Dans la boucle temporelle – itérations 8-9 : août – septembre 2016

Lorsqu’un blog dépasse un certain nombre d’années d’existence et / ou d’articles, et à la condition que de nouveaux abonnés rejoignent sans cesse les rangs de sa communauté, il devient de moins en moins probable que les critiques et articles les plus anciens soient lus. Tout le monde n’a malheureusement pas le temps, ou l’envie, de se replonger dans les archives, sans compter qu’il peut être décourageant de débarquer sur un site qui compte des centaines de posts et de ne pas savoir par quelle voie attaquer cette montagne. Dans la boucle temporelle est une série d’articles conçue pour guider les nouveaux venus dans la masse de chroniques et autres articles de fond du blog, leur indiquant ce qu’ils devraient lire en priorité, remettant en lumière des posts oubliés mais potentiellement intéressants. Charge aux aponautes, ensuite, d’explorer les différents menus du blog pour lire le reste. Mais pour faire court, c’est bel et bien d’une sorte de résumé, en forme de best of, de ce qui s’est déroulé de plus marquant dans les précédentes « saisons » (comme on dirait si le blog était une série télévisée) de l’histoire du Culte.

Le concept étant lancé dans le sillage du quatrième anniversaire du blog, en janvier 2020, chacun des « épisodes », appelés itérations, de cette série d’articles remonte de quatre ans en arrière, mettant en lumière en moyenne trois articles du mois concerné (si un mois a été exceptionnellement prolifique et qu’un autre n’est pas spécialement riche en chroniques à remettre absolument en avant, la règle « 4 ans en arrière, mois à mois » peut éventuellement être outrepassée, ce qui est d’ailleurs le cas aujourd’hui). Ainsi, en ce mois de septembre 2020, nous allons nous re-pencher sur ceux d’août ET de septembre 2016. La présentation des articles s’accompagnera aussi d’un petit commentaire replaçant, parfois, ces posts dans le cadre plus général de l’histoire du blog.

Vous pouvez retrouver toutes les itérations sur cette page ou via ce tag.

L’île des morts – Intégrale – Roger Zelazny

ile_des_mortsLes éditions Mnémos, avec un nom pareil, ne pouvaient que se lancer dans une démarche patrimoniale visant à préserver et à transmettre à une nouvelle génération de lectrices et de lecteurs les classiques de la SF et de la Fantasy. Elles ont donc initié la publication d’une série d’intégrales consacrées aux cycles / textes les plus essentiels de l’histoire de ces genres. Ces ouvrages sont de très bonne facture (couverture cartonnée, signet, papier de qualité, etc) et renferment des lectures indispensables (pour la plupart) à l’amateur de SFFF qui se respecte, qui plus est groupées afin d’avoir tout un cycle ou un ensemble de textes liés réuni en un seul et unique livre. Malgré leur prix élevé en valeur absolue (mais correct, à mon avis, dans la plupart des cas), entre 30 et 40 euros, et un poids / encombrement conséquent (vous les lirez difficilement dans le train ou le RER à bout de bras !), l’investissement est donc le plus souvent justifié. Surtout que ces bouquins ont de l’allure dans une bibliothèque.

Les lecteurs débutants et / ou les plus jeunes ne connaissent, dans la grande majorité des cas, de Roger Zelazny (et encore, parfois seulement de réputation) que son cycle des Princes d’Ambre, voire 24 vues du Mont Fuji, par Hokusai, sorti il y a trois ans dans la collection Une heure-lumière du Belial’. Mais l’auteur est tellement, tellement plus que ça : c’est un des plus grands stylistes de la littérature de genre, un merveilleux conteur, un érudit jamais pédant, un penseur injectant de profonds thèmes philosophiques dans sa prose, un écrivain d’imaginaire brouillant les frontières des genres, à l’imagination sans borne et au verbe empreint d’un souffle unique. L’intégrale consacrée par Mnémos, donc, à ses romans et nouvelles s’inscrivant dans le même univers / la même histoire fictive du futur que son célèbre roman L’île des morts est un bon moyen de prendre la mesure de cet écrivain qui, de mon point de vue, manque terriblement à la SFFF moderne depuis sa triste disparition, en 1995, à l’âge bien trop jeune d’à peine 58 ans. Pour vous en convaincre, je vous invite à lire la critique détaillée que j’avais consacrée à cet ouvrage il y a quatre ans. Et nous reparlerons des Princes d’Ambre dans le troisième épisode du Panthéon Apophien, le récit de mon parcours de lecteur de 1985 à 2015  😉

L’homme qui mit fin à l’histoire – Ken Liu

ken_liu_u731En août 2016, le Belial’ sort ce qui reste toujours pour moi, quatre ans et une bonne vingtaine de novellas plus tard, le pinacle de sa collection Une heure-lumière (UHL), L’homme qui mit fin à l’Histoire de Ken Liu. Très clairement, si vous n’avez qu’un seul UHL à lire, ce doit être celui-là. Et si vous êtes déjà amateur de la collection mais, pour une raison ou une autre, n’avez pas encore lu ce texte, faites-le. Son sujet est dur, noir, choquant, mais ce court roman participe à un devoir de mémoire indispensable et est écrit avec une intelligence et une justesse rarissimes. Ken Liu est considéré comme un des meilleurs auteurs apparus ces vingt dernières années, en gros, et L’homme qui mit fin à l’Histoire en est une éclatante démonstration. Et si vous n’en étiez pas convaincu, je vous suggère de sacrifier une grosse vingtaine d’euros pour acquérir et lire La guerre du Pavot de R.F. Kuang, histoire de voir ce que peut donner le même sujet traité sans subtilité ni pondération.

Je ne vous fais pas plus l’article de ce bouquin magistral, celles et ceux qui voudront en savoir plus peuvent se référer à la longue critique que j’ai rédigée.

Children of time / Dans la toile du temps – Adrian Tchaikovsky

children_of_timeEn septembre 2016, je prends une décision qui changera profondément Le culte d’Apophis : celle de critiquer au moins un livre en anglais par mois. Et c’est le au moins qui a toute son importance, car au fur et à mesure des mois, puis des années, la part de lectures en VO va sans cesse monter sur le blog. En effet, je vois de plus en plus de livres qui m’ont l’air intéressants, mais qui soit ne sont jamais traduits, soit seulement des années, voire des décennies après leur publication (souvenons-nous de L’épée brisée…). Je décide donc de ne plus attendre. Sans compter que la plupart des éditeurs français ayant une allergie idéologique ou commerciale à certains de mes sous-genres préférés (SF militaire et Hard SF en premier lieu), ce n’est pas chez eux, ou seulement chez une poignée d’entre eux (Belial’, Bragelonne et Atalante en premier lieu) que je vais pouvoir trouver mon bonheur dans ces domaines.

Le point capital est qu’en faisant monter la part de VO, je suis persuadé de commettre un suicide en terme de potentiel de fréquentation du blog. J’ai fait le choix de lire ce que j’avais envie de lire plutôt que de flatter mon lectorat potentiel dans le sens du poil, mais finalement, avec le recul et les années, j’ai constaté que je n’y avais rien perdu du tout en terme d’audience… bien au contraire ! 

dans_la_toile_du_tempsJe débute donc ces lectures VO mensuelles systématiques par Children of time d’Adrian Tchaikovsky, bouquin que je repère par hasard sur Amazon. Pour l’anecdote, je lis ce roman formidable (traduit deux ans plus tard en français sous le titre Dans la toile du temps), j’écris ma critique et je suis tout content parce que je crois avoir déniché une perle qui était passée sous le radar des autres blogueurs lisant en anglais… avant de m’apercevoir que le camarade Gromovar en avait déjà publié une  😀 Mais bon, les ptérosaures, les oiseaux, les insectes et les chauves-souris ont tous inventé le vol chacun dans leur coin, donc…

Si vous n’avez pas lu ce formidable roman de SF (un des meilleurs sortis dans les années 2010, à mon sens), je vous conseille vraiment de jeter un coup d’œil à ma critique de la VO, vous ne le regretterez pas !

***

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17 réflexions sur “Dans la boucle temporelle – itérations 8-9 : août – septembre 2016

    • C’est sûr que si je voulais faire du chiffre, je lirais du YA, de l’Urban Fantasy, du Hopepunk, de la SF à thématiques sociétales ou je ne sais quoi (des sous-genres massivement appréciés, donc), en tout cas certainement pas de la Hard SF, de la SF militaire et du Grimdark à tour de bras. Ceci dit, je ne pense pas être une exception, la majorité des blogueurs et blogueuses de mon entourage (toi y compris) me paraissent avoir la même démarche et ne pas être dans une optique « tiens, si je parle de ça, ça va faire du chiffre ou attirer plus de monde du lectorat machin… ».

      Aimé par 2 personnes

        • Tout à fait. Si une blogueuse ou un blogueur lit majoritairement du YA, de l’Urban Fantasy, etc, bref des genres massivement appréciés, il peut le faire parce qu’il aime en lire, parce qu’ils constituent naturellement la majorité de ses lectures de toute façon, et pas par calcul. Tout dépend effectivement de l’orientation du blog. Si demain, je décidais de ne chroniquer que du YA ou de l’Urban, les gens comprendraient rapidement que c’est par opportunisme, par contre, parce que je ne lis pas ces domaines littéraires d’habitude (ça arrive, mais c’est très, très rare). Et j’y perdrais sans doute plus de lectorat que je n’en gagnerais.

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      • Je partage ton opinion Apophis, j’ai le sentiment que la plupart des blogs que je suis parlent de ce dont ils ont envie sans surfer spécialement sur une vague. C’est ce qui rend chaque chroniqueur intéressant. Si tout le monde parle de la même chose sans arrêt.. Déjà quand on a une grosse sortie littéraire ça ne loupe pas 😅
        Perso je chronique tout ce que j’ai aimé lire, peu importe que l’article me rapporte 0 ou 10 ou 50 commentaires. C’est le plaisir de partager qui doit primer.

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  1. J’aime beaucoup l’idée ! Même si mon blog traite plus de thrillers, très à la « mode » c’est avant tout mes envies.
    J’essaie justement de lire ce qui me plaît et cela peut être varié. J’espère en tout cas ne pas avoir l’image du blog qui veut faire du chiffre, même si je lis beaucoup de nouveautés.

    Aimé par 1 personne

    • Honnêtement, les blogs dont le rédacteur veut absolument faire du chiffre se repèrent à dix kilomètres, sont très rares et, souvent, ne font pas long feu, les gens sentant qu’ils n’ont pas affaire à quelqu’un de sincère dans sa démarche.

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  2. Trois excellents titres on dirait. Je n’ai lu que le Ken Liu, une claque magistrale. Mais la Toile du temps est dans les objectifs pour les mois à venir. Et je découvre le Zelazny que j’ai très envie de me procurer tant j’avais aimé l’univers psychédélique des Princes d’Ambre.
    Merci pour la découverte !

    Aimé par 1 personne

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