Dans la boucle temporelle – itération 4 : avril 2016

Lorsqu’un blog dépasse un certain nombre d’années d’existence et / ou d’articles, et à la condition que de nouveaux abonnés rejoignent sans cesse les rangs de sa communauté, il devient de moins en moins probable que les critiques et articles les plus anciens soient lus. Tout le monde n’a malheureusement pas le temps, ou l’envie, de se replonger dans les archives, sans compter qu’il peut être décourageant de débarquer sur un site qui compte des centaines de posts et de ne pas savoir par quelle voie attaquer cette montagne. Dans la boucle temporelle est une série d’articles conçue pour guider les nouveaux venus dans la masse de chroniques et autres articles de fond du blog, leur indiquant ce qu’ils devraient lire en priorité, remettant en lumière des posts oubliés mais potentiellement intéressants. Charge aux aponautes, ensuite, d’explorer les différents menus du blog pour lire le reste. Mais pour faire court, c’est bel et bien d’une sorte de résumé, en forme de best of, de ce qui s’est déroulé de plus marquant dans les précédentes « saisons » (comme on dirait si le blog était une série télévisée) de l’histoire du Culte.

Le concept étant lancé dans le sillage du quatrième anniversaire du blog, en janvier 2020, chacun des « épisodes », appelés itérations, de cette série d’articles remonte de quatre ans en arrière, mettant en lumière en moyenne trois articles du mois concerné (si un mois a été exceptionnellement prolifique et qu’un autre n’est pas spécialement riche en chroniques à remettre absolument en avant, la règle « 4 ans en arrière, mois à mois » peut éventuellement être outrepassée). Ainsi, en ce mois d’avril 2020, nous allons nous re-pencher sur ceux d’avril 2016. La présentation des articles s’accompagnera aussi d’un petit commentaire replaçant, parfois, ces posts dans le cadre plus général de l’histoire du blog.

Vous pouvez retrouver toutes les itérations sur cette page ou via ce tag.

Extinction_game_VFC’est en avril 2016 que j’ai ma première grosse exclusivité : l’Atalante me fournit en effet, trois mois avant sa sortie, la VF d’Extinction Game de Gary Gibson, un roman mêlant SF (post-apocalyptique -mais sans l’aspect pessimiste qui est une des marques de fabrique du genre- et à mondes parallèles) et thriller, aux très bons personnages et au rythme haletant mais, pour autant, pas dépourvu de défauts, comme un certain manque d’originalité ou quelques maladresses dans l’écriture. Ce qu’il faut retenir est toutefois qu’on passe un bon moment de lecture avec ce bouquin, ce qui fait qu’on ne peut que déplorer le fait qu’il n’ait pas, selon l’expression consacrée, « rencontré son public ». Chose amusante, le cycle auquel il appartient s’appelle The apocalypse duology, alors qu’il comprend… trois romans au moment où je rédige ces lignes  😀  Et hélas, aucune de ces suites n’a été traduite en français, et ne le sera probablement jamais. Si vous lisez l’anglais, par contre, le problème ne se posera évidemment pas pour vous. Et j’ai, pour ma part, l’intention de reprendre cette saga un jour (lointain) ou l’autre !

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce roman, je vous invite à lire la critique très détaillée (même selon mes standards habituels) qui lui a été consacrée sur le Culte.

mille_nomsAvril 2016 marque aussi un tournant dans l’histoire du blog, puisque c’est à ce moment que je commence à vous parler de Fantasy à poudre, avec la critique des Mille noms de Django Wexler, premier tome d’un cycle qui, lui aussi, ne sera pas poursuivi en France par son éditeur, le fort bien nommé Eclipse. Il faut savoir que c’est à cause de cette maison et surtout du manque total de publicité fait autour de la sortie des livres (sans parler de traductions d’une qualité parfois contestable) que la Fantasy à poudre a eu tant de mal à prendre pied en France, à un point tel que l’arrivée, pourtant beaucoup plus tardive, de L’empire du léopard d’Emmanuel Chastellière a plus sonné comme un premier avènement de ce sous-genre auprès du grand public hexagonal que comme une résurrection. Quoi qu’il en soit, le cycle auquel Les mille noms appartient est une allégorie de l’aventure Napoléonienne et Révolutionnaire dans un monde imaginaire, mêlant poudre à canon, démons et sorcellerie en un cocktail très excitant. Les tomes 2 et 3, jamais traduits, hélas, sont une transposition d’une très grande qualité de la Révolution puis de la Terreur, une référence dans le domaine avec le cycle des Poudremages (et les tomes 4 et 5, bien que légèrement inférieurs, restent très intéressants). Porté par un très bon trio de personnages (dont Winter, obligée de se travestir en homme pour pouvoir s’engager dans l’Armée), ce tome 1 est à découvrir, tant il sortait, à l’époque de sa parution, des canons habituels (médiévaux-fantastiques) de la Fantasy.

Pour en savoir plus sur ce roman, ma critique complète est à votre disposition. Ce titre est devenu très difficilement trouvable en français (alors qu’à une époque, existait une version Kindle ; au moment où j’écris cet article, il en reste deux exemplaires chez l’Amazone), mais ceux d’entre vous qui lisent l’anglais peuvent toujours se rabattre sur la VO, l’anglais utilisé ne présentant aucune difficulté.

memoireAvril 2016 est, enfin, le mois où j’arrive à mettre la main sur un roman que je voulais lire, à ce stade, depuis très, très longtemps, à savoir Mémoire de Mike McQuay. N’ayons pas peur des mots : il s’agit pour moi d’un immense chef-d’oeuvre, dont je ne comprends pas qu’il ne soit plus réédité depuis un quart de siècle. Car en terme de construction, de maîtrise du rythme des révélations, de psychologie des personnages, de profondeur des thématiques et surtout des questionnements générés, on a clairement affaire au genre de chef-d’oeuvre qu’on ne voit qu’une fois par décennie, au mieux. Toutefois, tout comme d’autres grands romans, celui-ci va se mériter (sa structure est très complexe) et il ne sera clairement pas destiné à tous les publics, que ce soit en raison de sa noirceur extrême (contrebalancée par une conclusion d’une beauté tout aussi grande), de son côté introspectif ou de ses questionnements quasi-philosophiques. Sa morale finale est splendide, et pourra, littéralement, remettre en perspective la façon dont vous abordez l’existence. Rien de moins !

Bref, si vous arrivez à vous le procurer (il en reste quelques exemplaires physiques -pas de version électronique française- en circulation), n’hésitez pas, c’est un très, très grand roman. Assurez-vous simplement, avant de valider l’achat, que vous êtes bien le public visé, en lisant ma critique complète. Et espérez que les efforts de lobbying de quelques-uns (dont votre serviteur) porteront leurs fruits et que Mémoire sera réédité, afin d’être accessible au plus grand nombre !

***

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25 réflexions sur “Dans la boucle temporelle – itération 4 : avril 2016

  1. J’adore ces boucles temporelles mais j’en ressors ici frustrée. La saga qui m’intéresse n’étant plus éditée en français 😦 comme quoi au lieu de faire la course aux nouveautés parfois médiocres mais commercialement dans la norme, certains éditeurs pourraient jeter un œil dans le passé et donner une seconde vie à certaines sagas.

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      • Je comprends. Je me débrouille en anglais mais lire dans cette langue me demande un effort beaucoup plus conséquent, du coup c’est moins « détente » pour moi. Toutefois plus ça va et plus je me rends compte que je passe à côté de très bons romans >< Dilemme et frustration.

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        • Tu peux commencer « léger », en lisant juste en anglais ce que tu veux ab-so-lu-ment lire et qui ne sera jamais traduit, les cycles abandonnés en cours de route par l’éditeur français, etc. Après ça, si tu vois que tu y prends goût et que ça ne représente pas un effort si considérable que ça, tu pourras toujours faire monter la part de VO en puissance. Si ça peut te rassurer, même pour moi qui commence à avoir une certaine habitude (pour ne pas dire une habitude certaine) de la lecture dans la langue de Shakespeare, lire en VO représente toujours une « charge mentale » supérieure à de la VF, un effort en plus. Mais dans la plupart des cas, l’intérêt et / ou l’originalité des romans concernés compense largement. Après, tout dépend de l’auteur : j’ai déjà vu des romans en VF poussifs et au style pompeux qui me fatiguaient largement plus que le livre en VO lu avant ou après, parce que lui avait un rythme haletant, un style agréable, une intrigue / un univers intéressant, etc.

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          • Ça ressemble à un bon plan ce que tu proposes là 🙂
            Et pour lire en anglais, tu es absolument obligé de passer par amazon? En numérique par exemple ? Ou les éditeurs ont aussi des sites dédiés vers lesquels on peut se tourner ?

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            • Alors tu peux trouver de la VO ailleurs, que ce soit sur les sites des éditeurs ou les sites marchands d’autres libraires numériques, mais Amazon reste (et de loin) le plus gros libraire du monde (c’est leur cœur de métier), y compris sur les livres électroniques. Tu peux trouver des livres en VO autre part, mais le nombre de références proposées ne sera aussi élevé nulle part ailleurs. Sans compter qu’ils sont aussi éditeurs et que je ne suis pas certain que tu puisses trouver les livres de leur propre « marque » (47north) ailleurs (et il y a quelques auteurs intéressants dans le lot). Je connais des gens qui, idéologiquement parlant, vomissent sur Amazon, mais qui passent pourtant par cette entreprise pour la lecture en anglais, par voie physique ou électronique. Après, pour un bouquin d’un auteur connu, tu devrais pouvoir trouver ça sur d’autres sites sans trop de difficultés, oui.

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              • Je fais partie de ces personnes qui ont pour principe de ne jamais utiliser Amazon, pour quoi que ce soit 🙂 du coup c’est bien de savoir qu’il existe des alternatives. Après c’est une question compliquée, je ne vais pas lancer le débat ici, c’est pas le sujet ☺️

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                  • A cause du maître des lieux 🙂 , j’ai du m’y mettre à la lecture en anglais. Le moyen que j’ai trouvé c’est tor.com avec des outils de traduction en ligne puis un outil comme anki pour retenir le vocabulaire.
                    La nouvelle meat and salt and sparks de rich Larson est absolument excellente.

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                    • Pour débuter la lecture en anglais, une liseuse aide beaucoup :
                      – dictionnare en cliquant sur un mot (donc pas de changement de livre)
                      – au moins sur kindle, en plus accès a wikipedia (c’est interessant pour comprendre les references culturelles)

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    • On est d’accord, ils avaient un goût très sûr en matière d’achats de droits. Mais si ensuite, ils les sortent sans promotion (une blogueuse très au fait de l’actualité Fantasy m’a dit ne jamais avoir entendu parler de La promesse du sang à l’époque de sa parution, c’est tout dire…) et qu’ils abandonnent systématiquement tous les cycles après le tome 1 (ce qui fait que les gens ne se fatiguent même plus à acheter ces derniers, sachant qu’ils n’auront pas la suite), ça ne sert à rien. Pire, ça mobilise des droits qui auraient pu être attribués à des éditeurs plus motivés / efficaces.

      Oui, j’espère bien que traduiras la suite un jour, d’autant plus que les tomes 2 et 3 sont excellents (et à mon avis largement supérieurs au premier, qui est déjà plus que recommandable).

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      • Sans chercher spécialement à les défendre, ils sont aussi, comme tout éditeur, dépendant de l’accueil réservé à leurs parutions. Ce n’est pas tant qu’ils n’ont pas fait de promo (surtout pour La Promesse d’ailleurs, je me souviens d’un certain effort au contraire), ils ont surtout voulu sortir trop de titres en même temps, limite autant que le Bragelonne de la grande époque.
        Malheureusement, on le voit encore souvent : combien de « Oh, ça a l’air super ! » ou de « Ah, j’essaierai bien pour changer » pour au final passer en caisse avec le dernier Robin Hobb pour compléter sa collection (et c’est le droit le plus strict des gens qui font ça). 😉
        Mais je sais que les éditeurs se méfient tout de même des demandes d’originalité, car entre les paroles et les actes, ils ne sont pas toujours récompensés.

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          • Au fait, histoire d’éviter tout malentendu, quand je mentionne certaines traductions d’une qualité contestable, je ne parle évidemment pas de la tienne. Par contre, je sais qu’un gros éditeur a envisagé de reprendre un titre du catalogue d’Eclipse, mais en le retraduisant parce que la qualité de la trad existante ne lui convenait pas (finalement, ça ne s’est pas fait du tout).

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            • Pas de souci !
              Je ne l’avais pas pris pour moi. 😉 Je suis assez content de mes trads chez Eclipse, même si les délais n’étaient pas toujours simples à gérer.
              En passant, je croise les doigts pour que le prochain Bifrost arrive bien le 21 mai. C’est que je commence à sentir l’impatience monter. ^^

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  2. Ah tu m’aides à retrouver un titre et un nom d’auteur. J’ai lu Mémoire de Mike McQuay, dans un train, parce que je n’avais rien d’autre en magazin, et ça a été un vrai coup derrière la tête. Je meurs d’envie de le relire mais j’avais oublié titre et auteur. Merci 🙂

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  3. Je viens de terminer Mémoire de McQuay. Déjà, merci Apo, car il est fort probable que je n’aurais jamais entendu parler de ce livre sans toi. On est tous le Roland C. Wagner de quelqu’un d’autre je suppose 😉

    Comme toi, j’ai été complètement bluffé par la qualité de la construction de la psychologie des personnages. Même si je n’ai malheureusement pas du tout accroché à la romance entre David et Silv, qui m’a un peu donné le sentiment de sortir de nul part, tout le reste est d’une justesse incroyable.

    Je n’ai probablement pas apprécié le roman autant que toi mais rien que pour ses personnages, le roman vaut d’être lu. David, Hersh, Silv, même des perso secondaires comme Liz ou Naomi… On rencontre rarement des personnages si crédibles dans leur humanité.

    C’est un bouquin dont je me souviendrai longtemps je pense !

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      • Absolument ! Je ne comprends pas pourquoi ce livre est si peu connu (6 notes sur Babelio !).

        Reste que le roman est assez particulier… On navigue souvent entre le sombre et l’introspectif. Une réédition pourrait lui redonner sa chance car je pense qu’il a le potentiel de plaire à des personnes n’aimant pas la SF. Je me demande si Gilles (Dumay) a lu ce bouquin, Mémoires aurait pu avoir sa place chez Lunes d’Encre.

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        • Je sais qu’une maison s’y intéresse (ou du moins s’y intéressait il y a environ un an et demi, de mémoire), mais je ne sais pas où le dossier en est. Je me dis qu’avec l’impact économique du Coronavirus, certains éditeurs pourraient être frileux à l’idée de miser sur un bouquin aussi noir, introspectif, philosophique et à la structure aussi exigeante. Ce serait clairement dommage, mais à mon avis, soit ça ne se fera pas, soit pas tout de suite.

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