La Terre bleue de nos souvenirs – Alastair Reynolds

Bon premier tome d’une trilogie, très bon roman de hard-SF, mais moins original que la quatrième de couverture l’affirme

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Première précision, il s’agit du premier tome d’une trilogie, mais même si ce roman pose des bases qui seront reprises dans les deux tomes suivants, il constitue aussi en lui-même une histoire complète avec un début, un milieu et une fin et peut donc se lire de façon indépendante ou quasiment (si vous décidiez de ne pas poursuivre la lecture de la trilogie avec les deux tomes suivants, vous auriez quand-même une clôture de 95 % des arcs narratifs à la fin du tome 1). D’ailleurs, d’après ce que j’en sais, il y a d’énormes écarts temporels entre les histoires des tomes 1, 2 et 3 (des siècles ou des décennies), et les personnages ne sont pas les mêmes.

Ensuite, il s’agit d’un nouvel Alastair Reynolds, spécialiste incontesté de hard-SF très connu pour son cycle des Inhibiteurs. La question que vous vous posez probablement est : est-ce que ça y ressemble, en terme de style ou d’univers ? La réponse est essentiellement non, le style d’écriture tend plus vers Kim Stanley Robinson (du moins c’est mon ressenti), tout comme l’univers d’ailleurs, qui ne comprend que quelques éléments en commun avec celui des Inhibiteurs (je ne vais pas révéler lesquels pour ne pas spoiler). Continuer à lire « La Terre bleue de nos souvenirs – Alastair Reynolds »

Le Paris des merveilles – tome 3 – Le royaume immobile – Pierre Pevel

Un tome 3 qui même rédigé dix ans après les deux autres, reste dans le même esprit

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Si vous lisez cette chronique, c’est que vous avez lu les deux premiers tomes et que vous vous demandez si le tome 3 reste dans le même style et le même niveau de qualité que ses prédécesseurs. Surtout si vous êtes au courant du fait que ce nouveau roman, paru en 2015, a été rédigé 11 ans après les deux autres. Vous pouvez alors vous poser deux questions :

1/ Est-ce que le fait qu’il y ait eu un écart de dix ans entre les tomes 2 et 3 a pu jouer sur le style ou le ton général ?
2/ Est-ce que ce troisième tome reste de qualité ou est-ce juste un livre sur commande qui ne vaut pas vraiment le coup que je l’achète, parce qu’il va dénaturer cet univers que j’appréciais à l’époque ?

Voici mes réponses : Continuer à lire « Le Paris des merveilles – tome 3 – Le royaume immobile – Pierre Pevel »

Le Paris des merveilles – tome 2 – L’elixir d’oubli – Pierre Pevel

50 % dans la lignée du premier tome, 50 % novateur, 100 % intéressant

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Ce deuxième tome garde le style, les personnages, le cadre (en partie, nous allons y revenir) et la qualité du premier tome, pas de mauvaise surprise.

Il y a une fois encore une enquête policière, que j’ai trouvé plus intéressante que dans le livre précédent. Et nous avons encore et toujours (plus) la présence en « guest stars » de personnages célèbres, comme Merlin, Méliès, Lord Dunsany ou Arsène Lupin en personne.

La nouveauté réside dans l’introduction de flash-backs relatant la première rencontre de la baronne et de Griffont… pratiquement deux siècles auparavant. Le petit parfum d’Highlander (la série) que j’évoquais dans ma chronique du tome 1 est donc ici manifeste. Continuer à lire « Le Paris des merveilles – tome 2 – L’elixir d’oubli – Pierre Pevel »

Le Paris des merveilles – tome 1 – Les enchantements d’Ambremer – Pierre Pevel

Quand Arsène Lupin rencontre Catwoman, Alvin le Faiseur, Duncan McLeod, Sherlock Holmes, Mata Hari, Gandalf et Downton Abbey

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Pierre Pevel est un ancien journaliste, scénariste et auteur pour le jeu de rôle qui est ensuite devenu auteur de romans. Ces derniers se baladent entre Fantasy classique, Historique, uchronie de Fantasy (c’est le cas ici), voire steampunk pour l’un d’entre eux. Il est l’un des rares auteurs de SFFF français récents à être traduit en anglais, ainsi que dans divers autres langages (dont le tchèque et le bulgare), et bénéficie donc d’une reconnaissance significative à l’international.

Ce roman, le premier d’une trilogie, distille un sens du Merveilleux que le lecteur d’une Fantasy plus classique ne ressent plus depuis longtemps. Plus personne ne s’émeut devant des magiciens, des fées, des elfes ou des dragons après avoir lu des dizaines de romans de ce genre. L’exploit de Pierre Pevel est à ce niveau double : non seulement il fait à nouveau ressentir ce sentiment, grâce à ses grandes qualités d’écriture (cette dernière étant riche mais jamais pédante ou difficile d’accès), mais en plus il réussit le tour de force de mêler ce sentiment de Merveilleux, de Féerique, avec une réalité historique très proche (aux changements induits par la présence de l’Outremonde près) de celle des véritables années 1900 (du moins les années 1900 telles que se les imaginent les non-historiens…). Voilà donc l’alliance parfaite entre l’imaginaire le plus pur et la réalité la plus tangible.  Continuer à lire « Le Paris des merveilles – tome 1 – Les enchantements d’Ambremer – Pierre Pevel »

Lankhmar – Fritz Leiber

Un des cycles fondamentaux de la Fantasy

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Pourquoi devriez-vous acheter et lire Lankhmar, qui est le premier volume de l’Intégrale du cycle des Épées, et qui réunit les trois premiers livres de ce dernier (Épées et Démons, Épées et Mort, Épées et Brumes) ? Tout simplement parce qu’en matière de Fantasy, ce cycle fait partie des incontournables que tout amateur un tant soit peu sérieux du genre se doit d’avoir lu. Et puis parce que la qualité est là, et bien là.

Fritz Leiber (1910-1992) était un écrivain de science-fiction reconnu (citons Le grand jeu du temps ou Le vagabond), titulaire de 8 prix Hugo et 4 Nebula, mais c’est avant tout un des piliers de la Fantasy d’après-guerre, titulaire de 3 World Fantasy Award, la récompense la plus prestigieuse du genre (au passage, l’un d’eux lui a été attribué pour Notre-dame des ténèbres, que nous classifierions plutôt, en France, dans le Fantastique).

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La Septième épée – Intégrale – Dave Duncan

Des influences combinées de manière originale, une construction magistrale, un rythme parfaitement maîtrisé, une histoire puissante

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J’ai l’habitude, sans spoiler excessif, de décrire à la personne qui va me lire et qui hésite à acheter un livre les thèmes et les influences du livre en question. Cela afin qu’en fonction de ses goûts et / ou de ses lectures antérieures, cette personne puisse voir si le roman peut lui plaire ou pas. Le gros souci avec cette intégrale, c’est qu’il y a deux grosses révélations, une en fin de deuxième tome et une en fin de troisième, et que si j’en dis trop, certains d’entre vous peuvent deviner en quoi ces révélations consistent et donc ternir grandement le plaisir de la découverte (honnêtement, vous pouvez, comme moi, deviner très tôt dans le second tome la révélation de la fin de ce dernier ; pour celle de la fin du troisième, par contre, même moi je n’avais rien vu venir). En conséquence, je vais donc rester succinct, flou, voire évasif.

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Echopraxie – Peter Watts

J’ai bien peur d’être d’accord avec l’auteur…

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… lorsqu’il prédit, dans la postface, que Echopraxie va être sa plus grosse gamelle depuis son roman Béhémoth, surtout en comparaison de l’amour dont bénéficie Vision Aveugle (roman précédent se déroulant dans le même univers qu’ Echopraxie).

Il fait cette prédiction parce qu’il pense qu’il va demander au lecteur une suspension d’incrédulité un peu trop grosse pour lui (religion et hard SF, déjà…), mais, tout en ne faisant pas l’erreur d’écarter tout à fait cette hypothèse, je pense que Echopraxie va se planter pour deux raisons beaucoup plus terre-à-terre :

  • La comparaison avec Vision Aveugle.
  • Le fait que les thèmes et l’intrigue sont beaucoup trop obscurs.

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La Maison d’acier – David Weber / collectif

En un mot comme en cent, indispensable pour tout fan d’Honor Harrington et de son univers

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Ce livre est le premier d’une série de trois devant nous présenter avec un luxe inouï de détails l’univers dans lequel ont lieu les aventures d’Honor Harrington. Ce premier tome est consacré à Manticore et à Grayson.

Il est divisé en trois parties :

  • Un roman court (environ 220 pages)
  • La description complète de Manticore (environ 230 pages, dont plus de 130 consacrées à la Flotte, aux Fusiliers et à l’armée).
  • Celle de Grayson (environ 110 pages).

Plus des annexes (dont certaines très intéressantes, comme la FAQ ou l’article expliquant comment on conçoit une Flotte spatiale). Ajoutez à cela un très beau cahier central (en papier glacé) avec des dessins très réussis nous montrant uniformes, vaisseaux et décorations. Signalons aussi des petits schémas ou dessins (des silhouettes de vaisseaux et d’armes légères, entre autres) dispersés dans toute la description de Manticore et de Grayson, et de très bonne facture.

Bon, mais est-ce que ça vaut le coup que je dépense mon argent pour ça, vous demandez-vous probablement ? Continuer à lire « La Maison d’acier – David Weber / collectif »

La Justice de l’Ancillaire – Ann Leckie

Une histoire correcte, mais loin du chef-d’oeuvre annoncé, et qui va laisser énormément de monde sur le bord de la route

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Si vous lisez ces lignes, c’est que vous avez entendu parler de ce roman, qui a raflé la totalité des prix de SF les plus prestigieux (Hugo + Nebula + Locus + Arthur Clarke) et une bonne partie des moins fameux, et qui nous arrive auréolé des commentaires dithyrambiques de la quasi-totalité de ceux qui l’ont lu en VO. Oh certes, il y a bien un certain nombre de personnes pour dire que ce roman est à fuir comme la peste, mais vous vous dites que ce n’est que le « bruit statistique » de ceux qui de toute façon n’aimeront jamais rien. Devant une telle unanimité, et ne voulant pas passer à côté d’un chef d’oeuvre comme la SF n’en voit peut-être que tous les vingt ans, vous vous apprêtiez à faire comme moi, à commander sans avoir le moindre doute au sujet de ce livre.

Vous savez quoi ? Lisez d’abord ce qui suit. C’est long, mais après ça, vous achèterez (ou pas) en toute connaissance de cause. J’essaye toujours d’être au maximum concret dans mes critiques, mais là je vais faire un effort supplémentaire pour vous donner toutes les clefs objectives pour vous permettre de faire votre choix.

Soyons clairs : ce roman n’est pas à proprement parler mauvais. Il y a de très bonnes choses dedans. Mais il y a aussi de très, très mauvais points, qui vont laisser un nombre effrayant d’entre vous sur le bord de la route. Ils sont au nombre de cinq : le style / la traduction, la clarté, le rythme, l’univers et la structure. Continuer à lire « La Justice de l’Ancillaire – Ann Leckie »

La porte des mondes – Intégrale – Silverberg / Brunner / Yarbro

Une référence de l’uchronie enfin en version complète

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Cette intégrale rassemble quatre textes, écrits par Robert Silverberg (les deux premiers), John Brunner (le troisième) et Chelsea Quinn Yarbro (le dernier), entre 1967 (le premier) et 1990/91 (les trois autres). Le premier texte fait 150 pages, les trois autres environ 65-70.
Ils ont la particularité de se dérouler dans le même univers, créé par Silverberg dans le premier texte (La Porte des Mondes). Il s’agit d’une uchronie, c’est-à-dire d’une Terre où l’histoire a pris un cours différent de celui que nous lui connaissons. Le « point de divergence » (selon l’expression consacrée), c’est-à-dire le moment où notre histoire et celle de ce monde divergent, est la Grande Peste Noire. Sur la Terre de la Porte des Mondes, elle tue 90 % de la population européenne (au lieu de 30-50 % dans notre Histoire), ouvrant la voie à une conquête Ottomane du continent. La conséquence est que les continents américains et africain sont épargnés par le colonialisme européen, et qu’au moment où l’action démarre, dans les années 1960, les grandes puissances mondiales sont les aztèques, les incas, les russes (dont l’Empire s’étend des contrées septentrionales de l’Amérique du Nord à la Chine et au Japon), plusieurs empires africains (dont le Mali, le Ghana et le Songhaï) et bien entendu les Ottomans.

Examinons les quatre textes chacun à leur tour : Continuer à lire « La porte des mondes – Intégrale – Silverberg / Brunner / Yarbro »