Une fantasy sortant des sentiers battus et merveilleusement écrite

Au fil des années, les livres de fantasy que j’ai le plus appréciés sortent clairement des sentiers battus du médiéval / antique-fantastique à la Tolkien / Howard, avec ses guerriers musclés et barbares, ses elfes, ses nains, ses vastes forêts enchanteresses, etc. Throne of the Crescent Moon fait partie de ces livres de fantasy qui s’éloignent de ces stéréotypes vus et archi-revus. D’abord, grâce à son cadre, qu’on pourrait qualifier de « fantasy des Mille et une nuits » (je précise que le monde décrit n’est pas le nôtre mais un univers imaginaire, aux influences arabes, perses et africaines). Mais surtout, ce qui différencie ce livre de la fantasy classique, ce sont ses personnages, très inhabituels.
La fantasy classique suit, en matière de groupes de personnages, deux voies classiques : soit un groupe majoritairement composé de combattants, avec un magicien pour s’occuper de tout ce qui est surnaturel (ex : le Seigneur des anneaux), soit des groupes de magiciens purs et durs (ex : Harry Potter, Terremer, etc). De plus, à part à la rigueur les Hobbits ou Elric, les guerriers sont quasiment toujours très stéréotypés : grands, forts, sans foi ni loi et barbares (Conan, Fafhrd, Kane, etc), ou à la rigueur d’un certain âge, très expérimentés, en ayant vu beaucoup au cours des années, et mortellement affûtés (ex : Aragorn). Idem pour les magiciens : soit adultes, voire vieux mais très alertes (Gandalf), soit très jeunes, au grand potentiel mais encore inexpérimentés (Harry Potter). Pour finir, tous les magiciens utilisent la même sorte de magie, il est rare qu’on sorte des sentiers battus là aussi.
Throne of the Crescent Moon ne suit aucun de ces stéréotypes. Continuer à lire « Throne of the crescent moon – Saladin Ahmed » →