Kane – Intégrale 3 – Karl Edward Wagner

Un ultime tome très inégal

Kane_3Troisième et dernier volume de l’intégrale des aventures de Kane ! Il comprend neuf nouvelles (plus une première version de Lynortis, qui se trouvait dans le Tome 2), un poème, un fragment de quatrième roman (12 pages seulement) et un article rédigé par Karl Edward Wagner en personne et consacré à son (anti)héros. La plupart de ces textes font 20-30 pages, sauf cinq d’entre eux, qui naviguent entre 70 et 130.

Particularités de ce tome 3 : Kane y vit des aventures dans notre monde moderne, et il rencontre un autre antihéros de Fantasy fameux : Elric en personne. De plus, cette fois, sept des neuf nouvelles étaient inédites en français au moment de la publication de l’ouvrage.

Mais voyons tout cela de plus près :  Continuer à lire « Kane – Intégrale 3 – Karl Edward Wagner »

Fimbulwinter – E. William Brown

(Fimbul)winter is coming !

fimbulwinterLe Fimbulwinter, dans la mythologie nordique, est le terrible hiver qui précède le Ragnarök, la fin du monde. Il dure trois ans, sans que la chaleur d’un été ne vienne réchauffer l’humanité. Durant cette funeste période, la guerre sera également omniprésente, et, selon l’expression consacrée, le frère y tuera le frère.

Il s’agit du premier des trois romans racontant les aventures de Daniel Black, terrien projeté dans un monde parallèle Fantasy par l’action d’une déesse grecque, qui lutte contre les dieux nordiques.

Si ce livre m’a intéressé, ce n’est pas parce que c’est un chef-d’oeuvre (vu que ça n’en est pas un, justement), ni pour l’aspect sexuel qui y est omniprésent, et encore moins pour sa couverture (la plus insipide et cheap de toute l’histoire des e-books, probablement) mais parce que j’avoue que la perspective de voir les anciens dieux s’affronter entre eux était pour moi particulièrement motivante. De plus, j’ai toujours montré beaucoup d’intérêt pour les histoires où un terrien moderne atterrit dans un monde de Fantasy. Continuer à lire « Fimbulwinter – E. William Brown »

Les dragons de Sa Majesté – Naomi Novik

Une uchronie de Fantasy solide et très intéressante, surtout pour du Young Adult

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Ce roman est le premier du cycle de Téméraire (du nom d’un des protagonistes), qui en compte huit à l’heure actuelle (le neuvième sortira -en anglais- en mai). Ils ont tous été traduits en français, et constituent, au moment où je rédige ces lignes, la quasi-totalité de l’œuvre de l’autrice en format long. Ce cycle est au carrefour de nombreux genres : c’est avant tout une Uchronie de Fantasy (voir mon article), mais il relève aussi, justement sur son volet Fantasy, du type militaire, de la Gaslamp Fantasy (cadre « victorien » -j’y reviendrai- sans les éléments rétro-futuristes du Steampunk) et de la Flintlock (il fait même partie des pionniers de cette famille émergente de romans).

Bien que son éditeur ne le vende pas comme tel (en France), il relève pourtant bel et bien du Young Adult, même si il est plutôt du « bon côté de la barrière » et est parfaitement lisible par un adulte, même ceux qui n’apprécient pas le YA comme votre serviteur (personnages et univers trop pauvres pour moi, dans l’écrasante majorité des cas). Ce qui explique que je vous propose cette critique, et que ce roman se retrouve dans mon Challenge 2016.

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Mage de guerre – Stephen Aryan

Relativement convenu dans sa première moitié, ce roman devient phé-no-mé-nal dans la seconde : un nouveau classique est né

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Ce roman, le premier d’une trilogie, a été publié chez nos amis anglo-saxons le 24 septembre… 2015. Oui, oui, vous avez bien lu, il y a à peine six mois ! Bragelonne en propose donc une traduction très peu de temps après sa sortie (on est très loin de certains chefs-d’oeuvre de la Fantasy, qui n’ont été publiés en France que bien des années après leur sortie anglaise ou américaine), et la sortie française du tome 2, dont la parution est prévue le 12 avril en Angleterre, est également inscrite au programme de l’éditeur pour le 29 juin 2016 ! On peut donc saluer le travail de l’éditeur et du traducteur et leur célérité !

Inutile, donc, de dire à quel point les gens de chez Bragelonne ont l’air de croire dur comme fer en ce roman. L’auteur anglais confesse une grande admiration pour (entre autres) David Gemmell, et une considérable influence de ce dernier sur sa propre oeuvre. Alors, est-ce un bon livre, l’élève s’est-il hissé à la hauteur de son illustre maître ? Je ne vais pas faire durer le suspense : oui, ce roman est une baffe monstrueuse (probablement, j’ose le dire, un nouveau classique), oui, Stephen Aryan s’est élevé bien haut, parfois plus haut que ses aînés (Erikson en tête, du moins sur un plan bien précis), mais non, ce livre n’est pas parfait, il y a certaines choses maladroites dedans (en même temps, c’est le premier roman de l’auteur, donc une certaine indulgence est de mise). Continuer à lire « Mage de guerre – Stephen Aryan »

La voie du dragon – Daniel Hanover

Le Trône de Fer rencontre The Expanse

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Ce roman est le premier d’un cycle (La dague et la fortune -car oui, malgré la couverture ci-contre, c’est le nom du cycle, pas du roman) qui en compte cinq en VO, les trois premiers ayant été traduits en français au moment où je rédige ces lignes. L’auteur ne vous évoque peut-être rien, et pourtant : c’est un des (nombreux) pseudonymes de Daniel Abraham, plus connu pour utiliser, avec Ty Franck, le pseudonyme commun de James S.A. Corey, l’auteur de The Expanse.

Mr Abraham est le scénariste des comics Game of Thrones, et il a co-écrit un roman (Le chasseur et son ombre) avec G.R.R. Martin. Vous ne serez donc pas surpris si l’univers de ce livre (ainsi qu’un des personnages principaux) présente des ressemblances avec celui du Trône de Fer. Importance passée des dragons, intrigues politiques et militaires intra- et inter-royaumes, présence de « Cités Libres », émergence d’une « nouvelle » religion très attachée à la vérité et la vertu, personnage ressemblant comme deux gouttes d’eau à Samwell Tarly, bien des choses sont là pour rappeler le cycle phare de G.R.R. Martin. Cependant, on retrouve aussi un élément typique de The Expanse : la narration. L’histoire est en effet contée du point de vue des trois personnages principaux et de trois personnages secondaires. Chaque chapitre adopte un unique point de vue, et on change de protagoniste de l’un à l’autre. Contrairement au Trône de Fer, qui adopte une narration similaire, il y a beaucoup moins de points de vue différents (sur les 47 chapitres du livre, 43 adoptent celui de seulement 4 personnages), et comme dans The Expanse, les routes des protagonistes, ou au moins leurs destins, vont finir par se croiser, s’éloigner ou se recroiser.

Alors, est-ce juste une pâle copie du Trône de Fer ou est-ce tout de même intéressant et original sur certains plans ?  Continuer à lire « La voie du dragon – Daniel Hanover »

La Compagnie Noire – Glen Cook

You’re in the Army now, oh oh, you’re in the Army, now*

Status Quo, 1986

black_company_1Ce roman de Glen Cook, sorti en 1984, inaugure le meta-cycle du même nom (divisé en trois cycles et 1 roman dérivé), qui compte dix volumes en anglais et 13 en français (toujours cette manie des éditeurs français de diviser tout ce qui dépasse un certain nombre de pages en deux tomes…). Il s’agit du roman 1 du cycle dit des Livres du Nord (qui en compte 3).

Il est considéré, et à juste titre, comme une référence absolue en matière de Dark Fantasy et de fantasy militaire, comme un roman très original par rapport à la fantasy de l’époque de sa parution, et comme un des grands livres du genre « gritty » (traduisez : terre-à-terre, réaliste, cynique, sans happy end, adulte, plein de sang et d’autres fluides corporels, et où aucun personnage n’est assuré de voir le début du tome suivant : outre Glen Cook, pensez aussi à Joe Abercrombie et évidemment à G.R.R. Martin).

Bien, mais qu’est-ce qui singularise donc à ce point ce roman du reste de la Fantasy ?  Continuer à lire « La Compagnie Noire – Glen Cook »

La chaîne des chiens – Steven Erikson

Une fin extraordinaire

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Malgré ce que la couverture de l’édition française affiche, il ne s’agit pas du tome III du cycle mais de la seconde partie du tome II de la VO. Nous l’appellerons donc tome 2.5. Si vous voulez vous rafraîchir la mémoire sur le tome 2.0, vous trouverez sa critique ici.

Ce qui frappe immédiatement, c’est la couverture épique et esthétique. Elle attire l’œil et incite à s’intéresser au contenu du roman, même si on ne connaît pas le cycle (même si évidemment, un livre ne saurait se réduire à sa couverture -bonne ou mauvaise-).

Mais trêve de bavardages, passons au vif du sujet : cette deuxième partie du tome 2 est-elle aussi intéressante que la première, le tome 2 dans son ensemble est-il à la hauteur du premier ? Continuer à lire « La chaîne des chiens – Steven Erikson »

Une histoire naturelle des Dragons – Marie Brennan

Downton Abbey… avec des dragons

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Même sans savoir de quoi parle ce livre, il suffit de contempler sa couverture ou de le feuilleter (car il y a de nombreuses autres représentations de dragons, de personnages ou de lieux-en noir et blanc- à l’intérieur) pour être ébahi devant la qualité remarquable de la présentation. Et pour cause, elle est due à un illustrateur de renom, à savoir Todd Lockwood, dessinateur ayant œuvré sur Donjons & Dragons et fameux pour sa représentation de Drizzt Do’Urden. L’Atalante est une maison réputée pour le soin apporté à ses publications (des couvertures au papier en passant par l’impression), mais là, clairement, elle nous propose une édition réellement digne d’éloges. C’est probablement la couverture la plus « j’attrape ton œil et je ne veux plus le lâcher » depuis celles du Paris des merveilles.

Bon, donc c’est beau, mais de quoi ça parle et qu’est-ce que ça vaut ? Il s’agit du premier tome d’une série qui en comptera bientôt quatre, dans laquelle une vieille aristocrate, une sommité en matière de dragons, raconte ses aventures avec ces créatures, le tout dans un contexte pseudo-victorien. Ce premier tome se concentre sur la jeunesse de l’héroïne : enfance et adolescence (sur lesquelles on passe en quelques dizaines de pages, au grand soulagement de votre serviteur, qui a les héroïnes adolescentes en horreur), puis sa vie de jeune épouse de 19 ans.  Continuer à lire « Une histoire naturelle des Dragons – Marie Brennan »

Le guide Howard – Patrice Louinet

Un bon livre sur Howard, mais un guide assez insuffisant pour qui cherche à découvrir son oeuvre

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Après l’excellent Guide de l’Uchronie, je m’attaque à un autre de ces guides thématiques SFFF créés par ActuSF, celui consacré à Robert E. Howard, le créateur (entre autres) de Conan. Ce livre bénéficie d’une grosse réputation, notamment celle de tordre le cou sans ménagement à nombre d’idées reçues sur l’auteur Texan et son oeuvre (Patrice Louinet est un spécialiste de cette dernière et le traducteur français des éditions récentes consacrées à l’écrivain). De fait, l’auteur de ce livre prévient dès l’introduction : il va se détacher de la neutralité des autres guides, et le sien sera militant. Il ne supporte pas, notamment, les réécritures de textes (vous avez cru lire du Howard ? Il n’en est rien, ou si peu…) et les contre-vérités propagées sur Howard, et il va sans ménagement en désigner les responsables.

Alors, ce livre mérite-t’il sa réputation ? C’est ce que nous allons voir.  Continuer à lire « Le guide Howard – Patrice Louinet »

Kane – Intégrale 2 – Karl Edward Wagner

La sword & sorcery qu’aurait pu écrire… Lovecraft !

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Je ne vais pas revenir sur les particularités du personnage, du cycle (et de sa place dans la Sword & Sorcery et plus généralement dans la Fantasy old-school) ou de l’univers, si vous voulez vous rafraîchir la mémoire, je vous invite à consulter ma critique du tome 1 de l’intégrale.

Après un excellent tome 1 (comprenant deux romans magistraux), ce second volet de l’intégrale des aventures de Kane allait-il être à la hauteur de son prédécesseur ? Il comprend le troisième et dernier roman complet du cycle, Le château d’outrenuit, ainsi que six nouvelles (dont deux frôlent les 70 pages). Nous allons les examiner tour à tour, avec à chaque fois un résumé ainsi que mon sentiment les concernant. Ce qu’on peut toutefois d’ores et déjà dire, c’est que Karl Edward Wagner est largement aussi à l’aise dans le format court des nouvelles que dans celui, long, des romans.  Continuer à lire « Kane – Intégrale 2 – Karl Edward Wagner »