré ce genre de comparaison, par exemple sur Les Mille noms de Django Wexler, et à chaque fois elle s’est révélée peu pertinente, sinon grossièrement exagérée. Ne faisons pas durer le suspense : la réponse est non, nous sommes loin de la qualité de l’illustre cycle de G.R.R Martin.  Lire la suite

Kane – Intégrale 3 – Karl Edward Wagner

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Un ultime tome très inégal

Kane_3Troisième et dernier volume de l’intégrale des aventures de Kane ! Il comprend neuf nouvelles (plus une première version de Lynortis, qui se trouvait dans le Tome 2), un poème, un fragment de quatrième roman (12 pages seulement) et un article rédigé par Karl Edward Wagner en personne et consacré à son (anti)héros. La plupart de ces textes font 20-30 pages, sauf cinq d’entre eux, qui naviguent entre 70 et 130.

Particularités de ce tome 3 : Kane y vit des aventures dans notre monde moderne, et il rencontre un autre antihéros de Fantasy fameux : Elric en personne. De plus, cette fois, sept des neuf nouvelles étaient inédites en français au moment de la publication de l’ouvrage.

Mais voyons tout cela de plus près :  Lire la suite

Kane – Intégrale 2 – Karl Edward Wagner

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La sword & sorcery qu’aurait pu écrire… Lovecraft !

Kane 2

Je ne vais pas revenir sur les particularités du personnage, du cycle (et de sa place dans la Sword & Sorcery et plus généralement dans la Fantasy old-school) ou de l’univers, si vous voulez vous rafraîchir la mémoire, je vous invite à consulter ma critique du tome 1 de l’intégrale.

Après un excellent tome 1 (comprenant deux romans magistraux), ce second volet de l’intégrale des aventures de Kane allait-il être à la hauteur de son prédécesseur ? Il comprend le troisième et dernier roman complet du cycle, Le château d’outrenuit, ainsi que six nouvelles (dont deux frôlent les 70 pages). Nous allons les examiner tour à tour, avec à chaque fois un résumé ainsi que mon sentiment les concernant. Ce qu’on peut toutefois d’ores et déjà dire, c’est que Karl Edward Wagner est largement aussi à l’aise dans le format court des nouvelles que dans celui, long, des romans.  Lire la suite

Inexistence – David Zindell

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Un roman qui réussit l’exploit d’être à la fois le livre qui ressemble le plus et le moins à Dune, un incontournable de la SF Transhumaniste et de la Hard-SF

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Cette critique est dédiée à mon ami Renaud, grand admirateur de Dune et de Hard-SF s’il en est. 

Vous avez aimé Dune de Frank Herbert, voire même vous lui vouez un véritable culte et vous êtes à la recherche d’un autre livre qui lui ressemble sur de multiples aspects ? Ne cherchez plus (ou plutôt si, vous allez chercher longtemps, mais pour d’autres raisons ; voir plus loin).

Inexistence est le chef-d’oeuvre de David Zindell et le tome inaugural d’un cycle de quatre romans (dont deux ont été traduits en français, le second étant coupé en deux tomes). Gene Wolfe en personne a déclaré, au sujet de Zindell, qu’il était « un des plus grands talents qui étaient apparus depuis Kim Stanley Robinson et William Gibson, peut-être même le plus grand ». L’auteur américain n’écrit pas que de la SF, puisqu’il a aussi publié un cycle de Fantasy (intégralement traduit). Après un long silence de dix ans, il a sorti, en juillet 2017, un standalone, The idiot gods, consacré aux orques (les animaux, pas la race fantastique) et à leurs ennuis avec ces idiots d’humains.

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L’inspecteur Zhen et la traite des âmes – Liz Williams

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Un fond banal, une forme hautement exotique, et un très intéressant roman au final

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Quels sont les thèmes abordés dans le roman ?

  • Une enquête policière, ce qui est archi-banal.
  • La coopération entre deux flics de services / ethnies / états différents : idem, pensez au film Double détente par exemple, où un flic soviétique vient enquêter aux USA.
  • Le mariage inter-racial (archi-vu).
  • La traite des blanches (comme dans le film Taken, pas franchement du jamais-vu donc).
  • La mise au point d’une nouvelle drogue révolutionnaire (en matière de SF récente, de Dredd à Lucy, vous avez le choix de références…).
  • Les magouilles de tel ou tel ministère (déjà vu à de multiples reprises).

Bref, rien de nouveau sous le soleil, ce roman doit être peu intéressant êtes vous en train de vous dire… Sauf que… Lire la suite

L’abîme au-delà des rêves – Peter F. Hamilton

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Hamilton fait sa Révolution et nous livre son meilleur roman à ce jour

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Voilà une nouvelle production de Peter Hamilton extrêmement inhabituelle, qui défie les standards qu’il a lui-même établis. Jusque là, il nous a proposé soit des romans simples (Dragon Déchu, La Grande Route du Nord), soit des cycles complets, en général en trois volumes. Etant donné la taille de la totalité de ces romans, l’édition française les a le plus souvent coupés en deux tomes chacun (certains dépassent les 1000 pages en édition anglaise). Rien de tout cela ici. Ce nouveau cycle ne comptera que deux tomes en VO, et ce premier tome ne fait « que » 645 pages.

Il est donc évident, dès qu’on a fait ce constat, que Hamilton a changé quelque chose à son écriture. Jusqu’ici, il avait l’habitude, dans les grands cycles comme l’Aube de la Nuit, Pandore ou le Vide, de consacrer des chapitres entiers à présenter les protagonistes, la menace contre laquelle ils vont se battre et les lieux de l’action. Rien de tout cela ici, et ce pour deux raisons. D’abord, certains protagonistes (Nigel Sheldon et Paula Myo) sont déjà connus de ses fidèles lecteurs. Ensuite, pour les nouveaux personnages (ceux du vaisseau Brandt ou ceux de la planète Bienvenido), on les découvre désormais progressivement au travers de l’action. Et ça, mine de rien, c’est un changement colossal, car ça change complètement le rythme de l’action et du roman. Un Hamilton, jusqu’ici (à part à la rigueur Dragon Déchu), c’était le Boléro de Ravel, une lente mais inexorable montée en puissance du rythme et de l’action. Dans l’Abîme, ça ressemble plutôt à un morceau de Metallica, ça commence en mid-tempo et ça finit à 200 à l’heure. Lire la suite