Le château noir – Glen Cook

Assez différent du premier tome, mais intéressant sur de multiples plans

black_company_2Le château noir est le second volume du premier cycle de la Compagnie Noire, celui dit des Livres du Nord. Il se déroule dix ans après les événements du tome 1. Nous retrouvons les personnages que nous connaissons déjà, plus quelques nouveaux (les éléments-clefs de la Compagnie -Capitaine, Lieutenant, Elmo, Toubib, etc- ayant maintenant la cinquantaine, il faut trouver des remplaçants à former). L’unité, forte de sa terrible réputation, est employée par la Dame pour traquer impitoyablement les leaders de la Rébellion (ou plutôt ce qu’il en reste). Pendant ce temps, Corbeau et Chérie sont dans une ville lointaine, et leurs ex-camarades n’ont plus de nouvelles d’eux depuis longtemps. Mais le destin (et la Dame…) va faire se recroiser leurs routes…

Ce second livre bénéficie en général d’une réception très polarisée : beaucoup de lecteurs qui n’ont pas forcément accroché au roman précédent préfèrent celui-ci, alors qu’au contraire, certains de ceux qui ont adoré La compagnie noire sont déstabilisés par le fait que ce tome 2 soit assez différent.

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La reine de la folie – Sébastien Thréhout

Le Trône de Fer rencontre Steven Erikson, Iron Man, Lovecraft et Matrix

reine_folieJ’ai reçu ce livre dans le cadre de l’opération Masse Critique organisée par Babelio. Je remercie les responsables du site, ainsi que les éditions Nestiveqnen.

Sébastien Thréhout est un auteur niçois passionné de Jeu de rôle (d’ailleurs, avant de publier des romans, la maison d’édition Nestiveqnen a fait ses premières armes dans ce domaine), ayant un style qui le rapproche de la Dark Fantasy tout en explorant des thématiques qui relèvent plus de la Fantasy épique. C’est aussi quelqu’un doté d’un solide sens de l’humour, comme on peut s’en apercevoir en lisant son interview sur le site de l’éditeur (un aspect qui, d’ailleurs, ne transparaît que très peu dans son livre).

Ce roman est le premier d’une trilogie, La Table des immortels. J’avoue avoir été très intrigué à son sujet lorsque j’ai lu une critique le présentant comme une oeuvre inspirée par Zelazny, avec une influence Tolkienienne et une touche de G.R.R. Martin. Pour un premier roman, voilà qui se révèle être une synthèse plus qu’ambitieuse… mais est-elle réussie ? La réponse est oui, mais en fait la question n’est pas tout à fait la bonne : il s’agit en réalité d’une synthèse entre le Trône de Fer, le Livre Malazéen des Glorieux Défunts de Steven Erikson, les récits oniriques de Lovecraft, Iron Man et Matrix !  Continuer à lire « La reine de la folie – Sébastien Thréhout »

Mage de guerre – Stephen Aryan

Relativement convenu dans sa première moitié, ce roman devient phé-no-mé-nal dans la seconde : un nouveau classique est né

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Ce roman, le premier d’une trilogie, a été publié chez nos amis anglo-saxons le 24 septembre… 2015. Oui, oui, vous avez bien lu, il y a à peine six mois ! Bragelonne en propose donc une traduction très peu de temps après sa sortie (on est très loin de certains chefs-d’oeuvre de la Fantasy, qui n’ont été publiés en France que bien des années après leur sortie anglaise ou américaine), et la sortie française du tome 2, dont la parution est prévue le 12 avril en Angleterre, est également inscrite au programme de l’éditeur pour le 29 juin 2016 ! On peut donc saluer le travail de l’éditeur et du traducteur et leur célérité !

Inutile, donc, de dire à quel point les gens de chez Bragelonne ont l’air de croire dur comme fer en ce roman. L’auteur anglais confesse une grande admiration pour (entre autres) David Gemmell, et une considérable influence de ce dernier sur sa propre oeuvre. Alors, est-ce un bon livre, l’élève s’est-il hissé à la hauteur de son illustre maître ? Je ne vais pas faire durer le suspense : oui, ce roman est une baffe monstrueuse (probablement, j’ose le dire, un nouveau classique), oui, Stephen Aryan s’est élevé bien haut, parfois plus haut que ses aînés (Erikson en tête, du moins sur un plan bien précis), mais non, ce livre n’est pas parfait, il y a certaines choses maladroites dedans (en même temps, c’est le premier roman de l’auteur, donc une certaine indulgence est de mise). Continuer à lire « Mage de guerre – Stephen Aryan »

La Compagnie Noire – Glen Cook

You’re in the Army now, oh oh, you’re in the Army, now*

Status Quo, 1986

black_company_1Ce roman de Glen Cook, sorti en 1984, inaugure le meta-cycle du même nom (divisé en trois cycles et 1 roman dérivé), qui compte dix volumes en anglais et 13 en français (toujours cette manie des éditeurs français de diviser tout ce qui dépasse un certain nombre de pages en deux tomes…). Il s’agit du roman 1 du cycle dit des Livres du Nord (qui en compte 3).

Il est considéré, et à juste titre, comme une référence absolue en matière de Dark Fantasy et de fantasy militaire, comme un roman très original par rapport à la fantasy de l’époque de sa parution, et comme un des grands livres du genre « gritty » (traduisez : terre-à-terre, réaliste, cynique, sans happy end, adulte, plein de sang et d’autres fluides corporels, et où aucun personnage n’est assuré de voir le début du tome suivant : outre Glen Cook, pensez aussi à Joe Abercrombie et évidemment à G.R.R. Martin).

Bien, mais qu’est-ce qui singularise donc à ce point ce roman du reste de la Fantasy ?  Continuer à lire « La Compagnie Noire – Glen Cook »

La chaîne des chiens – Steven Erikson

Une fin extraordinaire

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Malgré ce que la couverture de l’édition française affiche, il ne s’agit pas du tome III du cycle mais de la seconde partie du tome II de la VO. Nous l’appellerons donc tome 2.5. Si vous voulez vous rafraîchir la mémoire sur le tome 2.0, vous trouverez sa critique ici.

Ce qui frappe immédiatement, c’est la couverture épique et esthétique. Elle attire l’œil et incite à s’intéresser au contenu du roman, même si on ne connaît pas le cycle (même si évidemment, un livre ne saurait se réduire à sa couverture -bonne ou mauvaise-).

Mais trêve de bavardages, passons au vif du sujet : cette deuxième partie du tome 2 est-elle aussi intéressante que la première, le tome 2 dans son ensemble est-il à la hauteur du premier ? Continuer à lire « La chaîne des chiens – Steven Erikson »

Les portes de la maison des morts – Steven Erikson

Tel est pris qui croyait prendre

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(Cet article concerne l’édition Calmann-Lévy de ce roman ; pour l’édition Leha, voir ici).

Malgré un titre qui est la traduction de Deadhouse Gates, second tome du cycle du Livre Malazéen des glorieux défunts, et une couverture française qui signale que ce livre est précisément cela, il ne s’agit en fait que d’une partie du tome 2 de la VO (c’est bon, vous suivez ?). Pour lire la totalité de ce dernier, il vous faudra Les portes de la maison des morts plus La chaîne des chiens, ce dernier étant fort improprement dénommé tome III du cycle par l’éditeur français alors qu’il ne s’agit en fait que du 2.5. Les maisons d’édition françaises commencent à me fatiguer sérieusement à couper tout ce qui dépasse 650 pages dans la VO en deux tomes, ça devient pénible à force et ça génère tout un tas de confusions. Je suis bien conscient que ça présente aussi certains avantages pour le lecteur français (des traductions qui arrivent plus vite, moins d’argent dépensé si finalement le tome 1 ne plaît pas, etc), mais par le Saint Gritche, que c’est lourd ensuite à décanter pour essayer de déterminer quel élément de la VF correspond à la VO…

Je ne vais pas revenir sur les (nombreuses) particularités du cycle, si vous voulez vous rafraîchir la mémoire, je vous invite à vous reporter à la critique du tome 1. Mais entrons plutôt dans le vif du sujet (je précise qu’à partir de maintenant, si je parle de tome 2 ou 3, il s’agira de ceux de la VO, je ne compte pas adopter la numérotation de l’éditeur français : pour désigner le tome III de la VF, j’emploierai désormais l’expression tome 2.5).  Continuer à lire « Les portes de la maison des morts – Steven Erikson »

Les jardins de la lune – Steven Erikson

Hors-norme

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Les jardins de la lune est le premier tome d’une… décalogie signée Steven Erikson, auteur canadien de Fantasy et de SF. Le monde imaginaire dans lequel le cycle prend place a été co-créé avec Ian Cameron Esslemont, qui a publié sa propre série de livres s’y déroulant également (les deux auteurs ont collaboré au scénario de la totalité des livres, ce qui fait que tous sont considérés sur le même plan en terme de canonicité). La publication de la saga principale s’est étendue (en VO) de 1999 à 2011, et le cycle a fait l’objet de trois tentatives de traduction en français, la première en 2007 chez Buchet / Chastel (tome 1), la seconde en 2007-2008 chez Calmann-Lévy (tome 1 + tome 2 -coupé en deux livres-), et enfin la troisième en 2018 chez Leha, qui a l’ambition de faire paraître l’intégralité des dix tomes dans la langue de Molière. Dans cette critique, c’est la traduction Calmann-Lévy que j’examine : tout problème de traduction, de relecture ou autre particularité de l’édition que je signale ne doit donc pas être imputé à celle signée Leha.

Cette saga est totalement hors-normes sur bien des plans, que je vais essayer de dégager dans ce qui suit. Elle est largement reconnue comme une des œuvres majeures de la Fantasy des vingt dernières années, voire de la Fantasy tout court. Ce premier roman va être exigeant pour la majorité des lecteurs en raison de la densité de son intrigue, de son univers et du nombre de personnages, mais vous trouverez difficilement plus ambitieux à lire dans le genre, ou un cycle qui propose un tel impact émotionnel (à ce titre, la fin du tome 2, par exemple, est proprement extraordinaire). Ainsi, je ne saurais trop vous conseiller de lui donner sa chance car sinon, vous allez vraiment rater quelque chose d’unique.  Continuer à lire « Les jardins de la lune – Steven Erikson »

L’épée brisée – Poul Anderson

Un chef-d’oeuvre oublié et banni de la Fantasy

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Pourquoi devriez vous, si vous êtes un adepte de Fantasy, lire ab-so-lu-ment ce roman ?

Parce qu’il y a des elfes naviguant sur des Drakkars, des nains, des Trolls, des Sidhe, les Tuatha de Danaan, Odin et Tyr, le petit peuple et toute la Faërie, des vampires, des démons du Baïkal et des démons chinois, une épée qui a beaucoup inspiré un certain Michael M., des héros dignes des sagas nordiques et des épopées grecques, une dimension tragique et shakespearienne, des berserkers, parce que c’est superbement bien écrit, magnifiquement traduit, d’une puissance évocatrice colossale, parce qu’il y a des batailles épiques et une romance puissante, parce qu’il y a des femmes elfes sournoises et pas avares du tout de leurs charmes (si vous aussi, vous aimez le Seigneur des Anneaux mais que ses elfes tout purs vous lassent…), parce qu’on ne s’ennuie pas un instant et que ça ne fait pas 1500 pages, etc, etc, etc.

Quoi, vous n’avez pas encore acheté ce livre ? Et vous vous prétendez adeptes de Fantasy ?

Ah, vous voulez plus de détails ? Continuer à lire « L’épée brisée – Poul Anderson »