Une réponse magistrale au paradoxe de Fermi, un monument de Hard-SF
On ne présente plus David Brin, surtout pas sur ce blog où il a déjà fait l’objet de trois critiques différentes. Existence, publié en VO en 2012, signe son retour à l’écriture de romans après une pause… de dix ans. Sachant que Brin est capable du meilleur (Marée stellaire, Saison de gloire) comme du pire (je garde un souvenir pénible de la lecture de Terre), je ne savais pas trop à quoi je devais m’attendre en commençant ce nouveau livre. Et ce même si les retours des blogueurs francophones sur la VO sont très bons. Au final, c’est tout simplement une énorme baffe : j’ai dévoré ce roman avec un enthousiasme qui n’est plus vraiment courant chez moi, un peu blasé que je suis par la lecture de dizaines de livres de SFFF par an. Ce qui va d’ailleurs rendre cette critique un peu compliquée à rédiger : en effet, une grande partie du plaisir ressenti à la lecture d’Existence tient à la révélation progressive de vérités englobées dans des couches successives de mensonges ou de trompe-l’oeil, aussi l’art délicat de la chronique sans spoil va devoir être appliqué avec adresse afin de conserver intact votre plaisir de lecture. Continuer à lire « Existence – David Brin »
Guy Gavriel Kay est au centre d’un véritable mystère : auteur de fantasy reconnu (traduit en 25 langues, ayant vendu plus de deux millions d’exemplaires de ses romans), ayant participé à la mise en forme du Silmarillion avec Christopher Tolkien, écrivain au talent tout simplement immense (lisez ma
Adrian Tchaikovsky est un auteur britannique confirmé (et, dans la vie de tous les jours, un juriste), écrivant aussi bien de la Fantasy (son cycle Shadows of the Apt, qui compte la bagatelle de dix romans, plus un peu de Flintlock et même de la Fantasy à la limite de la parodie) que de la science-fiction. Children of Time relève de ce dernier genre : lauréat du prix Arthur Clarke 2016, ce livre a impressionné d’autres écrivains de SF (et pas des moindres : citons James Lovegrove et Peter Hamilton) par l’ambition de son propos. L’auteur est un entomologiste amateur, et le monde des insectes a fortement inspiré son oeuvre (dans Shadows of the Apt, chaque civilisation tire son nom et certaines de ses particularités d’un type d’arthropode particulier). De plus, souvent, dans ses livres, la technologie n’est pas statique mais évolue constamment. Children of time ne fait pas exception : suite à une expérience d’élévation (comme chez David Brin) qui a mal tourné, nous suivons l’évolution de races d’araignées, de fourmis et d’autres créatures sur une planète extrasolaire, tout en contemplant les efforts désespérés des derniers représentants de l’humanité pour survivre à l’auto-destruction de la Terre.
Rêves d’acier est le second (et dernier) des Livres du Sud, deuxième sous-cycle de la Compagnie noire (je considère, comme les américains, que La pointe d’argent fait le lien entre les Livres du Nord et ceux du Sud, et ne fait pas partie de ces derniers). Il constitue la suite directe du tome précédent et reprend exactement là où ce dernier s’est arrêté. Pour autant, il y a une différence de taille : le narrateur. Poursuivant jusqu’à son terme logique une démarche entreprise depuis deux tomes déjà et consistant à mettre la Dame de plus en plus en avant, Glen Cook en fait à la fois le Capitaine et l’Annaliste de la Compagnie noire. Dans les annales, Rêves d’acier sera donc connu comme « le livre de Madame », tout comme les précédents étaient les « livres de Toubib ».
Si vous êtes un passionné de SF, il est plus que probable que vous ayez au minimum entendu parler de (sinon déjà lu) Ken Liu. Tout juste quadragénaire, venu à l’âge de 11 ans en Amérique depuis sa Chine natale, cet homme bourré de talent (il a travaillé comme programmeur informatique, avocat spécialisé en droit fiscal, avant de combiner ces deux domaines en devenant médiateur dans des litiges en lien avec la technologie, tout ça en maintenant son activité parallèle d’écrivain et de traducteur de livres chinois) est le boy wonder de la SFFF des années 2010 : il est titulaire du prix Locus 2016 (catégorie : premier roman) pour The Grace of Kings, d’un Hugo pour une de ses nouvelles (Mono no aware), sa traduction (chinois vers anglais) du Problème à trois corps de Liu Cixin est le premier roman traduit à avoir gagné le Hugo, et surtout, il est la seule personne a avoir rédigé un texte (de quelque longueur que ce soit : nouvelle, novella, roman) qui a gagné à la fois le Hugo, le Nebula et le World Fantasy Award, excusez du peu !
Contrairement à la numérotation adoptée par les éditeurs français, La pointe d’argent n’est PAS le tome 6 du meta-cycle de la Compagnie Noire. Etant donné que ce roman fait le lien entre le cycle des Livres du Nord et celui des Livres du Sud, il est bel et bien le tome 4 (et pas 6) de la saga si on se place sur le plan de la chronologie interne de l’intrigue (il est peu logique de lire l’interlude entre les cycles du Nord et du Sud après avoir lu ces derniers…). D’ailleurs, il est considéré comme
* (allusion au film Ocean’s eleven). Les mensonges de Locke Lamora est le premier livre d’un cycle, Les salauds gentilshommes, qui, à terme, doit en compter sept (un second cycle, lui aussi de 7 romans, se passant 20 ans plus tard, et suivant de nouveaux personnages, est prévu ensuite -l’auteur est relativement jeune, il a « seulement » 38 ans-). Trois tomes sont déjà parus (et traduits), le quatrième étant attendu (en anglais) fin septembre (il sera suivi de textes courts devant combler certains blancs dans l’intrigue des tomes déjà parus ou remonter à la source de certaines péripéties qui y sont racontées). Ils racontent une vingtaine d’années de la vie de Locke Lamora, voleur et surtout escroc.
Mike McQuay était un auteur américain de SF, décédé en 1995 d’un infarctus, à l’âge de 45 ans. Il a écrit plusieurs dizaines de romans, dont la novélisation de New York 1997 de John Carpenter, un des deux textes du volume 2 de La Cité des Robots d’Isaac Asimov, ainsi que 10 sur l’échelle de Richter, en collaboration avec Arthur C. Clarke.
Ce roman de Glen Cook, sorti en 1984, inaugure le meta-cycle du même nom (divisé en trois cycles et 1 roman dérivé), qui compte dix volumes en anglais et 13 en français (toujours cette manie des éditeurs français de diviser tout ce qui dépasse un certain nombre de pages en deux tomes…). Il s’agit du roman 1 du cycle dit des Livres du Nord (qui en compte 3).