Brother’s ruin – Emma Newman

Et là, c’est le drame…

brothers_ruinEmma Newman est une autrice anglaise, écrivant aussi bien de l’Urban Fantasy (parfois mélangée avec du post-apocalyptique) que de la SF (le récent -et acclamé- Planetfall, le premier tome d’une trilogie -le second sortira en VO dans un an-). C’est aussi une narratrice professionnelle de livres audio et la co-créatrice et animatrice du podcast Tea & Jeopardy (nominé pour le Hugo), avec Peter Newman, l’auteur de The Vagrant (qui, si j’en juge par la postface, serait son mari).

Brother’s Ruin relève de la Gaslamp Fantasy (voir plus loin). Cette novella est présentée comme le premier texte d’un potentiel cycle (tout dépendra des ventes, selon son propre aveu), Industrial Magic, qui, comme son nom l’indique, se déroule dans une variation uchronique de l’Angleterre Victorienne dans laquelle la Révolution industrielle a été impulsée par la magie et non la technologie. Continuer à lire « Brother’s ruin – Emma Newman »

L’eau dort – Glen Cook

Une pluie de révélations !

eau_dort_1L’eau dort est le neuvième et avant-dernier tome du cycle de la Compagnie Noire (il n’est estampillé tome 10-11 dans l’édition française qu’en raison de la coupure systématique en deux livres depuis le roman précédent). C’est aussi le troisième volume du sous-cycle des Livres de la Pierre scintillante. Comme à mon habitude, je vous en propose la critique complète en une seule fois.

Après l’incroyable retournement de situation de la fin du roman précédent, et le cliffhanger associé, il était évident que beaucoup de choses allaient changer dans celui-ci. Mais ce à quoi je ne m’attendais pas vraiment, en revanche, est l’avalanche de révélations, qui jettent du coup un tout nouvel éclairage sur les livres antérieurs. J’ai toujours loué le fait que chaque tome de la Compagnie Noire change quelque chose (le narrateur, le mode de narration, le lieu de l’action, la temporalité, etc) par rapport à son prédécesseur, mais celui-ci constitue probablement le changement le plus radical de tous, à la fois en terme de protagonistes et de transmission d’informations au lecteur : Cook était resté jusque là très opaque sur certains points, et dans L’eau dort, il change complètement sa manière de faire, noyant presque le lecteur sous des révélations qui, pour certaines, sont complètement inattendues.

Attention, par contre : arrivé au tome 9 d’un cycle, les spoilers sur les romans précédents sont plus ou moins inévitables, mais sur ce livre en particulier, il est quasiment impossible d’en faire une chronique sans vous spoiler horriblement ses prédécesseurs. Je vous garantis une absence de spoilers majeurs sur les événements propres à ce tome 9, pour le reste la lecture de cette critique est à vos risques et périls. Si vous ne voulez pas vous gâcher certaines surprises de taille si vous n’avez pas encore fini Elle est les ténèbres, je vous conseille de passer directement à la conclusion.  Continuer à lire « L’eau dort – Glen Cook »

The shadow of Elysium – Django Wexler

Instructif et émouvant

shadow_of-elysiumThe shadow of Elysium est considéré, sur Goodreads, comme le tome 2.5 du cycle The Shadow Campaigns. En réalité, la place de cette nouvelle dans cette saga est un peu plus compliquée que cela : elle se déroule à-peu-près à la même époque que The Shadow Throne, le tome 2, est en quelque sorte une « suite » de The penitent damned (pour le coup un vrai « tome 0.5 »), mais peut en même temps se comprendre et s’apprécier sans avoir jamais lu un seul texte, au format long ou court, du cycle.

Signalons également que contrairement au tome 0.5, celui-ci n’est pas gratuit, mais payant. Ce qui est particulièrement dommage car il contient une explication sur les démons qui me paraît assez capitale dans le Magicbuilding de cet univers. J’espère donc que la dite explication est reprise, sous une forme ou une autre, dans un des tomes suivants (le 3 et le 4 sont parus au moment où je rédige ces lignes, le 5 est attendu dans l’année).  Continuer à lire « The shadow of Elysium – Django Wexler »

Range of ghosts – Elizabeth Bear

Une Fantasy de la Route de la soie de grande qualité

range_of_ghostsElizabeth Bear (il s’agit d’un pseudonyme) est une romancière et nouvelliste (très prolifique) américaine multi-primée (Prix John Campbell 2005, deux Hugo pour des textes courts, prix Locus). Le gain de plusieurs Hugo après l’obtention du prix Campbell du meilleur nouvel écrivain est rarissime, puisque seuls quatre autres auteurs ont réalisé cette combinaison, et pas des moindres : Orson Scott Card, Ted Chiang, C.J Cherryh et le moins connu sous nos latitudes Spider Robinson. Elle a publié des textes relevant des trois grands genres des littératures de l’imaginaire : SF, Fantastique et Fantasy. Le roman dont je vais vous parler aujourd’hui, le premier tome d’une trilogie appelée Eternal Sky, appartient à cette dernière. Une seconde trilogie, The Lotus kingdoms, est en cours d’écriture : son premier tome, The stone in the skull, sort le 10 octobre 2017.

Range of ghosts (« La chaîne -de montagnes- des fantômes ») vous projette dans un monde fabuleux, inspiré par la Mongolie, la Chine, le Tibet / l’Inde et la Turquie / l’Iran / l’Arabie, avec beaucoup d’éléments fantastiques. J’avais entendu beaucoup de bien à propos de l’écriture d’Elizabeth Bear, et je dois dire que je n’ai pas été déçu : c’est une conteuse de grande qualité.  Continuer à lire « Range of ghosts – Elizabeth Bear »

The Vagrant – Peter Newman

Le trio le plus improbable de toute l’histoire de la Science-Fantasy : un muet, un bébé et une chèvre ! 

the_vagrantPeter Newman est un écrivain anglais dont le livre The Vagrant (« Le vagabond »), publié en 2015, a gagné le prix Morningstar (la version premier roman du prix David Gemmell) 2016. Il s’agit du tome 1 d’une trilogie, le troisième étant attendu le 20 avril. De plus, deux nouvelles, The hammer and the goat et The Vagrant and the city (qui se situe entre les livres 2 et 3) se déroulant dans le même univers sont également disponibles. En plus de l’écriture de romans, Peter Newman officie aussi (notamment) sur le MMORPG Albion Online. 

Si l’univers présenté n’est pas à proprement parler original, il est en revanche très inhabituel, mais bien moins que le trio de protagonistes, sans aucun doute un des plus, sinon LE plus improbable de toute l’histoire de la SFFF, puisqu’il est formé d’un muet, d’un bébé… et d’une chèvre !  (-scandaleusement- absente de la couverture, par ailleurs très réussie).  Continuer à lire « The Vagrant – Peter Newman »

Les seigneurs de Bohen – Estelle Faye

À la place d’une Dark Fantasy « épique et spectaculaire », Estelle Faye vous propose en fait une Paranormal Romance évitant de façon maniaque toute scène d’envergure

bohenEstelle Faye a eu un singulier parcours : d’abord scénariste et actrice (séries, films, théâtre), elle s’est reconvertie dans l’écriture de nouvelles et de romans, balayant un large spectre allant du young adult à, désormais, la dark fantasy, en passant par l’uchronie. Je n’ai eu, jusque là, l’occasion de me frotter à la production de l’autrice que sur un de ses textes courts, La maison des vignes, présent dans l’anthologie Antiqu’idées. J’en avais retenu un style agréable mais une intrigue téléphonée et une chute peu satisfaisante. Impression qui s’est d’ailleurs confirmée à la lecture des Seigneurs de Bohen.

Je dois dire que j’ai particulièrement grincé des dents en voyant la quatrième de couverture, qui parle carrément de « roman de dark fantasy spectaculaire et épique, dans la lignée des œuvres de Joe Abercrombie (cycle de La première loi) ou de Glen Cook (La compagnie noire) ». J’avoue honnêtement avoir été plus que dubitatif quant à la capacité d’une autrice écrivant majoritairement de la littérature jeunesse à être à la hauteur de ces références. Et de fait, ce n’est que (très) partiellement Dark Fantasy, pas du tout épique, pas franchement spectaculaire (Erikson, c’est spectaculaire et épique, ça… non, ou seulement dans une poignée de pages de la fin), et ça concentre pas mal de défauts. Même si ça n’est par ailleurs pas dépourvu de qualités. Continuer à lire « Les seigneurs de Bohen – Estelle Faye »

The Shadow Throne – Django Wexler

La Révolution, en direct live, caméra à l’épaule

shadow_throne_wexlerThe Shadow Throne est le deuxième tome du cycle The Shadow Campaigns, après Les Mille noms. Au total, il compte 5 romans et deux nouvelles, dont The penitent damned. La lecture de ce dernier texte est d’ailleurs conseillée avant d’attaquer ce tome 2, car il présente le Duc Orlanko qui aura un grand rôle à jouer dans les intrigues de Cour au centre du livre, ainsi que son âme damnée, Andreas.

Alors que Les Mille noms était inspiré par la Campagne d’Égypte de Bonaparte, ce tome 2, lui, fait intervenir, à l’inverse de notre propre Histoire, la Révolution après cette expédition outre-mer. Le Roi du Vordan est mourant, son fils est décédé lors de la guerre précédente, sa fille de 19 ans est perçue comme une ingénue, et tout le monde sait que le vrai pouvoir va en réalité revenir à Orlanko, le redouté ministre de l' »Information » (comprenez chef de la Police Secrète). Mais tout le monde n’est pas résigné à accepter ce destin funeste, et une cabale se met en place pour enlever le pouvoir des mains de la future reine et surtout de celles du Duc. A sa tête, la princesse en question (sous une fausse identité), qui organise donc la Révolution… contre son propre trône !  Continuer à lire « The Shadow Throne – Django Wexler »

Aube de fer – Matthew Woodring Stover

Quand « Le Bon, la Brute et le Truand » rencontre Glen Cook et Christian Jacq

aube_de_ferAprès toute une série de livres intelligents, sensibles et humanistes, je me suis fait une réflexion : pour reprendre les mots éternels de Richard B. Riddick, « Quelque part, le long du chemin, je me suis égaré. Je suis devenu négligent. J’ai émoussé mon propre tranchant. J’ai alors commis ce qui est peut-être le plus grand des crimes… je suis devenu civilisé ». Cette douloureuse prise de conscience effectuée, j’ai décidé de me reprendre en main, de refaire du Culte d’Apophis un autel à la barbarie, une chapelle à la gloire de la violence, un hymne à la destruction : place donc à la Fantasy de l’âge du Bronze, un truc bien brutal, dont l’héroïne est une princesse guerrière qui ferait passer Xena pour une ballerine (comme dirait un autre de mes philosophes préférés, ce bon vieux Johnny « Drama » Chase).

Je me suis donc rué sur Aube de fer, roman de Matthew Woodring Stover, auteur de Fantasy, de Science-Fantasy et de SF, dont quatre livres liés à Star Wars (y compris la novélisation de l’épisode III). Cet ouvrage est le premier tome d’un diptyque (le second n’ayant pas été traduit par l’Atalante et n’existant pas en version électronique en VO). Continuer à lire « Aube de fer – Matthew Woodring Stover »

L’alchimie de la pierre – Ekaterina Sedia

L’histoire de cette touchante héroïne sert de prétexte à transmettre un beau message, certes, mais avec la subtilité d’un bulldozer

alchimie_pierreEkaterina Sedia est une autrice russe de Fantasy (écrivant en anglais) vivant aux USA depuis vingt ans. Elle enseigne l’écologie des plantes et la botanique dans le New Jersey. Elle a publié cinq romans, et écrit également des nouvelles et des poèmes. L’alchimie de la pierre est son livre le plus connu. Les illustrations (couverture + intérieures), superbes, sont l’oeuvre de Nicolas Fructus.

Nous suivons une Automate intelligente-consciente, Mattie, dans une intrigue qui sera l’occasion pour Ekaterina Sedia d’examiner tout un tas de problèmes de société, de l’émancipation de la femme au rôle qui lui est attribué dans un contexte pseudo-Victorien caractérisé par sa rigidité en passant par le racisme, la mécanisation des sociétés modernes ou la réaction des gens face aux attentats. Continuer à lire « L’alchimie de la pierre – Ekaterina Sedia »

The penitent damned – Django Wexler

Sombre police secrète, Prêtres de l’Obscur et voleuse employant une magie de l’Ombre, noir c’est noir, il n’y a plus d’espoiiiiir !

penitent_damnedThe penitent damned est une nouvelle (en anglais) qui fait partie du cycle The shadow campaigns, dont Les Mille noms est le premier tome. Elle constitue, d’après l’auteur, un prélude à ce dernier livre, mais peut aussi se lire de façon indépendante. Je trouve cependant que commencer le cycle par ce texte est plutôt une mauvaise idée, car il donne des clefs qui gâchent certaines découvertes des Mille noms et ne peut, à mon avis, pleinement se savourer qu’après avoir lu ce roman (à moins de vouloir s’en servir comme test pour voir si on accroche au style ou à l’univers de l’auteur, ou si son niveau d’anglais est accessible).

Vous pouvez lire cette nouvelle en ligne sur io9, la télécharger gratuitement sur Goodreads, ou en récupérer une version « de luxe » sur Amazon, toujours gracieusement offerte et comprenant également un peu plus de deux chapitres des Mille noms (en anglais). Bref, voilà, si vous lisez la langue de Shakespeare, l’occasion de découvrir l’univers de mousquets & magie développé par Django Wexler. Continuer à lire « The penitent damned – Django Wexler »